mardi 3 mars 2026

soja une« Des chercheurs qui cherchent on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » Cette assertion est battue en brèche au pays des hommes intègres car ici, on a bel et bien des chercheurs qui trouvent et dont les résultats des travaux concourent, entre autres, à l’amélioration des rendements agricoles. Lisez plutôt.

  1. 1.Introduction

Le soja (Glycine max L. Merr.) est une légumineuse cultivée pour sa graine riche en huile et en protéines végétales Il constitue la quatrième culture la plus importante au monde en termes de production et de superficie récoltée. La production mondiale de soja a explosé depuis 40 ans et a connu une croissance annuelle moyenne bien plus rapide que celle des céréales (+5% par an pour le soja, 2% pour le blé, 3% pour le maïs). Au Burkina Faso, le soja a été choisi en 2006 par le gouvernement comme culture stratégique avec une production annuelle estimée à près de 50 000 tonnes /an. Malgré l'importance de la culture du soja, les rendements sont faibles et les producteurs n’arrivent pas à tirer profit de cette culture oléagineuse. Plusieurs facteurs dont la déhiscence des gousses, les maladies dues aux bioagresseurs, la sècheresse contribuent à réduire les rendements. La recherche de génotypes non déhiscents et adaptées aux conditions climatiques du pays permettra de booster la productivité du soja et d’accroitre significativement les revenus de producteurs. Le présent document de vulgarisation, destiné aux producteurs de soja notamment dans l’ouest du Burkina Faso, est une proposition de lignées introduites de soja résistantes à la déhiscence des gousses et à haut potentiel de rendement. Ces lignées pourront être inscrites aux catalogues national et régional pour faciliter leur vulgarisation.

  1. Méthodologie

Le matériel végétal est composé de 24 lignées de soja dont 21 génotypes introduits à cycle moyen et trois variétés témoins (G175, G196 et G197). Les 24 lignées ont été évaluées à la station expérimentale de Farako-Bâ dans la zone soudanienne du Burkina Faso. Le dispositif utilisé est un alpha Lattice de trois répétitions dont la parcelle élémentaire était constituée de 4 lignes de 4 m séparées entre elle de 50 cm. Des observations ont été effectuées sur 6 paramètres agronomiques. Les analyses de la variance (ANOVA) ont été réalisées à l’aide du logiciel GenStat Edition 12. Les échelles de Bailey et al. (1997) ont été utilisées pour déterminer les classes de sensibilité à la déhiscence des génotypes de soja.

Tableau 1 : Description des paramètres agronomiques

 

Nom de l’observation/ Caractères

 

Abréviations

 

Descriptions

 

Unité

50 % Floraison

50 % Flo

C’est la date à partir de laquelle 50% des plants de la parcelle élémentaire fleuri

JJ/MM/AA (jour)

Jours jusqu'à maturité (50% Maturité)

50% Mat

c'est à ce moment que 50% des gousses sont passées du jaune au brunâtre ou au gris

JJ/MM/AA (jour)

Hauteur de la plante à la récolte

HP

Hauteur de la plante depuis la base de la tige principale jusqu’au sommet sur 10 plantes centrales de la parcelle élémentaire

cm

Poids de 100 graines

PDS_100 gr

Poids moyen de 100 grains après séchage. Pour chaque variété, compter trois lots 100 grains puis les peser

g

Rendement potentiel

Rdt_pot

C’est la masse de grains des gousses récoltés par hectare

t/ha

Déhiscence (Éclatement des gousses)

Deh_go

1 = 0%, pas de gousses éclatées (R) ;

2 = 25% des gousses éclatées (T ou I)

3 = 50% des gousses éclatées (T ou I)

4 = 75% des gousses éclatées (S)

5        = toutes les plantes éclatées (TS)

%

  1. Résultats

Les résultats de cette recherche ont révélé des différences significatives (𝑃 < 0,05) entre les génotypes de soja pour les cycles de floraison et de maturité, la hauteur des plantes, la déhiscence des gousses et le poids des 100 graines.

soja 2Variabilité des jours de floraison et  de maturité

Sur les 24 génotypes, 15 ont montré des valeurs inférieures à la moyenne des jours jusqu'à la floraison (51 jours), dont deux témoins (G175 et G197). Pour la maturité 50%, 11 génotypes ont présenté des valeurs inférieures à la moyenne (98 jours). Le génotype témoin G175 avec 78 jours pour le cycle 50% de maturité a confirmé sa précocité (groupe 00). Il est suivi des génotypes TGX2008-4F (89 jours) et TGX2025-14E (91 jours).

Tableau 2: Valeurs moyennes des six paramètres agronomiques chez les 24 lignées de soja

Génotypes

50 % Flo

50% Mat

HP

Deh_go

PDS_100 gr

Rdt_pot

G175 (témoin 1)

45

78

71

42

13

6

G196 (témoin 2)

56

106

60

50

11

2,75

G197 (témoin 3)

49

93

83

25

13

4,79

TGX1987-14F

52

103

108

25

13

2,93

TGX1989-19F

51

93

68

0

10

4,51

TGX1993-4FN

58

101

107

8

12

3,89

TGX2008-4F

47

89

71

0

13

5,22

TGX2009-16F

52

96

78

0

16

4,95

TGX2010-11F

47

92

80

0

14

3,73

TGX2011-6F

58

104

106

0

15

2,97

TGX2015-1E

47

102

72

0

14

2,77

TGX2016-3E

50

99

85

25

13

4,53

TGX2016-4E

50

98

88

0

13

4,33

TGX2017-5E

50

94

109

25

14

4,72

TGX2017-6E

49

105

88

8

15

5,11

TGX2019-1E

48

96

86

25

11

2,40

TGX2020-1E

51

100

86

25

12

3,60

TGX2022-4E

58

111

80

0

14

3,34

TGX2023-3E

58

101

94

0

10

4,43

TGX2025-10E

47

105

64

0

13

4,45

TGX2025-14E

49

91

68

17

13

4,49

TGX2025-6E

52

98

69

0

14

2,68

TGX2025-9E

54

100

99

8

13

1,56

TGX2027-1E

46

102

84

0

14

2,66

Moyen_gén.

51

98

83

12

13

3,87

CV (%)

2

4

20,6

55,8

12,6

50,1

P value

0,001**

0,001**

0,014*

0,001**

0,010*

0,528NS

** : très significatif ; * significatif ; NS : non significatif, au seuil de 5%.

Variabilité de la déhiscence  des gousses

Les valeurs moyennes de la déhiscence des gousses ont varié de 0 à 50 % avec une valeur moyenne de l’essai de l’ordre de 12 % (Tableau 2). soja 3Au total, 15 génotypes étaient résistants à la déhiscence (0-10 % de gousses éclatées) et 9 génotypes étaient tolérantes ou intermédiaires (11-70 %). Sur les 21 génotypes introduits, 71,43 % étaient résistants à la déhiscence des gousses.

Variabilité du poids des 100 graines

Le poids de 100 graines est un caractère essentiel pour optimiser le rendement et joue également un rôle important dans l'adaptation d'un cultivar et influencerait la vigueur des graines. Plus de 75% des génotypes évalués (y compris deux témoins) ont un poids de 100 graines supérieur ou égal à la moyenne de l’essai (13 g) (Tableau 2). Il s’agirait de génotypes à grosses graines.

  1. Conclusion

Les génotypes de soja évalués dans cette étude ont présenté des caractéristiques agronomiques  et une capacité d'adaptation très intéressantes pour la plupart des paramètres. Plusieurs lignées introduites étaient résistantes à la déhiscence des gousses (0-10% de gousses éclatées) et ont enregistré des poids de 100 graines de plus de 13 g et des rendements grains de près de 4 t/ha. Parmi ces lignées, les génotypesTGX2008-4F (5,22 t/ha), TGX2009-16F (4,95 t/ha), et TGX1989-19F (4,51 t/ha) étaient les plus productives avec de grosses graines. La dehiscence des gousses est un paramètre qui est affecté par différents facteurs environnementaux tels qu'un climat sec, une faible humidité, une température élevée et des changements rapides de température. Des études plus approfondies permettront de confirmer l’adaptabilité de ces génotypes dans différents zones agro-écologiques du pays et faciliteront leur adoption par les producteurs.

 

Thio Ibié Gilles1, 2, 3*, Ouédraogo Nofou1, 3, Nikiema W. Fabrice1, 2, 3, Drabo Inoussa1, 3, Thio Bouma2, Pierre Alexandre Eric Djifaby Sombié1, Oumar Boro1, Néya Bouma James2, Zagré M’bi Bertin1, 3, Sawadogo Mahamadou1, 3 et Sérémé Paco2

 

1 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Génétique et d’Amélioration des Plantes (LAGAMEP) Ouagadougou, Burkina Faso

2 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Protection et Défense des Cultures  (LAPRODEC) Ouagadougou, Burkina Faso

  • : Université Joseph KI-ZERBO/ Laboratoire Biosciences, Ouagadougou, Burkina Faso.

  *Adresse de l’auteur correspondant: Thio Ibié Gilles, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Références Bibliographiques

Bailey M.A, Mian M.A.R, Carter T.E., Ashley D.A., Boerma H.R. (1997). Pod dehiscence of soybean: Identification of quantitative trait loci. Journal of Heredity 88(2):152-154. 

Thio I.G., Ouédraogo N., Drabo I., Essem F., Neya F. B., Sombié P.A.E.D., Nikiema F. W., Boro O., Thio B., Néya J.B., Zagré B.M., Sawadogo M., Sérémé, P. (2022). Evaluation of medium maturity group of soybean (Glycine max L. Merr.) for agronomic performance and adaptation in Sudanian zone of Burkina Faso. African Journal of Agricultural Research, 18(4), 264-275.

dcharge 2Aujourd’hui en Afrique, et particulièrement au Burkina Faso, en raison de l'urbanisation galopante et de ses corollaires, l’assainissement et la gestion des déchets sont devenus de réelles préoccupations. Au Burkina Faso, les gouvernements successifs et même certaines associations tentent de résoudre ce problème en lançant des expériences nouvelles pour garder les villes propres.  Malgré ces énormes sacrifices en matière d’assainissement, la capitale burkinabè ploie toujours sous les ordures, surtout devant certains services publics. Ce jour mercredi 18 janvier 2023, une équipe de Radars Info Burkina s’est rendue à la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), sur le site de la gare internationale de Ouagadougou (OUAGARINTER,) pour faire un constat.

Ce sont des sachets plastiques qui vous accueillent dès l’entrée principale de ce service sis à la Zone d’activités diverses (ZAD). Peu après l’entrée, en direction de l’échangeur de Ouaga 2000, ce sont des tas de cartons qui jonchent le sol. Un peu plus loin, l’on aperçoit des verres plastiques à usage unique, des coquilles d’œufs, des pneus usés, des cartons, sans compter les différents types de sachets de toutes couleurs, des bidons, etc.

Le hic, c'est que ces ordures s’amoncellent en ces lieux malgré les panneaux d’interdiction bien visibles sur le mur d’enceinte où il est écrit : « Interdit de stationner, interdit d'uriner, interdit de jeter les ordures, sous peine d’amende ».

ddchargePoursuivant notre marche, nous apercevons un panneau indiquant clairement : « Interdiction de déposer des marchandises ou autres objets ». Malgré cela, des ordures y traînent.

Au regard de cela, l’on est tenté de se poser la question suivante : est-ce l’incivisme qui a atteint son paroxysme ? Sinon, pourquoi un tel comportement ? Mais en poussant la réflexion, l’on se rend compte qu’il n’y a aucun bac à ordures devant ce service, comme dans plusieurs services publics au Burkina. Ainsi, les « déverseurs » de ces ordures pourraient prendre prétexte de cela pour se justifier.

Tout compte fait, le mal est là et persiste. Une sensibilisation de façon continue pourrait amener les auteurs de ces actes inciviques à se ressaisir. A cet effet, l’actualisation de l’opération « mana mana » pourrait probablement y contribuer.

Flora Sanou

sourou uneLa province du Sourou est caractérisée, depuis décembre 2022, par une nouvelle vague de déplacement de sa population. Les déplacés internes des villages de Bassan, Djiara, Kouy, Mora  petit, Dissi, etc.,  ont ainsi trouvé refuge dans la ville de Tougan. La raison ? Un ultimatum de déguerpissement a été lancé auxdites populations par des individus armés. S’en est donc suivi un exode forcé de la population qui a eu pour conséquence d’accroître le nombre de déplacés internes dans cette ville, déjà confrontée à un problème de prise en charge de ces personnes vulnérables.

Même si elles espèrent pouvoir repartir chez elles dans les prochains jours, en attendant, que faire face à leurs nouvelles conditions de vie à Tougan ? Tel est le souci majeur actuel de ces personnes déplacées internes qui y ont trouvé refuge. Leurs nouveaux hôtes, ainsi que les autorités de la province du Sourou se posent aussi cette question. Face à cette regrettable situation, le haut-commissaire du Sourou a plaidé la cause de ces personnes vulnérables lors d’un don des commerçants de ladite province le 10 janvier 2023. Salif Traoré a dépeint la situation qui prévaut et les dures conditions de ces personnes déplacées internes. « Au cours de mes visites, j’ai constaté que des populations vivent dans le désarroi. Elles sont sans abri et vivent dans des conditions d’hygiène et d’assainissement très déplorables. En somme, elles sont dans une situation de perte de dignité », a déploré le haut-commissaire.

sourou 2Un habitant de la ville ayant requis l’anonymat, pour des raisons évidentes de sécurité, révèle que les conditions de ces déplacés internes sont difficiles. « Dès les premiers jours de leur arrivée, les foyers qui étaient les tuteurs des élèves ont dû accepter d’accueillir leurs familles aussi chez eux ; une prise en charge inattendue s’installe alors dans ces familles. Ceux qui n’ont pas de logeurs sont laissés à leur propre sort ; ils ne sont à l’abri de rien. Un site n’a pas été véritablement désigné pour les abriter, ils sont disséminés dans la ville. Globalement, ils sont confrontés à des problèmes de nourriture et de médicaments. Des associations humanitaires de la place et des opérateurs économiques récemment ont volé à leur secours mais j’avoue que cela est très minime, vu le nombre important de déplacés », déplore-t-il.

Il a ajouté que les voyages sont temporairement arrêtés en raison de l’insécurité. Conséquence, plusieurs élèves et enseignants sont absents des salles de classe, faute de ne pouvoir retourner dans leurs zones.

Autre fait notable, de nombreux enseignants et élèves venus passer les congés de Noël à Ouagadougou y sont toujours bloqués, eu égard à la dangérosité de la route. C’est le cas d’Issa Paré (nom d’emprunt), obligé de patienter dans la capitale en espérant une amélioration de la situation. Il précise que rien qu’avant-hier, d’après des sources locales, on ne pouvait ni sortir de la ville de Tougan, ni s’y rendre.

La commune de Tougan, chef-lieu de la province du Sourou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, est réputée pour sa forte productivité agricole.

Modou Traoré (stagiaire)

aataxLe mercredi 11 janvier 2023, la Direction générale des impôts (DGI) a annoncé une batterie de nouvelles mesures fiscales. Taxe sur les véhicules à moteur, taxes sur les boissons alcoolisées, les tabacs, les logements, telles sont, entre autres, les contributions attendues des citoyens. L’objectif de cette pression fiscale est de collecter le maximum d’argent pour l'injecter dans la lutte contre le terrorisme, puisque les acteurs sociaux ont refusé le prélèvement de 1% sur leurs salaires, comme l’a précisé le ministre de l’Economie, Aboubacar Nacanabo, à l’issue du Conseil des ministres du 11 janvier 2023. Sur le sujet, Radars Info Burkina a tendu son micro au président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Dasmané Traoré, ainsi qu’à d'autres citoyens.

Selon le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), cette décision est préoccupante d’autant plus qu’aujourd’hui nous assistons à une inflation jamais égalée dans notre pays. Cette inflation qui est, entre autres, la somme de l’inflation née de l’apparition de la COVID-19 et éventuellement de la guerre en Ukraine a entraîné des augmentations tous azimuts des prix des produits de première nécessité, à tel point que le consommateur ne peut plus s’approvisionner comme il se doit.

Toujours selon M. Traoré, ces nouvelles taxes sont également préoccupantes parce qu’à l’intérieur du Burkina, les dispositions ne sont pas prises par l’Etat pour atténuer la situation ni même pour suivre les décisions prises par le même État afin que le consommateur, au final, puisse éventuellement bénéficier de cette assistance pour pouvoir résister.

Il ajoute que cet effort qui est demandé aux uns et aux autres dans le cadre de la lutte contre le terrorisme est assez difficile à supporter par le consommateur.

L’imposition de taxes sur les logements par exemple est assez délicate d’autant plus qu’aujourd’hui, toute forme d’imposition se répercute sur les consommateurs parce que le propriétaire du logement ne fera qu’augmenter le loyer à hauteur de la taxe pour pouvoir prélever cette taxe et s’en acquitter, a-t-il poursuivi. « Qui supporte cela finalement ? » s’interroge Dasmané Traoré. C’est bien entendu le consommateur, a-t-il répondu. C’est pourquoi nous, « les consommateurs, nous ne sommes pas pour les taxes imposées au niveau des logements parce que c’est une chose qui viendra augmenter l’inflation qui est déjà à un niveau très élevé, surtout dans la sous-région ».

En outre, selon lui, ces récentes mesures fiscales vont engendrer évidemment de nouvelles inflations. A cet effet, en faisant cas des 14 milliards qui avaient été injectés par le gouvernement pour atténuer la souffrance des populations en juin 2022, il relève que sur le terrain, les consommateurs continuent de subir l’inflation, donc ces nouvelles taxes sont inquiétantes.

« L’inflation va de plus belle au point que ces nouvelles mesures fiscales nous inquiètent parce qu’on ne sait pas à quelle sauce on sera mangé demain. Le commerçant va naturellement satisfaire aux différentes taxes mais étant donné que les taxes constituent des charges, elles seront récupérées, à la vente, sur le consommateur. C’est le consommateur qui va encore payer ces taxes et dans ces conditions, il ne pourra pas s’en sortir », a-t-il déclaré.

Ces mesures fiscales vont tirer l’inflation vers le haut et si d'aventure les contrôles ne sont pas effectifs, le consommateur va beaucoup en pâtir. Les commerçants ne travaillent pas pour perdre et dans ces conditions, toute charge liée aux impôts sera répercutée sur le consommateur.

Par contre, le président de la LCB propose la contribution volontaire pour réunir la somme nécessaire pour la lutte contre le terrorisme.

« Nous n'avons qu'un pays et étant donné qu’il y a des difficultés liées à la sécurité, il faut reconnaître que toute mesure visant la sécurisation des personnes et des biens et des consommateurs de façon générale est la bienvenue. Mais il ne faudrait pas que les solutions proposées portent par la suite préjudice à l’existence même du consommateur. Nous préconisons donc la contribution volontaire qui pourrait être étendue à la diaspora. Cela peut aider à avoir des entrées d’argent pour faire face à ce besoin immense qui permettra d’aller vers la sécurisation totale de notre pays », a-t-il proposé.

Pour un autre citoyen, un fonctionnaire du public ayant requis l’anonymat, ces mesures fiscales sont de trop pour la population au regard de la cherté de la vie. Il propose d’ailleurs en lieu et place des nouvelles taxes imposées une quête volontaire à la manière des églises. « Il faut placer des coffres aux entrées des marchés, des maquis, bars, restaurants, stations-service,  services publics comme privés », a-t-il proposé. Selon lui, cela permettrait en un temps record de réunir la somme nécessaire à la lutte contre le terrorisme.

Contrairement à ces deux interlocuteurs, d’autres ne font pas de ce train de nouvelles mesures fiscales un souci. « Ce n’est pas un problème. Comme c’est pour soutenir l’effort de guerre et vaincre le terrorisme, elles ne me posent pas problème », a pour sa part affirmé Jules Ouédraogo, entrepreneur dans le domaine du solaire.

Flora Sanou

retrosjudicL’année 2022 n’a pas été de tout repos pour l’administration judiciaire. L’actualité a été fort chargée avec le plus emblématique des procès : celui sur l’assassinat de Thomas Sankara. Outre ce dossier marquant, il y a eu les dossiers Dabo Boukary, Ousmane Guiro et lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Radars Info Burkina vous propose une rétrospective de ces affaires judiciaires.

On ne saurait évoquer les faits marquants de l’administration judiciaire au Burkina en 2022 en passant sous silence l’emblématique dossier de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons. Cette affaire a connu son épilogue le 6 avril 2022 au tribunal militaire de Ouagadougou. Les trois principaux accusés étaient l’ancien président du Faso Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando, toujours en cavale, et Gilbert Diendéré. Tous ont été condamnés à la prison à vie.

Le 19 septembre 2022, soit quatre mois après, c’est au tour du dossier Dabo Boukary, étudiant en  7e année de médecine au moment des faits, tué le 19 mai 1990 au Conseil de l’entente, d’être jugé. Dossier inscrit au rôle de la 3e session de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou, Ce procès n’a duré que soixante douze heures, après trente-deux ans d’attente.

Le verdict est tombé le 22 septembre 2022, après que le dossier a été ouvert le 19 septembre 2022.

Le général Gilbert Diendéré, chef de corps du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô, capitaine au moment de la mort de Dabo Boukary, est le principal accusé. A ses côtés comme co-accusés, le lieutenant-colonel  à la retraite Mamadou Bemba et Victor Yougbaré, en cavale.

Au terme du jugement, les trois accusés ont été reconnus coupables de complicité « d’arrestation illégale, de séquestration aggravée et de recel de cadavres ».

Dans cette affaire, le général Gilbert Diendéré a écopé de 20 ans de prison ferme et d’1 million de F CFA d’amende. Le lieutenant-colonel  à la retraite Mamadou Bemba, lui, a été condamné à 10 ans de prison ferme et à une amende d’1 million de F CFA. Victor Yougbaré, jugé par contumace, a été condamné  à 30 ans de prison et à 5 millions de francs d’amende.

Une autre affaire qu’on peut qualifier de feuilleton judiciaire est celle des cantines d’argent d’Ousmane Guiro, ancien directeur général des Douanes, cantines qui contenaient près de 2 milliards de francs CFA. Cet ex-DG des gabelous est poursuivi pour faits de corruption passive, enrichissement illicite et violation de la réglementation des changes depuis 2012.

Arrêté dans la nuit du 1er janvier 2012, puis limogé par décret présidentiel dès le lendemain, l’ex-patron  de cette importante régie financière avait été placé sous mandat de dépôt le 6 janvier 2012,   puis reconnu non coupable « d’enrichissement illicite ». Son procès avait été renvoyé devant la Cour de cassation en juin 2016. Le 25 juillet 2022, le ministère de la Justice annonce enfin la reprise du procès. Le 22 septembre 2022, ce fut sa reprise effective, mais il sera renvoyé  pour manque de pièces.

Le 8 décembre 2022, le dossier est de nouveau renvoyé parce le parquet n’a pas accompli toutes les diligences pour la comparution de toutes les parties. Onze ans après les faits, le dossier  est toujours en attente de jugement.

Le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Kalifa Rodrigue Namoano, est également poursuivi pour « fraude en matière de commande publique, complicité d’usage de faux et de blanchiment d’argent avec sept autres personnes à ses côtés. Le procureur a requis contre lui une peine d’emprisonnement de 36 mois, dont 12 ferme, ainsi qu’une amende de 12 millions de francs CFA.

Un autre dossier brûlant est l’affaire lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Après 11 mois de détention et plusieurs demandes de mise en liberté provisoire introduites par son avocat, l’intéressé obtient une liberté provisoire le 15 décembre 2022, mais il se retrouvera de nouveau devant le tribunal militaire pour, entre autres, le même chef d’accusation de tentative de coup d’Etat.

2022 aurait été l’année par excellence des dossiers judiciaires emblématiques si le dossier Norbert Zongo avait connu une suite dans la procédure d’extradition du principal accusé dans cette affaire, à savoir François Compaoré, frère cadet de l’ancien président Compaoré. Les yeux restent donc rivés sur les hommes de droit européens, dont la décision pourrait donner un coup d’accélérateur à ce dossier qui n’a que trop duré, même si un jugement par contumace n’est pas à exclure.

Flora Sanou

pnur uneDurant une semaine, Ouagadougou et d'autres villes du Burkina Faso ont subi une pénurie d'essence dans les stations-service suite au communiqué de la SONABHY, publié le 26 décembre 2022, annonçant la limitation de la distribution du Super 91 à 60%. Plusieurs secteurs, particulièrement celui de l’informel, ont été touchés par cette pénurie. Après ce cauchemar, une équipe de Radars Infos Burkina a fait un tour d'horizon dans le monde de l'informel à Ouagadougou, le 11 janvier 2023.

L’univers du secteur informel au Burkina Faso est divers. Il couvre, entre autres, l’électronique, la mécanique, le tissage, la restauration, le commerce, la soudure et la transformation agroalimentaire.

La carence de carburant est venue balayer le dernier espoir de l'année 2022 des acteurs de ce secteur, déjà secoués par l'insécurité et l'inflation grandissante, puisqu'elle est survenue au moment des fêtes de fin d'année.

pnur 2Alassane Nikiéma, trentenaire, est commerçant de volaille à la Patte-d’oie, quartier populaire de Ouagadougou. Bien que les fêtes soient passées, il détient toujours par-devers lui des têtes de volaille, espérant trouver des clients qui les lui achèteront. M. Nikiéma confie que la pénurie de Super 91 a gâché tout son business de fin d'année alors qu’il y avait placé tous ses espoirs, car les fêtes de fin d'année sont le seul moment où il peut véritablement espérer se mettre quelques billets de banque dans les poches afin de pouvoir faire face aux dépenses de fin d'année et préparer la reprise des cours de ses enfants. « Avant, j’allais à Djibo acheter la volaille à un prix abordable et je la revendais ici à Ouagadougou. Malheureusement, je ne peux plus me rendre dans cette partie du pays en raison de l'insécurité. J'ai donc réorienté mes achats vers la province du Sanguié mais là encore, à cause du manque de carburant ce projet est tombé à l’eau. Conséquence, je n'ai pu obtenir que 10 gallinacés, contre 200 l'année dernière. Pire, le marché a été particulièrement morose en fin d’année car les gens n’avaient pas de carburant pour se déplacer, a fortiori aller faire des achats. On a été victime d'un mal alors qu’on n’y est absolument pour rien », a déploré le commerçant.

pnur 3Le marché à légumes n’a pas non plus été épargné par la mévente provoquée par le manque d'essence. Des vendeuses de légumes d’une gare routière située juste à proximité d’une station d'essence de la place, toujours dans le quartier Patte-d’oie, témoignent avoir été victimes du long rang. A les en croire, la file d’attente formée par les Ouagavillois en quête du précieux or noir devant cette station faisait écran et les cachait de leurs clients qui ne sont autres que les riverains de la route. « Non seulement les clients ne se bousculaient pas devant nos étals pour des achats, mais en plus certains de ceux venus chercher du carburant à la station n’hésitaient pas à nous narguer », nous a-t-elles indiqué. « La longue file qui était maintenue toutes les journées, nous avait encerclées durant cette crise. Donc, il fallait lutter pour la sécurité de ses marchandises mais également pour convaincre les quelques rares clients qui venaient pour qu’ils achètent », raconte Edwige Ilboudo, vendeuse de légumes.

Même sort pour cette vendeuse de condiments dans le quartier Wemtenga, Marina Ilboudo. Elle qualifie cette période de manque de carburant de cauchemar et invite le gouvernement à y remédier. Elle a précisé que c'est le marché du 31 décembre et  celui du 1er janvier qui sont les meilleurs jours pour elles dans l'année. Par contre, elle regrette de n’avoir pas eu de condiments à vendre car, explique-t-elle, ses livreurs étaient bloqués dans les provinces par manque de carburant. Pour fidéliser sa clientèle, elle dit avoir cherché un minimum de condiments à double prix afin de les revendre à ses clients à bas prix. Mme Ilboudo continue en racontant que les produits de certaines de ces collaborateurs ont fini par pourrir car les clients n'ont pas pu effectuer le déplacement. « Des crédits pour le marché de fin d'année peinent à être remboursés parce que, les intéressés n'ont pas eu de carburant pour venir chercher les produits commandés », a-t-elle révélé.

Un jeune homme ayant requis l'anonymat nous informe qu'il s’est retrouvé quelque temps au chômage à cause du manque du précieux liquide, car n'ayant pas de carburant pour sa machine de lavage de motos, quand bien même il aurait veillé par moments à la station.

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 Il lâche : « Ma fête a été gâtée et j'ai failli perdre ce métier que j'exerce. »

Le styliste Kassoum Diabaté, installé à Nonsin, affirme que satisfaire ses clients pendant cette période de manque de carburant a été un parcours du combattant. Il dit avoir constaté une diminution du nombre de ses clients car nombreux sont ceux n'ont pu venir chercher leurs habits confectionnés. « J’ai même dû batailler dur afin de pouvoir livrer dans les délais la tenue d'une cliente, qui en avait besoin pour son mariage », raconte-t-il. 

Modou Traoré (stagiaire)

chanvreindienB.J., quadragénaire, a comparu ce 10 janvier 2023  à Ouagadougou, devant la chambre correctionnelle, pour cession illicite et consommation de drogues. Ayant été reconnu coupable, l’accusé a écopé de 24 mois de prison ferme et d’une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Il a, en outre, été condamné aux dépens.

Il ressort de l’audience que les faits remontent au  22 décembre 2022, où B.J. a été interpellé à Ouagadougou au centre-ville, aux encablures de la mosquée sunnite. Selon le parquet, c’est suite à une dénonciation auprès de la brigade anti-drogue que cette unité a procédé à son interpellation, après des investigations. Lors de son arrestation, le mis en cause s’est débarrassé d’un sachet. Après vérification, il est ressorti que ce sachet contenait 51 doses d’héroïne et 21 doses de cannabis.

Cependant à la barre, le prévenu a nié les faits. C’est ainsi que le procureur lui a rappelé qu’il avait pourtant reconnu les faits qui lui étaient reprochés lors de son interrogatoire. « Dans sa déclaration, il a reconnu qu’il prenait de la drogue depuis 2015 et même qu’il en vendait. Il a dit qu’il pouvait se taper par jour 30 000  à 40 000 FCFA », a notifié le juge.

Après ce rappel, le procureur a interrogé le prévenu : « Pourquoi vous niez  les faits devant la chambre correctionnelle, alors que vous les aviez reconnus lors de votre déposition ?» Et celui-ci de répondre : « C’est parce qu’on m’avait frappé et que j’avais peur qu’on me chicotte davantage ».

Visiblement pas du tout convaincu par les arguments de B.J., le procureur a requis contre ce dernier 24 mois de prison, dont 12 ferme, et une amende d’un million de francs CFA avec sursis. En définitive, le tribunal, après délibération, l’a déclaré coupable et condamné à une peine d’emprisonnement de 24 mois ferme et  à une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Il l’a, en outre, condamné aux dépens.

Il est important de relever que le Burkina Faso est en train de devenir une plaque tournante  de la drogue. Ces dernières années, le Faso est ainsi passé du statut de pays de transit à celui de zone de production et de consommation massive de drogue. Courant mai 2022, par exemple, une saisie record de 115,158 kg de cocaïne en provenance de Sierra Leone  et à destination du Ghana a été effectuée à Bobo-Dioulasso. En 2017, la seule ville de Ouagadougou a enregistré 782 patients pris en charge pour consommation de drogue, selon des sources sanitaires.

Malgré les efforts des autorités nationales, cette situation semble empirer, avec pour corollaires la délinquance juvénile et la dépravation des mœurs dans les villes.

Flora Sanou

planburk uneLe 6 janvier de chaque année, est célébrée la Journée mondiale des orphelins victimes de guerre. Cela vise à rappeler l’importance de la protection des enfants en période de guerre. La situation des orphelins au Burkina, particulièrement celle des orphelins victimes du terrorisme, préoccupe plus d’un. Ainsi, plusieurs organisations, en l’occurrence Children Believe et Plan International, s’emploient à donner le sourire à ces enfants qui sont souvent des laissés-pour-compte. En marge de cette journée dédiée aux orphelins de guerre et au regard du contexte actuel du Burkina, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec des représentants de ces organisations sur la situation des orphelins au Faso, de même que sur les actions menées en leur faveur.

« Sans toi, père, je suis comme un arbre sans racines, juste un orphelin sans futur réel. » Cette citation d’Abel Yanguel est certainement reprise par plusieurs enfants orphelins, d’une manière ou d’une autre. Force est de reconnaître que de nombreux enfants, à travers le monde, sont victimes de conflits de tout genre. Le Burkina Faso n’est pas en reste à cause du terrorisme, cette guerre asymétrique qui, depuis 2016, endeuille des familles et fait des orphelins de guerre.

planburk 2En effet, selon Rasmata Ouédraogo, directrice adjointe du programme des urgences à Plan International, au moins 60% des populations déplacées ont moins de 18 ans au Burkina Faso et l’ONG a pu assister, entre juillet 2021 et juin 2022, près de 541 512 mômes de moins de 18 ans, soit 290 524 filles et 251 783 garçons, dans les 6 régions humanitaires (l’Est, le Centre-Est, le Sahel, le Nord, le Centre-Nord et la Boucle du Mouhoun) avec des bases d’implantations dans les zones comme Kaya, Gaoua, Koupéla et Sapouy.

De l’avis de la représentante pays par intérim de Plan International, Anika Kristic, cette organisation travaille à porter la voix des sans-voix. « Nous travaillons à ce que la voix des enfants les plus vulnérables soit entendue » a-t-elle déclaré. De ce fait, plusieurs actions ont été menées en faveur de ces enfants, avec divers programmes. Il s’agit, entre autres, de l’initiative « Campagne retour à l’école » qui consiste à aller dénicher les enfants qui ont vu leur éducation impactée par la crise sécuritaire pour les ramener à l’école.

planburk 3En sus, il y a la protection de l’enfant qui permet de travailler à mettre les enfants démunis, orphelins de conflit ou de guerre et autres dans des cadres sécurisés appelés « Espaces ami des enfants » afin de les protéger et de leur apporter tout le soutien psychosocial qui leur est nécessaire. On note aussi le programme Stratégie de scolarisation accélérée passerelle (SSAP), les Espaces d’apprentissage temporel (cadres d’apprentissage en attendant de trouver de meilleures opportunités pour réintégrer l’école normale), les bourses scolaires, des moyens de déplacement comme les vélos.

A cela, on peut ajouter le programme Renforcement économique des ménages par l’assistance directe et l’appui au relèvement, notamment la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus (AGR) au profit des ménages qui ont en leur sein des orphelins afin que les enfants vulnérables puissent retrouver une vie normale et que leur droit soit respecté.

Les entraves à l’action philanthropique de Plan International sont le difficile accès à certaines zones qui sont sous blocus et le financement. Mais l’ONG dit adapter sa stratégie d’invention pour s’assurer de toucher le maximum d’enfants, en travaillant avec des partenaires de mise en œuvre qui sont des organisations locales plus proches des communautés pouvant atteindre ces zones.

Quant à l’ONG Children Believe, elle a pu accompagner environ 8 000 enfants en 2022 à travers des formations en couture, menuiserie, peinture, etc., dans les régions du Centre-Nord et de l’Est, à en croire Seydou Dialla, spécialiste d’éducation à Children Believe.

 L’objectif est de permettre à ces enfants de s'insérer dans la société et d’obtenir un revenu pour leurs besoins quotidiens, d’où un appui qui leur est également apporté en kits d’installation pour le début de leurs activités.

« En outre, nous travaillons à unir les enfants qui se sont séparés de leurs familles. Nous réalisons également des activités de prise en charge psychosociale à travers les jeux récréatifs dans des ‘’Espaces amis d'enfants’’», a confié M. Dialla. Il ajoute que ces enfants sont soutenus en vêtements, en nourriture et à travers l’établissement de leur acte de naissance.

Selon lui, une post-formation est faite sur la gestion d'entreprises au profit des enfants pour les outiller en matière de gestion des ressources humaines, en matière de finances, de management, etc.

A cela s’ajoutent la formation de 240 enseignants à l’Est pour qu’ils s’adaptent aux difficiles conditions d’enseignement des enfants PDI, la construction de hangars, leur équipement par des outils éducatifs et l’octroi de kits scolaires aux enfants.

« Pour ce qui est de l'année 2023, plusieurs projets sont en cours de réalisation pour ces enfants déplacés internes. Nous rêvons d’un monde où chaque enfant a une voix et la capacité de réaliser son plein potentiel. Tel est notre credo », a affirmé Seydou Dialla.

C’est pourquoi, a-t-il conclu, malgré le contexte d’insécurité, « nous ne pouvons pas abandonner les bénéficiaires, nous répondrons aux sollicitations de ces nombreux enfants déplacés internes ».

Flora Sanou

enfant mendiantOuagadougou est une ville où la mendicité est très développée. Si ceux qui font la manche sont remarquables par leur nombre, les motifs qui les ont conduits à la mendicité sont divers. Comme Amadou, nombreux sont ceux que la crise sécuritaire a poussés dans cette situation, ayant été dépouillés de toutes leurs richesses, y compris leurs terres. Radars Info Burkina s’est entretenu avec Amadou, ce petit bonhomme qui veut tenter le tout pour le tout afin de mettre fin à sa situation de mendiant.

Enfant mendiant à Ouagadougou, Amadou est arrivé de Dori avec ses parents, tous poussés par la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel. Lui et ses mamans sont tous les jours postés à des feux tricolores, où ils font la manche auprès des passants, chose qui leur permettrait d’assurer leur ration quotidienne. Et cette pratique, Amadou, ses mères et d’autres personnes dans la même situation s’y adonnent depuis plus de deux ans. Le sort semble donc s’acharner sur eux. « A quand la fin de cette routine quotidienne qui n’a que trop duré ?» s’interroge le petit bonhomme, âgé d’environ 13 ans ?

Si aujourd’hui le jeune homme sait très bien pratiquer la mendicité aux abords des voies, au début ce ne fut pas facile. « On avait honte au début. On ne voulait pas se résoudre à mendier dans la rue auprès des passants. On n’a pas appris à le faire parce qu’on n’était pas musulmans au départ », confie le jeune garçon qui admet qu’ils n’ont pas eu le choix, tant lui que ses mamans. C’était la seule issue de survie qui s’offrait à eux. « Ce qui nous a donné du courage, c’est le fait que personne ne nous connaissait à Ouagadougou. On se disait à quoi bon avoir honte devant une personne avec qui l’on ne partage aucune familiarité », soutient-il.

Si Amadou est obligé de mendier aujourd’hui pour survivre, il avait pourtant foi en un avenir radieux. En effet, l’adolescent était écolier dans un village de la province de l’Oudalan. Selon lui, tout se passait bien et l’école lui réussissait. C’est en 2018 que le cauchemar d’Amadou débutera. Tout son village a été contraint à la fuite par les terroristes qui s’étaient rendus maîtres des lieux. Et c’est ainsi qu’Amadou et sa famille trouvèrent refuge dans la ville de Dori. Trouver à manger étant devenu difficile, lui et ses parents prirent le chemin de Ouagadougou en décembre 2020. Arrivés dans la capitale, ils s’installent d’abord à Bendogo puis à Kalgondé chez un imam du quartier. C’est de Kalgondé qu’Amadou et d’autres enfants, accompagnés parfois de leurs mères, vont de feu tricolore en feu tricolore pour pratiquer la mendicité. Une situation qu’ils avaient pensée éphémère dans l’espoir que l’armée burkinabè réussisse à inverser rapidement la tendance et les réinstalle chez eux. Mais cela semble peine perdue pour Amadou, qui au fil des années a constaté que le mal continue de gagner du terrain, et se rapproche même de Ouagadougou.

Mais comme dit le dit un adage, même quand tout semble perdu, l’espoir, lui, demeure. Malgré la situation difficile, qui semble devenir le sort qu’il va devoir accepter, Amadou ne compte pas finir dans la mendicité. « Certains se complaisent ici, mais moi, cette situation me déplaît » s’insurge-t-il. Et de poursuivre : « Auparavant, même si les récoltes n’avaient pas été bonnes, nous on avait toujours à manger, on avait du lait de temps à autre ». Ce qui relevait du devoir des parents, à savoir se démener pour apporter à manger en famille, est devenu aussi l’affaire de ces enfants, qui sont traumatisés lorsque la moisson n’a pas été bonne la journée. Amadou, pour sa part, a déjà entrepris des démarches auprès d’un patron menuisier en vue d’apprendre la menuiserie. « J’ai déjà pris contact avec un patron menuisier qui est prêt à m’engager comme apprenti. Ma mère est d’accord. Grâce à ce métier, je pourrai dire adieu à la mendicité en 2023. Et si la guerre finit un jour, je pourrai continuer la menuiserie à Gorom », a-t-il confié.

Etienne Lankoandé

shell2La Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) a annoncé le 26 décembre 2022, dans un communiqué, de fortes perturbations de la distribution du super 91, invoquant un problème de maintenance dans certains dépôts côtiers abritant les stocks. Elle avait aussi précisé qu’en attendant la reprise normale des chargements dans les pays côtiers, elle procéderait à un plafonnement des quantités servies à 60%. Cette sortie médiatique a eu pour inconvénient d’entraîner une ruée des motocyclistes, automobilistes et autres dans les stations-service, ce qui a créé des rangs parfois « kilométriques ». A quelques heures de la reprise des cours, Radars Info Burkina a voulu s’enquérir du sort des élèves et des étudiants avec cette pénurie.

Après le communiqué de la SONABHY, le ministre burkinabè du Commerce, Serge Poda, a assuré sur le plateau de la télévision nationale du Burkina qu’il n’y avait pas de rupture et que la situation rentrerait dans l’ordre deux ou trois jours plus tard, car des stocks ayant quitté les pays côtiers étaient en route pour Ouagadougou.

Or, le constat est que depuis la semaine passée, les quelques stations-service qui servent le précieux carburant sont prises d’assaut par des motocyclistes, des automobilistes et des détenteurs de bidons de toutes capacités. Résultat, les files d’attente étaient interminables, particulièrement la semaine écoulée. Cela fait dix jours que ce liquide vital pour le transport est devenu rare. A la veille de la reprise des cours, élèves, parents d’élèves et éducateurs sont tous inquiets.

L’angoisse des habitants de certaines villes du pays, en l’occurrence Ouagadougou, Koupèla, de ne pas trouver de carburant pour leurs voitures ou leurs cyclomoteurs demeure à la veille de la reprise des cours.

Moumouni Zida, élève en classe de 1re dans un lycée de Ouagadougou, dit être très inquiet du problème de carburant et invite les autorités à y remédier.  « L’essence, c’est une grande préoccupation. Il faut que le gouvernement fasse tout pour remédier à la pénurie, sinon ce sera difficile pour nous, les élèves », a-t-il plaidé.

Dans la même lancée, Timothée Kaboré que nous avons joint au téléphone depuis Koupèla et qui devait conduire ses enfants ce 4 janvier 2023 au juvénat Saint-Camille, à Ouagadougou, pour la reprise des cours nous a dit être confronté au manque d’essence. Il affirme qu'il est très difficile de se procurer le précieux liquide. Dans l'espoir qu'il en trouvera aujourd'hui, c'est demain 5 janvier qu'il prévoit d’effectuer avec ses enfants le voyage sur Ouaga.

Dans la soirée du 3 janvier 2025 vers 18 h, à une station-service du quartier Rayongo, Mariam Sawadogo, enseignante en province, était dans le rang avec le numéro 198 mentionné sur sa moto. Toute embarrassée, elle nous a avoué qu’elle ne pourrait pas se rendre à son poste si elle n'arrivait pas à obtenir du carburant.

Au regard de cette difficile situation, certains de nos interlocuteurs ont fait des propositions concernant les élèves et les étudiants. C’est le cas de Dominique Koanda, parent d’élève. Pour lui, étant donné que les élèves et les étudiants ont pratiquement l’obligation de se rendre chaque jour aux cours, on devrait leur accorder la priorité dans les stations-service. « Je demande aux autres personnes d’être tolérantes avec les élèves et les étudiants et de les privilégier », a-t-il souhaité.

Tout compte fait, la situation semble s’améliorer dans l’après-midi du 4 janvier 2023 car les files d’attente dans les essenceries sont très réduites, comparativement aux jours précédents.

Flora Sanou

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