Le Burkina de 1960 à nos jours: « Il y a pas mal de valeurs humaines que nous avons perdues », Simon Ouédraogo, 73 ans, inspecteur du travail à la retraite
Le Burkina Faso fête ce 5 août 2021 les 61 ans de son accession à l'indépendance. A cette occasion, Radars Info Burkina a tendu son micro à Simon Ouédraogo, 73 ans. Il est inspecteur du travail à la retraite et président de la Maison des retraités Antoine-Nanga à Ouagadougou. Il revient sur cette époque des indépendances et dépeint les changements considérables intervenus depuis lors au pays des hommes intègres. Selon ce septuagénaire, « il y a pas mal de valeurs humaines que nous avons perdues ».
Simon Ouédraogo est né en avril 1948. A l’époque des indépendances, ce septuagénaire était au CM2. C’est par le biais de nos instituteurs d’école que lui et ses amis ont eu vent de la proclamation des indépendances. Originaire de Zagtouli, localité située à quelques encablures de la capitale burkinabè, Simon Ouédraogo explique que ce n’était pas tout le monde qui avait la possibilité d’avoir un poste radio et que c’est son directeur d’école à l’époque, Jacques Kiba, qui leur a expliqué le sens de l’indépendance. « Jusqu’en 1961 nous chantions toujours l’hymne national français », fait remarquer Siméon Ouédraogo. « Pour ce qui concerne les changements intervenus de 1960 à nos jours, c’est au niveau de l’alphabétisation que nous étions assez ouverts sur le monde. Nous avons appris que le monde ne se limitait pas à la Haute-Volta de l’époque. Nous savions qu’il y avait aussi d’autres pays qui accédaient à l’indépendance Dans un premier temps, c’était l’euphorie mais on ne savait pas exactement ce que l’indépendance signifiait. Il fallait peut-être être un fonctionnaire pour savoir comment fonctionnait l’administration, le changement qui a pu se faire depuis cette indépendance. Elèves que nous étions à l’époque, nous avons commencé à comprendre l’indépendance vers les années 1968-1969, année où nous aussi nous avons commencé à travailler comme cadre de l’administration générale pour servir à la fonction publique. »
Les mœurs ont-elles évolué ? Voici la réponse de notre interlocuteur à cette question : « Aujourd’hui, on peut dire qu’avec les moyens de communication qui ne sont pas seulement sous le contrôle des parents, les enfants aussi s’éduquent avec la télé et le téléphone portable. On peut dire qu’aujourd’hui, les parents sont désorientés par rapport à l’avance que les enfants ont prise. Ils contestent ce qu’on leur avait appris dès le bas âge. C’est un peu décevant. Aujourd’hui, l’être humain n'a plus de valeur. A l’époque on pouvait passer un long temps sans entendre que quelqu’un a été tué dans le village mais aujourd’hui tous les jours on n’entend que des nouvelles d’assassinats, des cadavres sont déterrés, on tue des gens pour leur prélever des organes. Aujourd’hui, les gens se comportent comme des animaux. Sur le plan moral, de 1960 à nos jours, ce n’est plus la même chose. Il y a pas mal de valeurs humaines que nous avons perdues. »
Qu’en est-il de la crise de l’éducation ? « A notre époque, le maître d’école était presque comme un dieu. Aujourd’hui on voit des parents faire irruption dans des classes pour menacer des enseignants, ce qui n’est pas normal. Aujourd’hui un élève du primaire veut se mêler des programmes que le gouvernement met en place. On ne sait pas avec quelle expérience un élève du primaire peut distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais dans un programme scolaire. On a l’impression que les jeunes d’aujourd’hui sont trop impatients de remplacer les autorités en place alors que chacun doit être patient et attendre son temps », a répondu le septuagénaire.
Bessy François Séni
"L'héritage de la révolution sankariste", c'est le thème développé ce mercredi 04 août 2021 par l'écrivain Adama Amadé Siguiré au cours d'un panel organisé par le Mouvement Conscience Nouvelle (MCN) dans le cadre de la célébration du 38e anniversaire de la révolution sankariste à Ouagadougou. Selon le panéliste du jour, l’idéal sankariste peut aider le Burkina à se ressaisir dans un contexte mondial de plus en plus incertain.
Le panéliste du jour n’a pas passé sous silence la question de la crise scolaire qui a secoué le Burkina les mois écoulés. Selon lui, l’idéal sankariste contient bien des éléments à améliorer l’éducation au Burkina. « Thomas Sankara a voulu révolutionner l’éducation en poussant d’abord les Burkinabè à être fiers d’eux-mêmes », affirme-t-il. C’est l’école qui doit transmettre des valeurs de fierté, de morale et d’intégrité. « A partir du moment où après le départ de Sankara on est revenu sur un système éducatif purement colonial, voire néocolonial qui apprend plus à connaitre les valeurs des autres qu’à’être fier de nous-mêmes, il y va de soi que nous grandissons avec les germes de cette école », déplore-t-il, d’où la nécessité selon lui de considérer l’école comme un levier fondamental pour construire la société en y instaurant les valeurs de Sankara si nous voulons emprunter l’idéal sankariste de développement. 
La ministre de l'Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale, Hadja Fatimata Ouattara, et le ministre de la Santé, le Dr Charlemagne Ouédraogo, ont procédé au lancement du projet *Téléconsultation* entre le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo de Ouagadougou et le centre hospitalier régional de Tenkodogo.
« Vous avez vu que grâce à l'appui de médecins spécialistes en dermatologie de l'hôpital universitaire Yalgado-Ouédraogo, un médecin généraliste qui se trouve dans un centre hospitalier régional en province a eu un renforcement de capacités. Il a eu des orientations pour que le malade puisse être dans un circuit pour améliorer son diagnostic, pouvoir recevoir un traitement adéquat et pouvoir guérir dans les délais », a expliqué le ministre de la Santé.
Rachid, un célibataire de 29 ans, a comparu devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce 30 juillet 2021 pour vol aggravé. Reconnu coupable, il a écopé de 26 mois de prison et de 500 000 F CFA d’amende.
Le nommé Jean, au domicile duquel il habitait, lui aurait demandé d’où venait ce matériel. « Je lui ai d’abord dit que c’était mon matériel mais il m’a rétorqué que je mentais. Je lui ai donc finalement avoué que j’avais volé ledit matériel à un habitant nouvellement arrivé au quartier », a déclaré Rachid au tribunal.
Ainsi, Halidou Kabré, commerçant installé près de la maison Tovio au quartier Patte-d’Oie, ne cache pas sa satisfaction de voir joliment revêtue de pavés cette route qui passe juste devant sa boutique. « Le pavé est bien joli et on est content d’avoir une nouvelle rue », affirme le jeune commerçant. Pierre Zoungrana, couturier de la place, apprécie lui aussi la qualité du travail qui, selon lui, réflète la modernité. A l’instar de nos deux interlocuteurs, les autres résidents de ce quartier qui a fière allure, en grande partie grâce aux travaux en cours, exultent.
Prévus pour durer 3 mois, les travaux tirent déjà à leur fin, comme nous l’a attesté Henry Belemsigré, qui conduit lesdits travaux. « Il nous reste juste une semaine de travail pour que tout soit achevé », a-t-il assuré.
Ces dernières années, le tissu économique burkinabè a connu une mutation positive du fait de la multiplication des petites et moyennes entreprises. En effet, de nombreux jeunes ont pris l’initiative d'entreprendre plutôt que de chercher à être employés par l'Etat. Mais de l’avis de Razack Zampaligré, le nœud du problème, c’est que l'État burkinabè n'a pas de véritable politique en matière d'emploi. « Nous constatons que l’Etat s'est désengagé en matière d’emploi », regrette-t-il. Et de conclure : « En tant que responsable d’entreprise, je préconise un suivi de l’application des règles en matière de création d'emplois et d'entreprises par l'organisation des entreprises de placement de personnel. »
KP: Je n'accuse pas un commissaire dans le vide. C'est parce qu'il est venu avec son arme dans mon établissement. Quand je suis arrivé dans le quartier, on m'a dit qu'il y a un commissaire de police qui habite le quartier et tout. Le lounge est à 25m de sa maison, et depuis l'ouverture aucun voisin n'est venu se plaindre du son. Donc je ne sais vraiment pas pourquoi il a débarqué et s'en est pris à mon bar. Je l'accuse parce qu'il est venu dans mon établissement sans passer par la voie normale. En tant qu’homme de tenue, il aurait pu passer par les juridictions pour régler le différend s'il y en avait.
« C’est une première dans l’histoire du Burkina Faso que l’humour pose ses bagages à la MACO et cela est à encourager », s’est félicité « Benga Kabakourou ».
« Syatik », Idrissa Nikiéma à l’état civil, parrain de cette formation, a encouragé ces détenus, qui ont tenu jusqu’au bout. « Cette formation, vous verrez, fera votre bonheur. Soyez forts et courageux pour la suite », leur a-t-il dit. Se trouvant entre les quatre murs de la prison, peinés, angoissés et stressés, ces détenus initiés à l’humour ont trouvé là un moyen de divertissement. « Le rire est thérapeutique », a rappelé Baboudi Michel Neya. Toujours selon lui, cette formation vise à permettre aux bénéficiaires de se libérer et de s’exprimer. « Ils ont là un moyen de faire passer un message, un moyen de se lâcher, un moyen de s’amuser et pourquoi pas en cellule se raconter des blagues pour déstresser et détendre l’atmosphère ? » a affirmé « Benga Kabakourou ».
Le métier d’humoriste attire plus d’un. C’est sans complaisance que certains jeunes ont fait de cette activité un métier d’avenir et porteur. Le rire est thérapeutique, dit-on. Il a su trouver une thérapie lors de son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Ben Ali Ouédraogo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, jouit de sa liberté. Radars Info est allé à sa rencontre.
« Mon séjour en prison n’a pas été facile, car c’est un endroit qui a ses exigences et règlement intérieur. Si tu ne les respectes pas, tu as des ennuis », confie l’ex-détenu à la MACO. Et d’ajouter : « Aucun prisonnier n’aime les gardes pénitentiaires et je pense que cela est compréhensible. Mais après, j’ai compris qu’ils ne sont pas à l’origine de ce que nous traversons et je me suis vite rangé (…) Ils trouvaient que je faisais honneur à la prison. C’était un bel exemple de réinsertion sociale donc on était beaucoup amis », raconte-t-il. Libéré du poids de la prison, c’est tout confiant que Ben Ali affirme mettre à profit ce qu’il a appris derrière les barreaux. « C’est pour cela que je n’hésite pas à me battre corps et âme pour rattraper le retard, même si je sais que cela ne sera pas facile. Je suis résolument engagé dans l’humour », affirme-t-il. Mais au préalable, l’homme nous dit qu’il a fait des formations et est qualifié pour faire valoir son savoir-faire. « Actuellement je suis retenu pour deux castings de tournage de film. J’ai aussi fait pas mal de formation en ce qui concerne l’humour. La formation, quoi qu’on dise, est capitale pour tout projet et toute activité », a-t-il rappelé. Dans le but de partager son expérience et lever le voile sur les suppositions dans le domaine carcéral, Ben Ali Ouédraogo se dit prêt à faire des témoignages à tout organisme. Il invite la jeunesse a la retenue et à faire de la bonne pratique son cheval de bataille.










