Pénurie d'eau dans les zones d'accueil des déplacés internes : Le projet Nex'Eau lancé pour étancher la soif de la population
La situation sécuritaire à laquelle fait face le Burkina Faso provoque un déplacement massif de la population, principalement vers les centres urbains. L'arrivée de ces personnes dans ces zones augmente la demande vis-à-vis des services d'approvisionnement en eau potable, assurés par l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) et les communes. Dans le but d'accompagner les pouvoirs publics pour relever le défi d'approvisionnement en eau potable, l'ONEA et un consortium d'ONG internationales, notamment Solidarités internationales, le Gret et le Groupe URD, ont initié le projet Nex'Eau, dont l'objectif est de renforcer la résilience des services publics d'eau potable en contexte de crise sécuritaire dans certaines communes des régions du Nord et du Centre-Nord. Le lancement est intervenu ce mercredi 27 octobre à Ouagadougou à travers un atelier qui durera deux jours.
Les communes d'intervention de ce projet sont Titao, Ouahigouya, Oula et Séguénéga, dans la région du Nord, et Kongoussi, dans le Centre-Nord. Le projet vise spécifiquement à renforcer l'ONEA et les communes dans leur capacité à planifier, financer et coordonner les actions pour le maintien et le renforcement des services d'eau potable dans un contexte de crises sécuritaire et humanitaire.
En outre, maintenir et renforcer des services publics d'approvisionnement en eau potable en termes de couverture, d'organisation, de gestion et suivi technique, financier et commercial fait partie des objectifs, de même que suivre, évaluer, capitaliser et diffuser les méthodologies développées et les leçons apprises en vue d'une potentielle réplication dans les principaux centres d'accueil des déplacés forcés au Burkina Faso. Selon Anselme Justin Kaboré, représentant du ministre de l'Eau, l'un des défis que doit relever le Burkina Faso est sans nul doute l'accès à l'eau potable. Il félicite les porteurs du projet et invite les bénéficiaires à saisir cette occasion. << Cette cérémonie est une occasion pour moi d'encourager l'ONEA et les ONG porteuses d'initiatives et en même temps d'interpeller les maires et les populations des communes concernées sur le rôle important qu'ils doivent jouer dans la réussite et la mise en œuvre de ce projet>>, a dit M. Kaboré.
Le directeur général de l'ONEA, Frédéric Gandaogo Kaboré, a également appelé les différents acteurs à travailler ensemble pour de meilleurs résultats. <<Afin d'atteindre les objectifs de ce projet, il est attendu de chacune des parties prenantes que nous sommes la disponibilité, la communication, la flexibilité des démarches et la collaboration à tous les niveaux. C'est forts de cela que l'ensemble des partenaires s'engagent à mutualiser leurs efforts pour l'atteinte des objectifs du projet Nex'Eau >>, a-t-il soutenu.
Selon le maire de la commune de Oula, Sidi Mahamady Savadogo, représentant les bénéficiaires, le projet vient à point nommé. <<La commune avait un grand besoin en eau potable. Avec l'arrivée massive des déplacés, ce besoin s'est exacerbé. Aujourd’hui, notre souhait le plus ardent, c'est d'avoir un appui en réalisation d'infrastructures hydrauliques, en sensibilisation et en compétence de gestion de ces ouvrages>>, a dit M. Ouédraogo. Le projet Nex'Eau comporte deux volets, à savoir "le projet Renforcement de la résilience des services publics d'eau potable en contexte de crise", financé par l'Agence française de développement (AFD), et "l'Activité Nexus", financée par l'Agence des Etats-Unis pour le développement (USAID).
Barthélemy Paul Tindano
Débutées le mardi 26 octobre, les auditions des accusés dans l’affaire Thomas Sankara et 12 autres se sont poursuivies le mercredi 27 octobre 2021 à Ouagadougou au tribunal militaire. Accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et d’assassinat, Yamba Élysée Ilboudo était à la barre pour la deuxième fois. Si l’accusé a reconnu hier « les faits », son avocate, Me Elise Marie Kaboré, l’a fait « plaider non coupable » ce mercredi car selon elle, « il n’a pas compris la question du juge ». Qu’à cela ne tienne, des informations sont sorties de la bouche de l’accusé.
Un fait a cependant retenu notre attention : l’accusé lui-même a plaidé « coupable » hier, car « il reconnaît les faits », mais son avocate, curieusement, a plaidé « non coupable » ce mercredi. Me Elise Marie Kaboré estime en effet que son client n’a pas compris la question du juge. « Il n’a même pas fait le CP1 », a affirmé l’avocate. Et de questionner son client : « Est-ce que vous avez tiré sur Thomas Sankara et ses compagnons ? » Réponse d’Elysée Ilboudo : « Non ». « Donc il plaide non coupable », s’est-elle empressée de faire remarquer, tout en demandant que cela soit noté par le greffe. Dans la suite des auditions, les débats ont plus porté sur comment prouver qu’effectivement M. Yamba Elysée Ilboudo souffre de troubles mentaux. Le président du tribunal a recadré certains et clos les débats sur cette décision.
C’est à bord de deux voitures : l’une conduite par lui-même et dans laquelle avaient pris place 5 personnes et l’autre au volant de laquelle était Hamidou Maïga qu’ils ont, si on se fie à sa version des faits, investi le Conseil de l’entente. Ils étaient au nombre de 8 et sous la direction de Hyacinthe Kafando. Une fois sur les lieux, la Sécurité les a laissés passer car la voiture conduite par Hamidou Maïga était celle de service de Blaise Compaoré. Ils ont cru que c’était le ministre de la justice de l’époque (Ndlr Blaise Compaoré) qui était à l’intérieur. Arrivés sur les lieux, les occupants dudit véhicule ont fait un arrêt au pied-à-terre de Blaise Compaoré avant de continuer dans l’enceinte du Conseil, où Hyachinte Kafando à bord avec Yamba Elysée Ilboudo a forcé le volant de celui-ci de sorte à le contraindre à percuter la porte du secrétariat du Conseil de l’entente. 4 à 5 mn après, Kafando et ses acolytes sont descendus de voiture et ont tiré en l’air dit-il. Elysée Ilboudo, lui, serait resté pendant tout ce temps dans la voiture endommagée. C’est alors que sont tombées les premières victimes : Walilaye Ouédraogo et Der Somda. Ensuite, le président Thomas Sankara, sorti les mains en l’air, a reçu une balle et s’est écroulé. « Quand les tirs ont cessé, Hyachinte Kafando m’a dit qu’on avait fini le travail », confie-t-il. Kafando a alors donné l’ordre de descendre éteindre le feu, de conduire trois autres soldats dans une chambre et de les rejoindre au domicile de Blaise Compaoré. Mais avant cela, Hyacinthe Kafando et Hamidou Maïga se sont empressés d’aller chercher Blaise Compaoré pour le conduire à la radio nationale. Dans son récit, l’accusé affirme n’avoir pas ou jamais utilisé une arme pour tirer, bien qu’il fût en possession d’un pistolet automatique (PA). Néanmoins, il a reconnu à la barre avoir peur. Peur pour sa famille et se retenir dans ses propos pour ne pas créer des troubles. C’est ainsi qu’a pris fin l’interrogatoire de Yamba Elysée Ilboudo. « De toute façon, à la lumière des déclarations de Yamba Elysée Ilboudo, on peut dire que le procès est fini. Toutes les vérités ont été dites. Tout ce qui viendra après ne sera qu’un plus », soutient Sinka Siriki, haut commandant des Forces armées populaires pendant la révolution, aujourd’hui à la retraite.
Le procès des assassins présumés de Thomas Sankara et de ses douze compagnons a véritablement pris son envol. Débuté le 11 octobre dernier, il a été renvoyé au lundi 25 octobre, où il a repris avec la lecture de l’arrêt de renvoi et les demandes de liberté provisoire formulées par les avocats de la défense, entre autres. L’audience de ce 26 octobre a débuté par les échanges sur la demande d’annulation de citation à comparaître de l’accusé Tondé Ninda dit Pascal formulée par son avocat, la projection d’éléments audios et vidéos pour situer les faits ainsi que l’audition du premier accusé, Yamba Elysée Ilboudo.
Place ensuite à la projection d’éléments audios et vidéos., en l’occurrence 7 extraits audios et vidéos. Suivant la chronologie, ce sont des éléments de moins de deux semaines après le 15 octobre où on écoute à travers les audios et regarde grâce aux vidéos, tour à tour, des processus d’explication aux populations des événements du 15 octobre 1987. Selon le parquet, ces éléments ont été choisis pour faire comprendre l’évolution des évènements de ce jeudi soir du 15 octobre 1987 et ainsi planter le décor pour les auditions.
« Je me suis tu et je regardais car si j’avais parlé, ils allaient me faire ce qu’ils ont fait au président Thomas Sankara ; donc j’étais dans la voiture et je regardais. Je ne savais pas qu’on partait faire un coup d’Etat, à plus forte raison ôter la vie à quelqu‘un», soutient l’accusé Yamba Elysée Ilboudo. Il précise néanmoins que les membres du commando étaient huit à bord de deux véhicules dont une que lui-même conduisait et l’autre au volant de laquelle était Hamidou Maïga. « J’ai vu le président Sankara sortir sans arme les mains en l’air et demander : ‘’Y’a quoi, qu’est-ce qui se passe ?’’ avant d’être atteint par une balle. Il est tombé sur les genoux puis sur le flanc gauche », confie-t-il. Avant Sankara, deux autres soldats avaient été froidement abattus. Il s’agit de Walilaye Ouédraogo et de Der Somda. Le dernier cité était le chauffeur de Thomas Sankara.
Le procès sur l'affaire Thomas Sankara a repris ce lundi 25 octobre et c’est parti pour des mois. Au programme, il y avait l'appel des témoins et la lecture de l'arrêt de renvoi des accusés et prevenus. Il y a eu des points de discussion relatifs à la demande des avocats de la partie civile que les témoins qui ne sont au Burkina soient auditionnés par visioconférence. Une requête sur laquelle la partie adverse avait émis des réserves, mais qui a en définitive été agréée par le tribunal. Un autre point de discussion fut la demande de liberté provisoire pour les accusés et prévenus formulée par des avocats de la défense, demande que la partie civile rejette. A ce sujet, le parquet donnera sa décision à l'audience du mardi 26 octobre.
Par ailleurs, s'ils ont des responsabilités familiales, c'est parce qu'ils sont en vie, ont poursuivi ces derniers, car les victimes du 15-Octobre auraient aussi voulu vivre pour s'occuper de leurs familles. Sur ce, le tribunal a pris la décision de se prononcer à l'audience du 26 octobre.
Le procès Thomas Sankara reprend ce lundi 25 octobre 2021 après sa suspension le 11 octobre dernier. Sur ce sujet, Radars Info Burkina s'est entretenu avec Lianhoué Imhotep Bayala, membre du Comité international du mémorial Thomas Sankara et membre du cadre "2 Heures pour Kamita", pour en savoir davantage sur ses attentes vis-à-vis de ce procès. Ce panafricaniste salue le démarrage du procès et dit avoir confiance en la justice burkinabè quant à l'aboutissement du procès. Toutefois, il déplore que ledit procès ne soit pas retransmis en direct comme le souhaitent certaines OSC.
Donc nos attentes, c'est que finalement on permette à Sankara d'avoir justice et aussi que nous puissions enfin célébrer ses funérailles afin qu'il rejoigne le panthéon des ancêtres, le panthéon des justes. Parce que jusque-là les funérailles de Sankara n'ont pas été célébrées et nous sommes en Afrique, cela ne concourt pas à soulager son âme, à soulager son esprit qui erre encore. Nous attendons tout simplement que des peines à la hauteur du crime, tel que prévu par le Code pénal, soient appliquées sans état d'âme à titre pédagogique à ceux qui l'ont fait pour dissuader les futurs criminels politiques, les futurs candidats à la kalach pour résoudre leur questions de diversité d'opinion ou adversité politique. Pour finalement dire que, pour faire valider son opinion on n'a pas besoin d'une grenade.
Une casse accidentelle de conduite suite à des travaux de fonçage a occasionné une fuite d'eau sur une conduite PVC de grand diamètre (DN 160) sur Kwame Nkrumah, derrière Splendid Hôtel. Une partie de cette zone (ZACA, Samandin, cité an 2) connaîtra des baisses de pression, voire des interruptions temporaires de la fourniture d'eau.
C’est dans la salle polyvalente de la « cité des cuirs et peaux » que les forces vives de la région du Centre-Nord ont mené les 13, 14 et 15 octobre 2021 des échanges sur les maux qui minent le système éducatif burkinabè et fait des propositions de solutions. C’était dans le cadre des assises régionales, tenues en prélude à celles nationales qui auront lieu en novembre prochain.
Ainsi, 3 jours durant, les participants, à travers des travaux de groupes suivis de restitutions, ont mené des réflexions sur 6 consignes afin de produire une feuille de route détaillant les stratégies, les actions à mener et les recommandations faites pour enrichir le document de base des assises nationales sur l’éducation.
Débutés le 13 octobre dernier sur le thème «Quelles réformes et stratégies d'actions pour développer l'éducation nationale ?» les travaux des assises régionales sur l'éducation dans les Hauts-Bassins ont pris fin le vendredi 15 octobre 2021 à l’Institut national de formation des personnels de l’éducation (INFPE) de Bobo-Dioulasso.
Sur les deux derniers points, les discussions ont été particulièrement chaudes en ce qui concerne surtout leur mise en œuvre effective dans un court terme. Des amendements apportés et validés par les assises régionales, l’on retient par thématique des reformulations, de nouvelles propositions et des observations. Au nombre de 81, elles sont réparties ainsi qu’il suit :
Le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Koulibaly, a présidé le vendredi 15 octobre 2021 à Koudougou la cérémonie de clôture des assises régionales sur l’éducation nationale. 72h durant, soit du 13 au 15 octobre, les participantes et participants à ces travaux se sont approprié, dans la cité du cavalier rouge, le document de base relatif aux assises nationales sur l’éducation nationale élaboré par les techniciens du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN).
Pour le gouverneur, il s’agit aujourd’hui, plus que jamais, de redonner à l’école la capacité d’être un des socles d’apprentissage et de formation de citoyens responsables et engagés à la construction de la société burkinabè et de faire des communautés à la base des partenaires impliqués dans l’éducation, se tenant aux côtés de la communauté éducative pour une éducation démocratique de qualité.
Ouvertes le 13 octobre 2021, les assises régionales sur l’éducation nationale ont pris fin à Fada dans l’après-midi du 15 octobre. La cérémonie de clôture a été présidée par Paripouguini Lompo, président du conseil régional de la région de l'Est.
Il a été recommandé, entre autres, dans ce rapport de procéder à titre transitoire à un recrutement régionalisé, provincial ou communal des enseignants pour faire face au défi du manque de motivation de certains enseignants qui y servent, de maintenir l'examen du CEP et le second tour du BEPC, d’introduire trois langues nationales à enseigner au choix dans le système éducatif burkinabè, de prévoir des taxes sur la bière et sur les activités polluantes qui serviront au financement de l’éducation et de revoir à la hausse le pourcentage des ressources financières du fonds miniers consacrées à l’éducation, de relire le protocole d'accord gouvernement-syndicats pour en corriger les insuffisances et d’inscrire l'examen du baccalauréat comme point de discussion lors des assises nationales sur l’éducation.










