Sourou : A Tougan, un pas de plus dans le besoin humanitaire
La province du Sourou est caractérisée, depuis décembre 2022, par une nouvelle vague de déplacement de sa population. Les déplacés internes des villages de Bassan, Djiara, Kouy, Mora petit, Dissi, etc., ont ainsi trouvé refuge dans la ville de Tougan. La raison ? Un ultimatum de déguerpissement a été lancé auxdites populations par des individus armés. S’en est donc suivi un exode forcé de la population qui a eu pour conséquence d’accroître le nombre de déplacés internes dans cette ville, déjà confrontée à un problème de prise en charge de ces personnes vulnérables.
Même si elles espèrent pouvoir repartir chez elles dans les prochains jours, en attendant, que faire face à leurs nouvelles conditions de vie à Tougan ? Tel est le souci majeur actuel de ces personnes déplacées internes qui y ont trouvé refuge. Leurs nouveaux hôtes, ainsi que les autorités de la province du Sourou se posent aussi cette question. Face à cette regrettable situation, le haut-commissaire du Sourou a plaidé la cause de ces personnes vulnérables lors d’un don des commerçants de ladite province le 10 janvier 2023. Salif Traoré a dépeint la situation qui prévaut et les dures conditions de ces personnes déplacées internes. « Au cours de mes visites, j’ai constaté que des populations vivent dans le désarroi. Elles sont sans abri et vivent dans des conditions d’hygiène et d’assainissement très déplorables. En somme, elles sont dans une situation de perte de dignité », a déploré le haut-commissaire.
Un habitant de la ville ayant requis l’anonymat, pour des raisons évidentes de sécurité, révèle que les conditions de ces déplacés internes sont difficiles. « Dès les premiers jours de leur arrivée, les foyers qui étaient les tuteurs des élèves ont dû accepter d’accueillir leurs familles aussi chez eux ; une prise en charge inattendue s’installe alors dans ces familles. Ceux qui n’ont pas de logeurs sont laissés à leur propre sort ; ils ne sont à l’abri de rien. Un site n’a pas été véritablement désigné pour les abriter, ils sont disséminés dans la ville. Globalement, ils sont confrontés à des problèmes de nourriture et de médicaments. Des associations humanitaires de la place et des opérateurs économiques récemment ont volé à leur secours mais j’avoue que cela est très minime, vu le nombre important de déplacés », déplore-t-il.
Il a ajouté que les voyages sont temporairement arrêtés en raison de l’insécurité. Conséquence, plusieurs élèves et enseignants sont absents des salles de classe, faute de ne pouvoir retourner dans leurs zones.
Autre fait notable, de nombreux enseignants et élèves venus passer les congés de Noël à Ouagadougou y sont toujours bloqués, eu égard à la dangérosité de la route. C’est le cas d’Issa Paré (nom d’emprunt), obligé de patienter dans la capitale en espérant une amélioration de la situation. Il précise que rien qu’avant-hier, d’après des sources locales, on ne pouvait ni sortir de la ville de Tougan, ni s’y rendre.
La commune de Tougan, chef-lieu de la province du Sourou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, est réputée pour sa forte productivité agricole.
Modou Traoré (stagiaire)
Le mercredi 11 janvier 2023, la Direction générale des impôts (DGI) a annoncé une batterie de nouvelles mesures fiscales. Taxe sur les véhicules à moteur, taxes sur les boissons alcoolisées, les tabacs, les logements, telles sont, entre autres, les contributions attendues des citoyens. L’objectif de cette pression fiscale est de collecter le maximum d’argent pour l'injecter dans la lutte contre le terrorisme, puisque les acteurs sociaux ont refusé le prélèvement de 1% sur leurs salaires, comme l’a précisé le ministre de l’Economie, Aboubacar Nacanabo, à l’issue du Conseil des ministres du 11 janvier 2023. Sur le sujet, Radars Info Burkina a tendu son micro au président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Dasmané Traoré, ainsi qu’à d'autres citoyens.
L’année 2022 n’a pas été de tout repos pour l’administration judiciaire. L’actualité a été fort chargée avec le plus emblématique des procès : celui sur l’assassinat de Thomas Sankara. Outre ce dossier marquant, il y a eu les dossiers Dabo Boukary, Ousmane Guiro et lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Radars Info Burkina vous propose une rétrospective de ces affaires judiciaires.
Durant une semaine, Ouagadougou et d'autres villes du Burkina Faso ont subi une pénurie d'essence dans les stations-service suite au communiqué de la SONABHY, publié le 26 décembre 2022, annonçant la limitation de la distribution du Super 91 à 60%. Plusieurs secteurs, particulièrement celui de l’informel, ont été touchés par cette pénurie. Après ce cauchemar, une équipe de Radars Infos Burkina a fait un tour d'horizon dans le monde de l'informel à Ouagadougou, le 11 janvier 2023.
Alassane Nikiéma, trentenaire, est commerçant de volaille à la Patte-d’oie, quartier populaire de Ouagadougou. Bien que les fêtes soient passées, il détient toujours par-devers lui des têtes de volaille, espérant trouver des clients qui les lui achèteront. M. Nikiéma confie que la pénurie de Super 91 a gâché tout son business de fin d'année alors qu’il y avait placé tous ses espoirs, car les fêtes de fin d'année sont le seul moment où il peut véritablement espérer se mettre quelques billets de banque dans les poches afin de pouvoir faire face aux dépenses de fin d'année et préparer la reprise des cours de ses enfants. « Avant, j’allais à Djibo acheter la volaille à un prix abordable et je la revendais ici à Ouagadougou. Malheureusement, je ne peux plus me rendre dans cette partie du pays en raison de l'insécurité. J'ai donc réorienté mes achats vers la province du Sanguié mais là encore, à cause du manque de carburant ce projet est tombé à l’eau. Conséquence, je n'ai pu obtenir que 10 gallinacés, contre 200 l'année dernière. Pire, le marché a été particulièrement morose en fin d’année car les gens n’avaient pas de carburant pour se déplacer, a fortiori aller faire des achats. On a été victime d'un mal alors qu’on n’y est absolument pour rien », a déploré le commerçant.
Le marché à légumes n’a pas non plus été épargné par la mévente provoquée par le manque d'essence. Des vendeuses de légumes d’une gare routière située juste à proximité d’une station d'essence de la place, toujours dans le quartier Patte-d’oie, témoignent avoir été victimes du long rang. A les en croire, la file d’attente formée par les Ouagavillois en quête du précieux or noir devant cette station faisait écran et les cachait de leurs clients qui ne sont autres que les riverains de la route. « Non seulement les clients ne se bousculaient pas devant nos étals pour des achats, mais en plus certains de ceux venus chercher du carburant à la station n’hésitaient pas à nous narguer », nous a-t-elles indiqué. « La longue file qui était maintenue toutes les journées, nous avait encerclées durant cette crise. Donc, il fallait lutter pour la sécurité de ses marchandises mais également pour convaincre les quelques rares clients qui venaient pour qu’ils achètent », raconte Edwige Ilboudo, vendeuse de légumes.
B.J., quadragénaire, a comparu ce 10 janvier 2023 à Ouagadougou, devant la chambre correctionnelle, pour cession illicite et consommation de drogues. Ayant été reconnu coupable, l’accusé a écopé de 24 mois de prison ferme et d’une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Il a, en outre, été condamné aux dépens.
Le 6 janvier de chaque année, est célébrée la Journée mondiale des orphelins victimes de guerre. Cela vise à rappeler l’importance de la protection des enfants en période de guerre. La situation des orphelins au Burkina, particulièrement celle des orphelins victimes du terrorisme, préoccupe plus d’un. Ainsi, plusieurs organisations, en l’occurrence Children Believe et Plan International, s’emploient à donner le sourire à ces enfants qui sont souvent des laissés-pour-compte. En marge de cette journée dédiée aux orphelins de guerre et au regard du contexte actuel du Burkina, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec des représentants de ces organisations sur la situation des orphelins au Faso, de même que sur les actions menées en leur faveur.
En effet, selon Rasmata Ouédraogo, directrice adjointe du programme des urgences à Plan International, au moins 60% des populations déplacées ont moins de 18 ans au Burkina Faso et l’ONG a pu assister, entre juillet 2021 et juin 2022, près de 541 512 mômes de moins de 18 ans, soit 290 524 filles et 251 783 garçons, dans les 6 régions humanitaires (l’Est, le Centre-Est, le Sahel, le Nord, le Centre-Nord et la Boucle du Mouhoun) avec des bases d’implantations dans les zones comme Kaya, Gaoua, Koupéla et Sapouy.
En sus, il y a la protection de l’enfant qui permet de travailler à mettre les enfants démunis, orphelins de conflit ou de guerre et autres dans des cadres sécurisés appelés « Espaces ami des enfants » afin de les protéger et de leur apporter tout le soutien psychosocial qui leur est nécessaire. On note aussi le programme Stratégie de scolarisation accélérée passerelle (SSAP), les Espaces d’apprentissage temporel (cadres d’apprentissage en attendant de trouver de meilleures opportunités pour réintégrer l’école normale), les bourses scolaires, des moyens de déplacement comme les vélos.

Le Burkina Faso est en proie à des attaques perpétrées par des Groupes armés terroristes (GAT) depuis 2016, une malheureuse situation qui perdure jusque-là. A ce difficile contexte sécuritaire sont venus s’ajouter des soubresauts à la fois politiques et diplomatiques en 2022. En tout cas le moins qu’on puisse dire, c’est que plusieurs faits majeurs ont marqué l’année 2022 au Burkina. Retour sur quelques-uns d’entre eux.
Issaka (nom d’emprunt), maçon de son état, à l’instar d’autres citoyens, est dans le rang. La mine renfrognée, il fulmine car « son programme a été bouleversé ». Il affirme qu’à cause de cette déplorable situation, il risque de perdre un marché qu’il vient d’obtenir. « J’ai eu un marché que je dois exécuter. Depuis 5h du matin, je suis aligné mais jusqu’à cette heure (11h), je suis loin derrière. »
« Nous avons une présentation de familles (NDLR : Étape qui précède celle des fiançailles) demain et je suis venu m’aligner pour prendre du carburant pour cela. Je suis là depuis 4h du matin. C’est vrai que ceux de la station nous ont dit qu’il n’y avait pas d’essence, mais selon certaines rumeurs, le carburant va arriver. C’est pourquoi nous attendons. J’ai même revu ici beaucoup de vieilles connaissances et il y a l'une d’elles qui m’a confié la clé de sa voiture, disant qu’elle va voir ses enfants avant de revenir. Elle aussi est arrivée à 4h du matin », affirme un automobiliste ayant requis l’anonymat.










