jeudi 21 octobre 2021

Société : « La digitalisation rend les choses difficiles dans notre métier » (Albert Sébégo, étudiant photographe)

kam uneConfrontés aux dures réalités de la vie estudiantine, certains jeunes n’hésitent pas à créer ou à chercher des débouchés pour pouvoir subvenir à leurs besoins. La photographie, métier sous-coté au Burkina, s’avère être l’un  de ces débouchés pour de nombreux jeunes soucieux de prendre en main leur avenir. Parmi eux il y a Albert Sébégo. Il nous raconte son quotidien.

Etudiant depuis 2016 à l’Unité de formation et de recherche en Lettres, arts et communication (UFR/LAC), Albert Sébégo nous confie être venu à la photographie par le biais d’un  de ses amis propriétaire d’un studio photo en province. «J’allais au petit studio photos de mon  ami  et je le regardais travailler. J’en profitais pour apprendre ce métier et c’est ainsi que j’ai commencé à l’exercer à mon tour», nous explique le jeune homme. Issue d’une famille pauvre, Albert Sébégo, dès son arrivée à Ouagadougou, débute comme photographe aux alentours de l’université Joseph Ki-Zerbo afin de pouvoir joindre les deux bouts. Commence alors une nouvelle aventure pour ce jeune étudiant obligé d’allier études et travail. « C’était dur au début car je passais mes matinées à chercher de la clientèle et le soir je suivais les cours », nous confie-t-il. Très vite, M. Sébégo arrive à se faire un nom grâce à la qualité de ses prises de vues. Il attirait ainsi un nombre importants de clients parmi lesquels des étudiants, des commerçants et des fonctionnaires. kam 2Selon notre interlocuteur, le souci majeur dans ce métier, c’est la digitalisation qui a contribué à faire baisser son chiffre d’affaires. « Avant avec les dépôts physiques des dossiers, on avait vraiment le marché, une vingtaine de photos par jour mais depuis que tout se fait en ligne, c’est compliqué pour nous », déplore-t-il avant d’inviter le ministère de l’Economie numérique à les intégrer dans le processus pour ne pas tuer ce métier.

Ayant pour ambition d’ouvrir un grand studio et un laboratoire pour produire plus de clichés, Sébégo déplore le fait que la photographie soit peu reconnue à l’échelle nationale et invite les autorités à remédier à cette situation en professionnalisant ce métier à travers, par exemple, des écoles de formation et des espaces dédiés à la photographie.

« La photographie est un métier noble qui nourrit son homme. Tout jeune qui souhaite s’y lancer est le bienvenu mais ce n’est pas un métier qui rend riche du jour au lendemain. Il faut savoir être patient », a conclu l’étudiant photographe.

Sié Mathias Kam

Comments (0)

There are no comments posted here yet

Leave your comments

  1. Posting comment as a guest.
Attachments (0 / 3)
Share Your Location
  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes
>