Lutte contre la méningite : « Il faut se vacciner et se protéger des personnes infectées » (Dr Abdallah Ouédraogo, médecin)
Lors du Conseil des ministres du 18 janvier 2023, le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Kargougou, avait fait une communication sur un plan de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie de méningite au Burkina. Le 2 février 2023, le ministère de la Santé a annoncé, lors d’une conférence de presse, que le Burkina a déjà enregistré 145 cas suspects de méningite, dont 6 décès, du 1er au 29 janvier 2023. Les conférenciers ont aussi relevé que le risque de survenue d’une épidémie de méningite au Burkina Faso ne peut être exclu avec certitude au regard de l’augmentation de germes épidémiogènes rares (NmC et NmX) et de l’influence du COVID-19 sur la surveillance des autres maladies. Pour en savoir davantage sur cette maladie, une équipe de Radars Info Burkina s’est entretenue avec Dr Abdallah Ouédraogo, médecin généraliste, ce jeudi 9 février au centre médical urbain Gounghin 6.
Radarsburkina.net : qu’est-ce que la méningite ?
Dr Abdallah Ouédraogo : C'est une inflammation des méninges. En effet, les méninges sont des enveloppes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. Lorsque ces enveloppes sont enflammées par une infection, on parle de méningite.
Radarsburkina.net : qu’est-ce qui provoque la méningite ?
Dr Abdallah Ouédraogo : Les causes de la méningite sont multiples. Elle est essentiellement due à des virus, tout comme on peut avoir des bactéries et même des parasites. C’est donc une inflammation qui est due à une infection. L’origine de l’infection peut être des virus, des bactéries ou des parasites. L’idée selon laquelle en mangeant la mangue crue on peut être atteint de la méningite ne tient pas, sauf si la mangue contient des bactéries ou de virus. Toutes les choses qui peuvent faire rentrer des germes dans l’organisme humain peuvent causer la méningite.
Radarsburkina.net : Qui peut être affecté par la méningite ?
Dr Abdallah Ouédraogo : Tout le monde peut être affecté par la maladie mais les personnes les plus vulnérables sont les enfants et les personnes âgées, car leur cellule immunitaire n’est plus assez robuste (l’affaiblissement du système immunitaire) pour résister à la maladie surtout les enfants.
Radarsburkina.net : Quels sont les symptômes que présente une personne atteinte de méningite ?
Dr Abdallah Ouédraogo : Les signes sont différents, tout comme le diagnostic est différent quand il s’agit d’un nourrisson, d’un enfant ou d’un adulte.
La méningite se manifeste essentiellement par une raideur de la nuque. Autrement dit, la personne qui en est atteinte n’arrive plus à faire des mouvements de sa nuque d’avant en arrière. A cela s’ajoutent des symptômes comme les céphalées, la fièvre, des vomissements. Il y a également des symptômes techniques qui seront appréciés par le médecin à l’issue des examens du malade. Mais il faut retenir que les signes qui peuvent amener une personne à consulter sont les maux de tête, la raideur de la nuque, la fièvre et les vomissements pour ce qui concerne l’enfant et l’adulte. Souvent chez le nourrisson, on peut avoir d’autres symptômes, où l’enfant refuse de manger, sa nuque devient plus molle qu’avant (un bombement de la fontanelle).
Radarsburkina.net : Quelle est la saison épidémique de la méningite ? Autrement dit, à quelle période cette maladie se présente-t-elle ?
Dr Abdallah Ouédraogo : Comme c’est une maladie infectieuse, les périodes les plus critiques sont celles d’harmatan parce qu’il y a beaucoup de vent, de poussière et que cette poussière est pourvoyeuse de bactéries. Ainsi, vu que l’on inhale cette poussière à travers les narines, une zone très proche des enveloppes du cerveau, plusieurs personnes au cours de cette période d’harmattan développent des infections bactériennes, donc virales, qui peuvent entraîner la méningite.
Radarsburkina.net : La méningite peut-elle favoriser d’autres maladies dans l’organisme ?
Dr Abdallah Ouédraogo : Une personne atteinte de méningite n’a pas un système immunitaire assez efficace pour combattre certaines maladies. Donc quand on a la méningite, on est beaucoup exposé à d’autres maladies dont la COVID-19.
Radarsburkina.net : La méningite se soigne-t-elle ?
Dr Abdallah Ouédraogo : C’est une maladie curative lorsqu’on la diagnostique tôt, lorsque le traitement est adapté parce que certaines personnes peuvent avoir les symptômes ci-dessus mentionnés et croire qu’elles souffrent du paludisme et cela, sans même se faire par un médecin. Elles commencent un traitement du paludisme et la maladie commence à gagner du terrain. Dans ce cas, le traitement est tardif et inadapté parce que la maladie a eu le temps de s’installer et de s’aggraver avant qu’on ne découvre que c’est la méningite. A ce stade, la guérison est difficile, même si elle est possible, il y a souvent des séquelles.
Radarsburkina.net : Quelles sont les pratiques préventives à observer pour se protéger contre cette maladie ?
Dr Abdallah Ouédraogo : La première solution pour éviter la maladie, c'est de se faire vacciner. Ensuite, étant donné que c’est une maladie qui se transmet d’une personne à une autre par la toux, la salive, les éternuements..., il faut se protéger des personnes qui sont infectées par cette pathologie. C’est d’ailleurs pourquoi des mesures barrières comme se laver les mains au savon, manger sain, porter un cache-nez, se mettre du beurre de karité dans les narines contribuent à éviter beaucoup de maladies comme la COVID-19 ainsi que d’autres maladies.
Entretien réalisé par Flora Sanou
Lors de son grand entretien avec une journaliste de la télévision nationale et un autre de Savane médias, diffusé le vendredi 3 février 2023, le chef de l’Etat burkinabè a réfuté l’idée d’un musellement de la presse nationale. Il a ajouté que le gouvernement n’a pas l’intention de retirer aux médias leur liberté d’expression ni de presse mais qu’il s’agit d’une des phases des opérations de lutte contre le terrorisme. Suite à cette sortie médiatique du capitaine-président, Radars Infos Burkina a voulu savoir l’appréciation qu’en fait les acteurs du secteur de la presse. A cet effet, l’une de ses reporters a réalisé un entretien avec Geoffroy Vaha, journaliste, directeur des rédactions de 3TV et de Wat Fm.
La 29e édition de Investing in African Mining 2023 (Mining Indaba) se tient du 6 au 9 février 2023 dans la ville du Cap, en Afrique du Sud, sous le thème « Libérer les investissements miniers africains : stabilité, sécurité et approvisionnement ». Une délégation du Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC) séjourne dans cette ville du pays de Mandela à la faveur de cet évènement. Le vice-président du CBMCG, le Dr Cyrille Constant Bambara, qui conduit ladite délégation, donne les raisons de leur participation.
Dr Cyrille Constant Bambara : Plusieurs facteurs ont motivé la présence de CBMCG à Indaba 2023. Le CBMGC est une organisation professionnelle œuvrant dans les secteurs des mines, de la géologie et des carrières. Le Conseil a pour objectif la promotion du secteur minier, de la géologie, des carrières et la protection de l’environnement.
« Les populations des villages environnants de Djibo, par exemple, n'ont accès à aucune structure sanitaire », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « On ne sait pas les conditions dans lesquelles les femmes accouchent ni celles dans lesquelles les enfants vivent ni comment les malades se débrouillent ».
Interrogé, le propriétaire du magasin dans lequel était stocké ce cocktail détonnant dit n’avoir pas su que c’était de tels produits, sinon il n’allait pas louer son magasin. « C’est quand les contrôleurs sont arrivés, ils m’ont dit d’appeler mon locataire. Quand je l’ai appelé, ce dernier m’a demandé si c’était des gendarmes ou des et je lui ai dit qu’ils ne sont pas en tenue mais ils souhaitent contrôler les marchandises qu’il a stockées. C’est ainsi qu’il a interrompu la communication et a éteint tous ses téléphones ».
Selon le coordinateur de la lutte contre la fraude, Yves Kafando, c’est le vendredi 3 février que l’information est parvenue à son service. Les investigations ont été engagées illico presto, ce qui a permis de démanteler ce dépôt frauduleux.
Au Conseil des ministres du 25 janvier 2023, le gouvernement a adopté un rapport relatif à l’organisation d’une opération de contrôle de présence, de service fait et des éléments de rémunération des agents de l’Etat. Cette opération, selon l’exécutif, s’inscrit dans le cadre des mesures d’assainissement du fichier de paie et se fait tous les cinq (5) ans au plus, conformément à la norme Programme d’examen des dépenses publiques et d’évaluation de la responsabilité financière (PEFA). Elle vise également à s’assurer de la réalité des effectifs payés et de la régularité des éléments de rémunération perçus par chaque agent. Suite à cette décision, une équipe de radarsburkina.net a tendu son micro à quelques agents du public pour recueillir leurs avis. Tous pensent que l’opération causera un manque à gagner dans les caisses de l’Etat.
Après son annulation en 2020 en raison de la COVID-19 et sa suspension en octobre 2022, le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), a finalement ouvert ses portes le vendredi 27 janvier 2023. Ce rendez-vous, le 16e du genre, n’est pas seulement l’affaire des artisans exposants. C’est aussi une occasion d’opportunités pour certains citoyens comme des mécaniciens, des étudiants reconvertis en manutentionnaires juste pour la circonstance. Une équipe de Radars Info Burkina présente sur le site la veille et le jour de l’ouverture officielle du Salon a pu rencontrer certains d’entre eux.
« A chaque SIAO, je laisse mon activité de mécanique pour venir prendre les bagages des exposants et les acheminer jusqu’à leurs stands. Les prix, c’est 500 FCFA ou plus selon la quantité des bagages et la distance à parcourir. Je les transporte avec une petite charrette. Mais certains manutentionnaires portent les objets sur la tête », a expliqué notre interlocuteur.
Le péril terroriste continue de frapper de plein fouet le secteur éducatif au Burkina. Tenez : à la date du 30 novembre 2022, c’étaient 977 187 élèves qui étaient impactés par cette situation, selon le bilan réactualisé du Secrétariat permanent du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR). Dans son rapport statistique mensuel de données de l’éducation en situation d’urgence, le Secrétariat technique en situation d’urgence (ST-ESU), lui, révèle que ce sont 98 968 élèves qui sont de nouveau impactés, ce qui porte le nombre d’élèves affectés par la crise sécuritaire à 1 076 155 à la date du 31 décembre 2022. A la lumière de ces statistiques interpellatrices, que faire pour sauver le cursus scolaire de ces multiples élèves affectés par l’insécurité ? Le secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de la recherche et de l'Education (F-SYNTER), Souleymane Badiel, s’est exprimé à ce propos au micro de Radarsburkina.net.
Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), placé cette fois sous le thème « Artisanat africain, levier de développement et facteur de résilience des populations, se tient du 27 janvier au 5 février 2023. À quelques heures de l’ouverture de cet événement majeur, une équipe de Radars Info Burkina a fait un tour sur le site dédié audit Salon.
N’Kpo Charlotte, elle, venait d’arriver sur le site. Elle dit être venue du Bénin. Après quelque temps de recherches, elle trouve enfin son stand au pavillon « pyramide ». Elle compte y écouler des articles cosmétiques faits à base de produits naturels : le savon au curcuma, le savon à base de beurre de karité, de cacao, de noix de coco et bien d’autres produits. Dame N’Kpo espère tirer son épingle du jeu. « Mon souhait est de vendre tous mes articles d’ici la fin du SIAO. J’invite donc les visiteurs à visiter massivement mon stand», a-t-elle dit. Notre interlocutrice ajoute qu’elle avait peur de participer à ce Salon au regard des informations qui étaient données sur la situation sécuritaire du Burkina. Mais laissant tout entre les mains de Dieu, elle dit avoir foi que tout se passera bien et que par la grâce du Tout-Puissant, le péril terroriste prendra fin.
Un peu plus loin dans ce pavillon, Malick Diabaté, arrivé de Bobo-Dioulasso, lui aussi attend la décoration de son stand. Il exposera des objets d’art comme des balafons, des tams-tams, des djembés et des assiettes en bois, entre autres. Il espère faire une bonne recette avec ses expositions.










