vendredi 3 février 2023

Politique et diplomatie en 2022 au Burkina : Quelques faits marquants

actuburkinaLe Burkina Faso est en proie à des attaques perpétrées par des Groupes armés terroristes (GAT) depuis 2016, une malheureuse situation qui perdure jusque-là. A ce difficile contexte sécuritaire sont venus s’ajouter des soubresauts à la fois politiques et diplomatiques en 2022. En tout cas le moins qu’on puisse dire, c’est que plusieurs faits majeurs ont marqué l’année 2022 au Burkina. Retour sur quelques-uns d’entre eux.

Le 24 janvier 2022, un coup d'État perpétré par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a mis fin au pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avec à sa tête Roch Kaboré, président élu démocratiquement le 22 novembre 2020 pour un dernier mandat constitutionnel avec 57,74% des suffrages.  

Le 27 janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba prononce son premier discours dans lequel il justifie le coup d’Etat de janvier par une volonté de l’armée de prendre ses responsabilités pour le retour de la sécurité, la restauration du territoire national et la refondation de l’Etat.

Suite à ce coup d’arrêt constitutionnel, des vagues de démissions sont enregistrées dans le désormais ex-parti majoritaire, le MPP, lesquelles ont abouti à la création du parti Panafricain pour le salut (PPS) le 2 avril 2022, dirigé par Abdoulaye Mossé, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale sous le mandat de Roch Marc Christian Kaboré.

En détention depuis le coup d’Etat du 24 janvier, Roch Marc Christian Kaboré sera enfin libéré le 6 avril 2022.

De plus, à l'appel de Paul-Henri Sandaogo Damiba, une réunion entre anciens chefs de l'État du Burkina Faso s'est tenue le 8 juillet 2022 à Ouagadougou, une rencontre à laquelle l’ancien président Blaise Comparé a pris part après 8 ans d'exil en Côte d'Ivoire. L'objectif affiché par cette initiative du président Damiba de la Transition était de sceller « la réconciliation nationale » afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Ce retour s'est soldé par une polémique et a entraîné une manifestation d'opposants.

Le 30 septembre 2022, soit 8 mois après la prise du pouvoir par Paul-Henri Sandaogo Damiba, le Burkina Faso enregistre son 2e coup d’État de l’année, orchestré par le capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, chef d’une unité d’artillerie de l’armée.

Après avoir renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré a justifié sa prise du pouvoir par la détérioration de la sécurité au Burkina Faso.  Ce coup d’Etat a été apprécié, voire soutenu, à travers des remous sociaux, notamment des manifestations dans la capitale burkinabè ainsi que dans d’autres villes du pays.

Les 10 et 11 novembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré rencontre les acteurs politiques, les représentants des Organisations de la société civile (OSC), les patrons de presse ; bref, les différentes couches. Au cours de ces rencontres, le nouvel homme fort du pays a signifié que le Burkina était en danger, que la responsabilité de tous était engagée et que chacun devait jouer sa partition pour sauver la mère patrie.

Le 18 novembre 2022, des centaines de manifestants étaient dans les artères de la capitale pour exiger le départ des soldats français et de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, du territoire burkinabè. Quelque temps après, des manifestants étaient encore dans les rues pour réclamer la révision des accords entre le Burkina et l’ancienne métropole.

L’actualité politique en 2022 aura été également marquée par l’incarcération d’hommes politiques aux maisons d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou parmi lesquels Aristide Ouédraogo et Ousmane Nacro, ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Le ministère de l’Administration territoriale a aussi, au cours de cette année, délivré le récépissé du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à Eddie Komboïgo le vendredi 16 décembre 2022, soit un an après la tenue de son congrès. Faut-il le rappeler, une crise mine le parti de « l’épi et de la daba », crise qui oppose les pro-Achille Tapsoba aux pro-Eddie Komboïgo.

En 2022, on a noté le communiqué diffusé le mardi 27 décembre  par l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et sommant les députés des 7e et 8e législatures de rembourser sous huitaine les « prêts véhicules » dont ils ont été bénéficiaires.

Sur le plan diplomatique, le vendredi 28 janvier 2022, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu le Burkina de ses instances dirigeantes.

Le 7 décembre 2022, le Premier ministre, Apollinaire Kyélem, s’est rendu sans tapage en Russie.

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2022, le Burkina Faso a expulsé deux citoyens français interpellés pour activités d'espionnage.

L’année 2022 a été aussi marquée par l’expulsion de la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina, Barbara Manzi, le 23 décembre.

Le Burkina n’a pas été convoqué au sommet USA-Afrique tenu du 13 au 15 décembre 2022. En marge de ce sommet, le président ghanéen, Nana Akufo Addo, a allégué d’une présence du groupe Wagner au Faso et qu’une mine était mise à la disposition dudit groupe en contrepartie de ses services, chose qui a créé un incident entre Accra et Ouagadougou.

Depuis le 2 janvier 2023, plusieurs médias informent également que les autorités de la Transition ont demandé à la France de rappeler son ambassadeur, Luc Hallade, une information qui n’est pas encore confirmée par le gouvernement burkinabè.

En mi-décembre, deux citoyens français, accusés d'espionner l'armée, ont été expulsés du pays. On retient aussi la suspension du Burkina de l’AGOA (African Growth Opportunities Act) par les USA, la suspension de RFI au Burkina et le renforcement de la coopération Mali-Burkina.

Flora Sanou

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