Audience du 10 janvier 2022 : «Ce que Salifou Diallo a dit, nous le pensons, ne cadre pas totalement avec la vérité », Me Prosper Farama, avocat de la partie civile
L'audience du procès Thomas Sankara et ses compagnons a repris ce lundi 10 janvier à la chambre criminelle du tribunal militaire, délocalisé pour la circonstance à la salle des banquets de Ouaga 2000. Deux témoins, à savoir le Sénégalais Fall et le Français Tery Secretan, ont fait leurs dépositions par visioconférence. Ensuite, le président du tribunal a fait lire le procès-verbal de feu Salifou Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, entendu en 2016 avant sa mort en 2017.
Il était le chef de cabinet du capitaine Blaise Compaoré au moment des faits. Lui, c'est le regretté Salifou Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale burkinabè. Dans le procès-verbal lu ce lundi 10 janvier, feu Salifou Diallo déclare que le 15 octobre 1987, il devait prendre part à la réunion au cours de laquelle Thomas Sankara et ses 12 compagnons ont été tués. Mais il précise qu’il se trouve que Sankara l'avait appelé et lui avait dit d'aller prendre une copie du document que lui, Salifou Diallo, avait rédigé à la demande du père de la révolution lui-même. Dans ce document, il était question de la formation d'un parti politique qui regrouperait les différentes organisations qui composent le Conseil national de la révolution. C'est pendant qu’il était au domicile de Blaise Compaoré, ajoute le défunt, que les tirs ont commencé au Conseil de l’entente. Et Blaise a dit que c’était les éléments de Thomas Sankara qui tiraient sur les siens. Dans son P-V, «Gorba» ajoute qu'après l'assassinat de Thomas Sankara, Blaise Compaoré soutenait que la garde rapprochée de ce dernier préparait un coup contre lui à 20h.
C'est la raison pour laquelle ses éléments sont allés pour les arrêter, mais les choses ont mal tourné. Une thèse que Salifou Diallo a défendue aussi pendant longtemps avant de savoir que ce n'était pas le cas. Selon lui, en 1988 Blaise Compaoré l'a envoyé auprès d'un ancien chef d'État avec une enveloppe scellée. Lorsqu'il est arrivé, ledit chef d'État a ouvert l'enveloppe et lu la note qu’elle contenait devant lui. Après après avoir fini il aurait lancé : « C'est ce qui arrive à ceux qui s’attaquent aux vieillards ; il reste le bâtard d'Accra». Et ce chef d'État l’aurait mis en garde contre ce qu'il venait de dire.
Ces propos de Salifou Diallo sont mis en doute par la partie civile. Malheureusement, l'intéressé n'est plus vivant pour répondre aux questions que celle-ci aurait bien voulu lui poser. «Ce que Salifou Diallo a dit, nous le pensons, ne cadre pas totalement avec la vérité parce que tous les gardes de Blaise Compaoré ont dit que Salifou Diallo faisait partie des personnes qui, le 15 octobre, ont été le plus en contact avec Blaise Compaoré.
En outre, quand il dit qu'il est allé remettre une correpondance à un chef d'État, sous entendu Houphouët Boigny, qui l'aurait ouverte devant lui, disant clairement que c'est ce qui arrive à ceux qui s'en prennent aux vieillards, je pense que si Blaise Compaoré envoie voir un chef d'État avec ce genre de missive qui parle de l'assassinat de Thomas Sankara, c'est que lui aussi est un homme de confiance de Blaise Compaoré », a déclaré Me Prosper Farama.
Avant la lecture de ce procès-verbal, deux témoins, cités par la partie civile, « sont passés à l'écran » pour répondre aux questions du tribunal. Aziz Fall, l’un d’entre eux, est du Collectif justice pour Thomas Sankara. Il dit avoir trouvé plusieurs éléments dans ses recherches qui prouvent que l'assassinat de Thomas a été un complot international. Selon lui, Ablassé Ouédraogo, qui a été ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, a certainement connaissance de certains documents. Le second, Tery Secretan, journaliste réalisateur, a beaucoup côtoyé le défunt président ghanéen Jerry John Rawlings. C'est lui également qui a transcrit la déposition de Rawlings. Selon lui, les Occidentaux étaient contre Rawlings et Sankara parce que le premier donnait un exemple de lutte contre la corruption au deuxième. Et à un moment donné, le Burkina Faso avait atteint l’autosuffisance alimentaire, ce qui a inspiré également le Ghana qui était en difficulté.
L'audience est suspendue et reprend demain mardi avec le témoignage de Moussa Diallo et la présentation des pièces à conviction.
Barthélémy Paul Tindano
À la lumière des procès-verbaux des dépositions des témoins absents, notamment les dépositions des Ghanéens mais des hommes de confiance du président Thomas Sankara du Burkina Faso, on est en droit de penser à un complot international. Plusieurs éléments permettent d'en déduire, même si les exécutants sont des Burkinabè. Retour sur les dépositions lues le mercredi 5 janvier 2022.
Dans sa déposition lue le mercredi 5 janvier, Rawlings fait savoir qu'une fois Thomas Sankara l'avait invité à prendre part à la commémoration de l’anniversaire de la Révolution à Bobo-Dioulasso. Et dans son discours, Thomas Sankara avait dit qu'il va travailler à ce que le Burkina Faso et le Ghana deviennent un seul pays. C'est à partir de ce discours qu'il a su que Thomas Sankara avait signé son arrêt de mort. Car la France ne veut pas entendre qu'un pays francophone et un pays anglophone vont s'unir. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé au Togolais Gilchrist Olympio, fils du premier président Sylvanus Olympio, qui voulait unir le Togo et le Ghana. C'est avec ce Gilchrist même que Blaise Compaoré a comploté pour attaquer le Togo en 1986. Nordor Kelly, ancien ambassadeur du Ghana au Burkina Faso, souligne également que le discours que Sankara a tenu envers l'ancien président français François Mitterand en 1986 l'a mis en danger. De même, lors d'une cérémonie, l'ambassadeur des États-Unis de l'époque, Léonardo, a pris son adjoint en aparté pour lui dire que les jours de Thomas Sankara étaient comptés, mais c'est après la mort de Sankara qu'il a appris cela.
Étienne Zongo continue en disant que le 8 octobre Blaise a invité Sankara chez lui, prétendant qu'il était malade. Mais en réalité c'est là-bas que les Hyacinthe Kafando l'attendaient pour l'abattre et c'est à ce moment qu'un journaliste français du nom de Stephan Smith l'a appelé dire qu'il a entendu que Thomas Sankara a été assassiné et qu'il voulait se rassurer avant de passer l'information.
La lecture des procès-verbaux des dépositions des témoins décédés a pris fin ce 5 janvier au tribunal militaire. Ce sont les dépositions de Valère Somé, ancien ministre de Thomas Sankara, d’Étienne Zongo, aide de camp du président Thomas Sankara, de Jerry John Rawlings, ancien président du Ghana et proche de Thomas Sankara, de Nordor Kelly, ancien ambassadeur du Ghana au Burkina Faso, et de Sikato Kodio, ancien officier ghanéen qui ont été lues ce mercredi.
Dans le procès-verbal d’Étienne Zongo lu, celui-ci déclare que lorsque les éléments de Blaise Compaoré sont venus de Pô le 4 août pour libérer Thomas Sankara, Blaise a dit à Vincent Sigué que lorsqu'ils vont libérer Thomas Sankara, c’est lui Blaise Compaoré qui sera le président et Thomas Sankara son Premier ministre. Mais devant la réaction de Sigué qui voulait se désengager, Blaise Compaoré est revenu à la raison en rassurant Vincent Sigué qu'il ne prendrait pas le pouvoir. Étienne Zongo a ajouté par ailleurs que c'est à cause de cela que Blaise voulait éliminer Sigué parce qu'il avait alerté Thomas Sankara et qu'il savait tout sur Blaise. Un témoignage qui concorde avec la déposition de Valère Somé, un autre compagnon de Thomas Sankara, qui lui non plus ne vit plus. Toujours selon Étienne Zongo, Blaise Compaoré projetait de tuer Thomas Sankara à Tenkodogo quelques jours avant le 15 octobre, et tout avait été planifié pour cela.
D'ailleurs, Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean Baptiste Lingani y avaient devancé Sankara et lorsque ce dernier est arrivé, aucune autorité n'est allée l'accueillir. Même propos de la part de Valère Somé qui affirme que ce jour-là, lui il est revenu de Tenkodogo avec Alpha Condé, l'ancien président guinéen qui, lui aussi, affirme que Sankara a été exflitré car il risquait d’être assassiné.
Après une suspension d’une dizaine de jours, le procès Thomas Sankara a repris ce mardi 4 janvier 2022 au tribunal militaire, délocalisé à la salle des banquets de Ouaga 2000. Cette journée a été consacrée non seulement à la lecture des procès-verbaux des témoins absents mais aussi au passage à la barre des témoins cités par l'accusé Jean Pierre Palm. Cependant, le passage desdits témoins à la barre n'a pas permis d'obtenir d'informations nouvelles.
Biékoua Romain Ko, le dernier à avoir comparu, a dit entretenir des relations d'amitié avec Jean Pierre Palm. Il affirme qu'après les évènements du 15 octobre, qu’il a suivi de loin, le 16 il s’est rendu au domicile de Jean Pierre Palm, qu’il a conduit au Conseil et ensuite à la gendarmerie avant de le ramener chez lui. L'adjudant-chef major dit avoir pris cette initiative seul. Car son bureau étant face au domicile de Henri Zongo, il a vu ses gardes du corps qui lui ont fait savoir que leur chef était en réunion avec des officiers. C'est après cela qu'il est allé chercher Jean Pierre Palm qui était à son domicile. Il précise que c'est sur son insistance que Palm a accepté car au départ il n’était pas partant. Avant le passage des témoins, le tribunal a procédé à la lecture des procès-verbaux des dépositions des témoins absents, au nombre de 10. Ce sont : Paul Sawadogo, Rasmané Tiendrébéogo, Jean Romain Somé, Adama Zongo, Kaba Kambou, Ousmane Guiré, Adama Ouédraogo, Dioueté Kambou, Dramane Paré et Oumarou Koama.
Mais avant la lecture des procès-verbaux, dès le matin, le parquet est revenu sur une lettre envoyée par la partie civile demandant la comparution de témoins supplémentaires en plus de ceux de la liste des témoins de départ. Pour le parquet, on ne peut pas ajouter de témoins autres que ceux cités dans la liste, conformément à l'article 119 du Code de justice militaire. Même son de cloche du côté de la défense. Pour les avocats de la défense, la lettre adressée au parquet par la partie civile est nulle même dans sa forme, car la personne qui l’a signée dit collaborer avec le cabinet de Maître Sankara alors que ce cabinet n'existe pas. Pour eux, Maître Bénéwendé Stanislas Sankara n'est pas en fonction actuellement comme avocat ; par conséquent, une demande venant de son cabinet ne saurait être recevable. Pour ce qui concerne le fond de la lettre, les avocats de la défense demandent à se concerter davantage avant d'y répondre. Après le rejet de la demande de la partie civile, le tribunal a procédé à la lecture des procès-verbaux des témoins absents.
L'année 2021 s'achève au Burkina Faso avec ses douleurs consécutives aux innombrables deuils. C'est une année que les Burkinabè n'oublieront pas de si tôt au regard des bilans macabres enregistrés presque chaque semaine, surtout ces deux derniers mois. Mais malgré ces moments difficiles, les Burkinabè sont restés résilients. De grands rendez-vous internationaux ont ainsi pu être tenus avec succès au Faso. Radars Info Burkina revient sur certains événements qui ont particulièrement marqué les Burkinabè au cours de 2021.
Toujours dans le Sahe, le 18 août un convoi composé de civils, notamment des commerçants et des fonctionnaires, escorté par des VDP et gendarmes tombe dans une embuscade à Boukouma, sur l'axe Arbinda Gorgadji. 65 civils et 15 gendarmes sont tués. Mais les <<hommes sans foi ni loi>> comme on les appelle ne comptaient pas s'arrêter là. En effet, le 14 novembre le détachement de gendarmerie d'Inata fut la cible d'une attaque meurtrière d’une envergure que ce corps n'avait jamais connue. 57 tués dont 4 civls. Cette attaque suscite une indignation populaire sans précédent. Des manifestations sont organisées spontanément dans plusieurs villes du pays en soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS). A cette même période, un convoi militaire français en provenance de la Côte d’Ivoire et en partance pour le Mali est bloqué à Kaya durant plusieurs jours avant de pouvoir continuer sa progression après moult négociations. Pendant ce temps, la situation sécuritaire nationale empire dans le province du Lorum comme dans le Sourou par ailleurs. C'est ainsi que le 23 décembre un convoi de commerçants escorté par des VDP tombe dans une embuscade sur l'axe Ouahigouya-Titao. Le bilan macabre qui en résulte est lourd : 41 personnes tuées dont le célèbre VDP de Titao, Soumaïla Ganamé dit Ladji Yoro. Mais en réalité ce nombre n'est pas exhaustif. Car de Barsalogho à Tankoalou en passant par Madjoari, Toeni et Dablo, on compte des morts, sans oublier le nombre de déplacés internes qui se chiffre à plus de 1 million 400 000 personnes à travers le pays. Mais malgré ce tableau sombre, les Burkinabè sont restés résilients.
Plusieurs événements d'envergure internationale ont ainsi pu être tenus dans le pays avec succès et sans incident majeur. A ce propos, on peut citer le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Tour du Faso, la Nuit des Kundé, le Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP ) ainsi que les Nuits atypiques de Koudougou (NAK). Sans oublier le procès Thomas Sankara qui a débuté cette année, 34 ans après l'assassinat du père de la révolution burkinabè.
Comme tous les ans, mois de décembre rime avec festivités de Noël et du Nouvel An. Dans un contexte marqué par une crise à la fois sécuritaire et sanitaire au Burkina Faso, Radars Info Burkina a fait immersion ce 31 décembre dans quelques marchés à volaille pour recueillir les avis des commerçants et de leurs clients.
Au marché de Saaba, où Moussa Nikiéma aussi vend de la volaille, ce dernier est enthousiasme. Il assure que depuis hier, les clients affluent à la recherche de poulets, de pintades et autres gallinacés à acheter. D’après lui, les clients ne manquent pas, certes, mais on voit bien que le pouvoir d’achat des uns et des autres a beaucoup diminué. A l’en croire, même pour un poulet de 3000 F, certains clients négocient un rabais. Mais, optimiste, M. Nikiémal espère boucler la journée en faisant une bonne recette.
Si un communiqué de la mairie interdit la vente de volaille en dehors des marchés et yaars, dans la rue, les vendeurs de volaille ont foulé aux pieds cette mesure, prenant d’assaut les abords des grandes artères où ils ont dressé des tentes de circonstance pour écouler leur marchandise. Amidou (nom d’emprunt) est l’un de ceux-là. Dans un espace qu’il a loué, ce dernier vend ses gallinacés et espère qu’il les aura tous écoulés avant la tombée de la nuit. « Nous sommes là juste le temps d’une journée. Ces poulets viennent de ma ferme. Interdire la vente de volaille aux abords des voies se comprend, mais si le maire pouvait faire une dérogation à cette mesure juste le temps d’une journée, cela nous arrangerait vraiment », a-t-il souhaité.
Au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 28 décembre 2021, Inoussa (NDLR : Il s’agit d’un nom d’emprunt) a été condamné à 18 mois de prison et à une amende de 250 000 F CFA pour escroquerie. Opérateur de vidéosurveillance, ce jeune homme a plumé plus de trente personnes en faisant de faux recrutements pour le compte d'une société minière basée à Banfora, ce qui lui a rapporté environ 2 millions de francs CFA . C'est suite à la plainte d'une de ses victimes que la gendarmerie a mené des enquêtes qui ont permis de mettre au frais cet arnaqueur.
Il ajoute que souvent la société en question lance des recrutements. C'est alors que Jacques lui demande de lui faire signe si la société lance un avis de recrutement. Trois jours après, alors qu'il était en province, Jacques reçoit un appel d’Inoussa lui disant que la mine procède à des recrutements, en précisant même les postes concernés. Alors Jacques lui envoie son dossier pour le poste d'agent de sécurité. Par la suite Inoussa lui dit que les candidats à ce poste sont nombreux et que pour être sûr d'avoir l'emploi, Jacques devra payer 100 000 F. N'ayant pas la totalité de la somme et étant donné qu'il est un ami d’Inoussa, celui-ci lui envoie 75 000 F, puis 12 500 F pour la tenue et bien d'autres sommes que lui-même ne se rappelle plus. Mais Inoussa le fera tourner en rond, jusqu'à lui dire qu'en réalité il y a une digue dans la localité de Banfora qui a cédé, donc un véhicule ne peut pas passer. Jacques est resté dans l'attente jusqu'à ce qu'Inoussa l'appelle et lui donne une date de départ pour la mine en précisant qu'il y a un car qui va venir directement prendre ceux qui sont retenus. D’après Jacques, le jour du départ, à sa grande surprise, ils étaient nombreux à la gare STAF de Larlé et parmi eux il y avait une femme. Mais le car promis par Inoussa n'est jamais arrivé. C'est alors que Jacques a porté l'affaire à la gendarmerie. Mais Inoussa a toujours nié les faits en prétendant que c'est le nommé Traoré, qu'il dit n'avoir jamais vu, qui l'a trompé. À la question du président du tribunal de savoir s'il y a une digue qui a cédé, le prévenu répond par la négative. Selon le procureur, Inoussa veut leur faire croire qu'il est lui aussi une victime. Or les faits d'escroquerie sont constitués, car 33 personnes en ont été victimes et l’accusé a empoché environ 2 millions de francs CFA en plumant ces malheureux. En outre, il lui est rapproché de s’être attribué des qualités qu'il n'a pas. Par ailleurs le nommé Traoré dont il fait sans cesse cas n'existe pas. En définitive, le tribunal a condamné l’accusé Inoussa à 18 mois de prison et à une amende de 250 000 F pour escroquerie.
Tué le 23 décembre 2021 lors d'une embuscade tendue par des hommes armés à quelques encablures de Titao, Ladji Yoro, de son vrai nom Soumaïla Ganamé, a été inhumé le dimanche 26 décembre au secteur 11 de Ouahigouya. La mort de cette icône de la résistance citoyenne aux terroristes dans le Lorum a provoqué une onde de choc à l’échelle nationale ; en témoignent les différents hommages qui lui sont rendus. Sa disparition est un coup dur pour le reste de sa troupe et les FDS qui tentent de sécuriser cette partie du territoire. Radars Info Burkina s'est entretenu avec Drissa Traoré, analyste politique et journaliste à Canal 3, sur les défis que devront relever les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans le Lorum sans Yoro.
A son avis, les chefs des groupes armés vont profiter de la mort de Yoro pour ragaillardir leurs combattants. « Il faut le rappeler, l’attaque a coûté la vie à une quarantaine de personnes, VDP comme civils, selon le communiqué officiel sans autre précision. On ne sait donc pas exactement le nombre de VDP tombés avec leur chef. Cela dit, perdre une figure de la résistance comme Ladji Yoro amène à reconsidérer un certain nombre de choses du point de vue dispositif. Il appartient pour l’heure à la hiérarchie militaire de remonter le moral des VDP qui sont les supplétifs de l’armée », a ajouté le journaliste.
D’après ce dernier, il faut revoir la manière de solliciter les VDP afin qu'ils soient plus efficaces. Car laisser des supplétifs civils de l’armée comme les VDP en première ligne des escortes dans ces zones rouges alors qu’ils sont moins armés et moins entraînés que les soldats, ça pose problème. « Certainement que les stratèges de cette guerre, bien qu’elle soit asymétrique, ont une explication à cela. Mais sans pointer du doigt qui que soit, j’estime qu’un des principaux défis, c’est de revoir la manière d’impliquer les VDP, qui ne sont pas aussi aguerris que nos soldats dans cette lutte contre le terrorisme », a-t-il conclu.
Le président du tribunal militaire, Urbain Méda, a accédé à la requête du parquet à la reprise de l’audience du procès de ce jeudi, conformément à l’article 119 du Code de justice militaire, en autorisant la lecture de la déposition des témoins qui ne se sont pas présentés pour cause de maladie. Pour les témoins absents mais dont on ignore la cause de l’absence, ils seront entendus lorsqu’ils seront retrouvés. Les dépositions de plus de dix témoins absents ont été lues par le greffier en chef.
Une autre déposition lue fut celle de l’adjudant-chef major à la retraite Karim Dagano, en service sur la table d’écoute de la gendarmerie nationale. Il a déclaré également avoir écouté une conversation téléphonique entre l’étudiant Jonas Somé et Blaise Compaoré. Le premier aurait dit au second qu’il fallait passer à l’acte.
Suite des témoignages dans le procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons tués le soir du 15 octobre 1987. Des témoins mettent à l'index, une fois de plus, la chefferie traditionnelle concernant le rôle qu’elle aurait joué dans le coup d’Etat et pointent du doigt la dotation en munitions de la garde rapprochée de Sankara.
Le témoin a également évoqué l’affaire des 10 millions offerts comme cadeau par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny à l’occasion du mariage de Blaise Compaoré. « Vu la période révolutionnaire de l’époque, avec autant de sacrifices, je trouve que ce don était porteur de germes de corruption et d’achat de consciences », a-t-il déclaré.
Il ajoute : « Depuis environ trois mois, la garde rapprochée de Thomas Sankara était en manque de munitions et on ne s’entraînait plus à cause de ce manque. On a adressé une demande à Gilbert Diendéré, mais elle est restée sans suite jusqu'aux évènements. » Rappelé pour une confrontation, Gilbert Diendéré nie en bloc avoir reçu une quelconque demande de l'aide de camp en question. En plus, soutient-il, l'approvisionnement se faisait par des bons qu'il signait. «Je ne badinais pas quand il s'agissait de l'armement de la garde rapprochée. La garde présidentielle avait la priorité dans l'armement. Et d'ailleurs un témoin a affirmé qu'après les tirs, ils se sont servis de grenade dans leur magasin à la présidence », a affirmé le général Gilbert Diendéré. Sur ce point, Me Prosper Farama a fait remarquer au général que les grenades ne font pas partie des munitions et que la question posée ici portait sur les munitions, lesquelles n’étaient pas suffisantes pour opposer une quelconque résistance.










