Politique et diplomatie en 2022 au Burkina : Quelques faits marquants
Le Burkina Faso est en proie à des attaques perpétrées par des Groupes armés terroristes (GAT) depuis 2016, une malheureuse situation qui perdure jusque-là. A ce difficile contexte sécuritaire sont venus s’ajouter des soubresauts à la fois politiques et diplomatiques en 2022. En tout cas le moins qu’on puisse dire, c’est que plusieurs faits majeurs ont marqué l’année 2022 au Burkina. Retour sur quelques-uns d’entre eux.
Le 24 janvier 2022, un coup d'État perpétré par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a mis fin au pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avec à sa tête Roch Kaboré, président élu démocratiquement le 22 novembre 2020 pour un dernier mandat constitutionnel avec 57,74% des suffrages.
Le 27 janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba prononce son premier discours dans lequel il justifie le coup d’Etat de janvier par une volonté de l’armée de prendre ses responsabilités pour le retour de la sécurité, la restauration du territoire national et la refondation de l’Etat.
Suite à ce coup d’arrêt constitutionnel, des vagues de démissions sont enregistrées dans le désormais ex-parti majoritaire, le MPP, lesquelles ont abouti à la création du parti Panafricain pour le salut (PPS) le 2 avril 2022, dirigé par Abdoulaye Mossé, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale sous le mandat de Roch Marc Christian Kaboré.
En détention depuis le coup d’Etat du 24 janvier, Roch Marc Christian Kaboré sera enfin libéré le 6 avril 2022.
De plus, à l'appel de Paul-Henri Sandaogo Damiba, une réunion entre anciens chefs de l'État du Burkina Faso s'est tenue le 8 juillet 2022 à Ouagadougou, une rencontre à laquelle l’ancien président Blaise Comparé a pris part après 8 ans d'exil en Côte d'Ivoire. L'objectif affiché par cette initiative du président Damiba de la Transition était de sceller « la réconciliation nationale » afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Ce retour s'est soldé par une polémique et a entraîné une manifestation d'opposants.
Le 30 septembre 2022, soit 8 mois après la prise du pouvoir par Paul-Henri Sandaogo Damiba, le Burkina Faso enregistre son 2e coup d’État de l’année, orchestré par le capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, chef d’une unité d’artillerie de l’armée.
Après avoir renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré a justifié sa prise du pouvoir par la détérioration de la sécurité au Burkina Faso. Ce coup d’Etat a été apprécié, voire soutenu, à travers des remous sociaux, notamment des manifestations dans la capitale burkinabè ainsi que dans d’autres villes du pays.
Les 10 et 11 novembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré rencontre les acteurs politiques, les représentants des Organisations de la société civile (OSC), les patrons de presse ; bref, les différentes couches. Au cours de ces rencontres, le nouvel homme fort du pays a signifié que le Burkina était en danger, que la responsabilité de tous était engagée et que chacun devait jouer sa partition pour sauver la mère patrie.
Le 18 novembre 2022, des centaines de manifestants étaient dans les artères de la capitale pour exiger le départ des soldats français et de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, du territoire burkinabè. Quelque temps après, des manifestants étaient encore dans les rues pour réclamer la révision des accords entre le Burkina et l’ancienne métropole.
L’actualité politique en 2022 aura été également marquée par l’incarcération d’hommes politiques aux maisons d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou parmi lesquels Aristide Ouédraogo et Ousmane Nacro, ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Le ministère de l’Administration territoriale a aussi, au cours de cette année, délivré le récépissé du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à Eddie Komboïgo le vendredi 16 décembre 2022, soit un an après la tenue de son congrès. Faut-il le rappeler, une crise mine le parti de « l’épi et de la daba », crise qui oppose les pro-Achille Tapsoba aux pro-Eddie Komboïgo.
En 2022, on a noté le communiqué diffusé le mardi 27 décembre par l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et sommant les députés des 7e et 8e législatures de rembourser sous huitaine les « prêts véhicules » dont ils ont été bénéficiaires.
Sur le plan diplomatique, le vendredi 28 janvier 2022, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu le Burkina de ses instances dirigeantes.
Le 7 décembre 2022, le Premier ministre, Apollinaire Kyélem, s’est rendu sans tapage en Russie.
Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2022, le Burkina Faso a expulsé deux citoyens français interpellés pour activités d'espionnage.
L’année 2022 a été aussi marquée par l’expulsion de la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina, Barbara Manzi, le 23 décembre.
Le Burkina n’a pas été convoqué au sommet USA-Afrique tenu du 13 au 15 décembre 2022. En marge de ce sommet, le président ghanéen, Nana Akufo Addo, a allégué d’une présence du groupe Wagner au Faso et qu’une mine était mise à la disposition dudit groupe en contrepartie de ses services, chose qui a créé un incident entre Accra et Ouagadougou.
Depuis le 2 janvier 2023, plusieurs médias informent également que les autorités de la Transition ont demandé à la France de rappeler son ambassadeur, Luc Hallade, une information qui n’est pas encore confirmée par le gouvernement burkinabè.
En mi-décembre, deux citoyens français, accusés d'espionner l'armée, ont été expulsés du pays. On retient aussi la suspension du Burkina de l’AGOA (African Growth Opportunities Act) par les USA, la suspension de RFI au Burkina et le renforcement de la coopération Mali-Burkina.
Flora Sanou

Issaka (nom d’emprunt), maçon de son état, à l’instar d’autres citoyens, est dans le rang. La mine renfrognée, il fulmine car « son programme a été bouleversé ». Il affirme qu’à cause de cette déplorable situation, il risque de perdre un marché qu’il vient d’obtenir. « J’ai eu un marché que je dois exécuter. Depuis 5h du matin, je suis aligné mais jusqu’à cette heure (11h), je suis loin derrière. »
« Nous avons une présentation de familles (NDLR : Étape qui précède celle des fiançailles) demain et je suis venu m’aligner pour prendre du carburant pour cela. Je suis là depuis 4h du matin. C’est vrai que ceux de la station nous ont dit qu’il n’y avait pas d’essence, mais selon certaines rumeurs, le carburant va arriver. C’est pourquoi nous attendons. J’ai même revu ici beaucoup de vieilles connaissances et il y a l'une d’elles qui m’a confié la clé de sa voiture, disant qu’elle va voir ses enfants avant de revenir. Elle aussi est arrivée à 4h du matin », affirme un automobiliste ayant requis l’anonymat.
Au cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi 29 décembre 2022, des députés de la 7e législature ont donné des explications sur les « prêts véhicules » que l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de la lutte contre la corruption (ASCE-LC) leur a intimé l’ordre de rembourser sous huitaine. Ils disent avoir été à la fois choqués et surpris d’apprendre l’information via les réseaux, affirmant qu’aucun d’eux n’a été approché par l’ASCE-LC au sujet du remboursement de l’avance contractée avec l’Assemblée nationale alors que des discussions ont été engagées sur le processus de remboursement et ce, entre l’Assemblée législative de Transition (ALT) et les 127 « honorables ».
« Les députés étaient autorisés à prendre une avance sur leurs indemnités de session à un plafond maximum de 13 500 000 F CFA. Pendant la durée de leur mandat et même jusqu'à l'avènement du coup d'Etat, ils étaient tous à jour de leur engagement. À cette date, chaque député emprunteur a pu rembourser la somme de 2 000 000 F CFA correspondant à 55,56% des indemnités de session de l'année 2021. Et les avances devaient être épongées en fin 2025 avec la dernière session ordinaire », a-t-il expliqué. Cependant, le coup d’État du 24 janvier a entraîné la dissolution de l’Assemblée nationale. Ainsi, un processus de négociation a été entamé entre les députés et l’Assemblée législation de transition depuis que ce coup d’Etat est intervenu.
A cet effet, de nouveaux échéanciers de paiement ont été proposés par les députés de la 8e législature, à la demande de l’Assemblée législative de Transition (ALT). Cela, conformément à l'arrêté « qui prévoit en son article 5 qu'en cas de cessation avant terme du mandat de député, le député qui n'aura pas intégralement remboursé son avance devra conclure un nouvel échéancier de remboursement avec l'Assemblée nationale », a signifié Alexandre Tapsoba, ancien président du groupe parlementaire MPP.
Le 29 décembre a été décrété au niveau mondial Journée de lutte contre les épidémies. Au Burkina Faso, les nombreuses avancées dans le domaine médical ont contribué à l’éradication de certaines maladies historiques, mais d’autres persistent et peuvent ressurgir à n’importe quel moment. Radars Info Burkina a consulté le ministère de la Santé à ce propos.
La commune de Kantchari, dans la Tapoa, ploie comme beaucoup d’autres localités de la région de l’Est sous le poids de l’insécurité. L’une des conséquences immédiates et les plus redoutables des attaques terroristes a été la déscolarisation de plusieurs milliers d’enfants. Radars Info Burkina a obtenu quelques informations sur la situation de l’éducation à Kantchari auprès de l’association « les amis de Kantchari ». Seule la ville de Kantchari abrite quelques classes, mais uniquement du primaire.
En effet, cette enseigne commerciale est équipée de 3 ascenseurs, dont 2 offrent une vue panoramique sur les alentours, et d’escaliers roulants, encore appelés escalators, en vue de faciliter le déplacement des clients au sein du bâtiment.
Le deuxième étage abrite des accessoires « intérieur maison » et des appareils électroménagers et le troisième est réservé au mobilier. Quant au quatrième étage, on y trouve des équipements sportifs, des articles du textile, une parfumerie. Une bijouterie très moderne s’y trouve également. Selon la promotrice de cette grande surface, Alizèta Kambou/Bonkoungou, c’est « la plus grande et la meilleure de l'Afrique de l’Ouest ». Par ailleurs, le R+5 comporte un restaurant (pâtisserie, glacier, fast-food), un salon de coiffure, une salle de massage et une aire de détente pour enfants. 
Ce centre commercial contribuera à la réduction du chômage, car environ 200 personnes y seront employées pour offrir les services les meilleurs à la clientèle.
Nombreuses sont ces femmes qui refusent le gain facile et préfèrent se battre jour et nuit pour subvenir aux besoins de leurs familles. C’est le cas de Sabilatou Ibilé, âgée de 27 ans, femme mariée, qui a décidé de s’engager dans l’association Faso One village depuis juillet 2020 pour contribuer à la promotion de la sécurité routière. Malgré sa condition de femme au foyer, elle fait de la sécurité routière son combat de tous les jours pour aider à réduire le nombre d’accidents. Cet engagement lui permet également de gagner son pain quotidien. Nous sommes allés à sa rencontre.
La paroisse cathédrale de Ouagadougou a célébré le réveillon de la Nativité de 2022 à travers une célébration eucharistique présidée par le père évêque, le cardinal Philippe Ouédraogo. Les fidèles catholiques ont répondu massivement présents à cette messe au cours de laquelle un message de paix leur a été adressé. D'après le cardinal, Dieu est miséricordieux et n’appartient à aucune religion. « C’est le Dieu de tout le monde. Il faut savoir le prier et s’en remettre à lui, car il exauce toujours », a affirmé Son Eminence Philippe.
Revenant sur la fête de Noël, le cardinal a déclaré : « Noël est l’une des plus grandes fêtes de l’année. Le message le plus fort à cette occasion, c’est certainement la paix. Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Ce message a été proclamé à la naissance même de Jésus à Bethleem par les anges. L’Eglise ne cesse de le répéter à chaque eucharistie, et c’est le testament de Jésus, laissé aux disciples : je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». L’archevêque a donc prié pour que le Seigneur permette aux Burkinabè d’être des hommes de paix et qui aiment faire la paix. « La paix, c’est le fruit des hommes. C’est pourquoi la Bible dit « heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu », a-t-il conclu. Cette invite a été aussi celle des pères évêques du Burkina dans leur message adressé aux fidèles catholiques du Burkina. Pour ces évêques, l’amour du prochain ne doit exclure personne et Noël doit être un moment de partage. « Partage avec les personnes nécessiteuses, partage avec les PDI. Marie, juste avant la naissance de Jésus, a été une PDI qui n’a pas eu de place à l’auberge », ont-ils rappelé à l’endroit des catholiques, les invitant à la pratique de la charité vis-à-vis des PDI.
Le curé de la paroisse cathédrale de Ouagadougou, l’abbé Joanny Koama, a indiqué en outre que sous l’égide de ces évêques, cette nuit de la Nativité a été l’occasion de proclamer le jubilé des 125 ans d’évangélisation au Burkina Faso. Il a rappelé que c’est en 1900 que les missionnaires sont arrivés au Burkina, pour s’établir dans un premier temps à Koupéla, puis à Ouagadougou en 1901. Ce jubilé, c’est pour marquer d’une pierre blanches ces 125 ans d’évangélisation et permettre une nouvelle dynamique dans l’évangélisation au Burkina.
Après une vingtaine d’années de services rendus à la Nation au département des sports et des loisirs, Madeleine Kaboré a vu son mérite reconnu par ledit ministère. En effet, il lui a été décerné la médaille de chevalier de l’ordre du Mérite, avec agrafe dirigeant, le vendredi 23 décembre 2022 à Ouagadougou. La récipiendaire a reçu cette distinction des mains du ministre des Sports, de l’Autonomisation des jeunes et de l’Emploi, Issouf Sirima, au cours d’une cérémonie.
Cette distinction est donc un honneur amplement mérité pour cette travailleuse acharnée et particulièrement très accueillante qui ne se fatigue pas de détendre l’atmosphère à son lieu de service. Hors du service, Madeleine se montre très altruiste, selon les témoignages du voisinage, et son domicile refuse tous les jours du monde. Cette attitude généreuse lui a même valu le pseudonyme de Tantie-Mado par son entourage pour signifier la multitude d’enfants dont elle se fait la marraine.
Salimata Bonkoungou, Directrice Générale de la Fondation EBOMAF et fille du Président-Directeur Général de ladite entreprise, par ailleurs Président du Conseil d'Administration (PCA) d'IB Bank international, a toujours accordé une attention particulière aux enfants en situation de détresse. Dans son allocution, elle a rappelé que sa Fondation a offert des kits scolaires et assuré les frais de scolarité de 1 500 apprenants du préscolaire, du primaire, du post-primaire et du secondaire à la rentrée scolaire 2022-2023.











