Paix au Burkina : Rendre légale l’existence de la chefferie coutumière pour lui permettre de s’impliquer pleinement
Le Burkina Faso vit des moments difficiles consécutifs à l’insécurité. L’implication de toutes les communautés s’impose, surtout celle traditionnelle parce qu’elle exerce encore une grande influence sur les populations. Mais pour maître Frédéric Titinga Pacéré, cette chefferie ne peut contribuer à ramener la paix que si elle est reconnue légalement. En effet, en 1983 le gouvernement de l’époque a mis fin à l’existence légale de la chefferie coutumière. Il faut donc, selon l’avocat à la retraite, rétablir cette légitimité en lui donnant une fonction qui « n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».
« La chefferie coutumière peut être d’un apport très important à la paix au Burkina Faso, à condition qu’on sache exploiter ses potentialités et qu’on la reconnaisse légalement », a affirmé d’entrée de jeu Me Frédéric Titinga Pacéré.
Pour lui, l’histoire montre que la chefferie coutumière était très bien organisée de sorte qu’aucun ennemi ne pouvait toucher aux royaumes. Il y a des principes de la coutume qu’on aurait dû préserver, comme son organisation militaire. Il est donc possible aujourd’hui de s’inspirer de ces techniques pour traquer l’ennemi, précise-t-il.
« J’ai appris la rencontre des responsables coutumiers du Burkina Faso qui ont lancé un appel à la paix et au vivre-ensemble, ce qui est important et s’imposait. Seulement, la chefferie coutumière a peur de son institution parce qu’elle n’existe pas. En 1983, une loi qui supprime la chefferie coutumière a été prise », a-t-il expliqué.
Cette loi qui prouve l’existence légale de la chefferie coutumière étant inexistante, les chefs coutumiers hésitent à prendre des décisions quand une situation se pose. « On a créé un ministère des Affaires religieuses et coutumières, mais vis-à-vis de la chefferie c’est une coquille vide », fait-il remarquer.
Maître Pacéré ajoute que si les chefs coutumiers doivent participer activement, « il faut légaliser l’existence de la chefferie coutumière en lui donnant une fonction qui n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».
Il a précisé que la chefferie coutumière a un pouvoir moral mais manque de pouvoir de coercition. Pour cela, il faut régler le problème de cette chefferie sous l’angle de son existence en soumettant des textes à l’Assemblée législative de transition pour adoption et ne lui donner que le pouvoir de contribution à la paix.
« Il lui faut une existence minimale et légale ; cela est possible et rapidement. Dans ce cas, les chefs coutumiers deviennent un appui à la société moderne. Ainsi, ils auront le plein pouvoir d’installer un chef des étrangers dans chaque quartier ou village », poursuit l’avocat à la retraite.
Maître Frédéric Titinga Pacéré a appelé les chefs coutumiers à travailler à soigner leur image. Il est inconcevable, a-t-il dit, que des chefs coutumiers prennent part à des meetings politiques. « S’ils y tiennent, qu’ils y participent sans leur bonnet, qui représente toute une communauté », a-t-il conclu.
Nafisiatou Vébama
Ce jeudi 7 juillet 2022, il y avait une forte mobilisation du côté de l’aéroport international de Ouagadougou pour accueillir l’ancien président Blaise Compaoré dont la venue avait été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 6 juillet 2022. Sur place, Radars Info Burkina a recueilli les avis de citoyens sur cette venue.
Sur la question du verdict de la justice, Nana pense que la justice a déjà fait son travail en condamnant l’ancien président à perpétuité. Cependant, il espère qu’une grâce présidentielle pourra être accordée par le président Damiba, en tant que premier magistrat du Burkina Faso, à l’ancien président Blaise Compaoré.
Adama Bonkoungou, membre du Mouvement des jeunes pour un peuple uni (MJPU), pense que la venue de Compaoré va apporter un grand changement au regard de son expérience dans la gestion du pays. Pour lui, l’on doit surpasser les questions judiciaires pour sauver le pays d’abord car «c’est parce que le pays existe qu’on peut parler de justice. Pour le moment le pays est menacé, donc il faut chercher à le stabiliser avant de parler de justice», a-t-il conclu.
Le chef de l’Etat actuel du Burkina Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, tiendra une rencontre avec les ex-présidents du Burkina encore en vie. Certains anciens présidents ont des comptes à rendre à la justice. Blaise Compaoré a été condamné par contumace à la prison à vie par la justice lors du procès Thomas Sankara. Pour Roland Bayala, porte-parole de la COPA/BF, la réconciliation nationale doit être primordiale. Après cela, la justice pourrait appliquer sa sentence.
La consommation d’alcool est un phénomène récurrent chez certaines femmes enceintes. Cependant, est-elle autorisée par la médecine ? Quels sont les motifs de cette consommation ? Quelle quantité d’alcool une femme peut-elle boire sans risque ? Quels peuvent être les risques de cette consommation pour la mère et son enfant ? Radars Info Burkina s’est entretenu sur ces questions avec Solange Gouba, sage-femme et responsable de la Santé maternelle et infantile (SMI) au centre médical urbain de Ouagadougou.
« La consommation d’alcool chez une femme enceinte est contre-indiquée par la médecine », affirme Mme Gouba. Toute consommation d’alcool pendant la grossesse est susceptible de présenter un risque. Et d’ajouter : « Lorsqu’une femme enceinte consomme une boisson alcoolique, l’alcool passe du sang maternel vers le sang du fœtus au travers du placenta.»
La consommation d’alcool nuit au développement du cerveau de l’enfant. Elle peut entraîner un retard de croissance et des atteintes du système nerveux central. A la longue, ces atteintes cérébrales entraînent un retard intellectuel, notamment des troubles de l’apprentissage, de la mémorisation, de l’attention et bien d’autres. De plus, des troubles du comportement peuvent en découler au fur et à mesure de la croissance et du développement psychomoteur de l’enfant. En plus, des malformations peuvent survenir, surtout si la consommation est faite au premier trimestre de la grossesse. Par ailleurs, il peut occasionner des tachycardies fœtales chez l’enfant, c’est-à-dire un rythme cardiaque accéléré chez le fœtus. Cela peut aboutir à un accouchement de mort-né.

Il estime qu’il faut empêcher l’approvisionnement des terroristes en armes avant d’interdire la vente des motos. «D’où proviennent les armes des terroristes ? Au lieu de nous dire d’arrêter de vendre ces motos, il faut plutôt couper le circuit d’approvisionnement des terroristes en armes. Les terroristes n’ont pas forcément besoin de moto pour aller tuer parce qu’une moto ne peut pas tuer quelqu’un.»
« L’armée nationale monte en puissance », clament les autorités politiques et militaires de la transition au Burkina Faso. Cette assurance des autorités contraste avec les réalités sur le terrain. Pire, la menace terroriste se déporte vers des localités jusque-là épargnées.
Dans une vidéo publiée le 22 juin 2022, Nathalie Yamb, encore appelée la Dame de Sochi, pense que le Burkina est le verrou clé pour la France pour le trafic de tout genre et pour la mainmise sur le Sahel. « Si la France perd le Burkina, c’en est terminé de la protection des terroristes trafiquants qu’elle installe et du pillage de nos ressources », a-t-elle déclaré dans ladite vidéo, dans laquelle l’experte des questions africaines a fait d’importantes révélations.
Elle explique que le dispositif militaire français est constitué de trois parties. Le 4e BIMA à Abidjan, l’opération SABRE au Burkina Faso et les points avancés au Mali et au Niger avec Barkhane et Takuba. SABRE au Burkina est essentielle au fonctionnement de ce dispositif. « Si le Burkina en vient à être dirigé par quelqu'un qui décide de faire appel à d'autres alliés et de se passer de la soldatesque française, c'en est terminé de l'occupation militaire hexagonale au Sahel et donc de la protection des terroristes trafiquants qu'elle installe et du pillage de nos ressources qu'elle opère », soutient-elle. Ayant donc perdu la mainmise sur Mali, il fallait devancer les choses pour éviter que le Burkina soit dans la même situation. « La France a donc décidé de prendre les devants en évitant qu'un coup d'État aussi incontrôlé place à la tête du pays des gens aussi incontrôlables qu’Assimi Goïta, Sadio Camara, Abdoulaye Maïga, etc. Paul Henry Sandaogo Damiba est le pion que la France a mis au pouvoir au Burkina Faso pour sauvegarder le trafic en tout genre, drogue, armes, or, carburant, etc. Et pour restaurer la mainmise française sur les pays de la zone en remplacement de l'allié peu fiable parce que faible qu'était devenu Kaboré », a-t-elle affirmé.
Elle dit donc plaindre les populations burkinabè qui sont, selon elle, prises en tenaille par des réseaux situés en Côte d'Ivoire, au Niger, en Europe et en Amérique Latine qui utilisent le terrorisme pour s'adonner en toute quiétude à des activités de trafic qui enrichissent certains cercles dans le monde. « Je vous avoue que c'est un peu triste d'avoir si souvent raison trop tôt sans être véritablement écouté », a-t-elle déploré. Mais, conclut-elle, « je continuerai inlassablement à ouvrir vos yeux et à éveiller vos esprits au péril de ma vie. Petit à petit on avance et l'armée de ceux et celles qui voient clair et comprennent dorénavant le fonctionnement du monde et les enjeux pour l'Afrique s'agrandit ».
Réunis à Ouagadougou le mercredi 29 juin 2022, les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels du Burkina Faso ont adressé un message aux fils et aux filles de la Nation. Ils ont, à cette occasion, appelé l'ensemble des Burkinabè à l'union sacrée pour protéger la patrie afin de céder une patrie avec honneur et dignité aux générations futures.
En tant que dépositaires et garants des pouvoirs coutumiers et traditionnels et acteurs de l'histoire du pays, les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels ont condamné toute atteinte à la vie, à l'intégrité physique, morale et psychique de toute personne ainsi que les propos haineux et d'incitation à l'intolérance et à la violence. « Nous interpellons les autorités du pays à concentrer toutes leurs énergies sur la lutte contre le terrorisme et le recouvrement de l'intégralité du territoire. Les acteurs politiques, administratifs, religieux et coutumiers, à utiliser leur leadership pour contribuer à apaiser les tensions et à réconcilier les Burkinabè. Les Burkinabè qui ont pris les armes à revenir à la raison et à la “maison“. Et le peuple Burkinabè à manifester sa compassion et sa solidarité à l'ensemble des personnes vulnérables du fait de la crise», ont-ils poursuivi.
Face à cette préoccupante situation, l’Etat et ses partenaires ont élaboré un plan, dont le coût s’élève à 237 milliards 780 millions de F CFA, pour venir en aide aux populations vulnérables, selon Victor Bonogo. Une task force mise en place à cet effet a permis de mobiliser environ 164 milliards de F CFA, grâce à l’appui des partenaires, à en croire le représentant de la FAO, Abdoul Nasser Ibrahim. Le président du CT-CNSA a par ailleurs indiqué que les points de vente de céréales de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) ont également été réactivés depuis le 8 avril 2022. « Au total, 100 000 tonnes de céréales y sont vendues à prix réduit, soit 6 000 F CFA le sac de 50 kg, dans environ 400 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire national », a-t-il précisé. Plusieurs autres actions ont également été engagées ou sont en cours, selon lui. Ainsi, 5 000 tonnes de semences améliorées et environ 30 000 tonnes d’engrais seront fournies aux producteurs. Un appui en semences fourragères sera aussi apporté pour la production du fourrage. La Centrale d’approvisionnement en intrants et matériel agricoles (CAIMA) s’emploie également à mettre à la disposition des acteurs 73 000 tonnes d’engrais. En matière de production animale, 8 000 tonnes d’aliment pour bétail et 2 400 tonnes d’aliments pour volaille seront mises à la disposition des producteurs. Environ 10 250 vaches seront inséminées et 2 000 biodigesteurs réalisés. Il est aussi prévu la construction de 73 parcs de vaccination et de 74 forages pastoraux.










