Collaboration Niger-Mali-Burkina : « Aujourd’hui ce n’est pas un choix, c’est une obligation », Adama Amadé Siguiré, écrivain professionnel
Le mercredi 26 juillet 2023, le président Mohamed Bazoum a été destitué de ses fonctions par des militaires. Suite à ce coup d’Etat, plusieurs sanctions ont été prises par des institutions et pays, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), contre le Niger avec à l’appui des menaces. Cependant, les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée Conakry ont exprimé leur soutien aux tombeurs de Bazoum et au peuple nigérien. L’Algérie a également mis en garde la CEDEAO contre toute intervention militaire au Niger. Dans une interview accordée à Radars Burkina, l’écrivain professionnel consultant en relations humaines, en leadership et en management des cellules sociales, enseignant de philosophie, donne sa lecture des choses.
Radars Burkina : Le dimanche 30 juillet 2023, les chefs d’Etat membres de la CEDEAO, avec à sa tête Bola Ahmed Tinubu, ont à l’issue d’un sommet extraordinaire donné un ultimatum d’une semaine aux militaires nigériens pour réinstaller Bazoum sur son fauteuil et menace de faire usage de force en cas de non-respect de leurs décisions. Cette menace peut-elle intimider le général Abdourahamane Tiani et ses hommes à se soumettre ?
Adama Amadé Siguiré : Je ne crois pas que cette menace puisse intimider les putschistes et les amener à se soumettre parce qu’à ce stade, je pense qu’on est déjà à un niveau assez avancé. Le coup d’Etat est pratiquement consommé. Bazoum a été destitué, il n’est plus président. Les militaires qui ont fait le coup d’Etat ont choisi leur chef en la personne de Abdourahamane Tiani, je me demande comment ils vont revenir en arrière ! J’attends de voir, sinon je ne crois pas.
Radars Burkina : Les gouvernements burkinabè, maliens et guinéens ont exprimé leur soutien aux autorités et au peuple nigériens et se désolidarisent des sanctions de la CEDEAO. Ils menacent également de quitter l'institution si celle-ci tente une intervention militaire contre le Niger. Quelles peuvent être les conséquences de ces décisions ?
Adama Amadé Siguiré : Il faut d’abord reconnaître qu’on ne pouvait que s’attendre à cette décision parce qu’avant tout, ce qui se passe au Sahel est une guerre géopolitique qui ne dit pas son nom. C’est un peu la guerre contre l’Occident et la Russie qui se déporte malheureusement au Sahel. Le Mali et le Burkina étant plus proches de la Russie que du bloc occidental, de la France et de ses alliés, il va de soi que ces pays décident de soutenir le Niger. C’est tout à fait logique. Mais, il faut aussi reconnaître qu’il y a des inquiétudes. Prions Dieu pour que cela n’arrive pas parce que si effectivement la France et le CEDEAO décident d’intervenir au Niger et que le Burkina et le Mali décident de soutenir le Niger, je crois que ça va créer un véritable chaos dans le Sahel surtout en Afrique occidentale. On risque de se retrouver avec cette situation libyenne qui a été même à l’origine du terrorisme. Si encore la situation dégénère au Mali, au Burkina et au Niger, je crois qu’on va vivre des moments très difficiles. Pour le moment, comme ce sont des menaces, personnellement je pense que ce sont des choses qui n’arriveront pas.
Radars Burkina : Ces décisions peuvent-elles avoir un impact sur l'élan de la CEDEAO ?
Adama Amadé Siguiré : Oui, ces décisions peuvent avoir un impact sur l’élan de l’institution sous-régionale. Elle saura aussi que le Niger a ses alliés et qu’il n’est pas seul. Aujourd’hui, il faut que les présidents de la CEDEAO pèsent ce qu’ils gagnent et ce qu’ils perdent. À partir du moment où beaucoup de pays se disent solidaires du Niger, je pense que cela peut freiner l’élan de l’institution. Je voyais la chose pratiquement difficile et avec cette sortie du Burkina, du Mali, du Niger et de la Guinée, ça complique encore la situation de la CEDEAO.
Radars Burkina : Le président Ibrahim Traoré a évoqué une possible collaboration au cours de son séjour en Russie avec le Niger dans la lutte contre le terrorisme si les autorités nigériennes vont dans la même direction que le Burkina. Pensez-vous que les nouveaux dirigeants du Niger accepteront une collaboration avec le Burkina ?
Adama Amadé Siguiré : Je pense bien que c’est l’unique solution. Comme les dirigeants ont leur lecture qui n’est pas souvent rationnelle, sinon aujourd’hui la collaboration avec le Burkina s’impose parce que c’est la marche de l’histoire. C’est un moment où les populations victimes du terrorisme qui les frappent depuis des années, ont décidé de s’assumer et de revendiquer leur souveraineté. Si le Niger veut s’en sortir, il faut que les militaires qui viennent de prendre le pouvoir collaborent avec le Burkina et le Mali. De toute façon, ça sera vraiment absurde si ces derniers décident de ne pas coopérer avec le Burkina et le Mali. L’on se demandera pourquoi ils ont pris le pouvoir. Au stade actuel, je pense que c’est cette donne qui est affichée et je pense que les nouvelles autorités nigériennes savent que la collaboration aujourd’hui n’est pas un choix, mais une obligation entre les trois pays. Autrement dit, leur prise de pouvoir ne servirait à rien si ce n’est qu’une perte de temps.
Radars Burkina : Dans un communiqué publié hier 1er août, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a exigé le retour au pouvoir de Bazoum. Quel commentaire en faites-vous ?
Adama Amadé Siguiré : Les hommes politiques sont devenus comme des gens qui font des gags parce qu’ils sont toujours en déphasage avec la situation nationale, surtout en déphasage avec les réalités politiques, sociologiques des pays. C’est de bonne guerre que le MPP décide de soutenir Bazoum parce que ce dernier était leur allié quand ils étaient au pouvoir. Mais ce que les membres de ce parti oublient, c’est qu’eux-mêmes ont été victimes d’un coup d’Etat. S’ils doivent se battre pour le retour de Bazoum, c’est mieux de le faire pour eux-mêmes d’abord pour revenir au pouvoir. S’ils n’ont pas pu faire cela et que c’est Bazoum qu'ils soutiennent, je pense que c’est absurde, ça n’a pas de sens.
Propos recueillis par Flora Sanou

Par ailleurs, pour impulser une nouvelle dynamique et booster l’agriculture au Burkina, le gouvernement de la Transition a annoncé des initiatives et actions en perspective. Il s’agit, entre autres, de l’opérationnalisation des agropôles que sont Bagré, Sourou et Samendeni, pour la mise en place des chaînes de production, de transformation et de commercialisation. Par ailleurs, la réalisation, à la saison sèche prochaine, de forages à grand débit dans les zones à haut défi sécuritaire pour permettre la production agropastorale permanente a été annoncée. Il y a également la commercialisation de la production à l’usine de mélange d’engrais de Koupéla d’une capacité de 90 tonnes/heure, la construction du complexe industriel de production d’engrais à base de phosphates naturels de Kotchari, l’opérationnalisation très prochaine de la Centrale d’approvisionnement en médicaments vétérinaires (CAMVET), ainsi que la dynamisation de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA).
Le Conseil des ministres du mercredi 19 juillet 2023 a adopté un projet de décret portant création, attributions et fonctionnement de Burkina Yîn-wisgr Meta (B.Y.M.), une structure visant à optimiser la gestion des infrastructures sportives pour plus d’efficacité et d’efficience. A ce sujet, une équipe de Radars Burkina a recueilli les avis de quelques acteurs du monde sportif.
En outre pour Kader Traoré, journaliste sportif, la fusion de ces structures est un avantage, parce qu’elle permettra d’avoir un regard sur tout ce qui se fait en matière de construction des stades, des aires de jeux pour les loisirs.
En sus, de son point de vue, la structure veillera sur les infrastructures qui sont déjà réalisées avant de se projeter sur de nouvelles constructions. À la question de savoir si cette structure pourra permettre au Burkina d’abriter un jour la Coupe d’Afrique des nations (CAN), il indique que l’organisation de la CAN exige un ensemble d’infrastructures routières, sanitaires, hôtelières, sportives, etc., pour présenter un cahier de charge en vue d’organiser la CAN. Or pour l’instant, le Burkina n’est pas à ce stade dit-il. « On n’a même pas un stade homologué pour abriter les compétitions de nos équipes nationales et de nos clubs » insinue-t-il. Donc, il va falloir commencer par ça, avoir d’abord un ou deux stades aux normes pour pouvoir accueillir nos équipes nationales et clubs avant de se projeter sur une CAN, a-t-il conclu.
Selon le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), lorsqu’il s’agit d’opérations allant dans le sens de la sécurisation du territoire, la question est très délicate. Et à ce titre, « nous ne nous opposons pas à ces augmentations, nous apprécions la mesure à sa juste valeur ».
Le mercredi 12 juillet 2023 à Ouagadougou, a vu le jour l’Observatoire burkinabè de la publicité (OBPub), dont l’objectif principal est de promouvoir le respect des règles qui encadrent les pratiques publicitaires au Burkina Faso. À quoi faut-il s’attendre avec cette structure d’auto-régulation ? Est-ce un organe de censure ou plutôt une structure de rappel à l’ordre ? Dans cette interview accordée à Radars Burkina, Bessolé Jean Pierre Somda, président du bureau exécutif de l'OBPub, donne des éléments de réponse.
Le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Boubacar Sawadogo, a annoncé au Conseil des ministres du mercredi 12 juillet la mise en place d’un Comité national d’organisation de la participation des Etalons à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Côte d’Ivoire 2023 « pour éviter les dysfonctionnements constatés par le passé ». À ce sujet, Radars Burkina a recueilli les avis du citoyen lambda et celui d’un acteur du monde sportif.
De l’avis du journaliste sportif Moussavou Billa, à qui nous avons aussi tendu notre micro, la mise en place d’un comité national d’organisation est tout à fait compréhensible, car « pour aller à une compétition il faut, avant tout, s'organiser ». Selon lui, c'est bien réfléchi et ce n'est d’ailleurs pas la première fois que le Burkina Faso met en place un comité d'organisation pour une CAN.
Ce jour samedi 15 juillet, est célébrée la 5e édition de la Journée nationale de l’arbre au Burkina. A cette occasion, il y a eu le lancement d’une campagne de reforestation. Quel est l’état de la déforestation aujourd’hui au Burkina malgré les multiples actions de plantation d’arbres ? Lazare Doulcom, coordonnateur national de l’association « Héritiers et continuateurs de l’œuvre de Thomas Sankara pour l’environnement », dans cette interview accordée à Radars Burkina, donne des éléments de réponse.
La plateforme e-contravention a été lancée par le ministère de la Sécurité, le 11 juillet 2023, pour permettre aux usagers de la route au Burkina de payer rapidement leur contravention en cas d’infraction. L’objectif est de lutter contre la corruption sur la voie publique. Sur la question, le secrétaire exécutif adjoint du REN-LAC et certains citoyens ont donné leur avis à une équipe de Radars Burkina.
Pissyamba Ouédraogo, secrétaire exécutif adjoint du réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), estime que cette plate-forme s’inscrit dans le cadre d’une recommandation faite par le REN-LAC dans son rapport 2021 sur l’état de la corruption au Burkina, notamment la digitalisation d’un certain nombre d’actes dans les services dans l’optique de réduire les contacts interhumains qui créent les conditions de la corruption.
Le gouvernement a décidé de la réglementation des interventions des agents publics de santé dans les structures sanitaires privées au Burkina. Ainsi, il ressort que ces agents ont l’autorisation d’intervenir dans les structures privées sur une durée de 2 ans maximum pour les spécialistes et d’un an pour les autres corps de la santé au bout desquels, tous doivent choisir entre le privé et le public. Interrogés par Radars Burkina, certains acteurs donnent leurs avis sur la question.
En rappel, celui à qui les acteurs de l’économie et des finances disent au revoir a intégré l’institution financière internationale en 1991 après avoir été analyste financier de 1985 à 1989 à la société financière sénégalaise pour le développement de l’industrie et du tourisme au Sénégal. Il a gravi les échelons jusqu’au poste de Directeur national de la BECEAO pour le Burkina en 2012. En effet, il a occupé respectivement, les postes d’inspecteur à la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 1991 à 1995, de Chef du département de la supervision et des études bancaires de 1995 à 2005, de Directeur du crédit de 2006 à 2009 et de Secrétaire général de la Commission bancaire de l’UEMOA de 2009 à 2011.
Par son leadership à la tête de la Direction nationale de la BCEAO du 12 janvier 2012 au 30 juin 2023, le Burkina Faso a pu réaliser de nombreux progrès dans le domaine bancaire avec des réformes institutionnelles majeures. À cet effet, le nombre d’acteurs du système bancaire est passé de 17 à 23 dont 16 banques, 5 établissements financiers et 2 compagnies financières en dix ans. Ainsi, le secteur bancaire burkinabè s’est positionné comme le troisième marché de l’UEMOA avec une part de marché qui est passée de 13,2 % en 2012 à 14,5% en 2021, selon le rapport annuel de la Commission bancaire de l’UEMOA.










