dimanche 4 décembre 2022

Arrivée de la délégation de la CEDEAO au Burkina : Des manifestants accusent la délégation de l’organisation sous-régionale de ne pas soutenir le Burkina dans la lutte contre le terrorisme

delega uneAprès le coup d’Etat perpétré le 30 septembre 2022 avec l’accord effectif de la population, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de dépêcher une délégation à Ouagadougou pour rencontrer les nouvelles autorités ce 4 octobre. Mais cette nouvelle n’est pas du goût d’une partie de la population, qui reproche à cette institution sous-régionale de ne pas contribuer à lutter contre le terrorisme. Des manifestants sont donc sortis nombreux, non pas pour empêcher la venue de la délégation de la CEDEAO, ont-ils précisé, mais pour montrer à cette Communauté que le peuple reste fidèle aux militaires qui veulent reconquérir les localités du territoire national qui échappent à leur contrôle. Leur mécontentement se perçoit à travers leurs coups de sifflet et les drapeaux burkinabè et russe accrochés à leurs engins ou qu’ils brandissent.

Il était difficile d’accéder au palais présidentiel de Kosyam en passant par les feux tricolores implantés vers Palace Hôtel à Ouaga 2000. Pour Adama Ouédraogo, l'un des manifestants, la CEDEAO défend les chefs d’Etat qui « ne défendent que leurs intérêts personnels. Nous savons qu’ils ne sont pas honnêtes. Depuis que le pays est dans une situation sécuritaire difficile, nous n’avons pas vu la CEDEAO nous doter d’équipements adéquats. Maintenant que le capitaine Traoré a pris les choses en main, elle veut venir déstabiliser le pays. Toute la jeunesse est pour le capitaine Ibrahim Traoré et nous exhortons ce dernier à faire très attention à la CEDEAO ».

delega2A en croire cet autre manifestant, drapeau du Burkina Faso ceint au cou, ils ne sont pas sortis pour empêcher la CEDEAO d’accomplir sa mission mais, pour qu’elle sache que le peuple est uni pour accompagner le capitaine Traoré. « On nous a trop tués, donc on a décidé de prendre notre destin en main. Depuis 62 ans, nous ne sommes pas encore indépendants et cela, à cause de la CEDEAO. Elle doit prendre le destin de ses peuples en main et ne pas se contenter de faire ce que l’Occident lui dicte. Nous voulons qu’elle nous aide à réussir notre mission. Nous allons accueillir la délégation de la CEDEAO et lui dire d'être une CEDEAO des peuples et non des chefs d'État », a dit notre interlocuteur. Et ce dernier de poursuivre : « La CEDEAO doit se battre derrière les peuples, sinon elle n'a pas sa raison d'être. Nous sommes là pour prouver à la CEDEAO que le peuple burkinabè est derrière son armée. Depuis le 30 septembre, il y a eu un mariage entre le peuple burkinabè et son armée. Nous sommes là pour montrer notre engagement en faveur de la junte burkinabè. Nous sommes fiers de ce que les jeunes capitaines ont accompli. »

delega3Le nouveau président, par un communiqué, a appelé la population « à faire confiance aux nouvelles autorités de la transition dans la conduite des affaires de l’Etat ». Il a assuré aux manifestants que l’intérêt supérieur de la Nation serait, en toutes circonstances, préservé.

Le capitaine Ibrahim Traoré, le nouvel homme fort du Faso, a renouvelé son appel à la population au calme et demandé aux gens de vaquer à leurs occupations pour permettre au Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) de travailler sereinement.

Nafisiatou Vébama

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