Protection des données : 93 personnes interpellées par la BCLCC dont 55 déférées devant les tribunaux en 2023
De plus en plus, l’on assiste à une montée en puissance des cybercriminels au Burkina Faso. Face à cette situation, protéger ses données s’avère plus que nécessaire. Mais quelles précautions faut-il prendre pour protéger ses données ? Radars Info Burkina s’est entretenu, à cet effet, avec le lieutenant de police Julien Legma, chargé de la collaboration policière à la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC). Interview
Radars Info Burkina : À quoi renvoie la protection des données, précisément des données personnelles ?
Lieutenant Julien Legma : Pour parler de protection des données, il faut définir la donnée. Selon la loi 001 de 2021 portant protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel qui est portée par la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), la donnée personnelle peut se définir comme toute information relative à une personne physique identifiée ou identifiable, que ce soit indirectement, notamment par référence à un numéro d’identification, à un ou plusieurs éléments propres de son identité physique, physiologique, génétique, psychique, culturelle, sociale ou économique. Par exemple, nous avons, entre autres, un numéro d’immatriculation de véhicule, un numéro de téléphone ou une photo.
La protection des données à caractère personnel s’entend comme le mécanisme à mettre en place pour protéger les données à caractère personnel. Cela se fait à plusieurs niveaux. D’abord, il s’agit de faire ce que l’on peut pour protéger les données dont on a la pleine maîtrise.
Ensuite, il y a les données dont on n’a pas la pleine gestion. C’est, par exemple, les données qui sont collectées par des structures comme les opérateurs de téléphonie mobile.
Radars Info Burkina : En matière de protection de données à caractère personnel, quels sont les cas les plus décelés par la BCLCC ?
Lieutenant Julien Legma :La mission de la BCLCC est de lutter contre la cybercriminalité. Cela fait référence aux enjeux liés à la protection des données personnelles car certaines infractions de cybercriminalité impliquent, par exemple, la violation des données à caractère personnel. Les cas généralement rencontrés par la BCLCC qui impliquent la violation des données personnelles sont, entre autres, le chantage à la webcam, les questions de piratage de comptes (Facebook, Gmail, Instagram…), l’atteinte à une personne, à son honneur, à la considération ou à la vie privée. Parmi ces cas, le chantage à la webcam (vidéo) vient en tête.
Radars Info Burkina : En général, quels sont les modes opératoires des cybercriminels ?
Lieutenant Julien Legma : Les modes opératoires sont assez variés en fonction du cyberdélinquant, de la victime ou du cas de l’infraction. Pour ce qui est du cas de chantage à la webcam, quand deux personnes se rencontrent sur Internet, il y a une forme d’amitié qui naît. Le cyberdélinquant travaille à amener la victime sur son terrain qui est d’obtenir ses données intimes. Il procède par un appel vidéo. Si la victime décroche, elle verra quelqu'un qui est nu et ce dernier l’invitera à montrer également votre nudité. Si elle se prête au jeu, le cyberdélinquant va enregistrer ce contenu qu’il utilise plus tard pour lui faire chanter.
En outre, il y a des cas qui sont en vérité des cas de relation amoureuse non aboutie liés aux frustrations. Au moment où les deux partenaires se fréquentent, il arrive qu’ils enregistrent des ébats sexuels. Lorsqu’une partie n’est plus satisfaite de la relation et souhaite y mettre fin, souvent l’autre partie use de ces contenus pour faire chanter l’autre partenaire afin qu’il revienne dans la relation.
Il y a des cas aussi qui sont faits à dessein où pendant des ébats sexuels dans un lieu privé, le contenu est filmé à l’insu d’un des partenaires. Ce contenu est utilisé plus tard comme moyen de pression pour abuser de l’autre ou lui extorquer de l’argent.
Cette situation, malheureusement, peut s’expliquer par plusieurs facteurs comme le manque d’éducation à l’utilisation responsable des TIC. C’est pourquoi la BCLCC travaille dans ce sens en sensibilisant à la réduction de ces types de cas.
Concernant le cas de piratage de compte, généralement, on prend déjà le contrôle du compte d’une personne qu’on utilise pour écrire à l’ensemble de ses amis pour les pousser à l’action. A titre illustratif, vous pouvez recevoir un message d’une connaissance qui vous demande si c’est vous qui avez publié vos photos intimes sur les réseaux sociaux. A ce moment, vous ignorez que le compte de la personne a été piraté. La personne vous envoie un lien et vous invite à cliquer dessus pour les supprimer. Quand vous cliquez sur ledit lien, une fenêtre va apparaître en vous demandant de vous connecter de nouveau. Si vous suivez ces instructions, vous vous ferez pirater, car il aura les accès de votre compte.
En outre, ça peut être des cas où des gens vont sur des sites compromis pour par exemple pour suivre des films pour adultes. Souvent, vous pouvez vous faire piéger et perdre les accès de vos comptes sur ces sites. Il y a des cas où on vous demande de cliquer sur un lien pour avoir des datas gratuits par exemple sur Telecel, Orange ou Telmob. Si vous cliquez dessus, vous ferez souvent l’objet de piratage. On enregistre souvent des cas de loterie où on vous dit de suivre un lien pour répondre à un formulaire afin de gagner un téléphone Iphone ou un ordinateur. Si vous suivez ces instructions, vous allez compromettre vos données personnelles.
Pour le cas des atteintes liées à des personnes et en leur honneur, on peut télécharger votre photo sur Internet pour publier en écrivant, par exemple, qu’il y a plan « bizi » (prostitution en ligne) dans tel quartier. C’est comme si on informe que vous faites de la prostitution et que vous êtes disponible dans ce quartier. On met un numéro pour contacter en cas de besoin. En réalité, quand un intéressé contact le numéro, on demande une commission pour une mise en relation avec la personne. Malheureusement la personne qui se trouve sur la photo n’est au courant de rien. Donc cela porte atteinte à votre honneur.
Il y a également des cas de diffamation où des photos ou des données permettant d’identifier clairement des personnes sont utilisées sur Internet tenant des propos diffamatoires. Aussi, nous rencontrons des cas où des personnes, suites à des achats non abouties, prennent la photo de leur créancier pour mettre sur internet et réclamer leur dû tout en oubliant de se référer aux services compétents pour se faire valoir leurs droits. Dans ce type de cas, lorsque la personne dépose plainte, vous allez répondre à des questions relatives à cette infraction.
Il y a d’autres cas où vous pouvez souscrire à des services auprès des structures et ces dernières font l’objet de piratage.
Radars Info Burkina : À combien peut-on estimer le nombre de victimes en 2023 ?
Lieutenant Julien Legma : Durant l’année 2023, la BCLCC a enregistré spécifiquement 3678 plaintes. Plusieurs cas sont énumérés mais pour les cas liés à la protection des données personnelles, le chantage à la webcam représente 630 cas, les accès illégaux dont les questions de piratage de comptes représentent 485 cas et les atteintes à la personne, à l’honneur et à la vie privée comptent 183 cas. On enregistre un dernier cas qui fait aussi assez de victime : l’usurpation d’identité numérique qui représente 145 cas. On peut utiliser vos photos en se faisant passer par vous.
Radars Info Burkina : Combien de cybercriminels ont pu être arrêtés en 2023 et quelle est la tranche d'âge de ces derniers ?
Lieutenant Julien Legma : En 2023, nous avons interpellé près de 93 personnes dont 55 ont été déférées devant les tribunaux pour répondre de leurs actes. La tranche d’âge de ces personnes est assez variée. Selon nos statistiques, elles sont âgées de 15 à 60 ans.
Radars Info Burkina : Peut-on affirmer qu'il y a une avancée en matière de lutte contre la cybercriminalité au Burkina ?
Lieutenant Julien Legma : Oui, on peut affirmer qu’il y a une avancée en matière de la lutte contre la cybercriminalité parce que le cadre juridique et institutionnel a beaucoup évolué. Depuis 2020 la BCLCC a été mise en place pour répondre à ce défi. Le Code pénal a été révisé en 2018, puis en 2019 pour prendre en compte les questions actuelles liées aux infractions numériques et des lois spécifiques comme celle sur la protection des données personnelles ont été révisées en 2021 pour intégrer de nouveaux cas rencontrés actuellement et renforcer le dispositif juridique. Cependant, il faut reconnaître que c’est un phénomène mondial qui évolue au même titre que l’évolution rapide de la technologie. Il y a de plus en plus d’actions de sensibilisation et de répression sur le terrain pour lutter contre ce phénomène. Il y a encore des défis à relever mais nous pouvons dire que le gouvernement a fait beaucoup d’efforts, que ce soit au niveau de l’arsenal juridique ou institutionnel en matière de lutte contre la cybercriminalité et la protection des données avec une institution qui est pleinement mise en place, à savoir la CIL.
Radars Info Burkina : En se basant sur les statistiques de 2022 et de 2023, y a-t-il une baisse du nombre de plaintes et de cybercriminels ?
Lieutenant Julien Legma : On observe une tendance à la hausse par rapport aux infractions. Mais, il faut noter que par rapport aux années, il y a assez de cas non déclarés qui dépassent le nombre de cas déclarés. Beaucoup n’ont toujours pas connaissance de l’existence de la BCLCC qui est habileté à les accompagner pour ces questions. C’est pour cela qu’on constate une augmentation des plaintes d’une année à l’autre depuis la création de la BCLCC en 2020. Globalement, le nombre d’interpellation a augmenté ainsi que le préjudice qui est à l’ordre de 1 milliard en moyenne chaque année. En 2023, il est de 1,7 milliards de FCFA. Il faut noter que le nombre de cas ne fait pas le préjudice. On peut avoir une seule infraction qui fait plus de 100 millions de FCFA et avoir 500 infractions qui ne valent pas 10 millions de FCFA.
Radars Info Burkina : Quelles précautions faut-il prendre pour protéger ses données ?
Lieutenant Julien Legma : En termes de protection, il y a plusieurs aspects. Quand on est sur les réseaux sociaux, il faut éviter les amitiés avec des personnes que vous ne connaissez pas vraiment. C’est souvent suite à l’acceptation des amitiés de ces inconnus que vous pouvez être victime de chantage à la webcam. Il faut éviter de cliquer sur les liens douteux, car c’est à travers ces liens qu’on peut vous piratez. Il faut éviter de suivre les instructions d’une personne qui vous écrive en privé sur Facebook car si c’est une connaissance, la personne essayera de vous appeler.
Avant de cliquer sur un lien envoyé par une connaissance, il est toujours souhaitable d’appeler la personne pour vérifier si elle a le plein contrôle de son compte avant de procéder à l’action. Aussi, il faut éviter de faire le règlement de compte sur internet car vous vous exposez à des sanctions pénales. Nous recommandons fortement d'éviter de mettre toute sa vie privée sur les réseaux sociaux. Cela contribue à exposer vos données personnelles sur Internet. Éviter aussi de partager vos données intimes avec des personnes, qu'elles soient inconnues ou connues. Même avec votre partenaire, nous recommandons vivement d’éviter de partager ces contenus. Nous vous recommandons d’être numériquement citoyen en donnant l’exemple et en contribuant à la cohésion sociale en partagent des contenus y afférents et en accompagnant également les structures qui sont chargées de la lutte contre la cybercriminalité ainsi que la protection des données personnelles dans la mission, en signalant ces types de contenus sur Internet pour leur permettre d’agir. Par ailleurs, il faut savoir que l’internet n'est pas un domaine de non-droit.
Propos recueillis par Flora Sanou
Les élèves du lycée Nelson-Mandela de Ouagadougou ont été honorés, le vendredi 26 janvier 2024, par certains de leurs aînés de la promotion 95-99. Ces anciens « Nelsoniens », à travers un projet dénommé « light » (la lumière en français), ont en effet offert 9 lampadaires solaires à ce temple du savoir. Comme le souligne Nelson Mandela, dont ce lycée de la capitale porte justement le nom, "l'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde". L’initiative des bienfaiteurs du jour, inspirée de cette conviction de Madiba, vise à électrifier les tableaux d'études disséminés dans la cour de l’établissement d’enseignement secondaire en vue de permettre aux apprenants actuels, qui constituent la relève, d’étudier dans de meilleures conditions et de mieux se former.
De son côté, le porte-parole de la promotion 95-99, Ibrahima Coulibaly, a confié que cette idée est partie du constat que les élèves du lycée Nelson-Mandela n’avaient pas de lumière dans la cour pour étudier. Or, « c’est un établissement qui nous a donné beaucoup d’enseignements, de culture. Donc, nous lui sommes beaucoup redevables. C’est pourquoi nous avons apporté la lumière pour permettre à nos enfants de bien étudier », a-t-il affirmé.

Le président de la Transition, chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, a lancé ce mardi 23 janvier 2024 les activités de la toute première usine burkinabè de traitement de résidus miniers, Golden Hand SA, dans la zone industrielle de Kossodo à Ouagadougou.
Le chef de l’Etat a en outre invité les pays voisins d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale à « laisser migrer vers le Burkina Faso leurs résidus miniers parce que nous avons la technologie sur place pour le faire ».
Selon Joachim Marie Emmanuel Tapsoba, directeur général et promoteur de Golden Hand SA, la société a été immatriculée au registre du commerce et du crédit mobilier en mars 2022 ainsi que son agrément de traitement des résidus miniers au Burkina, le 13 septembre 2023. Elle « entend apporter non seulement sa modeste contribution à l’épineuse question du chômage des jeunes, mais aussi et surtout, à impacter de façon significative l’économie nationale », a-t-il affirmé.
Ainsi, il a invité les autres sociétés minières à emboîter le pas aux premières ci-dessus citées pour une meilleure valorisation de leurs résidus.
Certaines opinions estiment que c'est une décision tardive de la part de Méta, en l’occurrence le groupe de défense des enfants en ligne Fairplay. Sur ce volet, Sieur Guel pense qu’il vaut mieux tard que jamais.
C’est une règle qui permettra d’assainir la plateforme et de réduire les dommages causés aux utilisateurs, notamment la production et la prolifération de tout ce qui est contenu nuisible comme les appels au suicide et autres, selon lui. Et parler de moins de dégâts signifie qu'il n’y a pas de risque zéro. C’est pourquoi il estime que la présente décision de Méta aura des résultats très limités.
Ainsi, à la question de savoir s’il y a une quantité journalière précise de sucre ajouté à consommer par les enfants en général et en particulier ceux de 6 à 12 ans, Sylvain Ouédraogo, nutritionniste, répond que de façon générale, la consommation de sucre est à limiter. « Selon les recommandations alimentaires, on ne doit pas consommer plus de deux portions de sucre et de produits sucrés par jour. La consommation maximale de sucre recommandée par jour et par tranche d'âge est la suivante : de 4 à 6 ans : 19 grammes (5 cuillerées à café) ; de 7 à 10 ans : 24 grammes (6 cuillerées à café) ; à partir de 11 ans : 30 grammes (7 cuillerées à café). Quand on parle de sucre et de produits sucrés, au-delà du saccharose que l’on utilise à l’état brut dans les bouillies et les cafés, entre autres, il y a les boissons sodas, les jus de fruits, les confiseries, les biscuits, le lait concentré sucré, etc., qui sont des produits sucrés. De ce fait, il faut réduire à la plus petite quantité possible la consommation de sucre et de produits sucrés », a-t-il conseillé.
Dioulasso) les deux équipes vont scorer, certes, mais avec une large victoire de la Côte d'Ivoire. Les Éléphants sont l’une des équipes favorites de cette CAN, a-t-il martelé, convaincu.
Pour la Guinée-Bissau, jouer le match d'ouverture n'est pas simple face à des milliers de supporters ivoiriens.
Fousséni Diallo, responsable de la chaîne sportive en ligne sport Sahel BF pronostique 2-0 en faveur des Éléphants parce que la CAN se joue en terre ivoirienne et cela constitue une motivation pour eux.
En outre, en dépit du resserrement de sa politique monétaire, la BCEAO a apporté son soutien aux banques en maintenant son refinancement en leur faveur à des niveaux élevés. A cet effet, elle a accordé aux établissements de crédit du Burkina 1507,4 milliards en fin décembre 2023, soit 17,9% de l'ensemble des refinancements accordés aux banques de l'Union et le volume de refinancement le plus important après celui consenti à la Côte d'Ivoire.
"L'essentiel de ces couvertures a concerné l'énergie pour l'équivalent de 678,1 milliards au titre des importations d'hydrocarbures et 66,8 milliards au titre de l'électricité, les achats de céréales pour 322,2 milliards (riz et blé), 439,2 milliards pour les autres produits alimentaires, 267,3 milliards pour les équipements et 339,2 milliards pour les dividendes", a indiqué le Directeur national de la BCEAO, Armand Badiel.
Au Conseil des ministres du vendredi 5 janvier 2024, le gouvernement burkinabè a décidé, entre autres, du prélèvement obligatoire de 1% sur le salaire net des travailleurs du public et du privé, pour alimenter le fonds de soutien patriotique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, qui secoue le pays depuis huit ans. Sur la question, Radars Info Burkina a tendu son micro à certains travailleurs.

Selon le panéliste, de 1960 à nos jours, lors des grands tournants historiques de notre pays, le mouvement démocratique révolutionnaire (mouvement syndical) en général a toujours été présent. « Les grandes histoires, que ce soit le 3 janvier 1966, les 17 et 18 décembre 1975 et l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, entre autres, ces victoires ont eu lieu avec le mouvement syndical », a-t-il fait savoir.
Toutefois, pour lui, « le mouvement syndical doit toujours reconnaître qu’il a des limites, surtout quand il s’agit des débats politiques. Mais se prononcer sur la vie politique, les questions politiques sur l’évolution du pays, c’est une nécessité et il doit continuer à le faire vaille que vaille ».
La porte de 2023 s'est refermée pour laisser place à 2024. L'heure est aux présentations de vœux pour cette nouvelle année. Radars Info Burkina a recueilli quelques souhaits de Burkinabè.
Selon Ophélie Rouamba, étudiante en droit, "tout Burkinabè patriote ne devrait avoir comme vœu, en cette période de crise sécuritaire, que le retour de la paix".










