Violences au Sénégal : « On aurait pu éviter cela en ne tombant pas dans l'abus de pouvoir » (Dieudonné Tankoano, sociologue enseignant-écrivain
Le tribunal de grande instance de Dakar a condamné l’opposant Ousmane Sonko à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse » le jeudi 1er juin 2023. Ce verdict, c’est le moins qu’on puisse dire, a embrasé le Sénégal. On y enregistre en effet des pertes en vie humaine et des blessés. Dans cet entretien, Dieudonné Tankoano, sociologue, enseignant et écrivain, affirme que ces tensions auraient pu être évitées si on n'était pas tombé dans l'abus de pouvoir au pays de la Teranga.
Radars Burkina : Comment avez-vous accueilli la condamnation par la justice de l'opposant sénégalais Ousmane Sonko ?
Dieudonné Tankoano : La condamnation par la justice de l'opposant Sonko du Sénégal est la conséquence de son engagement ferme et infaillible en tant qu'opposant et espoir futur de la jeunesse sénégalaise. Rappelez-vous qu'il avait été condamné à 6 mois avec sursis dans le même ordre pour d'autres fait. En Afrique les opposants authentiques sont pris pour ennemis à abattre par les tenants du pouvoir. C'est regrettable. Cela résulte autrement d'ambitions dictatoriales pour les auteurs de cette haine.
Radars Burkina : Cette condamnation exclut Ousmane Sonko de la course pour les élections de 2024 car selon la loi sénégalaise, quand on est condamné à plus de trois mois de prison ferme, on devient inéligible. Êtes-vous d'avis avec ceux qui disent que ce qui arrive à Sonko est une cabale purement politique ?
Dieudonné Tankoano : "La germination de la plupart des végétaux commence par la floraison" pour vous dire que cette condamnation a pour but de de salir sa réputation, impacter son capital humain et briser sa carrière politique. Évidemment la suite c'est de l'exclure des élections prochaines pour demeurer l'unique maître du palais sans égal. Je me demande ce que vaut la démocratie pour l'Afrique. Juste une gangrène. Je veux juste dire qu’exclure Sonko des élections de 2024 est un abus politique à but ostentatoire dictatorial et malhonnête de la part des auteurs. Macky Sall vaut mieux que ça. J'ai envie de croire que le pouvoir est une drogue corruptible qui rend ivre. Ce n'est pas au Sénégal seulement. L’Afrique dans son ensemble souffre de l'application d'une réelle contradiction de position. La preuve en est que même au Burkina les gens sont contraints à tout applaudir s'ils ne veulent pas avoir le régime en place sur leur dos. L'opposition n'est pas permise en Afrique.
Radars Burkina : Quelle est votre appréciation des violentes manifestations au pays de la Teranga ?
Dieudonné Tankoano : C'est avec regret et consternation que j'observe les dernières émeutes qui ont lieu au Sénégal. On aurait pu éviter en ne tombant pas dans le complexe d'abus de pouvoir. A cette allure les acquis de l'Afrique depuis les indépendances sont sans doute remis en cause. Si Wade avait abusé de son pouvoir en enfermant Macky Sall opposant en son temps et en l'empêchant de se présenter comme candidat il ne serait point président aujourd'hui.
Radars Burkina : On parle de déjà de mort d'homme dans ces heurts. Pensez-vous que le Sénégal pourrait être au bord du précipice si les manifestations perdurent ?
Dieudonné Tankoano : Pourquoi les politiciens africains font de la gestion du pouvoir un bien privé ? J'ai des connaissances au Sénégal et je sais que cette jeunesse veut du nouveau pour garantir son avenir. Est-ce Sonko en prison aujourd’hui, le probable Messi ? Qui sait.
Même si ce qui s'y passe est regrettable sachez que l'élan de la jeunesse ne sera jamais freiné tant qu'elle n'a pas atteint son objectif, celui d'opérer le changement. Le pouvoir de Macky Sall est inquiété. Ces jeunes ne vont pas rengainer.
Radars Burkina : Quelle est votre analyse de la situation politique du Sénégal ?
Dieudonné Tankoano : Je préconise le dialogue à temps entre les deux camps pour trouver un consensus et sauver les acquis d'investissement de ce beau pays qu'est le Sénégal. Quant à la jeunesse, qu'elle use de tact et d'intelligence pour ne pas se faire du tort. Les édifices qu'elle détruit sont conséquence des efforts des générations passées. Il faut les épargner.
Le plus regrettable est que ces événements ont commencé à prendre une tournure inquiétante. Je parle de mort d'homme. Jusqu'à quand la jeunesse va arrêter de s'immoler pour des faits politiques. C'est regrettable. Ni Sonko ni Macky Sall n'est mort ni même blessé c'est la jeunesse qui est prise pour bouclier. Jeunesse africaine ouvre l'œil !
Propos recueillis par Flora Sanou

La ministre Somé a confié que le gouvernement est en phase avec les personnes déplacées internes dans la dynamique de reconquête du territoire pour leur permettre de repartir se réinstaller sereinement. « L’Etat accompagne ces retours et la dynamique est enclenchée puisque nous les approchons pour évaluer leur besoin dans tous les domaines pour que l’appui aille effectivement là où le besoin est exprimé.
Le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, pour sa part, a communiqué sur la mise en place des bureaux «Bilan de compétences et d’accompagnement (BCA) » dans les universités. Selon lui, l’objectif global de la mise en place de bureaux BCA est d’accompagner les étudiants dans la construction et la réalisation de leur projet d’insertion professionnelle ou d’emploi. Ce dispositif vient en réponse au souci du président de la Transition de trouver une alternative aux jeunes pour leur permettre d’apprendre un métier d’ici la fin de la formation et s’intégrer dignement dans le monde du travail. C’est la concrétisation des échanges qu’il a eus le 17 janvier 2023 à l’université Joseph Ki-Zerbo avec les groupes universitaires.
La compétition dans le cadre de la 36e édition de la coupe du Faso s’est achevée le dimanche 28 mai 2023 avec pour vainqueur l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO). Salifou Guigma, journaliste sportif, livre sa lecture de l’organisation de cette compétition et de l’avenir même du football burkinabè dans cette interview.
Salifou Guigma : En tant qu’observateur, le niveau est en mon sens moyen. Il n’est pas très bon mais il y a des aspects dont on peut se satisfaire. Il y a eu beaucoup de buts marqués sur coup franc, sur balle arrêtée, en attaque placée. C’est quelque chose de formidable. Il y a également eu de très bonnes aptitudes au niveau des gardiens de but. C’est un compartiment de jeux où il y avait toujours des difficultés au niveau de notre football. Il y a des gardiens de but qui se révèlent, je pense que c’est bon. Également on a remarqué depuis un certain temps, des équipes font sortir de balles assez bonnes, on ne dégage plus à l’emporte-pièce, ça met en actif la direction technique intentionnelle avec les techniciens pour arriver à une situation où il faut lancer à partir de la défense, construire le niveau du milieu et essayer de finaliser : marquer les buts. C’est peut-être à ce niveau que ça pêche toujours. À mon avis le péché mignon de notre football, c’est la finition.
La grande famille SAWADOGO à Noh, Sabcé, Piitenga, Ouagadougou,
La Coalition des associations de défense des droits de l'homme (CADDH), dans un communiqué, a invité le peuple burkinabè à boycotter toutes les compagnies de téléphonie mobile le mardi 30 mai 2023 de 13h à 14h sur toute l'étendue du territoire national. Objectif de cette opération : dénoncer la cherté des services desdites compagnies et les dysfonctionnements y observés. En quoi consiste l'opération ? Pourra-t-elle vraiment impacter les mis en cause ? Comment avoir l’adhésion des populations ? Adama Bayala, porte-parole de cette coalition, apporte des éléments de réponse dans l’interview ci-après qu’il a accordée à Radars Info Burkina.
Après 48h d’échanges, le colloque international initié à l’occasion du cinquantenaire du quotidien L’Observateur Paalga s’est achevé dans la soirée du mercredi 24 mai 2023 à Ouagadougou. Retour sur cette cérémonie de clôture.
Sa conviction est que les expériences que le Burkina est en train de vivre n’existent nulle part ailleurs et ne correspondent pas aux théories qui existent dans le domaine des sciences de l’information et de la communication. C’est pourquoi il pense qu’il faut qu’on parle de « l’école de Ouagadougou », comme l’ont d’ailleurs proposé certains panélistes car, selon leurs dires, ce qui se passe au Burkina à travers la propagande exagérée, les fake news et le fait que tous les citoyens deviennent des diffuseurs de contenu ne se passe pas ailleurs. « Il faut que nous [enseignants chercheurs] réfléchissions sur la survie des médias de façon générale. Il faut que nous voyions comment on peut théoriser cela à travers des théories qui n’existent pas encore », a-t-il affirmé.
Quant au président du comité scientifique, le Pr Magloire Somé, il se réjouit que les échanges aient été très riches car « d’excellents exposés ont été faits avec beaucoup de débats à l’appui et c’était le plus important ». A l’en croire, c’est un bon départ pour L’Observateur Paalga qui a eu l’idée de faire un arrêt pour essayer de communiquer sur les opportunités qui s’offrent aux médias traditionnels afin de se repositionner dans ce nouveau contexte. « Aujourd’hui sur les réseaux sociaux, beaucoup d’informations circulent. Ainsi, la presse est obligée d’en tenir compte pour se réadapter, sinon elle risque de disparaître. La presse écrite est une question d’adaptation et de réadaptation », dira-t-il.

Son analyse a porté sur 10 vidéos publiées sur Facebook, TikTok et WhatsApp au Burkina. Des résultats présentés par le Dr Nébié, il ressort que les auteurs de ces discours de haine ou de violence utilisent « la légitimation de soi » qui consiste à dire que c’est « moi en tant qu’auteur du discours et tous ceux qui partagent mon point de vue qui avons la légitimité de prendre la parole et de dénier la parole aux autres parce qu’on estime que les autres ne doivent pas y avoir accès (« délégitimation de l’autre ») ».
Cependant, cette idée de production de contre-discours n’est pas partagée par certains participants qui proposent plutôt une réforme de la loi pour durcir la répression contre les auteurs de ces discours de haine ou de violence. Ceux-ci proposent aussi l’institution de modules dans les écoles de formation scolaire et universitaire, des modules sur l’éducation aux médias.
Selon ses explications, ce sont plutôt « les contraintes internationales et internes sur l’économie générale [qui] ont créé une inflation des coûts qui s'est répercutée sur le prix du médicament ».
Le quotidien burkinabè d’informations générales L’Observateur Paalga, créé le 28 mai 1973, a aujourd’hui un demi-siècle. Pour marquer ce jubilé d’or, le doyen des journaux privés à l’échelle nationale a prévu une série d’activités commémoratives. La première d’entre elles, un colloque scientifique international sur le thème « Les médias traditionnels africains face au développement du numérique : résilience opportunités et défis », a débuté aujourd’hui, mardi 23 mai 2023, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.
Et Edouard Ouédraogo de souligner qu’avec l’avènement du numérique, aujourd’hui la presse écrite et les médias de façon générale ont un challenge à relever s’ils veulent survivre. C’est justement la raison pour laquelle les activités du jubilé d’or sont orientées vers la réflexion sur l’avenir des médias face à l’ère du numérique : « Aujourd’hui avec l’avènement du numérique, les lecteurs sont installés dans la culture de la gratuité et il se pose à L’Observateur, à la presse écrite aussi bien qu’à l’ensemble des médias, un challenge qui n’est pas facile à relever. C’est pourquoi à l’occasion de ces 50 ans d’anniversaire, nous avons préféré axer les activités sur la réflexion à travers ce colloque international ».

Aussi, les jeunes doivent produire et amplifier des discours en utilisant les réseaux sociaux pour sensibiliser leurs frères. De plus, ils doivent s’engager massivement dans les rangs des forces de défense et de sécurité pour servir leur pays ou à défaut de la manière la plus possible dans d’autres domaines d’activité.
De sa conviction, les jeunes peuvent dégager des pistes pour ramener la paix au Sahel. « En tant que jeune de l’intérieur tout comme de l’extérieur, nous devons travailler ensemble pour mettre fin au terrorisme. On a le pouvoir de transforme, d’intégrer des nations futures afin de créer des conditions pour que les conflits soient transformés en paix, que les crises soient transformées en opportunité »-t-il conclu.










