lundi 4 juillet 2022

Attaques terroristes au Burkina Faso : 9 277 personnes ont péri dans 3 952 actes terroristes

aaterrorismDepuis 2015, le Burkina Faso n’a cessé d’enregistrer des attaques terroristes, lesquelles ont fait de nombreux morts. Les terroristes utilisent de plus en plus des Engins explosifs improvisés (EEI) le long des principaux axes routiers. Ils encerclent certaines villes, empêchant tout ravitaillement. Les statistiques en la matière sont proposées par plusieurs sources.

Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) détient une base de données qui met en ligne en temps réel les lieux, les dates, les acteurs, les morts et les types de violence signalés. Au 3 juin 2022, ACLED a enregistré 3 952 évènements terroristes dont 754 explosions par engins improvisés et 1 819 violences contre des civils. L’ensemble des évènements a entraîné la mort de 9 277 personnes. Toujours selon ACLED, entre le 25 janvier et le 8 avril 2022, le Burkina Faso a enregistré 610 attaques terroristes ayant fait 567 morts. Pour le seul mois d’avril 2022, ACLED a signalé 240 événements de sécurité dont 108 visaient des civils.

Le journal en ligne radarsburkina.net a aussi répertorié quelques événements de sécurité survenus depuis janvier 2022 et en est arrivé à la conclusion que le coup d’Etat n’a pas empêché les attaques terroristes. Le média a répertorié 51 incidents de sécurité ayant entraîné la mort de 340 personnes.

D’ailleurs, le coup d’Etat a été « accueilli » par une attaque. En effet, le 24 janvier 2022, jour du putsch, un engin explosif a tué 3 militaires sur l’axe Ouahigouya-Thiou. Le 29 janvier, 2 militaires ont été tués à Baraboulé et 1 Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) a trouvé la mort à Tabaganba. Les attaques se sont poursuivies le 30 janvier sur la mine de Ouaré, causant la mort de 3 policiers.

Les mois de février, mars, d’avril et de mai ont aussi été meurtriers. Le mois de juin a débuté par l’attaque de la ville de Djibo. Le bilan fait état de la mort d’un militaire, de 4 VDP et d’1 civil. Plusieurs dégâts matériels ont en outre été enregistrés.

Cette attaque de Djibo est l’illustration parfaite de l’échec du processus de dialogue que le gouvernement a entamé avec les groupes armés terroristes. Dans son discours à la nation le 2 avril, le président de la transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a annoncé une série de mesures pour lutter contre le terrorisme, parmi lesquelles « la création de Comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix, dont la mission est d’initier des approches avec les membres des groupes en rupture de dialogue avec la Nation ». Suite à ce discours, le Conseil des ministres du 13 avril 2022 a adopté un décret portant organisation, fonctionnement et attributions de la Coordination nationale des comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix. Des initiatives de dialogue ont été entreprises dans plusieurs localités mais la recrudescence des attaques illustre, quoi qu’on dise, l’échec des ces initiatives.

En rappel, en début avril, le président de la transition a donné à ses compatriotes « rendez-vous dans cinq (5) mois pour un premier bilan de la mission de reconquête de notre territoire ».

Baly Zongo

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