mardi 28 septembre 2021

Revendications des chauffeurs de taxis : Vers un bras de fer avec la mairie centrale de Ouagadougou

chauf uneLes chauffeurs de taxis de Ouagadougou, organisés autour de l’Association des jeunes conducteurs de taxis (AJCT), se sentent oubliés par la mairie de la ville. Ils réclament à cette dernière des aires pour stationner leurs véhicules. Moumouni Ouédraogo, le président de cette structure, se dit même prêt à intenter un procès à la municipalité pour faire valoir leurs droits.

Des aires pour stationner, la suppression des frais de stationnement et la révision à la baisse  du coup de la visite technique, telles sont les revendications portées par cette association des jeunes conducteurs de taxis. Selon son président, Moumouni Ouédraogo, les frais de stationnement instaurés par la mairie n’ont pas leur raison d’être, cela d’autant plus qu’eux, les chauffeurs de taxis, ne disposent pas de lieu pour stationner. « On paie des frais de stationnement alors qu’on ne stationne nulle part. Comment on peut nous demander de donner ce qu’on n’a pas ? » s’interroge-t-il. Les plaignants reprochent à la mairie de ne pas jouer son rôle régalien et de ne pas améliorer leurs conditions de travail. « Elle (ndlr, la mairie) ne voit pas notre valeur », s’offusque M. Ouédraogo, qui ajoute : « Je pense que le maire, c'est un père de famille. Un père veille sur ses enfants. Nous, nous faisons partie de ses enfants. Il se trouve que nous avons un problème. Chaque enfant, quand il y a un problème, doit s’adresser à son papa. Toutefois, quand on s'adresse à son papa, on s’attend à avoir gain de cause. C’est pourquoi nous avons opté pour cette démarche en allant vers le père qu’est le maire pour expliquer notre problème, mais il ne nous a pas écoutés ». txxi 2C’est pourquoi les chauffeurs de taxis ont adressé plusieurs lettres à la direction de la mairie, demandant à être écoutés et à avoir gain de cause ; mais silence radio, nous dit M. Ouédraogo. Il accuse même la mairie d’avoir utilisé l’espace réservé au stationnement des taxis à d’autres fins. « Avant, on n’avait pas moins de 4 à 5 gares au centre-ville. Mais à l'heure où je vous parle, il n’y a rien. La mairie a utilisé ça à d'autres fins. Parce qu’il y a des parkings de motos et des kiosques partout. Tout a été occupé dans un but commercial », martèle-t-il. Des propositions, il y en a sur la table. Ces conductions de taxis ont préconisés, le cas échéant, que la poire soit divisée en deux. En d’autres termes, que l’espace qui leur était réservé soit divisé en deux parties : une pour les motos et une autre pour les taxis. « Un parking peut prendre au minimum 30 taxis. Donc 30 chauffeurs, cela suppose 30 familles à gérer. Pourtant, le parqueur, c'est une seule personne et il gère une seule famille. Est-ce qu'on peut comparer ces deux réalités ? » se demande M. Ouédraogo.

chauf 3Si en démocratie c’est le choix de la majorité qui l’emporte, cette association ne s’avoue pas vaincue et compte jouer son va-tout. Selon Moumouni Ouédraogo, l’AJCT compte aller en justice pour faire reconnaître ses droits, se faire restituer ce qui lui revient de droit. « On ira en justice pour que l'affaire soit jugée », dit-il. M. Ouédraogo ajoute par ailleurs que « si la justice dit qu'on doit continuer à payer les frais de stationnement, on va le faire mais nous aussi on va augmenter le prix de transport des personnes pour pouvoir en déduire les frais de stationnement et les taxes ». Mais, précise l’association, son objectif n’est pas d’en arriver là, au vu des conditions actuelles des populations qui sont déjà confrontées à la vie chère. A en croire, le président de l’AJCT, les autres revendications sont prises en compte dans le stationnement. S’ils ont un espace où parquer leurs automobiles, alors les frais de stationnement de 20 000 FCFA/AN sont légaux. Pour ce qui est des taxes, les chauffeurs de taxis espèrent trouver une solution à l’amiable. « Tout ce qu'on demande, c'est que la mairie trouve un lieu où nous pourrons stationner », a terminé Moumouni Ouédraogo.

Nos tentatives d’avoir le son de cloche de la mairie sur cette affaire sont malheureusement restées vaines.

Sié Mathias Kam

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