dimanche 4 décembre 2022

Revue de l’actualité économique : Le Burkina n’a peut-être que faire du commerce avec les Etats-Unis

craecLes Etats-Unis vont exclure le Burkina de l’African Growth and opportunity act (AGOA), à compter du 1er janvier 2023. Ainsi, aucune exportation du Burkina Faso vers les Etats-Unis ne pourra désormais plus bénéficier d’exonérations douanières, ce qui réduit du même coup la compétitivité du Faso. Au sein de l’UEMOA, les tensions inflationnistes internationales ont réduit les réserves de change de la BCEAO de 2225,3 milliards de F CFA et de 1,9 mois leur capacité à assurer les importations des pays membres. Retour sur l’actualité économique.

A compter du 1er janvier 2023, le Burkina Faso ne sera plus bénéficiaire de l’African growth and opportunity act (AGOA), un accord commercial qui lie la première puissance mondiale aux pays africains. C’est du moins l’annonce faite le 2 novembre 2022 par la Maison-Blanche, qui a justifié cette décision par l'absence de progrès vers un retour à la démocratie, après les deux coups d'Etat militaires perpétré au Faso depuis début 2022. L’AGOA est une loi américaine sur les opportunités de croissance en Afrique qui vise à faciliter les exportations africaines vers les États-Unis. Elle permet aux pays bénéficiaires d’exporter beaucoup de produits aux États-Unis, hors douanes. Quand on examine les statiques, on constate que dans la note trimestrielle des statistiques du commerce extérieur de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) 2021, les Etats-Unis ne figurent pas parmi le top dix des pays clients du Burkina Faso. Au 4e trimestre 2021, le total des exportations du Burkina s’élevait à 2 794,6 milliards de F CFA, celles en direction des Etats-Unis étaient de 3 à 4 milliards de F CFA et environ 1 milliard de F CFA bénéficient de l’AGOA. Au regard des statistiques, cette « fatwa » de l’Oncle Sam aura donc un impact sur l’économie burkinabè, certes, mais celui-ci ne sera pas pour autant très alarmant. Dans un communiqué, l'ambassadrice américaine au Commerce, Katherine Tai, a insisté sur la nécessité pour le « Burkina Faso de prendre les décisions nécessaires pour répondre aux conditions de l'accord et au retour de la démocratie ».

Dans l’espace UEMOA, les pressions inflationnistes internationales continuent de créer des soucis aux économies des pays membres. Sur le plan commercial notamment, il y a un alourdissement de leurs factures d’importations, à en croire la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). En effet, les réserves de change gérées par ladite banque ont été amputées de 2225,3 milliards de F CFA sur les 9 premiers mois de 2022 pour s’établir à 11 811,1 milliards de F CFA en fin septembre 2022. Un niveau qui garantit 4,6 mois d’importations de biens et services aux pays membres de l’Union, contre près de 6,5 mois d’importations il y a un an, soit une baisse de 1,9 mois d’importations.

La Banque mondiale, abondant dans le même sens, indique que les données disponibles entre juin et septembre 2022 révèlent que 84,2 % des économies à faible revenu, 88,9 % de celles à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et 93 % des économies à revenu intermédiaire supérieur ont enregistré des taux d’inflation supérieurs à 5 %, un grand nombre d’entre elles affichant même une inflation à deux chiffres. La part des pays à revenu élevé touchés par la montée de l’inflation dans l’alimentation atteint désormais 87,5 %. Ces tensions inflationnistes ont même conduit les commerçants ghanéens à prendre d’assaut les rues pour exiger le départ du président de la République.

Etienne Lankoandé

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