mardi 28 septembre 2021

Société : « Le public burkinabè a faim et soif de produits cinématographiques burkinabè, surtout lorsqu’ils sont faits dans le style populaire », Aboubacar Diallo, étudiant en cinéma et audiovisuel

Cinema burkinabeGénéralement opposé au film d’auteur, le film populaire suscite de plus en plus d’intérêt, tant du côté des réalisateurs que de celui des cinéphiles burkinabè. Des spécialistes de la question expliquent les raisons d’un tel attrait pour ce type de film dans les salles de cinéma

Mamadou Badolo est réalisateur, scénariste et premier assistant réalisateur pour le film populaire « Infidèle ». Selon ce spécialiste de questions cinématographiques, le film populaire, contrairement au film d’auteur, aborde généralement des sujets proches des populations et des réalités communautaires. Il cite en exemple la plupart des films tournés autour du thème de l’excision. Pour lui, les films indiens, par exemple, doivent leur succès au choix de ce type de films. « La plupart des films indiens sont des films populaires. Ils mettent en exergue leur culture, leur façon de faire. Dans leurs films, l’habillement et tous les gestes de l’acteur principal est un trait de la culture indienne et toute la population s’y identifie », explique-t-il.

Pour Aboubacar Diallo, étudiant en formation à l’ENAM en cinéma et audiovisuel, la raison première pour quelqu’un qui vient au cinéma, c’est le loisir. On a besoin de s’identifier aux acteurs qui sont dans le film. Aboubacar Diallo pense que les cinéphiles ont besoin de sentir parfois que c’est leur histoire qui est en train d’être racontée. « Le public burkinabè a vraiment faim et soif de produits cinématographiques burkinabè, surtout lorsqu’ils sont faits dans le style populaire », a-t-il martelé.

 L’étudiant estime que les films d’auteur traitent rarement des histoires d’amour et le grand public ne s’y retrouve pas souvent. Par contre, avec le film populaire, il y a un grand engouement qui conduit parfois à visionner le même film plusieurs fois. Il a aussi fait savoir que les films populaires sont une solution pour faire revivre les salles de cinéma qui ont été délaissées pendant longtemps.

Selon lui, les salles ne sont pas construites pour rester vides et qu’il faut aussi voir dans le cinéma une industrie où la loi de l’offre et la demande est à prendre en compte. « Quand on crée un produit qui n’est pas demandé, il ne faut pas être surpris que la population ne soit pas intéressée », renchérit-il

 Aboubacar Diallo pense aussi que le cinéma d’auteur est l’idéal, même s’il n’est pas forcément commercial et que c’est la vocation première du cinéaste. Il reste le meilleur produit cinématographique qu’un cinéaste peut espérer produire parce que c’est ce film qui va voyager à l’international.

« Sans être un spécialiste du cinéma ; je me dis quand même qu'on fait le film c’est pour les populations. Lorsque les films sont populaires et aimés par la plupart des gens, c'est ce qui va les attirer vers les salles de cinéma Si vous voyez aujourd'hui que les gens donnent plus d'importance aux films du Nigeria, c'est parce que ces films sont populaires. Lorsque nous faisons des films pensons à la cible parce que les films populaires sont l'avenir du film burkinabè à mon avis », explique Ibrahima Badiel, représentant de la ministre de la femme à l'occasion de la projection du film « La Dette » du réalisateur Aimé Bado

Selon Abdoul Bagué, réalisateur de cinéma, quant à lui dira que « quand un public adhère à quelque chose forcément cela va faire du bruit, cela va faire de l'écho ». Il affirme que le cinéma populaire est l'avenir du cinéma burkinabè. « Le cinéma populaire permettra aux cinéphiles de faire revivre le cinéma en salle et de redonner une couleur à ce secteur qui dort un peu. Je pense que c'est la voie pour donner un coup de pouce à notre à notre cinéma », conclut-il.

Bessy François Séni

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