dimanche 4 décembre 2022

Revue de l’actualité économique : Que devient l’héritage de la gouvernance Compaoré 8 ans après sa chute ?

gouvernmm31 octobre 2014 - 31 octobre 2022, cela fait huit ans qu’une insurrection populaire a balayé le régime de Blaise Compaoré qui a régné pendant 27 ans. A côté des crimes de sang, commis pendant ces 27 années pour des mobiles de pouvoir et de mainmise financière, il y a évidemment des crimes économiques et financiers. Les successeurs de Blaise n’ont pas fait mieux sur ce dernier volet. Quid de l’héritage de la gouvernance de Compaoré au Burkina ?

Au-delà des crimes de sang tels les assassinats de Sankara et de ses compagnons, de Norbert Zongo, de Dabo Boukari, du juge Nébié, de Justin Zongo, des militaires au sein du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) et dans d’autres corps, etc., les crimes économiques ont également marqué d’une tache indélébile le régime de Blaise Compaoré. La mauvaise gouvernance des structures étatiques, le clientélisme, la corruption, le détournement de deniers publics…, la liste est bien longue. Les espoirs du Burkinabè moyen de pouvoir bien se soigner, éduquer convenablement ses enfants, se nourrir, s’habiller et se loger décemment se sont envolés sous les 27 ans de présidence de Blaise Compaoré. Les chiffres sur les crimes économiques de ces 27 ans, s’ils existent, sont difficiles à trouver. Les personnes ou structures incriminées n’ayant pas fait l’objet de poursuites judiciaires, par respect pour la présomption d’innocence, Radars Info Burkina ne fera pas mention de cas de crimes à proprement parler. Mais ils ont fait la pluie et le beau temps pendant la période sous revue au grand dam des hommes dits intègres. Les lanceurs d’alertes n’ont pas manqué de le révéler tout le long de la gouvernance de l’ex-président du Faso.

Le Burkina porte encore les séquelles de la gestion chaotique qui a été réservée à son économie sous cette ère. Pire, la rouille qui a attaqué le système de gouvernance a été si profonde qu’il a paru impossible de l’endiguer. Les successeurs de Compaoré n’ont pas pu s’empêcher de replonger dans le même mode de gouvernance ; crimes économiques et financiers, entraves à la justice, etc. De l’affaire Guiro sous Compaoré, on est arrivé à l’affaire charbon fin après lui. Le pouvoir d’achat du Burkinabè s’est davantage érodé, les emplois ont continué à se faire rares. Les crimes économiques jadis combattus ont continué de plus belle, empêchant la société de rompre avec la situation de pauvreté dans laquelle elle a vécu assez longtemps. Compaoré est parti, le désert continue d’avancer. La quantité de produits d’élevage que produisait le Burkina a continué à chuter, les produits agricoles ont subi le même sort.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et cette fois-ci eu égard à l’insécurité qui a poussé les Burkinabè dans un avoir ras-le-bol, la commémoration de l’insurrection de 2014 pour la 8e année a trouvé le Burkina Faso dans une autre phase de transition, après une pseudo-insurrection. Les nouveaux tenants du pouvoir semblent avoir compris la racine du mal. Mieux que leurs prédécesseurs, ils semblent détenir la solution au problème et peut-être n’ont pas connu la rouille qui a entamé l’intégrité de ceux qui ont travaillé avec le régime de Compaoré. Ils veulent un partenariat respectueux de la souveraineté du Burkina, réduire le train de vie de l’Etat ainsi que les lourdeurs administratives. Ils veulent aussi repenser l’agriculture et la technologie au Burkina ; bref, l’éléphant annoncé est arrivé bien géant. Reste à voir s’il jouit de toutes ses facultés physiques et mentales pour livrer une guerre sans merci aux problèmes du Burkinabè, qui n’a que trop souffert.

Etienne Lankoandé

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