RADARS AU TRIBUNAL : D’orpailleur à infirmier par usurpation pour plus de 60 avortements clandestins
Rodrigue, né en 1973, père de 6 enfants, orpailleur de profession, a comparu devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce mardi 21 septembre 2021 pour avortement aggravé et usurpation de titre. Avec lui, Sali sa secrétaire est accusée de complicité d’avortement. Mousso, étudiante, célibataire sans enfant, et Rouki, mère d'un enfant et célibataire, appelées toutes les deux à la barre pour avortement volontaire.
Selon les faits, Rodrigue aurait acquis une réputation dans l'avortement. Il aurait à son actif plus de 60 interruptions de grossesses. C’est une villa louée dans le quartier Kamboinsin qui lui sert de base pour commettre son forfait. Condamné à 4 ans de prison ferme en 2008, Rodrigue aurait appris l'art de la médecine en prison comme bénévole. Une fois dehors, il met cet acquis en pratique. Dans sa ‘’clinique’’ comme il l'appelle, la consultation coûte 2 000 F et 30 000 F par mois de grossesse pour la faire sauter. Rodrigue utilise des produits dont lui seul à la connaissance pour évacuer la grossesse de ses patientes, pire il introduit souvent des objets dans leur partie intimes. Sali lui servait de secrétaire, et de copine du coup. Son rôle : délivrer les tickets d'accès à l'opération concoctés par Rodrigue. Parmi ses victimes, au nombre de six trouvées sur les lieux au moment de son interpellation par la Brigade anticriminalité le 24 juillet dernier, figurent les deux suscitées, Mousso et Rouki.
Mousso pour débuter, elle affirme qu'elle a lâchement suivi un dénommé « binguiste » qui lui aurait promis ciel et terre mais au fil de la relation elle s'est rendu compte du mensonge de ce dernier mais était déjà en grossesse de un mois. Sans solution ni soutien parental, c’est au sein du campus de Koudougou où elle est étudiante qu'elle tombe sur l'information d'un réputé infirmier qui exécute l'avortement ni vu ni connu. Pour le cas de Rouki, mère d'un enfant, cette dernière affirme aussi être tombée dans les mailles d'un garçon qui a refusé la paternité de sa grossesse. Les deux se seraient rencontrés dans un maquis où elle exerce comme serveuse. Tout au long de la grossesse, cette dernière n’a cessé de vouloir mettre un terme à cette grossesse sans succès jusqu'à la rencontre du réputé orpailleur devenu infirmier spécialiste de l'avortement, Rodrigue.
A la barre, Rodrigue, reconnaît tous les chefs d'accusation requis contre lui. Cet orpailleur a frauduleusement établi un cachet avec mention "infirmier à la retraite" dont il se servait pour cacheter ses ordonnances. Il soutient que ce sont ces filles-là qui le supplient de faire l'acte d'avortement et même que ces dernières ont déjà entamé le processus et lui n'est que le dernier rempart. Il ajoute que des parents viennent en pleurs le supplier de faire avorter leur enfant pour préserver leur image. Jusqu'à ce jour, soutient-il, aucun décès ni conséquences après l'acte n'a été signalé chez une de ces patiente et cela depuis 2018 qu’il le pratique.
Le procureur dans ses observations, a reconnu la prouesse de Rodrigue qui s'est fait une réputation en la matière en si peu de temps au point que des personnes viennent de partout pour faire l'avortement chez lui en un temps record souvent même en un seul jour. Pour le procureur, c'est inadmissible que dans notre société on puisse s'adonner à de tels actes. Même les agents de santé sont punis s'ils viennent à commettre de tels forfaits sans autorisation n'en parlons d’un usurpateur, précise le procureur. À Mousso l'étudiante, le procureur s'est étonné qu'à son niveau d'instruction, elle en arrive à prendre une grossesse non désirée. C'est elle qui devait conseiller les autres sur cette mauvaise pratique et voilà qu'elle même la commet, appuie-t-il. À Rouki, déjà mère d'un enfant, que la brigade a retrouvé en sang dans les locaux servant de ‘’clinique’’ à ce pseudo infirmier, le procureur observe là, les prouesses des deux personnes qui n'ont pas eu froid aux yeux pour arrêter 5 mois de grossesse. Avec tous les risques qui en cour. Pour le procureur, les faits sont extrêmement graves et on ne saurait les tolérer. Qui plus est, l'accusé reconnaît ses actes sans les regretter. À la suite de ses observations, il a requis de tous les garder dans les liens de la détention conformément à la réglementation en vigueur. Il a donc requis 10 ans de prison et 5 millions de F CFA d'amende, le tout ferme contre Rodrigue, 5 ans et 2 millions contre Sali sa secrétaire. Contre Mousso et Rouki, 12 mois dont 6 ferme et 250 000 F CFA d'amende avec sursis.
L'avocat de Rodrigue a plaidé en faveur de son client. Sans nier la culpabilité de son client, il affirme que le condamner à la peine maximale conformément à la loi ne permettra pas d'arrêter l'avortement. Il soutient que son client n'est nullement l'inventeur de l'avortement au Burkina, pire, c'est les parents même qui conduisent leur enfant chez lui. Et pour lui, s'il y a des cas comme celui de Rodrigue c'est parce qu'il y a des irresponsables, des familles qui répudient leurs enfants pour cause de grossesse. Même si le tribunal condamne ce dernier à la peine maximale, dehors l'avortement continuera, affirme-t-il. Et donc selon l’avocat, le tribunal devait être clément et appliquer la loi dans sa douceur.
A sa suite, l'avocate de Mousso a plaidé pour sa cliente étudiante sur qui déjà la culpabilité pèsera à jamais du fait de son avortement. Son statut d’étudiante sera à jamais entamé et sa vie en partie gâchée, ajoute son avocate. Elle soutient que la grossesse peut bel et bien être non désirée et que ça peut arriver à tout le monde par une simple erreur ou un oubli affirme l’avocate. A en croire l’avocate de Mousso, prendre une décision d'avorter est difficile car les mêmes risques qui existent dans l'accouchement existent dans l'avortement. Elle a demandé la clémence du tribunal surtout avec la rentrée universitaire qui se peaufine et a demandé une peine avec sursis comme le recommande la loi pour les détenus primaire afin que sa cliente puisse reprendre les cours.
Le tribunal dans son délibéré a reconnu tous les accusés coupables des faits à eux reprochés et a condamné en répression Rodrigue à 60 mois de prison dont 36 mois ferme et à une amende de 2 millions de F CFA ; les trois autres accusées, Mousso, Rouki et Sali à une peine d’emprisonnement de 12 mois et à 500 000 FCFA d’amende, le tout assorti de sursis.
S. M. K.
La 9e édition des journées nationales de concertation État-Organisations non gouvernementales, associations de développement et fondations s'est tenue les 16 et 17 septembre 2021 à Ouagadougou. Objectif : contribuer au renforcement des synergies d'actions et à la recherche de stratégies adaptées pour l'accès des jeunes à des emplois décents. La clôture des travaux a été présidée par le chef du gouvernement, Christophe Marie Dabiré.
Il s’est agi, au cours de cette rencontre, de faire le point des politiques publiques nationales mises en oeuvre, d’entrevoir les perspectives en matière de lutte contre le chômage et de promotion de l'entrepreneuriat des jeunes ; de partager les expériences des ONG /AD et fondations en matière de lutte contre le chômage et de promotion d'emplois des jeunes ; de faire l'état des lieux de la collaboration État-ONG/AD et fondations en matière de promotion d'emplois et, enfin, de définir les axes de renforcement des synergies d'actions entre l'État et ses partenaires afin de réduire le chômage et de promouvoir l'auto-emploi des jeunes au Burkina Faso.
Après les échanges à huis clos avec le Premier ministre, la représentante des ONG/AD et fondations, Mavalou Christelle Kalhoulé, a confié que les acteurs du développement souhaitent être impliqués davantage dans la mise en oeuvre des recommandations afin de relever les nouveaux défis d'envergure nationale et, in fine, de contribuer à l’érection d’une nation forte où personne n'est laissé de côté. Le chef du gouvernement s'est félicité de la tenue de cette session d’autant plus qu’elle va contribuer à la réalisation du programme présidentiel. “ONG comme État, nous avons besoin de travailler de façon concertée et dans une logique de complémentarité pour réaliser les ambitions, particulièrement en matière de réduction du chômage, de formations adaptées et de création d'emplois pour les jeunes et les femmes”, a-t-il déclaré.
Un nouveau-né vient de voir le jour au sein de la société civile burkinabè. Le Cadre d’action pour la patrie (CAP), puisque c’est de ce mouvement associatif qu’il s’agit, a officiellement lancé ses activités le vendredi 17 septembre 2021 à Ouagadougou. Il a pour objectifs, entre autres, la promotion de la paix et d’un développement harmonieux du Burkina et entend jouer sa partition dans la lutte contre le terrorisme tout en contribuant au débat public dans notre pays.
« Nous allons mener des débats sur la gouvernance de notre pays, nous prononcer. Nous allons participer à la sensibilisation sur un certain nombre d’actions pour le bien de notre cher Faso», a affirmé M. Néya. Il a ajouté : « Il n’y a jamais un mouvement de trop si les jeunes décident de se mettre ensemble et de participer au débat public ».
De nos jours, les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la vie de la population. En ville comme en campagne, bon nombre de personnes, particulièrement les jeunes, ont recours auxdits réseaux, soit pour échanger avec leurs amis ou parents, soit pour se divertir. Au Burkina Faso, les réseaux sociaux les plus utilisés sont Facebook, WhatsApp, YouTube, Telegram et SnapChat, le premier cité arrivant en tête. Aujourd’hui, l’utilisation de Facebook s’est accrue grâce à certains réseaux de téléphonie mobile qui ont rendu son accès gratuit, selon Yabo Lankoandé. Cet expert en informatique qui a bien voulu se prêter aux questions de Radars Info Burkina,prévient toutefois que l'utilisation sans retenue des réseaux sociaux par certains internautes exposent ces derniers à des risques.
D’après cet expert en informatique, ce qui est raisonnable, c’est de protéger ses données personnelles des autres utilisateurs mais là aussi, on ne peut en réalité qu’en restreindre l’accès. Par exemple, décidez de : qui peut être votre ami, qui peut voir votre numéro de téléphone, qui peut vous identifier, etc. Et cela se fait dans la limite des possibilités offertes par chaque réseau social, car les possibilités offertes varient d’un réseau à un autre. « Il n’y a pas de règles d’or mais ce que je peux vous recommander, c’est de ne jamais conserver les paramètres par défaut lorsque vous intégrez ou installez un réseau social. La majorité des internautes se contentent d’installer Facebook, WhatsApp, sans se renseigner préalablement sur ces applications et commencent à les utiliser. Or en règle générale, les configurations par défaut vous exposent plus. Par exemple quand vous installez WhatsApp, par défaut tout le monde peut voir votre photo de profil, voir à quelle heure vous étiez en ligne, vous ajouter dans n’importe quel groupe sans votre consentement, etc., alors que vous avez la possibilité de modifier tout cela dans vos paramètres.
Si vous ne le faites, vous voyez donc que vous êtes plus exposé ! Et il en est ainsi sur tous les réseaux sociaux », a-t-il affirmé. Ce qui recommandable lorque vous finissez d’installer une application, c'est d'aller dans les paramètres et de voir les possibilités que l’appli vous offre afin de limiter la divulgation de vos informations personnelles. L'expert informaticien continue en précisant que les données personnelles peuvent être protégées vis-à-vis des autres utilisateurs et non vis-à-vis du concepteur ! « Je suis également du domaine de la conception d’applications web et mobiles. J’ai eu à travailler sur des applications similaires d’envergure nationale et à ce propos, je puis vous dire que vos données ne sont pas protégées comme vous le pensez. On vous fait croire que vos données le sont mais pour dire vrai, les entreprises possèdent des données que vous-même n’avez pas. Autrement dit, elles vous connaissent mieux que vous-même, d’autant plus qu’elles étudient les discussions, les publications au quotidien des internautes, connaissent les gens avec qui ceux-ci sont amis, tout cela pour se faire une idée de la personnalité des utilisateurs. Si par exemple je vous demande tout de suite de me citer les 100 dernières vidéos que vous avez « liké » sur Facebook, vous ne pourrez pas le faire, car votre cerveau n’a pas retenu tous ces détails. Facebook non plus ne vous donne pas directement cette possibilité ! Pourtant, vous pouvez me croire que ce réseau social a accès à des informations comme celle-ci et, sur cette base, fait des analyses pour connaître par exemple vos goûts et autres. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres que j’ai pris afin que vous compreniez que contrairement à ce qu’on vous sert comme discours tendant à vous rassurer, vos données ne sont pas si protégées que vous le pensez. Sans oublier qu’aucun système n’est infaillible. En effet, il est arrivé de nombreuses fois que des réseaux sociaux soient piratés et que les données de leurs utilisateurs soient volées», a longuement expliquement l’expert en informatique.
« Donc quand une porte est ouverte, cela vous donne le droit d’entrer ? » ne peut s'empêcher de lui demander de nouveau le tribunal. Le prévenu répond qu’il avait faim. « J’avais faim et je suis allé voir ma mère au marché pour qu’elle me donne de l’argent pour que j’achète à manger, mais elle m’a dit qu’elle n’avait rien. Je me promenais pour chercher du travail et j’ai voulu me soulager, donc je suis entré dans la cour et une fois à l’intérieur, j’ai vu que la porte était ouverte et je suis entré », affirme-t-il à la barre.

Quand aux 11 autres appareils, il prétend qu’ils lui appartiennent. Pour sa défense, l’accusé a affirmé être un réparateur de téléphones portables et c’est dans l’exercice de son métier qu’il aurait acquis ces téléphones auprès de clients qui n’avaient pas de quoi payer les frais de réparation.
APA : La confrérie des Dozos du Burkina lauréate du prix de l’engagement patriotique pour la promotion du vivre-ensemble et la paix au Burkina Faso
Tous ces trophées récompensent ces différents lauréats pour leur engagement patriotique dans la lutte contre l’insécurité et pour la promotion du vivre-ensemble dans notre pays. M. Kalkoundo précise que « c’est un jury de sages de notre société, présidé par l’imam Talouta Dioni de Fada », qui a eu la lourde charge d’éplucher les dossiers pour choisir les meilleurs.
Celui-ci lance un appel à tous les fils et toutes les filles de la nation à accompagner les actions des FDS et des VDP sur le terrain. « Tout le monde ne peut pas aller au front mais il est important de renseigner les FDS, la police de proximité ason importance. Nous sommes tous des Burkinabè, on ne va pas fuir pour laisser le Burkina Faso. On ne va pas abandonner notre armée. Levons-nous maintenant ! » a-t-il lancé.
Rigobert, 40 ans, marié et père de deux enfants, a comparu au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce 3 septembre. Le prévenu était à la barre pour détournement d’une mineure et abus sexuel sur cette dernière.
Dans son réquisitoire, le procureur, tout en déplorant l’absence de la victime dans la salle d’audience, a fait remarquer que le but premier de Rigobert était de coucher avec Vanessa et non de l’épouser, comme il l’a prétendu pour sa défense. Selon l’homme de droit, « la fille est une gamine qui n’a pas le discernement nécessaire pour dire clairement non aux manigances de cet homme ». Il ajoute que quand on veut se marier à une femme, on suit les démarches en la matière pour obtenir préalablement l’autorisation des parents de cette dernière. Et que si Rigobert ne l’a pas fait, c’est qu’il savait que les parents de la fille allaient être catégoriquement opposés à sa demande. Mieux ils allaient prendre des précautions pour protéger leur enfant. Le procureur a donc demandé que Rigobert soit reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et condamné à une peine d’emprisonnement de 15 mois, dont 12 ferme, et à une amende de 100 000 FCFA.










