« Le traitement de l’information sur les attaques terroristes de mars à avril 2019 par Infowakat.net », c’est le thème sur lequel a porté le travail académique de Nafisiatou Vébama, journaliste à Radars Info Burkina, pour l’obtention de la licence en journalisme et communication. Elle l'a présenté aujourd’hui 19 mai 2023 devant un jury de trois membres qui, ayant jugé son travail satisfaisant, l’a sanctionné par la mention Bien.
Partie de l'hypothèse générale selon laquelle le journal en ligne Infowakat fait l’apologie des attaques terroristes à travers les informations qu’il véhicule, Mlle Vébama est parvenue à la conclusion que cette information n’était pas fondée, après avoir présenté les résultats de son enquête. En revanche, elle a proposé que ledit média mette l’accent sur la formation des journalistes en matière de traitement d’informations sécuritaires.
Sujet d’actualité depuis 2016 et qui continue de l’être, le traitement des informations d’ordre sécuritaire révèle à la fois une autre facette du journalisme et la complexité du travail des journalistes, a indiqué le directeur de mémoire de l’intéressée, le Dr Lucien Batcho.
Pour M. Sawadogo, membre du jury, Nafisiatou Vébama s’est attaquée à un sujet très complexe qui préoccupe tout le monde. D'après lui, elle a fait preuve de courage, car « même beaucoup de professionnels n’osent pas aborder cette question ». En outre, M. Sawadogo a souligné que les médias ont justement besoin de ce regard extérieur pour mieux appréhender certains aspects afin de s’améliorer.
Le président du jury, le Dr Dimitri Balima, a également reconnu qu’il s’agit là d’un sujet difficile à traiter. Dr Balima, dans l’examen du travail académique de Mlle Vébama, s’est appesanti sur la partie du document traitant des attaques terroristes. Pour lui, même si les Occidentaux peignent la situation du Burkina Faso en noir, il ne faudrait pas que les médias nationaux leur donnent raison en allant dans le même sens.
Comme c’est en général le cas dans tout travail académique, le jury a relevé quelques insuffisances dans celui de Nafisiatou Vébama et lui a fait des recommandations en vue de l’amélioration du document final.
Désormais titulaire d’une licence en journalisme et communication, l’impétrante s’est vu attribuer la mention Bien.
Le Conseil supérieur de la communication (CSC) et les acteurs de la publicité, les représentants des annonceurs, consommateurs ainsi que ceux des médias sont réunis ce mardi 16 mai 2023 à Ouagadougou pour réfléchir sur la mise en place d’un organe d’autorégulation de la publicité au Burkina Faso.
Dans son allocution, le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Abdoulazize Bamogo, a indiqué qu’à l’instar de l’Observatoire burkinabè des médias (OBM) qui est un instrument de régulation du journalisme, l’organe d’autorégulation de la publicité serait un allié pour le CSC dans l’application de la réglementation relative au domaine publicitaire, car il y a de nombreux manquements dans ce domaine.
Selon lui, les attributions du CSC en matière de régulation du secteur de la communication présentent des limites.
Et Abdoulazize Bamogo de préciser que le « gendarme des médias » ne peut agir qu'a posteriori. « Le CSC ne peut intervenir qu’après la diffusion, c’est-à-dire après avoir observé un manquement », a-t-il expliqué.
Or en ce qui concerne la publicité, le président du CSC estime que l'on doit pouvoir apprécier la légalité, l’éthique et la déontologie du contenu avant la diffusion, de sorte à éviter aux annonceurs et aux médias d’engager des opérations et donc des ressources et qu’on vienne par la suite leur dire que leur campagne doit être arrêtée.
« Si le CSC ne peut pas faire cette appréciation a priori, un organe d’autorégulation peut le faire et ainsi aider à avoir des publicités qui soient toujours en conformité avec les textes », a-t-il soutenu.
« L’organe d’autorégulation peut observer les contenus publicitaires en amont, donner des conseils aux annonceurs et publicitaires, pour améliorer les contenus de sorte que toute publicité qui sera diffusée ne présente pas de problème », a-t-il indiqué.
Sa conviction est que cela serait non seulement judicieux pour les acteurs professionnels du secteur de la publicité, les annonceurs, les publicitaires et les médias, mais aussi bénéfique pour les consommateurs dont les intérêts seront ainsi mieux protégés.
Tout en assurant de la disponibilité de son institution à accompagner les acteurs, il les a invités à dégager de manière consensuelle les voies et moyens pour la mise dudit organe avec un calendrier précis.
Pour la présidente de publicitaires associés et par ailleurs directrice de l’agence la belle qualité, Aïcha Dabré, la création d’un organe d’autorégulation de la publicité est une lutte de plusieurs années de publicitaires associés. Et donc sa mise en place permettra d’assainir le milieu de la publicité, notamment la concurrence, selon elle. « Il nous faut vraiment cet organe pour nous aider à faire respecter la loi et remédier aux manquements au niveau de la publicité », a-t-il souhaité de vive voix.
Au cours de cette rencontre d’échanges, deux communications seront données. La première portera sur « les limites de la régulation de la publicité » et la seconde communication sera donnée autour de la question suivante : « Quel cadre pour une autorégulation efficace de la publicité ? »
L'objet de ces communications, selon la présidente des publicitaires associés, est d’interpeller le CSC sur ses limites dans la régulation de la publicité et de trouver des alternatives pour accompagner l’institution dans sa lutte pour l’assainissement du milieu publicitaire.
À noter que l’organe de régulation va regrouper en son sein les publicitaires, les annonceurs, les médias et les organisations de défense des droits des consommateurs.
Pour le moment, aucun délai n’a été déterminé pour la mise en place de l’organe.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 3 mai 2023, trois décrets ont été adoptés au titre du ministère de la Fonction publique. Il s’agit du prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales des agents publics de l’Etat et ses modalités de mise en œuvre, des procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour faits de grève et de la fixation du nombre et des modalités de désignation des agents publics de l’Etat bénéficiaires de la mise à disposition auprès des organisations syndicales. Ces décrets gouvernementaux sont-ils du goût de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) ? Moussa Diallo, secrétaire général de ladite structure, nous répond dans cette interview.
Radars Burkina : Quelle appréciation faites-vous des décrets adoptés en Conseil des ministres au titre du ministère de la Fonction publique le 3 mai dernier ?
Moussa Diallo : Nous avons demandé des copies desdits décrets mais jusqu’à présent, nous n’en avons pas eu. Dire qu’on apprécie un texte sans avoir pris connaissance de son contenu, objectivement ce n’est pas possible.
Radars Burkina : Pourquoi la CGT-B n’a-t-elle pas encore eu ces décrets ?
Moussa Diallo : Personnellement, quand j’ai demandé à voir ces textes, on m’a répondu qu’ils n’étaient pas encore signés. Hier, j’ai appelé pour les redemander en insistant. Ceux qui ont amené le projet pour adoption en Conseil des ministres disent qu’on leur a dit que ce qu’ils ont soumis au conseil est différent de ce qui a été adopté.
Néanmoins, des avant-projets avaient été soumis pour amendement à l’Unité d’action syndicale (UAS) et avaient été analysés par la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) avec des observations précises concernant ces trois décrets. Des propositions avaient été faites et transmises aux autorités sous le mandat du président Roch Marc Christian Kaboré.
Pour ce qui est du décret portant prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales des agents publics de l’Etat et ses modalités de mise en œuvre, nous avons relevé que le fait de dire que l’État va désormais contrôler les finances des organisations syndicales est contraire au système comptable OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires). Une disposition du système OHADA exempte en effet les organisations syndicales du contrôle de l’État. Selon l’article 11 de la convention 87, l’État doit se garder de toute intervention dans la gestion du fonctionnement des programmes des syndicats.
Le fait de dire que l’État va intervenir pour contrôler la gestion des cotisations syndicales est une ingérence de l’État dans les affaires des syndicats. Les syndicats doivent être totalement indépendants.
Concernant l’arrêté sur les procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour faits de grève, nous avions dit que le principe du 30e indivisible pose problème parce que dire qu’un agent a fait une grève toute la journée alors qu’il n’a fait qu’un sit-in de 2h, c’est injuste. On avait suggéré qu’on puisse aller jusqu’à la moitié de la journée de travail sans considérer qu’on a perdu toute la journée.
Donc aujourd’hui, qu’on vienne nous parler du principe du 30e indivisible nous ramène en arrière par rapport à ce qu’on avait eu comme négociations. On avait rejeté ce principe du 30e indivisible. Mais pour l’instant, comme nous n’avons pas vu le contenu du texte et que c’est ce que le ministre d’État, Bassolma Bazié, a dit, on suivra les choses de près.
Quant au troisième décret portant fixation du nombre et des modalités de désignation des agents publics de l’Etat bénéficiaires de la mise à disposition auprès des organisations syndicales, notre problème avec cet arrêté, c’est qu’on avait déjà fait des propositions pour les centrales syndicales, les fédérations syndicales, les syndicats autonomes et les unions régionales. Nous n’avons pas encore le texte mais selon les explications du ministre Bassolma Bazié, ce sont les secrétaires généraux des confédérations et fédérations qui sont concernés. Pourtant pour nous, il s’agit d’un certain nombre de membres du bureau qui devraient être déchargés. Mais comme le ministre dit que c’est une seule personne par centrale et par fédération et que les syndicats autonomes, les unions régionales des centrales syndicales ne sont pas pris en compte, on s’en tient à cela.
Radars Burkina : Le ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, a indiqué que ce sont des décrets à contenu fortement historique parce que ce sont des préoccupations posées depuis des années, qu’en dites-vous ?
Moussa Diallo : Il nous faut voir d’abord les textes pour pouvoir apprécier ce qui a changé véritablement. Pour nous, l’adoption n'est pas une victoire, parce que sur le « check of », on a adopté un arrêté. Nous avons essayé de l’opérationnaliser mais le régime MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) avait refusé de faire la retenue pour les syndicats. Nous avons déposé des fiches aux ministères de l’Education, de la Santé, mais elles n’ont pas été utilisées. Ils ont créé des blocages dans l’opérationnalisation.
Une chose est de prendre des textes, mais une autre est de les appliquer. Donc, on ne peut pas se réjouir du fait que les textes aient été pris. Sinon si cela suffisait, nous avons acquis le principe de la permanence syndicale, il y a plus de dix ans et c’est maintenant qu’on vient de prendre le texte. On peut le prendre et faire dix ans encore pour l’opérationnaliser. Nous pensons que l’essentiel, c’est que les textes soient pris et mis en œuvre.
Pour les permanences syndicales, c’est la première fois qu’un texte est pris au Burkina. C’est une avancée. Le fait que le texte soit pris est bien, mais le plus important c’est qu’il soit mis en application et c’est ce qui permettra de dire que c’est un acquis.
Radars Burkina : Selon le ministre d’État, le prélèvement permettra aux organisations syndicales d’être financièrement indépendantes, que faut-il comprendre par là ?
Moussa Diallo : Dans le projet que nous avions reçu, il est dit que l’État va se charger du prélèvement et collecter les fonds pour nous et que l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) peut auditer les comptes des syndicats. Ce n’est pas parce que l’Etat a aidé les syndicats à récolter les cotisations que ce sont ses fonds !
Dire que ça donne une indépendance aux syndicats, ça signifie qu’ils auront suffisamment d’argent pour fonctionner et peut-être ils pourront se passer de la subvention de l’État parce que l’État subventionne les activités des syndicats. Mais le gouvernement considère que lorsque les précomptes seront faits, ce seront des sommes importantes, donc il doit venir vérifier ce qu’on fait de cet argent. Si ce sont nos militants qui doivent approuver le programme d’activités, on ne voit pas pourquoi l’État viendrait remettre cela en cause. Selon les textes actuels, seuls les militants peuvent approuver ou rejeter la gestion financière des bureaux.
Dans le cadre du processus de réconciliation nationale, de consolidation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Burkina, le Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 3 mai 2023, a décidé de la création d’un centre de déradicalisation et de réinsertion sociale des ex-membres des groupes armés terroristes. Quels peuvent être les enjeux de la réinsertion des anciens membres terroristes ?Comment ces personnes peuvent-elles être récupérées ?Dieudonné Tankoano, sociologue, écrivain et enseignant), dans une interview accordée à Radars Burkina, apporte des éléments de réponse.
Radars Burkina : Que pensez-vous de cette décision du gouvernement ?
Dieudonné Tankoano : Parlant de la décision prise par le gouvernement du président Ibrahim Traoré, allant dans le sens de la déradicalisation et de la réinsertion sociale, je la trouve très louable. Depuis l'avènement du phénomène, nos analyses et nos inquiétudes portaient aussi sur l'avenir du pays pendant les périodes de guerre et post-guerre. L'idée du projet témoigne de la volonté manifeste du gouvernement de veiller au processus de désarmement. De plus, ce projet sème déjà la graine de la réconciliation, car l'annonce d'un plan de réinsertion bien nourri et porteur d'avenir sera motivateur pour le désarmement et va stimuler la déradicalisation.
Radars Burkina : Qu’est-ce que la déradicalisation ?
Dieudonné Tankoano : La radicalisation étant un processus par lequel un individu ou un groupe d’individus adoptent une forme violente d'action, la déradicalisation est un processus par lequel un individu ou un groupe radicalisé est amené à abandonner une idéologie qui légitime la violence comme mode d’action. Autrement dit, c’est une manière d’inciter un individu ou un groupe d’individus radicalisés à renoncer à la violence. Mais il convient de noter que le mot « déradicalisation » est tellement vague qu’il serait préférable de le remplacer par le mot « réhabilitation » ou « réintégration » dans la société.
Radars Burkina : Quels peuvent être les enjeux de la réinsertion des anciens membres terroristes ? N'est-ce pas un risque pour la société ?
Dieudonné Tankoano : Quant aux enjeux, ils sont plus qu'énormes dans ce projet. Le premier enjeu relève de la fiabilité même du projet : après avoir pris des armes contre son pays, il ne sera pas aisé de se repentir sans une garantie fiable de sa sécurité, de son avenir, bref de sa future vie. Donc j'invite le gouvernement à concocter un projet fiable avec des acteurs et des indicateurs fiables pour créer une certaine motivation à se repentir.
L'autre enjeu est d'ordre pratique. Faut-il réinsérer un ancien manipulateur d’AK47, pour qui les armes n'ont plus de secrets comme un menuisier, un mécanicien, un jardinier ?
Comme proposition, il faut créer une réinsertion centrée sur les proximités, la psychologie et le choix des repentis afin d'être sûr de réussir la réinsertion. Le dernier enjeu que j'évoque est d'ordre juridique. Malgré la volonté de désarmer les terroristes, je pense qu'il faut juger ces repentis, non pas pour les condamner mais pour qu'ils reconnaissent leur tort avant de leur faire grâce dans les domaines d'activités et de métier de la vie.
Radars Burkina : Comment ces personnes peuvent-elles être récupérées ?
Dieudonné Tankoano : Si nous voulons réussir ce projet, je pense qu'il faut ouvrir la réinsertion des ex-terroristes à tous les niveaux de la société. En effet, ce sont des hommes comme nous. Ils deviennent normaux après s’être repentis. Donc, ils ont droit à tout ce à quoi nous aussi avons droit. Ils peuvent s'insérer à tous les niveaux de la société.
Radars Burkina : À quel niveau la réinsertion peut être faite pour éviter que ces ex-terroristes retournent d'où ils sont venus (en termes d'activités puisqu'il s'agit de personnes qui manipulaient des armes) ?
Dieudonné Tankoano : La réinsertion peut être faite dans des activités comme le maraîchage, l'élevage, la pisciculture, la manutention, l'art, la santé, le renseignement pour traquer les autres bandits, dans la mécanique et même dans l'armée pour certains pour combattre (nombreux parmi ces terroristes sont des radiés de l'armée, selon des informations dont nous disposons, à savoir l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et les soldats radiés à la suite de la mutinerie de 2011. Ceux-là ne seront intégrés conséquemment que si on les utilise dans l'armée.
Le plus beau cadeau que l'on puisse offrir à un ex-terroriste devenu un repenti, c'est de garantir sa sécurité et de lui permettre d'avoir un travail qui l'éloignera de la nostalgie du terrorisme. Beaucoup ont intégré les rangs des forces du mal par manque d'emploi. Ceux-ci n'attendent qu'une promesse d'emploi de leur État pour se déradicaliser.
Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Abdoulazize Bamogo, a pris part, les 27 et 28 avril 2023 à Fès au Maroc, à la conférence internationale pour une régulation éthique et inclusive de l’espace numérique. Première du genre, cette conférence internationale a permis aux présidents des instances africaines de régulation des médias d’échanger avec les représentants des grandes plateformes numériques sur la problématique de la régulation à l’ère des médias sociaux.
La conférence internationale pour une régulation éthique et inclusive de l’espace numérique qui s’est tenue à Fès les 27 et 28 avril 2023 a été organisée par la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) du Maroc.
Cette conférence qui a pour objectif de promouvoir un modèle de régulation éthique et inclusive de l’espace numérique a réuni des délégations d’instances de régulation de 20 pays africains anglophones, lusophones, francophones et arabophones, et des représentants de plateformes numériques globales telles que Meta et Tik Tok. Selon les membres du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC), pour faire face à la prolifération de contenus et de pratiques nuisibles sur les réseaux sociaux tout en préservant la liberté d’expression, le dialogue entre les régulateurs et les acteurs numériques est nécessaire.
Le président du CSC, Abdoulazize Bamogo, a pris part à ce premier dialogue avec les plateformes numériques globales accompagné du conseiller rapporteur, Séni Dabo et de la chargée d’études Pauline Kantiono, point focal du RIARC. Il a assuré la modération du deuxième panel « Pour une autorégulation de confiance » dont les sous-thèmes « Modération des contenus et exigences de l’équité et de la diversité », « Algorithmes et modération des contenus » et « Les politiques d’autorégulation entre laxisme et censure ».
Le premier panel a porté sur « Les enjeux de la régulation des médias sociaux sur le continent africain » avec pour sous-thèmes « Régulation des réseaux sociaux et l’accès à l’information comme bien public », « Les régulateurs africains face aux désordres de l’information dans la sphère publique numérique » et « Régulation et droit des utilisateurs des plateformes numériques globales ». Quant au troisième panel, il a porté sur « Les perspectives d’évolution des processus de régulation des données et la régulation des contenus » avec pour sous-thèmes « Quelles articulations entre la régulation des systèmes de l’IA, la régulation des données et la régulation des contenus ? », « La co-régulation pour une plus grande efficience de la lutte contre les contenus et les pratiques illicites » et « La refondation de la régulation des médias au service de la souveraineté culturelle et informationnelle de l’Afrique ».
Il faut noter que c'est la HACA Maroc qui préside actuellement le RIARC pour un mandat de deux ans.
La Semaine nationale de la culture (SNC) s’est tenue du 29 avril au 6 mai 2023 à Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina. Que peut-on retenir de cette biennale culturelle ? A-t-elle été un succès ? Quelles en ont été les insuffisances ? Que faudra-t-il améliorer lors des éditions à venir ? Nous avons recueilli les avis du comité d’organisation de la SNC 2023 et ceux de certains journalistes sur le sujet.
Dans l’ensemble, la Semaine nationale de la culture (SNC) 2023 s’est bien passée, de l’avis de nos interlocuteurs du jour, surtout pour une reprise après près de 5 ans d’interruption.
D’après l’un de nos confrères ayant requis l’anonymat, la population a participé aux différentes activités avec enthousiasme, même s’il a relevé des imperfections çà et là. « Il s’agit particulièrement du site de la foire qui était trop restreint. La preuve en est que les derniers jours, le site a refusé du monde et il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour calmer la situation », a-t-il expliqué. Il suggère donc qu’aux prochaines éditions, des dispositions soient prises pour permettre à tous les Burkinabè de vivre cette grand-messe de la culture.
Pour Vanessa Diasso, journaliste à la télévision d’information Burkina Infos, le pari de l’organisation de l’édition 2023 de la SNC a été réussi en matière de sécurité et de sports. « Les FDS ont été mobilisées en grand nombre et les sites retenus étaient bien sécurisés (scannage de badges à l’entrée et à la sortie) », a-t-elle affirmé. De plus, l’institution du village des communautés à cette 20e édition de la SNC, à son avis, a aussi été une initiative louable, car elle a permis d’exalter la parenté à plaisanterie, de faire connaître des objets propres à certaines cultures, leurs mets locaux, etc.
Cependant, il ressort de ses explications que des failles ont été constatées dans l’hébergement, notamment à l’ex-Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP), où des artistes se sont plaints des conditions de logement, ainsi que des conditions techniques de la salle.
À cela s’ajoutent l’insuffisance de badges, le fait que des activités aient empiété sur d’autres et que la foire aux livres ait manqué de visibilité
Pour une meilleure organisation des prochaines éditions, Vanessa Diasso propose la réduction des activités et le maintien de celles essentielles. En sus, elle suggère aux organisateurs de travailler à mieux loger les acteurs clés de la SNC, une plus grande visibilité du village des communautés.
Mamadou Dembélé, président de la commission partenariat et marketing de la 20e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), soutient que cette édition de la biennale culturelle a été un plein succès car la population y a véritablement adhéré. « J’avoue que nous avons été impressionnés par le monde qu’il y avait au stade à la cérémonie d’ouverture de cette édition. Nous étions très surpris par la mobilisation de la population, l’engouement que la 20e édition a suscité au sein de la population. Nous étions agréablement surpris de voir les longues files de visiteurs en attente devant les guichets du site de la SNC pour entrer participer à la foire. La population a véritablement adhéré à l’événement», s’est-il réjoui.
Selon lui, toutes les activités qui étaient dans l’agenda officiel de cette 20e édition de la SNC ont été tenues. «Les activités ont pu se tenir à bonne date », a-t-il affirmé. Toutefois, le président de la commission partenariat et marketing de la 20e édition de la SNC reconnaît qu’il y a eu des imperfections. « Naturellement il a pu y avoir quelques imperfections, mais je crois que les efforts déployés par les uns et les autres ont porté des fruits, ce qui a permis d’offrir de beaux spectacles au public », a-t-il terminé.
La place de la Nation de Ouagadougou a refusé du monde ce samedi 6 mai 2023. Venus de plusieurs localités du Burkina, femmes, enfants et hommes ont répondu à l’appel de la coordination des organisations de la société civile pour soutenir les forces de défense et de sécurité ainsi que les autorités de la transition. Du rond-point des Cinéastes à la place de la Nation en passant par le rond-point du 2-Octobre, on pouvait observer la présence de plusieurs centaines de personnes.
Le message est le même pour tous les mouvements et organisations qui se sont mobilisés à la place de la Nation : soutenir les autorités de la transition et dire non aux ‘’ennemis’’ du pays.
En effet, selon Lassané Sawadogo, président par intérim de la Fédération des mouvements panafricains, par ailleurs coordinateur du front de défense pour la patrie, c’est un sentiment de joie qui l’anime à la vue de la mobilisation pour soutenir la transition et dire non à la CEDEAO ainsi qu’aux forces qui combattent le Burkina Faso. « C’est quelque chose qu’on n’imaginait pas. Il y a eu un temps au Burkina où le peuple était désespéré de la gouvernance. C’est depuis 2014 que nous avons eu une telle mobilisation mais là c’était pour dénoncer le pouvoir d’un président. Aujourd’hui la mobilisation, c’est pour soutenir un président. À travers cette mobilisation nous nous rendons compte que le peuple burkinabè a compris l’enjeu auquel le Burkina fait face », a-t-il déclaré.
Tout en remerciant ceux qui sont venus soutenir le président, il dit être plus content car « l’impérialisme, les valets locaux tremblent ». « Avant la mobilisation, certains avaient demandé de sortir dire non à la gouvernance du président Ibrahim Traoré, de demander sa démission. Mais aujourd’hui, ils se rendent compte que le peuple n’est plus prêt à perdre la vérité. Nous avons eu un président véridique qui est là pour libérer notre chère patrie qui est le Burkina », a-t-il soutenu.
Pour le mouvement patriote de jeunesse et développement de Pouytenga, il est du devoir de tout Burkinabè intègre de soutenir les autorités de la transition. « Nous sommes venus de Pouytenga pour soutenir le président Ibrahim Traoré. Nous avons vu que c’est un vrai patriote qui veut sauver le Burkina. Donc que tu sois enfant, femme, homme, sans distinction de religion, nous demandons à tous de se mettre debout pour le soutenir. Nous n’allons plus nous laisser piétiner. Nous demandons aux politiciens de se reposer. L’OTAN, la France et l’Union européenne, nous leur demandons de rester tranquilles. Si c’est du travail qu’ils veulent, nous leur demandons de se rendre en Ukraine. La patrie ou la mort, nous vaincrons ! L’impérialisme à bas ! Le néocolonialisme à bas ! » a scandé un membre de ce mouvement.
Assiétou Diallo, présidente de l’association ‘’Djam et Baldal Bel N’Gal Faso’’, venue de Banfora, dit être là pour exprimer tout son soutien au président Ibrahim Traoré et inviter la communauté dont elle est membre à se départir des forces du mal et à revenir à la patrie.
Sa conviction est que la jeunesse actuelle doit faire mieux que les devanciers, pour avoir un Burkina de paix et de cohésion sociale. « Nous devons faire mieux que nos parents. Nous ne devons pas travailler à déstabiliser ce pays. Il faut qu’on se mobilise pour travailler afin que la paix revienne au Faso et que la cohésion sociale reprenne sa place », a-t-elle déclaré.
Elle a adressé ce message à sa communauté, celle peuhle. « Je demande à ma communauté (aux Peuhls) de ne pas se laisser manipuler par les puissances étrangères au profit de leurs intérêts. Nous devons reconnaître que le Burkina appartient à nous tous. Si c’était vraiment une bonne chose (le terrorisme), eux (les bailleurs de fonds des terroristes) n’allaient pas rester cachés là-bas pour les utiliser. Il faut qu’on refuse qu’on nous utilise comme des marionnettes pour satisfaire leurs besoins. Il faut que cela s’arrête. On en a marre maintenant, on ne veut plus de ça », s’est-elle exprimée.
Dans sa déclaration, la coordination des organisations de la société civile à, quant à elle, salué le président Ibrahim Traoré et l’ensemble de son gouvernement pour la nouvelle dynamique engagée dans l’offensive contre les groupes armés terroristes. Un hommage spécial a également été rendu aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Selon elle, les avancées dans la lutte contre le terrorisme méritaient d’être encouragées par la communauté internationale, les institutions internationales et régionales. Mais celles-ci ne sont absolument pas dans cette dynamique.
C’est pourquoi « la coordination des OSC met en garde la communauté internationale sur les « qualificatifs inappropriés conférés à la situation de notre pays ». Elle interpelle l’Occident et les institutions internationales sur leurs responsabilités dans la crise sécuritaire qui secoue le Sahel.
La coordination dit aussi réaffirmer à la communauté internationale la volonté du peuple burkinabè d’assumer pleinement sa souveraineté et son indépendance réelle.
Elle a invité le peuple burkinabè dans toutes ses composantes « à un plein engagement, dans le but de fortifier l’unité du peuple, de le rendre invincible, à soutenir avec véhémence le courage et les actions des autorités pour la stabilité et la souveraineté du Burkina face à la ferveur de la rapacité de certains qui refusent d’être des Burkinabè ».
À noter que des prières ont été dites par des représentants de la communauté musulmane, de l’Eglise catholique et de celle protestante au cours de cette manifestation de soutien à la transition.
Plusieurs artistes, dont Nourat, ont également presté lors de la manifestation.
Après la pénurie de timbres fiscaux de 100 FCFA et 200 FCFA dans les services des impôts à Ouagadougou, les Ouagavillois sont confrontés à une longue attente pour acquérir la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB). Ils sont nombreux, ces citoyens qui attendent d’entrer en possession du précieux sésame. Pour certains un mois, pour d’autres deux ou trois mois, voire plus.
Dur dur d’entrer en possession de sa carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) après avoir accompli les formalités administratives y relatives. Ce n’est certainement pas cet instituteur qui dira le contraire, lui qui a accompli depuis décembre 2022 les formalités de renouvellement du précieux sésame au commissariat de l’arrondissement 7 de Ouagadougou (Wapassi) mais ne l’a toujours pas obtenu alors qu’il en a besoin en vue de déposer son dossier pour la correction de l’examen du Certificat d’études primaires (CEP). « Je tiens une classe de CM2 et je veux déposer mon dossier pour la correction des examens. Ma CNIB étant expirée, il m’en faut nécessairement une nouvelle pour pouvoir le faire. J’ai fait l’enregistrement depuis le 24 décembre 2022, mais on m’a fait comprendre par la suite que la photo était floue. J’ai alors repris le 24 mars 2023. Le délai d’un mois m’avait été donné pour récupérer la pièce et c’était le 24 avril 2023. Mais jusqu’à ce jour mercredi 3 mai 2024, je n’ai pas encore obtenu gain de cause. Or le dépôt des dossiers prend fin ce vendredi 5 mai. Depuis mercredi de la semaine dernière, j’abandonne mes élèves en classe après leur avoir donné des exercices à traiter et je viens faire le pied de grue ici en espérant pouvoir récupérer ma CNIB. Mais chaque fois on me dit de revenir le lendemain », nous a-t-il narré sa situation. C’est un cri du cœur qu’il lance par la même occasion pour pouvoir enfin obtenir le précieux sésame.
Une citoyenne que nous avons approchée nous a confié aussi que son petit frère, candidat à l’examen du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), a accompli les formalités pour la CNIB il y a deux mois, mais la pièce n’est toujours pas disponible. Pourtant, candidat libre, celui-ci en a besoin pour les épreuves sportives du BEPC qui ont commencé le mardi 2 mai 2023. « S'il n'obtient pas sa CNIB avant la fin des épreuves, il risque d'avoir zéro et ce n'est pas bon pour lui», a-t-elle affirmé.
Un autre citoyen déclare avoir accompli les formalités pour sa CNIB depuis janvier 2023, mais il dit être toujours dans l’attente de sa délivrance. « Mon ancienne CNIB est arrivée à expiration, or j’ai besoin de la nouvelle pour pouvoir établir des dossiers de parcelles, mais ça tarde et on ne sait pas pourquoi », a-t-il indiqué.
Selon des sources bien introduites, il y a une récurrence des ruptures de la matière première utilisée pour la production des cartes nationales d’identité. Tous les deux ou trois mois, la matière première manque, confient nos sources.
Nous estimons qu’il y a des non-dits dans cette affaire. Est-ce un problème de finances ? L’on ne saurait répondre. Mais comment comprendre ce manque de matière première quand on sait que les inscriptions pour l’établissement des CNIB ne se font pas gratuitement ou à crédit ?
Des mesures sont prises pour pouvoir traiter les cas urgents, indiquent nos sources. À cet effet, la matière première serait venue en fin de semaine dernière et tout va entrer progressivement dans l’ordre.
Toujours est-il que c’est un grand stock qui serait en attente de production, au regard de la file d’attente kilométrique que nous observons devant l’Office national d’identification (ONI) chaque matin, et le retard pourrait encore être constaté.
Tout compte fait, les autorités de la transition sont invitées à se pencher sur ce sujet pour que tout rentre dans l’ordre pour le bonheur de tous les Burkinabè.
La 21e édition des Kundé, les « Trophées de la musique au Burkina Faso », se déroulera du 10 au 13 mai 2023 à Ouagadougou. Les activités de cette édition sont le Kundé music export, la soirée gala de remise des trophées et le concert After-Kundé. Face à la presse, le commissariat général des Kundé a fait le point de l'organisation et présenté les articulations ainsi que le plateau artistique de cette 21e édition. Tout est fin prêt.
Selon le commissaire général des Kundé, Salfo Soré dit Jah Press, les préparatifs se passent assez bien malgré certaines difficultés. « Malgré le difficile contexte sécuritaire, le Burkina reste résistant et résilient. Les Kundé se tiendront pour toujours envoyer ce message de résilience et de résistance à travers le monde. On n’a pas pu avoir ce qu’on voulait, mais on fait avec ce qu’on a. Les petits plats sont en train d’être mis dans les grands », a-t-il assuré. Le commissaire général a invité tous les participants aux différentes activités des Kundé à accepter de jouer le jeu des agents de sécurité. C’est pourquoi d’ailleurs il a souhaité que les participants viennent assez tôt pour se soumettre aux fouilles sécuritaires.
Papus Zongo, directeur artistique et commissaire artistique des Kundé, a déclaré que tout est bouclé pour ce qui est des programmations artistiques. « On est vraiment prêt. Tout est bouclé au niveau des Burkinabè, tout comme sur le plan international. Les choses vont se passer comme il se doit. »
L’innovation à la présente édition est le Kundé Music Export. Cela consistera à créer un cadre d’échanges entre les artistes ou acteurs de musique du Burkina et ceux de l’étranger sur les nouvelles façons de vendre la musique, sur les précautions à prendre et les nouveaux supports utilisés pour la vente des musiques. Une dizaine d’artiste auront aussi l’occasion de prester pour montrer leurs talents à des tourneurs, des producteurs.
« C’est une occasion pour nous de mettre en contact les artistes burkinabè avec des professionnels de la musique, des tourneurs, des médias, afin de voir comment ceux-ci pourront en profiter pour présenter tout le contenu de leur répertoire, parler de leur carrière. 10 artistes se soumettront à l’exercice. Ils vont prester en live pendant 20mn chacun. 5 artistes presteront le 10 mai à Palace Hôtel et 5 autres le 11 mai au Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) », a précisé Papus Zongo.
Quant au processus de désignation des lauréats dans les différentes catégories, il suivra son cours jusqu’au 12 mai 2023, selon le commissaire général à la sélection des Kundé, Boureima Djiga. « À ce stade, nous assistons au retour des fiches de votes et à leur compilation. À l’issue des compilations, les suffrages seront mis à la disposition d’un jury composé de 5 membres, qui se basera sur ses compétences pour délibérer en toute objectivité, dans la transparence et sans aucune pression pour désigner le gagnant de cette édition 2023 », a-t-il expliqué.
La soirée gala de remise des Kundé, les « Trophées de la musique au Burkina Faso », aura lieu le Vendredi 12 mai 2023 à la salle des Banquets de Ouaga 2000 et sera présentée conjointement par Alpha Ouédraogo et Maguy Leslie Oka. 15 trophées seront remis . À cela s’ajoutent le trophée du Kundé d’honneur et celui du Kundé d’hommage.
Plusieurs artistes nationaux comme Eunice Goula, Nabalüm, Amzy, Imilo Lechanceux et internationaux comme Zao, Nahawa Doumbia, Toofan, Didi B, KS Bloom, Roseline Layo honoreront de leur présence cet événement artistique majeur, selon le commissariat général. Le défilé de mode sera assuré par François 1er du Burkina Faso.
Pour les Kundé du public 2023, les gens peuvent voter par SMS au 424 au niveau national, au coût de 100 FCFA (K1 pour Alif Naaba, K2 pour voter Floby, K3 pour Greg, K4 pour Smarty et K5 pour Miss Tanya). Pour la diaspora, les votes se font au 98 112 en côte d’Ivoire et au 24 214 au Sénégal (au coût de 200 FCFA) par SMS. Il est possible de voter plusieurs fois pour le même candidat.
Pour ce qui est de l’After-Kundé, il aura lieu dans le cadre du village des Kundé le 13 mai 2023. Les artistes invités à cette soirée sont Didi B et KS Bloom de la Côte d’Ivoire, Toofan du Togo, Krys M du Cameroun, ainsi que 5 lauréats des Kundé 2023.
Chaque premier mardi du mois de mai, est célébrée la Journée mondiale de l’asthme.L’asthme est une affection chronique qui se caractérise par des crises récurrentes au cours desquelles on observe des difficultés respiratoires et une respiration sifflante. C’est une pathologie qui touche toutes les tranches d’âge.Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 339 millions de personnes souffrent d’asthme dans le monde. À l’occasion de cette journée célébrée ce mardi 2 mai 2023, Radars Burkina a tendu son micro à quelques personnes qui souffrent de cette maladie respiratoire. Elles nous racontent leur vécu.
Selon Mme Zongo, ses crises se déclenchent lorsqu’il y a beaucoup de poussière, lorsqu’elle s’énerve ou lorsque la pluie la bat. Elle confie n’avoir jamais pris d’autres produits en dehors de la Ventoline. Elle indique que sa crise peut parfois perdurer 4 jours malgré l’usage de la Ventoline, si bien qu’elle doit recourir à une injection pour être soulagée. Elle a ajouté que son garçon de 11 ans souffre du même mal.
Une autre interlocutrice souffrant aussi d’asthme, qui a requis l’anonymat, nous a relaté sa situation : « Quand je suis extrêmement fatiguée, ou quand je respire la poussière, ça me donne l’asthme. Très souvent aussi, mes rhumes débouchent sur des crises d’asthme. Donc quand j’ai un début de rhume, je traite systématiquement l’asthme en même temps que je traite le rhume. Quand le climat est sec, j’ai moins de crises. J’avais beaucoup plus de crises à Lomé à cause du climat humide. La semaine dernière, je n’ai pas pu aller travailler à cause d’une crise. C’est très douloureux.»
En ce qui concerne les médicaments, « il y a une rupture de stock parfois, mais j’ai toujours des réserves et je me sépare rarement de ma Ventoline », a-t-elle expliqué.
Mère de deux enfants, elle précise qu’elle a dû mettre un terme à l’enfantement sur conseil de ses médecins à cause de ses crises d’asthme répétées.
Un parent d’élève que nous avons rencontré dans un service de santé nous a aussi confié être venu chercher une dispense en Education physique et sportive (EPS) pour sa fille qui doit bientôt passer l’examen du Certificat d’études primaires (CEP). « Ma fille peut faire le sport, mais comme les crises ne préviennent pas, si jamais le jour des épreuves sportives elle a une crise, elle ne pourra pas composer. Donc la dispense, c’est la meilleure option », précise-t-il.
Quelles sont les précautions à prendre par les personnes qui souffrent d’asthme ?
Selon Gaston Nana, agent de santé au Centre médical urbain du secteur 15 de Ouagadougou, les facteurs qui provoquent les crises d’asthme peuvent varier d’une personne à une autre (des allergies, des activités, des comportements, etc.), de même que les signes précurseurs d’une aggravation de l'asthme (toux sèche ou respiration sifflante, essoufflement, oppression dans la poitrine, utilisation plus fréquente du médicament de crise (spray).
« Tout compte fait, il est important pour une personne souffrant d’asthme de toujours avoir son médicament sur soi pour pouvoir soulager les symptômes dès le début de la crise et prévenir son aggravation », a-t-il conseillé.
Concernant les enfants asthmatiques, il précise qu’ils doivent toujours avoir leur inhalateur à portée de main à l’école. Il est en outre bon d’en avertir les enseignants pour améliorer la prise en charge de l’enfant en cas de crise. De plus, il faut surveiller le taux d’humidité en maintenant un taux bas dans la maison et dans la chambre à coucher et en les aérant tous les jours, si possible. Par ailleurs, le contrôle de la poussière dans la chambre à coucher est un élément fondamental : éviter les tapis, sinon y passer fréquemment l'aspirateur et les laver à la vapeur régulièrement. Il est également recommandé d'éviter les endroits enfumés et de fumer dans les maisons ou les voitures. Les parents d’enfants asthmatiques ou les personnes asthmatiques doivent tout faire pour arrêter de fumer, car la fumée est un irritant qui aggrave considérablement l’asthme. Certains médicaments comme l'acide acétylsalicylique (Aspirine®) ou antihypertenseurs comme les bêta-bloquants peuvent aussi provoquer des crises chez certains asthmatiques. Il faut donc être vigilant.
Les gens qui ont un asthme bien maîtrisé ne devraient pas cesser de faire des activités physiques, bien au contraire ! La pratique régulière d'un exercice modéré à l'air libre et d'exercices de respiration est recommandée. Un entraînement régulier permet d’améliorer la capacité pulmonaire et la dilatation des bronches et de faire reculer peu à peu le seuil d’apparition de l’asthme lié à l’effort. Pour finir, les personnes qui réagissent à l'air froid et sec peuvent se couvrir la bouche et le nez avec une écharpe, ce qui permettra de réchauffer et d’humidifier l'air inspiré.