Situation nationale : Le Balai citoyen exige le rétablissement immédiat et sans condition de l’accès à Facebook
Restrictions de l'accès à Facebook, interdiction de la marche du samedi 22 janvier sont, entre autres, les sujets abordés par le mouvement Balai citoyen ce vendredi 21 janvier 2022 à Ouagadougou lors d’un point de presse. Selon Serge Bambara, alias Smokey, et ses camarades, le Burkina Faso connaît un recul en matière de liberté d’expression et de libertés individuelle et collective. Après avoir exigé le rétablissement de l’accès à Internet et à Facebook, ils ont annoncé un meeting de protestation pour le 19 février.
"Notre peuple a payé un lourd tribut à la démocratie et pour recouvrer sa liberté. Des citoyens burkinabè sont morts pour arracher la liberté d'expression qui est le ciment de tout pays qui aspire au progrès et à la sécurité(...). Après les luttes ayant abouti à l'insurrection populaire d'octobre 2014, le peuple intègre du Burkina Faso n'acceptera, sous aucun prétexte, un quelconque recul en matière d’acquis démocratiques, en particulier en matière de liberté de manifester", a martelé Smokey, porte-parole du Balai citoyen. Selon les responsables de cette organisationt de la société civile, le Burkina Faso, pays épris de paix et de justice sociale, est marqué par une remise en cause systématique de ses acquis démocratiques, notamment les libertés individuelles et collectives, pourtant garanties par la Constitution.
C'est pourquoi le Balai citoyen exige le rétablissement immédiat de l'accès intégral à Internet et aux plateformes d'interaction comme Facebook ; lance un appel aux forces patriotiques que sont les OSC, syndicats et partis politiques à la mobilisation pour mettre fin "aux mesures liberticides en cours au Burkina Faso" ; appelle à la mobilisation populaire pour le renforcement des idéaux de l'insurrection populaire ; annonce un meeting de protestation pour le samedi 19 février 2022 dans les villes et villages du pays contre "les mesures de confiscation des libertés ". Ladite OSC affirme par ailleurs son soutien au peuple malien qui fait face aux sanctions de la CEDEAO.
Selon les conférenciers du jour, le Balai Citoyen a introduit une demande d'autorisation à manifester devant l'ambassade du Mali. Mais l'autorité municipale a interdit ladite marche, invoquant des raisons sécuritaires. Cependant, le Balai citoyen dit qu’il ne compte pas s'arrêter là. "Se lancer dans un bras de fer est inutile tant qu'on n'a pas épuisé toutes les voies de recours. C'est pourquoi, comme c'est une question de justice, nous allons attaquer les autorités en justice comme le peuple nigérien l'a fait", a informé Smokey. Et de préciser que le Balai citoyen ne participera pas à la marche du samedi 22 janvier 2022, qui a été interdite. Concernant la supposée tentative de coup d'Etat déjouée au Burkina Faso, les responsables du Balai citoyen disent rester prudents, rappelant que des annonces du genre avaient déjà été faites par le passé, notamment concernant Auguste Denise Barry, mais après il n'y a pas eu de suite.
Barthélémy Paul Tindano
Long de 7 km, le nouveau bitume de l’avenue des Tensoba, tronçon échangeur de l’Est - CFAO (à la ZAD), est presque terminé. C’est l’une des meilleures voies de la ville de Ouagadougou. En attendant son inauguration officielle, Radars Info Burkina est allé à la rencontre des riverains de cette voie pour recueillir leurs appréciations sur cette infrastructure routière. Si la qualité de la voie est hautement appréciée, ce n’est pas le cas de la manière dont elle est construite.
« Je n’ai rien à dire car même si je parle, rien ne va changer. La voie est déjà faite ! C’est vrai que la voie est bonne mais elle ne profite pas à nous, les commerçants riverains. Tu vois, non seulement elle est trop haute, mais en plus il n’y a même pas de passage pour descendre. Pire, il n’y a pas d’espace pour se garer. Même ce ‘’six mètres’’ que tu vois là, ils l’avaient bloqué. C’est parce que les gens ont manifesté qu’ils l’ont rouvert, sinon avant, depuis le feu de la station Total jusqu’à l’échangeur de l’Est, il n’y avait pas de passage pour descendre. Avant, j’avais un hangar ; maintenant je ne peux plus mettre ça. La dernière fois il y a un client qui est venu avec son véhicule et il a percuté la moto de quelqu’un d’autre puisqu’il n’y avait pas de passage. Il a dû dédommager le propriétaire de la moto. Tu crois que ce client-là va revenir ici ? » Se plaint-il. Selon lui, si les caniveaux étaient bien construits, on n’aurait pas besoin d’élever la voie de la sorte. « Je ne suis pas ingénieur mais je pense que la qualité d’une voie, c’est aussi les caniveaux. Mais ceux qu'ils ont faits sont petits », a-t-il déclaré.
Plus loin, Boureima Ouédraogo partage l’avis de Sayouba, mais reconnaît la qualité de cette artère. « On a tous suivi comment ils ont fait la voie là, c’est une voie qui va beaucoup durer, mais la manière dont ils ont fait ça là, ce n’est pas bien. Comment on peut faire descendre un ‘’six mètre’’ directement devant le portail de quelqu’un à 3 ou 4 mètres ? Un véhicule ne peut même pas passer ici », fulmine-t-il. Selon lui, la hauteur de la voie ne pose pas problème car d’après lui, le boulevard Charles de Gaulle était également très haut au départ mais ça ne se voit plus de nos jours. A son avis, le problème est que l'avenue des Tensoba est trop proche des maisons et qu’il n’y a pas de passage pour en descendre.
Au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 18 janvier 2022, Radars Info Burkina a assisté à un procès qui, sauf erreur de notre part, est sans précédent au Burkina Faso. Il s’agit du jugement d’un homme de 46 ans, père de 4 enfants et maçon de profession, que nous nommerons ici Madou, qui, courant novembre 2021, a pratiqué le sexe oral sur un bébé de 14 mois au quartier Rimkièta de Ouagadougou. Selon le procureur du Faso, qui s’est dit indigné et horrifié, c’est un acte antisexuel et un attentat à la pudeur. Reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, le prévenu a écopé de 7 ans de prison et d’une amende d’1 million de francs CFA, le tout ferme.
D’après sa narration des faits, ce jour-là elle s’est rendue au point d’eau précité pour remplir deux bidons. Et lorsqu’elle y est allée pour la première fois, son enfant pleurait. C’est alors que Madou lui a proposé de prendre son môme pour lui permettre d’aller puiser l’eau. A son retour du puits, la bonne dame surprend Madou, qui avait introduit son sexe dans la bouche du pauvre enfant. « Tu veux tuer mon enfant ? Dieu va te punir pour ce que tu as fait », a-t-elle fulminé, s’adressant à l’indélicat. Elle arracha son enfant des mains du pédophile et se rendit au CSPS. C’est là-bas que les infirmières lui conseillèrent de porter l’affaire à la gendarmerie ou à la police.
Lors du Conseil des ministres du jeudi 13 janvier 2022, le gouvernement a annoncé l’apparition de la grippe aviaire au Burkina Faso. Le lendemain vendredi, le ministre des Ressources animales, Moussa Kaboré, et son collègue de la Santé, Charlemagne Ouédraogo, ont tenu une conference de presse au cours de laquelle ils ont donné plus de précisions sur cette épizootie. Les régions touchées, pour le moment, sont le Centre, le Centre-Ouest et le Centre-Sud. Radars Info Burkina a fait le tour de quelques marchés de la ville de Ouagadougou pour un constat.
« Comme vous pouvez le constater ici, nos poulets ne sont pas malades, mais les clients se font rares maintenant. Même si nos poulets ne meurent pas, les clients ne viennent plus comme avant. D’ailleurs ce sont les poulets de chair là qui meurent beaucoup or nous, ce sont les poulets bicyclettes que nous vendons », a déclaré Adama Ouédraogo, vendeur de gallinacés au marché de Zogona.
Autre lieu, même constat. Au marché de Dassasgho, les employés d’Adama Kaboré chôment. En temps normal, ils n’ont pas de repos à pareille heure. Mais, agrippe aviaire oblige, ils se tournent les pouces. « Il n’y a plus de marché, sinon nos poulets ne meurent pas », a affirmé Adama Kaboré.
Deux membres du gouvernement ont animé deux conférences de presse ce vendredi 14 janvier 2022 sur la situation sanitaire au Burkina Faso. Il s’agit du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et du Bien-être, le Pr Charlemagne Ouédraogo, et de son homologue de l’Agriculture, des Aménagements hydrauliques, de la Mécanisation et des Ressources animales et halieutiques, Moussa Kaboré. La recrudescence de la maladie à coronavirus et l’apparition de la grippe aviaire aux pays des hommes intègres ont été au menu des échanges entre ces membres du gouvernement et les hommes de médias.


Selon lui, la seule chose à faire, c'est de faire la guerre franchement et ouvertement, c'est-à-dire attaquer, aller traquer les terroristes où ils sont. «Nous savons tous où ils sont parce que nous ne sommes plus en 2016-2018 où ils se cachaient. Depuis un moment, ceux qui nous attaquent ne sont pas cachés. Et ce n'est pas un terrorisme invincible parce que ces terroristes sont particulièrement peureux et même très peureux face à la mort. Le vrai terrorisme, c'est celui des kamikazes, ceux-là qui n'ont pas peur de mourir. Un terroriste qui a peur de mourir ne doit pas nous faire peur», a-t-il soutenu. Certes des changements sont intervenus au sein du commandement militaire, mais cela ne suffit pas, et ce n'est pas que les hommes qu'il faut changer, tout ou presque doit changer, a-t-il ajouté.
«Le Président du Faso a fait fort en annonçant carrément un changement de paradigme. Malheureusement plusieurs semaines après cette annonce, on ne voit pas les signes d'un tel changement. Il faut aller au-delà du changement d'hommes. On chante chaque fois que nous sommes dans une guerre asymétrique, une guerre non conventionnelle. Si on est vraiment conscient de la nature de la guerre, nous devons nous-mêmes sortir de nos stratégies et tactiques symétriques, en finir avec le ‘’conventionnalisme’’. Si tu luttes contre un fou et que tu veux gagner, il te faut devenir un peu fou aussi. Si tu restes attaché à la raison, tu risques de ne pas t'en sortir. Donc ce qu'il nous faut, ce n'est pas tant le changement d’hommes ; c'est plutôt de nous adapter à la guerre telle qu'elle nous est imposée», foi de Boukari Ouoba.
L'audience a repris ce mercredi 12 janvier à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou. Le tribunal a donné la parole aux experts qui ont fait l'exhumation et l'analyse balistique des restes de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons tombés le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente. Si les restes découverts dans certaines tombes ont permis d'en identifier les occupants, ce n'est pas le cas dans d'autres sépulcres où la dégradation était trop avancée. Au cours de cette audience, la parole a également été donnée aux ayants droit des victimes.
Selon le commissaire divisionnaire Missa Millogo, spécialiste en criminologie et des scènes de crimes, les projectiles trouvés peuvent provenir de trois catégories d'armes, à savoir des fusils d'assaut HK, G3 et des pistolets mitrailleurs. L'un des objectifs de ces analyses balistiques était de permettre d’identifier les corps qui se trouvent dans ces tombes, mais la dégradation de certains restes n'a pas permis de faire de tests d'ADN. Par conséquent, les experts se réservent de se prononcer sur la nature de la mort, contrairement aux corps qui ont pu être analysés et pour lesquels ils ont noté une mort violente. Il faut souligner également que dans certaines tombes, des cartes d'identité et des cartes militaires ont été trouvées, ce qui a facilité l’identification de ces victimes-là. De même, pendant l'exhumation, les familles des 13 victimes étaient présentes et certaines ont pu identifier les leurs.
Après l'exposé des experts, le président de la chambre criminelle du tribunal militaire a donné la parole aux ayants droit. Parmi les familles des 13 victimes, 3 ont pris la parole. Selon les représentants de ces familles, la mort est certes inévitable, mais c'est la manière dont leurs proches sont morts et ont été enterrés qui leur fait mal. Cependant, tous espèrent que la vérité sera dite lors de ce procès. "Je ne pouvais pas rater cette occasion de m'exprimer sur la douleur, la peine que moi, sa mère, ses frères et soeurs avons connue à l'époque. Je ne vois pas pourquoi je ne vais pas expliquer à la face du monde ou du pays comment j'ai appris la mort de mon petit frère. J'aurais voulu être là pour l'enterrer. Mais je suis allé trouver qu'on l'a enterré à moins de 30 cm sous terre, et quand les gens ont commencé à piétiner la terre, les habits ont commencé à apparaître. Je pense que ceux qui aiment leurs chiens, leurs chats ne les enterrent même pas comme ça", a déclaré Issa Basseka Sawadogo, grand frère de feu Hamodo Sawadogo, assassiné le 15 octobre 1987 en même temps que Thomas Sankara.
L’audition des témoins dans le cadre du procès Thomas Sankara et 12 autres a pris fin ce 11 janvier au tribunal militaire, délocalisé à la salle des Banquets de Ouaga 2000. Le colonel major à la retraite Moussa Diallo, par ailleurs magistrat militaire, et le journaliste Stephen Smith sont les derniers à avoir fait leur déposition par visioconférence. Si le journaliste a dit ne pas savoir grand-chose du coup d’Etat qui a coûté la vie au père de la Révolution burkinabè, le magistrat militaire, lui, a donné plus de détails sur les tragiques événements du 15 octobre 1987.
Toujours d’après Moussa Diallo, à un moment donné la gendarmerie avait mis sur écoute Blaise Compaoré et cela a permis d'intercepter certaines informations relatives à l'assassinat de Thomas Sankara. Et quelques jours avant le 15 octobre, un certain Jonas Somé a appelé Blaise pendant qu'il était à Pô pour lui dire de passer à l'action, sinon les gens allaient finir par savoir ce qui se tramait.
Cependant il précise que lorsqu'il a voulu faire écouter l’élément sonore à Thomas Sankara pour l’en convaincre, celui-ci n’a pas voulu, arguant qu'il était déjà au courant. De même, la gendarmerie avait un élément infiltré parmi les opposants vivant en Côte d'Ivoire. C'est ainsi que Jean Claude Kamboulé, qui était leur responsable, avait déclaré que le président Houphouët-Boigny lui a dit un jour de se calmer car Blaise allait bientôt prendre le pouvoir au Burkina Faso.
L'audience du procès Thomas Sankara et ses compagnons a repris ce lundi 10 janvier à la chambre criminelle du tribunal militaire, délocalisé pour la circonstance à la salle des banquets de Ouaga 2000. Deux témoins, à savoir le Sénégalais Fall et le Français Tery Secretan, ont fait leurs dépositions par visioconférence. Ensuite, le président du tribunal a fait lire le procès-verbal de feu Salifou Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, entendu en 2016 avant sa mort en 2017.
C'est la raison pour laquelle ses éléments sont allés pour les arrêter, mais les choses ont mal tourné. Une thèse que Salifou Diallo a défendue aussi pendant longtemps avant de savoir que ce n'était pas le cas. Selon lui, en 1988 Blaise Compaoré l'a envoyé auprès d'un ancien chef d'État avec une enveloppe scellée. Lorsqu'il est arrivé, ledit chef d'État a ouvert l'enveloppe et lu la note qu’elle contenait devant lui. Après après avoir fini il aurait lancé : « C'est ce qui arrive à ceux qui s’attaquent aux vieillards ; il reste le bâtard d'Accra». Et ce chef d'État l’aurait mis en garde contre ce qu'il venait de dire.
En outre, quand il dit qu'il est allé remettre une correpondance à un chef d'État, sous entendu Houphouët Boigny, qui l'aurait ouverte devant lui, disant clairement que c'est ce qui arrive à ceux qui s'en prennent aux vieillards, je pense que si Blaise Compaoré envoie voir un chef d'État avec ce genre de missive qui parle de l'assassinat de Thomas Sankara, c'est que lui aussi est un homme de confiance de Blaise Compaoré », a déclaré Me Prosper Farama.










