Radars au Tribunal : Venus assister au procès de leur fils, ils reçoivent une convocation du procureur pour avoir applaudi dans la salle d’audience
I.N., âgé de 24 ans, est accusé d’avoir soustrait frauduleusement la somme de 75 mille francs, une moto et quatre téléphones au domicile de M. Ouédraogo. Il a déposé la moto volée chez l’un de ses amis du nom d’A.D. pendant plusieurs jours. Cet ami et lui ont comparu ce jour 27 septembre 2022 devant le Tribunal de grande instance Ouaga II. I.N. a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 ferme, et à une amende de 500 mille francs assortie de sursis. A.D., lui, a relâché pour infraction non constituée. La salle d’audience s’est donc mise à résonner au son des applaudissements des parents de I.N. qui manifestaient leur joie. Ceux-ci ont été immédiatement repris par le tribunal qui les a confiés au procureur, lequel a rappelé à l’auditoire les règles du tribunal. Ils ont été également convoqués à se présenter devant le parquetier.
I.N., à la barre ce 27 septembre 2022, est accusé de vol de moto, de téléphones et d’une somme de 75 mille francs CFA. Il reconnaît partiellement les faits et indique n’avoir pris que la moto et ce, devant une porte dans un quartier autre que celui où se trouve le domicile de la victime.
« Je ne reconnais pas les faits, j’étais à l’hôpital avec ma vieille et je n’avais pas d’argent pour honorer ses ordonnances ; il n’y avait personne non plus pour m’aider. J’ai donc vu une moto devant une cour, je l’ai prise et je suis allé la donner à mon ami en lui demandant de la garder pour moi jusqu’au lendemain. Je ne lui ai pas dit que c’était une moto volée », explique I.N.
La victime, elle, affirme que la moto était dans son domicile que I.N. a cambriolé en emportant ses quatre téléphones et sa moto avec 75 mille francs qui étaient sous la selle.
La victime habite à Pazanni alors que I.N. indique avoir pris la moto à Tanghin. « Peut-être que c’est quelqu’un d’autre qui a déposé la moto et moi je l’ai prise », clame I.N.
Et le procureur de lui répliquer : « Donc quelqu’un d’autre a volé les téléphones et la moto et lui qui est voleur ne sait pas qu’il y a des voleurs pour laisser la moto devant une cour pour que vous veniez la prendre ? Je comprends pourquoi vous dites cela ! C’est pour ne pas nous dire comment vous avez cassé la porte pour vous introduire dans le domicile de M. Ouédraogo. »
S’agissant d’A.D., l’ami de I.N. chez qui il avait déposé la moto volée, en plus d’être accusé de complicité, il lui est reproché d’avoir volé 14 caisses vides de boissons, des bouteilles de boissons d’une valeur de 23 mille et un régulateur. Mais ce dernier ne reconnaît pas les faits et clame son innocence.
À la barre voici ce qu’il a déclaré : « Je ne reconnais pas les faits. C’est à cause de la moto que je me suis retrouvé au commissariat et une dame que je ne connais pas est venue raconter qu’on lui a dit que c’est moi qui ai pris ses casiers de bouteilles. J’ai demandé qu’on me présente la personne qui m’accuse et ils ont refusé. »
L’avocat qui défendait A.D. a demandé qu’on relaxe son client pour infraction non constituée. Aucune caisse ni bouteille n’a été retrouvée chez lui lors de la perquisition. Rien ne prouve non plus sa culpabilité, a-t-il affirmé.
Le tribunal a donc décidé de relâcher I.D. et les parents de celui-ci n’ont pu contenir leur joie. Ils l’ont donc exprimée par des applaudissements et des cris de joie, ce qui leur a valu une convocation auprès du procureur.
I.N. écope d’une peine de prison de 36 mois, dont 18 ferme, et de 500 mille francs CFA d’amende assortie de sursis.
Nafisiatou Vébama
Justice a été rendue à Dabo Boukary, étudiant en 7e année de médecine et militant de l’Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB) assassiné en mai 1990. Les militants de l’ANEB se réjouissent du procès tenu et du verdict après 32 ans, même s’ils estiment qu’il y a eu des non-dits dans l’affaire. Pour eux, ce procès est une victoire d'étape de la lutte et cette lutte va continuer pour la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants.
Dans la lutte contre l'insécurité au Burkina Faso, nombreux sont les Burkinabè qui militent pour une rupture de la coopération entre le Burkina et la France. Larba Israël Lompo, président de l'association Œil d’Afrik et porte-parole du Collectif des organisations de la société civile pour le Sahel (COSC/Sahel), est de ceux-là. Dans cette interview qu’il a accordée à Radars Info Burkina, M. Lompo martèle qu’on ne doit pas laisser la France continuer à considérer l'Afrique comme sa zone d'influence. Pour cela il faut, selon lui, soit un changement de paradigme dans la coopération avec l’Hexagone, soit mettre fin à la coopération entre les deux pays.
L’Alliance pour une mine responsable (AMR) a organisé ce 23 septembre 2022 une table ronde avec les acteurs du secteur minier artisanal et tous ceux intervenant dans le domaine minier. Cette rencontre entre dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet pilote d’installation d’un comité d’évaluation du suivi dans les zones de production artisanales au sein des pays du Liptako-Gourma, à savoir le Burkina, le Mali et le Niger. Les travaux ont permis de peaufiner les termes de référence dudit comité et d’en confirmer les membres.
Il ressort du dernier recensement de la population que 45,5% sont des enfants de moins de 15 ans et que 32,6% de jeunes ont entre 15 et 34 ans. Cette grande partie de la population tombe le plus souvent dans de mauvaises pratiques, lesquelles peuvent déboucher sur la délinquance. Ces dernières années, les statistiques pénitentiaires montrent une hausse de la délinquance juvénile. En 2007, 365 mineurs étaient impliqués dans des affaires pénales et 219 en 2005. Pour Me Abdoul Rahim Sawadogo, greffier en chef, membre de Juristes Sans Frontières, la notion de délinquance juvénile en droit renvoie à la délinquance chez les mineurs, le mineur étant une personne de moins de 18 ans. Il explique qu’il s'agit d'un ou de plusieurs actes délictueux ou de violations de la loi pénale perpétrées par une personne mineure. Alors, que dit la loi en matière correctionnelle de la délinquance juvénile ?
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié son rapport 2022 sur l’Indice du développement humain (IDH) en début septembre 2022. Même si le Burkina Faso y conserve sa place de 184e sur 191 pays classés, les indicateurs sont en baisse, ce qui traduit une dégradation très poussée des conditions de vie des populations. La pauvreté multidimensionnelle qui a consacré un pan aux disparités entre Burkinabè en dit long. Retour sur ce dernier volet du rapport de l’organisme onusien.
Deux jeunes filles, l’une âgée de 21 ans, élève en classe de 1re, que nous nommeront C.L., et l’autre âgée de 19 ans, élève en 3e, que nous appellerons A.T., ont comparu à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I ce mardi 20 septembre. Elles sont accusées de « faits d’escroquerie ». A.T. a écopé d’une peine d’emprisonnement de 12 mois et d’une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti de sursis, tandis que C.L. a été relaxée au bénéfice du doute.
Ouvert ce vendredi 16 septembre 2022 à la chambre de comparution correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I, le jugement d’Ollo Mathias Kambou a été renvoyé au 23 septembre 2022. Les avocats du prévenu, après avoir demandé le renvoi dudit procès, ont plaidé une liberté provisoire pour leur client, placé sous mandat de dépôt à la MACO depuis le 6 septembre. Cependant, le tribunal a rejeté leur requête.
Ainsi, ce sont tous ces éléments jugés « objectifs » selon lui, mis ensemble, qui les amènent à demander une liberté provisoire pour celui qu'ils défendent.










