Radars au tribunal : Un inspecteur des impôts condamné à 15 mois de prison et à 60 millions de francs CFA d’amende pour corruption
15 mois de prison avec sursis et une amende de 60 millions de FCFA dont 30 millions ferme : c’est le verdict prononcé par le Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 15 février 2022 dans le procès du sieur Ouédraogo, inspecteur des impôts. Il est reproché à l’accusé d’avoir pris 30 millions FCFA avec un contribuable lors du contrôle fiscal d’une entreprise de la place.
Les faits remontent à juin 2021. Balima et Ouédraogo se voient confier une mission par la Direction générale des impôts (DGI) dans l’entreprise de Nikiéma. L’équipe de la DGI avait pour chef de mission Balima. Il s’agissait pour ladite équipe de faire des vérifications des taxes dans l’entreprise en question. Au cours de ces vérifications, il ressort que l’entreprise doit à l’État entre 180 et 200 millions FCFA. Une somme très importante que Nikiéma aurait des difficultés à payer.
C’est ainsi que Ouédraogo aurait proposé à Nikiéma de lui verser des pots-de-vin pour qu’il le mette à l’abri d’éventuels contrôles de la DGI. Mais selon Ouédraogo, c’est plutôt Nikiema qui lui aurait proposé de l’argent : partis de 50 millions, ils se seraient finalement accordés sur 30 millions.
Si Ouédraogo reconnaît avoir pris de l’argent, ce n’est pas le cas du chef de mission, qui ne serait concerné par cette affaire ni de près ni de loin. Ce dernier affirme d’ailleurs qu’il n’a pas vu l’argent. Et le procureur de lui répliquer ironiquement : « Vous avez manqué la chance d’être millionnaire ».
Selon le procureur du Faso, percevoir de l’argent de la part d’un contribuable à titre personnel est interdit par la loi, donc condamnable. Et Ouédraogo l’a justement fait. D’ailleurs, le prévenu n’a pas tout de suite reconnu les faits lorsqu’on les lui a reprochés.
Quant au nommé Balima, le parquet note qu’il est possible qu’il soit impliqué dans l’affaire. Cependant, il n’y a pas de preuve qui l’incrimine. Même les échanges sur l’argent se passaient entre Nikiéma et Ouédraogo. C’est pourquoi le parquet a demandé qu’il soit relaxé au bénéfice du doute.
« Ouédraogo pourrait être un bon agent de l’Etat après cette épreuve et donner des conseils aux autres », a déclaré le procureur. C’est pourquoi il a demandé la clémence du tribunal en sa faveur. Néanmoins, il a requis contre lui 15 mois de prison et une amende de 30 millions de francs CFA, le tout assorti de sursis. L’avocat des prévenus a dit être surpris par les réquisitions du parquet. Selon lui, l’intention criminelle n’est pas suffisamment établie pour qu’on condamne Ouédraogo, car d’après lui, son client n’a pas dissimilé l’argent.
Après délibération, le tribunal a prononcé la relaxe de Balima. A l’inverse, il a condamné Ouédraogo à 15 mois de prison avec sursis et à une amende de 60 millions de FCFA, dont 30 avec sursis.
T.B.P.

D’ores et déjà, le CEMGN entrant sait quels défis il devra s’atteler à relever au plus vite. « Nos priorités, c’est premièrement la lutte contre le terrorisme. Deuxièmement, en tant que gendarmerie nous nous attaquerons aux différents fléaux, aux différents trafiques qui contribuent à alimenter ce phénomène. En ce qui concerne la refondation de l’Etat, notre priorité sera la lutte contre la corruption et la fraude afin d’assainir le paysage institutionnel du Burkina Faso », a-t-il déclaré. Pour y arriver, une réorganisation profonde de la gendarmerie s’impose, foi du chef des pandores. «Après une soixantaine d’années d’existence, il est impérieux que la gendarmerie nationale du Burkina Faso soit réorganisée, à l’image des gendarmeries sœurs de la sous-région, afin d’être pleinement opérationnelle pour répondre présente aux rendez-vous importants qui nous sont fixés. L’ancrage actuel de l’institution est préjudiciable à la sécurité et à la défense nationale. Les dysfonctionnements constatés lors de la dernière attaque survenue à Inata viennent rappeler l’urgence de procéder à une réorganisation profonde de notre institution afin de lui donner l’autonomie nécessaire à son efficacité, sans porter préjudice à la modernisation des autres armées et aux liens fonctionnels qui devraient exister », a-t-il poursuivi.
Le lieutenant-colonel Evrard Somda s’engage, en plus des misions actuelles de la gendarmerie, à œuvrer au renforcement du service social en vue d’une meilleure assistance psychologique des hommes engagés sur les théâtres d’opérations, à la dynamisation des unités de police judiciaire et technique, au renforcement des missions traditionnelles de la gendarmerie ainsi qu’au renforcement de la modernisation des emprises et des infrastructures de formation et d’entraînement. Selon le lieutenant colonel Evrard Somda, la gendarmerie devra, en outre, lutter contre des pratiques corruptives en son sein afin de légitimer son action régalienne.
Selon lui, cette intervention va prendre un peu de temps. Mais tout compte fait, d'ici demain vendredi 11 février dans l'après-midi, il y aura un retour de la situation à la normale.
Mais en attendant de pouvoir changer la pièce fissurée et de rendre de nouveau possible la fourniture d'eau, des initiatives sont prises pour alléger la peine des populations qui sont dans les quartiers de Ouagadougou les plus impactés par cette regrettable situation, notamment Bassinko, Karpala, Yagma et Bonheur ville . « Sur instruction de notre DG, nous avons pris des mesures pour convoyer des citernes d’eau dans les zones que nous avons estimées être très déficitaires », a fait souligné Francis Keré.
S’il y a un point sur lequel la défense va certainement attaquer, c’est bien certaines charges qui pèsent sur les accusés, notamment l’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat pour ce qui concerne Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando et celles de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat pesant sur Yamba Elisé Ilboudo, Bossobè Traoré et Nabonswendé Ouédraogo.
11 ans de prison avec sursis, c’est ce qu’a requis contre cet officier supérieur de gendarmerie à la retraite le parquet militaire. Mais de l’avis des avocats des victimes, le prévenu mérite plus que cela comme peine. Par contre, la partie civile trouve que le parquet devrait atténuer la peine d’un accusé comme Yamba Elisé Ilboudo, car c’est l’accusé qui a accepté d’avouer sa participation aux événements, chose qui a permis de comprendre comment les choses se sont passées il y a 35 ans.
Même son de cloche chez Mariam Sankara, épouse du défunt président Thomas Sankara. « Ce que je déplore, c’est la peine requise contre Jean-Pierre Palm (NDLR : 11 ans avec sursis requis). Je ne sais pas pourquoi le sursis, mais on verra bien. J’espère que le tribunal va corriger cela parce qu’il y a beaucoup d’éléments quand même qui montrent sa culpabilité. En outre, il y a Tibo Ouédraogo qui a été acquitté (…). On attend la délibération pour voir quel sera le verdict », a déclaré la veuve Sankara.
Poursuivant son intervention, Me Prosper Farama a affirmé que la justice est le socle de la cohésion sociale, mais qu’on ne peut pas parler de justice si les gens refusent de dire la vérité. Ces militaires étaient intouchables, mais aujourd'hui ils sont comme les autres. Pour l'avocat, il faut que les accusés aient le courage d'assumer leurs responsabilités en disant la vérité. « On pardonne à quelqu'un qui demande pardon. Même Dieu nous dit d'avouer nos fautes avant d'être pardonné. Aucun accusé ici n'a rien avoué et on demande aux victimes de pardonner », déclare Maître Farama. Selon lui, le général Gilbert Diendéré est un homme calme, très intelligent, même s'il a perpétré un coup d’Etat qualifié de «plus bête du monde».
Cependant, il a un défaut, ajoute l’homme en robe noire : c'est un homme qui n'assume jamais ses responsabilités. À titre d'exemples, l'avocat a rappelé que la première fois où il a rencontré Diendéré dans un procès, c’était il y a plus de 20 ans, à l’occasion du procès David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré. Diendéré a été appelé comme témoin en sa qualité de commandant du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), impliqué dans le meurtre de David Ouédraogo. Diendéré avait tout nié. Ensuite, il y a eu l'affaire Dabo Boukari, un étudiant torturé au Conseil de l’entente et dont le corps a été retrouvé vers Pô. Là encore, le général avait refusé d'assumer ses responsabilités.
De l’avis du journaliste Drissa Traoré, la réconciliation est possible si les différentes couches sociales adhèrent à la vision du MPSR. « Les crises que nous connaissons sont politiques depuis 1966, même les événements de 1987 qui ont abouti à la mort de Thomas Sankara dont le procès est en cours. Quand on prend les événements de 2014 qui ont abouti à la démission de Blaise Compaoré et à son exil en Côte d'Ivoire, on voit que son parti et ses partisans demandent son retour. Quand on prend également les événements de 2015, notamment le coup d’Etat qui n'a pas prospéré, l'emprisonnement de Gilbert Diendéré, ainsi que l'avènement du MPSR et la démission de Roch Marc Christian Kaboré, on voit qu’il s'agit de crises politiques. L'adhésion de la classe politique au processus de réconciliation peut donc aider à une réconciliation vraie », a t-il soutenu. Mais tout n'est pas que crise politique, a-t-il tenu à préciser.
Selon Drissa Traoré, il y a aussi des questions foncières, des conflits inter-communautaires, sans oublier la question sécuritaire qui est venue mettre en lambeaux le tissu social. Néanmoins si la classe politique se réconcilie, que les exilés politiques rentrent et que le procès Thomas Sankara aboutit, on peut espérer une réconciliation réussie, souligne Traoré.
Pour Me Anta Guissé, avocate de la partie civile, Jean-Pierre Palm a été un acteur clé de ce coup d’Etat, bien que l’officier supérieur de gendarmerie à la retraite s’obstine à ne pas reconnaître les faits. « Tout au long de ce procès, on a vu une attitude nonchalante de sa part, comme si les faits étaient éloignés de lui et qu’il n’avait rien à se reprocher. En fait tout au long du dossier, il y a un certain nombre d’éléments qui, mis bout à bout, montrent qu’effectivement il faisait partie du complot et qu’il a soutenu et aidé Blaise Compaoré, Diendéré et Kafando, ses auteurs, à mettre en place cet attentat et à faire en sorte qu’il soit perpétré. Aujourd’hui, c’était la démonstration de ce qu’il y avait dans le dossier qu’il fallait faire, sans compter les aveux qu’il a faits à une période donnée à des amis qui sont venus témoigner qu’il y avait un complot et qu’il fallait inventer cette histoire de complot de 20h pour justifier l’assassinat et que le but était effectivement de permettre à Blaise Compaoré d’accéder au pouvoir », a soutenu l’avocate.
La vérité, c’est ce que les familles des victimes attendent depuis plus de 34 ans. Mais certaines personnes impliquées dans le dossier ont travaillé à brouiller les pistes, une attitude qui constitue d’ailleurs une infraction, selon Me Prosper Farama de la partie civile. C’est le cas, par exemple, du général Diendéré. « Suborner un témoin, c’est essayer par un moyen quelconque (corruption, pression, promesse…) de lui faire dire devant un tribunal autre chose que la vérité pour que cela profite à une personne au cœur de cette affaire. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit de l’un des hommes de main du général Gilbert Diendéré, en l’occurrence Tondé Nida dit Pascal, lequel était son chauffeur quand il était en fonction au Conseil de l’entente (il continue de travailler pour le général Diendéré), qui à un moment donné au cours du procès est allé voir un des témoins clés à charge contre Diendéré, précisément le sous-officier Zetiyenga Abdramane, celui-là même qui dit que Diendéré aurait convoqué une réunion à laquelle il a participé et déclaré clairement à un petit groupe d’officiers qu’il était question d’arrêter le président Sankara parce qu’il projetait d’assassiner Blaise et les autres dans la soirée de 20h », raconte Maître Farama. La mission de cet ancien chauffeur de Diendéré c’était donc, à en croire l’homme en robe noire, de convaincre Zetiyenga de dire qu’il n’était pas au Conseil le 15 octobre 1987. Cependant, ce denier a pris le soin d’enregistrer la conversation et est ensuite allé la faire écouter au juge.
Nelly (nom d’emprunt) est père de trois enfants. De nationalité étrangère, il est installé à Ouagadougou depuis quelques années. Jugé au tribunal de grande instance Ouaga I ce 1er février 2022, le prévenu a écopé d’une peine de prison de 5 ans pour avoir mis en place une unité de production illégale de carburant dans la ville de Ouagadougou, exposant de ce fait la vie de paisibles citoyens.
A la barre ce mardi, le prévenu, pour sa défense, a dit avoir pris des mesures pour éviter les cas d’incendie en protégeant le réacteur et ajoute que l’incendie résulte d'un sabotage. Lorsque le procureur lui demande s’il a des preuves de ce qu'il avance, Nelly répond par la négative. A la question de savoir s’il était conscient que ses travaux étaient dangereux pour la vie des gens, l’ingénieur en mécanique répond que ce n’est pas le cas. « Si ce que vous faites n’est pas dangereux, je vous dis que c’est vous-même qui êtes dangereux », martèle le procureur. Et le parquet de faire remarquer que non seulement Nelly travaille sans autorisation, mais aussi il met la vie des autres en danger.
« Au niveau de la défense il y avait deux tendances : la première disait que c’était au tribunal de prendre une décision sage ; une autre tendance, et c’était la mienne, a demandé au tribunal de poursuivre l’audience parce que nous avons estimé que la suspension de la Constitution ne mettait pas fin à tous les autres droits de la République. Notre présence dans cette salle est régie par des textes, par des lois. Si nous avons pu tenir cette audience jusqu’à cette étape où il ne reste plus que les plaidoiries, nous estimons que ce n’est pas parce qu’il y a des militaires qui sont arrivés au pouvoir que le tribunal cesse d’être indépendant, que le tribunal cesse d’appliquer les règles parce que la justice est rendue au nom du peuple », a déclaré Me Hien Ollo, avocat de la défense.
Selon lui, la suspension de la Constitution est compréhensible dans cette situation. Mais la suspension du jugement n’est pas raisonnable, car le MPSR n’a pas changé le tribunal, ni changé la composition du tribunal, encore moins changé le serment des magistrats, et il n’a pas non plus délocalisé l’audience.










