Université Thomas-Sankara : Un buste en hommage au père de la révolution burkinabè
À l'occasion de la cérémonie officielle de rentrée académique des universités publiques du Burkina Faso le vendredi 15 octobre 2021, un buste de Thomas Sankara a été érigé à l'entrée de l'université qui porte son nom. C’était en présence de Mariam Sankara, veuve du capitaine et marraine de la cérémonie.
« La famille de Thomas Sankara se joint à moi pour remercier l’université pour le buste qui vient d’être érigé en l’honneur du président Thomas Sankara. Nous félicitons les auteurs de cette belle œuvre architecturale que nous allons soigneusement garder pour la postérité. Cette œuvre placée à l’entrée de l’université est un travail de souvenir et de mémoire pour des générations d’enseignants et d’étudiants actuels et futurs. Mon rêve est que cette statue nous rappelle au quotidien le souvenir de la révolution menée dans notre pays par Thomas Sankara et ses camarades entre 1983 et 1987. Ce sera l’image d’un leader qui a aimé son pays et qui s’est dévoué à la transformation de son pays. Une transformation qui a été brutalement interrompue par les ennemis du Burkina. Cette statue est le souvenir d’un homme et d’une révolution au cours de laquelle notre pays a été rebaptisé Burkina Faso, pays des hommes intègres. C’est-à-dire un pays où le projet est centré sur l’homme.
Ce projet consistait à transformer l’homme afin qu’il soit armé de savoir et de valeur éthique, d’une part, et d’autre part il consistait à transformer individuellement et collectivement le Burkina à partir de ses hommes de valeur intègres et bien formés. En inaugurant cette statue dans l’université qui porte son nom, nous devrons avoir en tête cette double exigence : produire et accumuler les connaissances en vue de transformer l’homme et contribuer à construire durablement et harmonieusement notre pays. Ses idées seront pérennisées, je l’espère, dans la conscience des jeunes qui feront le Burkina de demain. La patrie ou la mort nous vaincrons ! » Telle est la teneur de l’allocution prononcée par la veuve Sankara à cette cérémonie.
Le buste est une forme moulée de la représentation de la partie supérieure, composée de la tête ainsi que de la poitrine et des épaules de l’image du capitaine Thomas Sankara. Il est supporté par un piédestal de 1,80m de haut. Le matériau qui a servi à sa confection est un alliage de verre, de polyester et de poudre de métal. Il a une rigidité spécifique élevée qui lui permet de résister à la corrosion, aux agressions chimiques, ainsi qu’une haute résistance aux rayons ultra-violets et à l’usure. Ce buste trône à l’université Thomas-Sankara pour rappeler à toute personne qui franchit le seuil de ce temple du savoir un certain nombre de valeurs cardinales que le père de la révolution d’août 1983 a incarnées et défendues. Ces valeurs ont pour noms l’intégrité, le patriotisme, la qualité, l’innovation, l’éthique, l’esprit d’équipe, le leadership, la probité, le sens de la responsabilité, le respect de l’environnement, la résilience.
Un baobab a été mis en terre à côté du buste pour montrer l’attachement du défunt capitaine Thomas Sankara à la préservation de l’environnement.
Sié Mathias Kam
Dans le cadre de la commémoration du 34e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, les avocats nationaux et internationaux de la famille Sankara ainsi que Mariam Sankara, épouse du défunt père de la révolution, étaient face à la presse le vendredi 15 octobre 2021 à l'université Thomas-Sankara de Ouagadougou. Les avocats se sont, on peut le dire, « lâchés » à cette occasion.
Dépités que le procès ne soit pas archivé en audio ou vidéo, les avocats de la partie civile disent ne pas comprendre cette décision du juge. « Nous n’avons pas demandé la retransmission en direct du procès. Nous avons soumis au tribunal notre requête en nous fondant sur les dispositions légales du Code de procédure pénale et du Code de justice militaire. Nous avons demandé simplement l’enregistrement audiovisuel du procès pour l’histoire », explique Me Ferdinand Nzepa. Pour Anta Guissé, pour des faits qui datent de plus de 30 ans, qui plus est qui concernent un président emblématique qui a marqué l’histoire du Burkina et même de l’Afrique, le prétexte de l’atteinte à la sûreté de l’Etat ne tient pas pour que le procès ne soit pas enregistré. Et Me Prosper Farama de faire remarquer que si le débat sur cette question d’enregistrement du jugement a eu lieu, c’est parce que le Code de justice militaire le permettait. « Au stade actuel, nous ne pouvons pas vous dire ce qui a motivé le juge à rejeter notre demande. S’il pense que le Code de procédure pénale l’interdit, c’est grave parce que cela voudrait dire que pour la jurisprudence au Burkina, pour l’intérêt mémorial de la nation on ne va plus enregistrer un procès comme cela se fait aujourd’hui dans les Etats modernes », a affirmé l’homme de droit. Toujours selon lui, « la loi n’a pas prévu les conditions dans lesquelles on peut retransmettre un procès, donc ça veut dire que cette décision est laissée à l’appréciation du juge.»
« Il y a comme une insulte de Blaise Compaoré et de ses acolytes aux victimes. Quand on assassine un chef de l’Etat en fonction, c’est bien un crime ! Il n’y a que dans leur esprit à eux que ça s’appelle de la politique. Qu’à cela ne tienne, si on considère qu’assassiner un chef de l’Etat en fonction est un crime politique, les accusés seront jugés pour un crime politique. Mais ce ne sera pas sur une base politique ; ce sera sur la base d’éléments de droit », a-t-il dit. Et de poursuivre : « Quand il (Ndlr Blaise Compaoré) avait les armes, c’était un homme courageux. Aujourd’hui qu’il n’a plus d’armes, il est devenu lâche ».
Durant trois jours, les participants, répartis en plusieurs groupes, plancheront sur une douzaine de thématiques variées allant du bilan de la mise en œuvre du protocole d'accord Gouvernement-CNSE (Coordination nationale des syndicats de l’éducation) et perspectives, à la gratuité de l'éducation en passant par les stratégies de partenariat et de financement de l'éducation.
En prélude aux assises nationales sur l'éducation, prévues du 18 au 20 novembre 2021, des consultations régionales se tiennent les 13, 14 et 15 octobre 2021 dans les 13 régions du pays. L'objectif global de ces assises régionales est de prendre en compte les attentes, les aspirations et les spécificités de chaque région dans la réflexion sur les problématiques de l'éducation nationale. Dans la région du Centre, ce sont environ 250 personnes qui prennent part aux travaux, dont l'ouverture est intervenue le mercredi 13 octobre sous la présidence du gouverneur de cette région, Sibiri de Issa Ouédraogo.
Selon les syndicats, c'est la question de la mise en œuvre du protocole d'accord signé entre le gouvernement et la CNSE (Coordination nationale des syndicats de l'éducation, NDLR) qui s’est invité aux débats. « A ce propos, nous nous sommes interrogés sur la pertinence de convoquer ce sujet aux assises régionales et nationales, ce d'autant plus que c'est un accord qui a été signé entre deux parties, à savoir le gouvernement et la CNSE. Quand on soumet un accord qui a été signé entre deux parties à l'appréciation d'autres acteurs qui n'étaient pas là au début, il y a lieu de s'interroger. Mais qu'à cela ne tienne, il y a beaucoup de questions dont nous allons discuter. Au nombre de ces points figure la mise en œuvre du protocole. Et l’essentiel, c’est que le gouvernement respecte ses engagements relatifs à ce protocole», a déclaré Didier Kaboré, coordinateur régional des syndicats de l'éducation de la région du Centre.
En rappel, les participants à ces assises viennent de toutes les composantes de la société. Ce sont notamment des acteurs des ministères et institutions impliqués, les collectivités locales, les partenaires techniques et financiers, les partenaires sociaux et les communautés à la base.
En marge de la célébration du mois de la Consommation locale initié par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a organisé un cross populaire pour donner le “la” du concept "produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons". Ont pris part à cette activité ce mardi 12 octobre 2021 le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Arouna Kaboré, celui de l'Energie, des Mines et Carrières, le Dr Béchir Ismaël Ouédraogo, la ministre déléguée à l'Artisanat, Louise Anne Go, et bien d'autres invités.
Ayant déjà à son actif le chapeau de Saponé, le Fasofani, le kôkôdunda et le beurre de karité, tous labellisés, le Burkina Faso s'aligne dans cette logique de priorisation du contenu local. Ainsi, des mesures sont prises pour toucher toutes les niches où on peut magnifier le Made in Burkina. Dans les mines et carrières, un décret pris permet d'intégrer désormais l'expertise nationale. Selon le ministre de l'Energie, des Mines et des Carrières, l'unique manière de magnifier Thomas Sankara, c'est de pérenniser ses idées, parmi lesquelles le consommons local occupe une place prépondérante. " Thomas Sankara a dit : “Tuez-moi et ce sont des millions de Sankara qui naîtront. Aujourd'hui, ce sont des milliards de Sankara qui sont nés. Nous allons poursuivre son œuvre, compter sur nous-mêmes. Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons, gage du développement", a confié le Dr
Pour le secrétaire du comité international du mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS), les événements se poursuivent pour la gloire du défunt président Sankara, qui se réjouit sans doute de là où il est. Il cite à titre illustratif l'ouverture du procès sur l’assassinat du capitaine en 1987, soit 34 ans après ce drame, le choix du mémorial pour servir de lieu de départ à ce concept propre à Thomas Sankara et la commémoration des 34 ans de son assassinat. "En seulement une semaine, on célèbre trois événements. Nous souhaitons que chaque année maintenant, le monument constitue le lieu de départ du mois du consommons local", a martelé Jean-Luc Damiba.
Les membres du mouvement Balai Citoyen ont organisé une conférence de presse au cours de laquelle ils ont donné leur lecture des sujets d'actualité nationale et internationale. Situation sécuritaire du Burkina Faso, procès à venir sur l'assassinat du capitaine Thomas Sankara, maintien de la fermeture des frontières terrestres et gouvernance dans le secteur de l'éducation sont, entre autres, les sujets abordés lors de ce point de presse ce jeudi 7 octobre 2021 à Ouagadougou.
Le Balai Citoyen exige la réouverture des frontières terrestres et fait remarquer que c'est une décision hors de contexte et qui va même à l'encontre des textes communautaires de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des personnes et des biens. Pour les conférenciers, la flambée des prix des biens de première nécessité observée actuellement sur le marché est une conséquence directe du maintien de cette fermeture.
« Un deuil national… à quoi cela sert encore dans notre contexte ? » C’est la première question que nous avions posée à Salif Tiendrebeogo lorsque nous l’interrogions sur la nécessité ou pas de décréter un deuil national suite à la mort récente de 14 militaires dans une attaque terroriste au petit matin du 4 octobre 2021. La question mérite pourtant d’être posée, au regard du nombre de victimes de ce drame. Et il est tout à fait légitime de considérer que tout Burkinabè qui tombe pour la défense de la patrie mérite une attention à la hauteur de son sacrifice. Mais un deuil national est-il toujours l’expression majeure, voire suprême, de notre attention et ou de notre reconnaissance pour le sacrifice consenti ? Au regard de l’évolution progressive de la situation, nous sommes tentés de répondre à cette interrogation par la négative.
Au tribunal de grande instance de Ouaga 1, ce mardi 5 octobre 2021, Salif, un nom d'emprunt, a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à 250 000 francs d’amende pour coups et blessures sur Jeanne, également un nom d'emprunt. L’accusé a été condamné pour avoir frappé Jeanne, membre de la brigade verte de Ouagadougou, parce qu'elle n'aurait pas respecté un mot d’ordre lancé par le syndicat de la brigade et invitant à cesser le travail en période de grève.
Pour exiger la satisfaction de sa plateforme revendicative, le syndicat de ladite brigade a lancé un mot d'ordre de grève invitant ses membres à arrêter le travail. Un mot d’ordre qui n'a pas été unanimement respecté par les balayeuses de rues. Ainsi, certaines d’entre elles ont continué à travailler. Alors, des membres du syndicat ont décidé de les en empêcher. C'est ainsi qu'un matin, deux hommes dont Salif sont sortis pour voir celles qui continuaient le travail. À leur arrivée à l'échangeur de Gounghin, ils ont trouvé sept femmes en train de travailler. Alors ils ont chassé les six qu'ils ont trouvées. Cependant Jeanne n'était pas au courant car elle était d'un autre côté. Lorsque Salif l'a aperçue, il l’a frappée à l’aide d’un fil de fer. Et Jeanne s'est retrouvée à l'hôpital.
Le 1er octobre dernier, la rentrée scolaire 2021-2022 a eu lieu sur toute l'étendue du territoire burkinabè. Comme on le sait déjà, le plus grand établissement scolaire du pays, le lycée Philippe Zinda Kaboré, est fermé. Si le redéploiement de certains de ses élèves, comme annoncé par le ministre de l’Education nationale, est effectif, force est de reconnaître cependant que d’autres sont toujours dans l’attente. Radars Info Burkina est allé sur le terrain pour un constat.
Comme lui, nombreux sont ceux qui sont dans cette situation. Parent de deux élèves au Zinda, Paul Bonkoungou a, lui aussi, été confronté à ce type de situation. « Un de mes enfants a bien été réorienté ; je dirai même qu’il n’y a qu’une clôture qui sépare son précédent établissement de l’actuel, puisqu’il a été réorienté au lycée Nelson Mandela. En revanche, mon deuxième gosse avait été omis et il a fallu que je fasse des pieds et des mains afin que lui aussi soit placé dans un lycée pas très éloigné pour cette année scolaire», nous raconte M. Bonkoungou.
Cependant, certains anciens élèves du Zinda ont bien été réorientés dans d’autres lycées d’accueil comme nous le confirme Justine Maré, élève. « Mon cas n’a pas été problématique, j’ai été transférée dans un autre lycée de référence. Même si c’est une distance de plus, cela ne me gêne pas », nous dit-elle. Tout ne peut pas être parfait à 100% comme le dit M. Bonkoungou.
Il existe peu de toilettes publiques dans la ville de Ouagadougou. C’est ce constat qui a conduit Adama Raymond Kabré à poser les jalons d’une ville saine avec la commodité. Débuté depuis le depuis janvier 2021, le projet d’installation de toilettes modernes et publiques bat son plein. Déjà plusieurs sites répertoriés ont bénéficié de cet appuie, mais le véritable problème qui se pose est l’entretien de ces toilettes.
Selon Abdoulaye Sawadogo, contrôleur technique du projet, cette somme permettra d’engager des gestionnaires afin d’entretenir les lieux et de créer de l’emploi pour la jeunesse. « L'objectif étant de promouvoir la commodité de l'emploi de la jeunesse, chaque site aura un gérant et une agence d'hygiène pour le nettoyage. De plus, après le passage de chaque utilisateur, un nettoyage sera fait pour maintenir les lieux propres », ajoute l’initiateur du projet, Adama Raymond Kabré. Toutefois, des jeunes évitent de les utiliser à cause de l’insalubrité. Des travaux de chercheurs, comme ceux de l’urbaniste Clara Greed, ont montré que les femmes sont celles qui ont le plus besoin de ce mobilier urbain, et que ce sont aussi elles qui y ont le moins accès.
« Lorsque des toilettes ne sont pas disponibles, les femmes et les filles limitent souvent leur consommation de boissons ou d'aliments pour retarder leur besoin d'aller aux toilettes, ce qui contribuer à augmenter divers risque pour leur santé et nuit à leur qualité de vie », affirme M. Kabré. « Elles attentent que la nuit tombe pour se soulager à l'air libre, ce qui peut être dangereux pour leur santé », déplore-t-il. Pour lui, l'utilisation des toilettes pour les filles est primordiale, parce qu’avoir accès à un endroit pour ses besoins est un droit. Adama Raymond Kabré reste confiant quant à la bonne utilisation de ces toilettes, mais demande plus de sensibilisation des usagers à la nécessité de tenir ces lieux constamment propres. Afin de pouvoir mener à bien ce projet, il demande le soutien de la mairie de Ouagadoudou, notamment dans la facilitation des autorisations d’installation et attend de l’Etat un accompagnement technique, notamment des formations du personnel chargé de l'entretien des lieux en matière d’assainissement.










