Assemblée législative de Transition : Le Premier ministre Albert Ouédraogo dévoile les grandes lignes de sa feuille de route
C’est un exercice prévu par la charte de la Transition, laquelle dispose en son article 18, alinéa 2 : « Dans un délai de trente jours après la formation du gouvernement, le Premier ministre présente la feuille de route de la Transition devant l'Assemblée législative de Transition. Cette présentation ne donne lieu à aucun vote. » Ce devoir, le chef de la primature s’en est acquitté ce lundi 4 avril 2022 à l’hémicycle devant les représentants du peuple, réunis en séance plénière sous la présidence d’Aboubacar Toguyeni, président de l’Assemblée législative de Transition (ALT). Ce fut l’occasion pour les députés de poser des questions de compréhension et de faire des suggestions.
Quatre, c’est le nombre des objectifs stratégiques du gouvernement Albert I, comme c’était d’ailleurs le cas du dernier gouvernement dirigé par Lassina Zerbo, mais avec une légère reformulation qui tient compte de la refondation de l’Etat. Lutter contre le terrorisme et restaurer l’intégrité du territoire ; répondre à la crise humanitaire ; refonder l’État et améliorer la gouvernance et, enfin, œuvrer à la réconciliation nationale et la cohésion sociale, tels sont en effet les grands axes du gouvernement Albert Ouédraogo I.
Le premier objectif étant la lutte contre le terrorisme et la restauration de l’intégrité du territoire, la réorganisation du dispositif de sécurité nationale, notamment le renforcement de l’effectif et l’efficacité de l’action militaire sur le terrain l’amélioration de la collaboration entre les FDS, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les populations est une nécessité ainsi que la diversification de la coopération militaire, selon le Premier ministre. « En ce qui concerne la coopération militaire avec d’autres États notamment, l’option est désormais de diversifier les partenariats afin d’optimiser les atouts spécifiques de chaque partenaire. En tout état de cause, ces partenariats seront fondés sur le respect de notre indépendance territoriale et sur la sincérité », a déclaré le chef du gouvernement.
Pour ce qui est de la gouvernance dans l’administration publique, Albert Ouédraogo compte restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés. Il dit engager tous les efforts nécessaires pour redonner à l’administration publique sa neutralité et son efficacité. C’est pourquoi des mesures seront prises pour la suspension des recrutements sur mesures nouvelles en attendant une relecture des textes ; la classification des fonctions techniques au sein de l’administration ; la promotion des compétences techniques et des valeurs dans les choix des Directeurs généraux des entreprises et établissements publics de l’État ; l’adoption des plans de carrière au sein de l’administration publique et enfin ; la stabilisation du nombre et de la nomenclature des ministères.
Face à la crise alimentaire occasionnée par le déficit céréalier de la campagne agricole 2021-2022, le gouvernement entend renforcer la mise en œuvre du plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. A ce niveau il s’agit, entre autres, d’intensifier l’approvisionnement des boutiques-témoins et le contrôle des prix qui s’y appliquent, la distribution de vivres ou de cash aux ménages cibles affectés par la crise alimentaire ainsi que la prise en charge nutritionnelle d’enfants frappés par la malnutrition.
En matière de relance économique, le gouvernement va œuvrer à la consolidation des acquis du Plan national de développement économique et social (PNDES) et poursuivre avec le PNDES II « Nous allons nous atteler à la mise en œuvre des projets structurants identifiés dans le PNDES II. Ainsi donc, ces projets de même que les actions prévues dans l’agenda de la Transition serviront à l’élaboration d’un nouveau référentiel de développement pour la période transitoire. A ce titre, nous allons accélérer les travaux d’infrastructures routières, agricoles et industrielles, tout en déployant progressivement un plan de sécurisation des investissements stratégiques sur le territoire national », a-t-il assuré.
La continuation du chantier de la réconciliation nationale est l’un des objectifs stratégiques du gouvernement. Elle permettra d’amorcer le processus de reconstitution du tissu social, érodé par divers conflits. L’ambition, c’est de promouvoir la cohésion sociale et de consolider la paix. C’est pourquoi il faut travailler à l’accélération du traitement des dossiers pendants en justice, à la lutte contre les discours haineux et la stigmatisation des communautés, à la poursuite du processus de réconciliation nationale, à la promotion de valeurs locales comme la cohésion sociale et la communication non violente ainsi qu’à l’éducation à la paix et à la citoyenneté.
Barthélémy Paul Tindano
Deux membres du gouvernement ont animé une conférence de presse le jeudi 31 mars 2022 à Ouagadougou. Il s'agit de la ministre des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, et de son homologue de l'Education nationale, porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo. Objectif : donner des éclaircissements sur les attentes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO ) vis-à-vis des autorités de la Transition, notamment en ce qui concerne la détention de l'ancien président Roch Marc Christian Kaboré et la durée de la Transition.
D'après Olivia Rouamba, les différentes délégations soutiennent que si l'ancien président est libéré, elles pourraient faire preuve de compréhension sur la durée de la Transition. Sur cette question de “résidence surveillée” de Roch Marc Christian Kaboré, le porte-parole du gouvernement assure que tout est mis en œuvre pour sa sécurité. Il précise d'ailleurs que des concertations sont en cours avec l'intéressé pour qu'il rejoigne très bientôt un domicile familial. Deux domiciles sont identifiés à ce propos : l'un à Ouaga 2000 et l'autre à la Patte-d'oie. "Il n'y a pas que la question de la résidence surveillée ou pas, il y a aussi la question du lieu. Ce qui est sûr, c'est que nous devons garantir sa sécurité et pour cela, nous allons tout mettre en oeuvre lors de ces concertations. Dans tous les cas, l'ancien président Roch Marc Christian Kaboré est en sécurité aujourd'hui. Il reçoit les membres de sa famille. Il reçoit des visites de personnalités et de notables burkinabè", affirme Lionel Bilgo.
Depuis le samedi 19 mars 2022, les membres de la future Assemblée législative de la Transition (ALT) sont connus, sauf celui qui doit représenter la région du Centre-Nord. En effet celui-ci n’a pu être désigné, faute de consensus. Parmi ces 70 députés de l’ALT, 13 sont issus de la société civile. Selon Asseghna Anselme Somda, chef des programmes du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), bon nombre de personnes dans ce groupe sont en réalité que des représentants des partis politiques, ce qui est déplorable.
D’après Asseghna Anselme Somda, un grand nombre de membres de ce dernier groupe sont en réalité des représentants des partis politiques. « Sur les 13 représentants de la société civile, si vous faites le point de ceux qui sont véritablement de cette société civile vous verrez qu’ils ne sont pas plus de 3. Faites le point et vous verrez qu’il y a un parti qui prédomine au sein de ce qu’on appelle société civile et il s’agit du CDP. Mais cela n’est pas propre au CDP ; le MPP en avait fait de même en 2014, sous la Transition. Le MPP à lui seul avait au moins 15 parlementaires. Il y en a même qu’ils ont été recrutés en cours de Transition pour porter ce nombre à environ 20. Donc la façon dont le MPP avait noyauté la Transition de 2014 à 2015 dans ses organes, notamment le Conseil national de Transition à travers la société civile, c’est la même chose que le CDP est en train de faire », a-t-il déclaré. Selon celui-là même qui a été député de la Transition en 2014, le CDP et le MPP ont le même appareil politique mais qui s’est divisé, d’où ces pratiques qui leur sont communes. Et il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils fassent autrement. « Ils ne peuvent pas faire autrement (…), c’est dans leur ADN. Ce sont des partis qui ne sont pas prêts pour le combat démocratique à visage découvert. C’est dommage que notre société civile en soit réduite à cela. Mais ce qui est intéressant, c’est que les gens savent où se trouvent la société civile, la vraie. Les gens savent faire la différence entre la société civile et la société si vile », soutient Somda.
De l’avis du chef des programmes du CGD, les défis de l’ALT sont ceux du Burkina. Et du point de vue de la Constitution, notamment en son article 84, le rôle de l’Assemblée législative de la Transition, ce sera : voter la loi, consentir l’impôt et contrôler l’action gouvernementale. « C’est sûr qu’actuellement il y a une loi de finances rectificative qui est déjà dans les circuits. Parce que le budget a été approuvé en décembre 2021 par l’Assemblée. Aujourd’hui avec le changement de régime, le régime de la Transition ne va pas venir exécuter textuellement le budget qui a été voté pour le régime MPP. La donne a changé, c’est sûr qu’ils vont réaménager ce budget pour le conformer à leur agenda. Cela veut dire qu’actuellement, la loi de finances est certainement en cours de relecture, si ce n’est même déjà bouclé. Donc ce projet de loi rectificative fera partie des premières lois que cette Assemblée législative de la Transition aura à adopter après l’adoption de son règlement pour définir les modalités de son fonctionnement. C’est donc dire que, naturellement, la sécurité va prendre une part importante dans cette loi de finances rectificative. Etant donné que c’est l’élément législatif du coup d’Etat, il va de soi que cela se ressente sur cette loi rectificative, même si déjà sous le régime Kaboré la sécurité se faisait ressentir dans les lois de finances ».
Après sa rencontre de prise de contact le 7 mars 2022, le gouvernement de la Transition a tenu son premier Conseil des ministres ce vendredi 18 mars au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition. Attributions des membres du gouvernement, crises sécuritaire et humanitaire et adoption d’un rapport de la convention sur la protection des travailleurs migrants ont été les sujets à l’ordre du jour.
Selon le tout nouveau porte-parole du gouvernement, le Conseil des ministres de ce vendredi 18 mars 2022 a adopté un décret portant attributions des membres du gouvernement. Ledit décret précise notamment le rôle et la place de chaque ministre ainsi que des ministres délégués. Toujours selon Lionel Bilgo, le commandant des opérations du théâtre national, le lieutenant-colonel Yves Didier Bamouni, et le lieutenant-colonel Mahamadi Bonkoungou, patron de l’Agence nationale de renseignement (ANR), ont fait des communications qui ont permis aux membres du gouvernement de prendre la pleine mesure de la situation sécuritaire, de comprendre les défis et les enjeux et de voir la stratégie à mettre en œuvre face à cette crise sécuritaire qui a entraîné une crise humanitaire.
A la question de savoir quelles sont les mesures prises concernant la situation qui prévaut à Djibo, le tenant du crachoir a assuré que tout est mis en œuvre en vue de garantir la sécurité des Djibolais. «La question de Djibo fait partie de l'ensemble des communications orales que nous avons reçues, qui montrent clairement que la stratégie militaire est en train de se déployer sur le terrain et que nos forces de défense et de sécurité travaillent à juguler cette crise sécuritaire. Mais comprenez qu'il y a des stratégies militaires mises en œuvre qu'on ne peut pas expliquer de façon publique. Cependant, tout est mis en œuvre pour qu'après les résultats vous puissiez avoir l'ensemble des éléments mis en œuvre pour que nous puissions avoir ces résultats», a assuré Lionel Bilgo. Le porte-parole appelle l'ensemble des Burkinabè à l'union sacrée autour des autorités afin qu’on puisse vaincre le terrorisme. Selon lui, le pays est en péril et la question de l'unité nationale ne doit plus être juste une expression.
C’est pourquoi elle compte inscrire au cœur de sa démarche et de sa stratégie le concept de «diplomatie de sécurité» afin de s’adapter aux nécessités du moment, en ayant à l’esprit l’interdépendance entre sécurité et développement durable, au regard des chantiers qui l’attendent. « Nous avons la lourde charge de travailler en urgence au renforcement des relations avec les partenaires techniques et financiers du Burkina Faso ; d’œuvrer à la réhabilitation de notre pays au sein des familles institutionnelles de la CEDEAO, de l’Union africaine, de la Francophonie et de rassurer nos différents partenaires que le Burkina Faso est digne de confiance et mérite toute la place qui lui revient dans le concert des nations », a déclaré la cheffe de la diplomatie. Mais pour y arriver, il importe de poursuivre les États généraux de la diplomatie, selon Olivia Rouamba, afin d’engager des réformes fortes tant au niveau institutionnel qu’en ce qui concerne les outils et approches aux fins de prendre en compte l’évolution de la géopolitique et l’émergence de nouvelles problématiques.
En cette période où les fils et les filles du pays ont besoin d’être réconciliés entre eux, la diplomate en chef a appelé ses collaborateurs à contribuer au processus de réconciliation nationale afin de ramener une paix véritable et durable dans notre cher pays et bâtir un Burkina Faso réconcilié avec lui-même. Elle a invité également chaque agent à apporter sa pierre à la réalisation du chantier qui est le leur. « Je voudrais que nous soyons tous en ordre de bataille pour la marche collective vers une victoire commune. C’est dire que le temps n’est ni à la paresse, ni au laisser-aller encore moins aux velléités de sabotage de notre élan de bien faire. Chaque agent compte et a un rôle à jouer dans la valorisation de ses compétences et aptitudes », a-t-elle martelé.
Après que les membres du tout nouveau gouvernement de la Transition ont pris contact ce matin au palais présidentiel de Kosyam, ce soir le secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres a procédé à l'installation officielle de certains membres du nouvel exécutif. Ainsi, au ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants, le général de brigade Aimé Barthélemy Simporé, ministre des Armées sous Roch Kaboré, a été installé en qualité de ministre d'État, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants ce 7 mars 2022. L’officier général promet de travailler avec détermination à la réussite de cette Transition.
«Après avoir longuement mûri l'offre faite par le président du Faso de reprendre fonction au département de la Défense, j'ai acquis la ferme conviction de l'accepter tout en mesurant les enjeux et les delicates exigences qui s'imposent à notre nation en cette période très historique, où chaque citoyen doit s'élever au-dessus des considérations partisanes. Cette mission, que j'accepte volontiers, s'inscrit dans cet ordre. Si j'ai fait le choix de répondre à l'appel du MPSR ainsi qu'aux attentes de notre nation en péril, c'est bien en raison des fortes convictions qui m'animent en tant qu'officier», a-t-il expliqué.
Le général Simporé a réaffirmé sa détermination à accomplir sa mission en conformité avec l'agenda et la charte adoptés par les forces vives de la nation le 1er mars dernier et ce, dans l’optique de contribuer à la réussite de la Transition. Il a précisé que dans le cadre de la mise en œuvre de l'agenda de la Transition, de grandes réformes seront menées au sein de la grande muette. C'est pourquoi il a sollicité l'accompagnement de tous les personnels de l'armée à cet effet. Le ministre d'État a également réaffirmé son attachement aux idéaux de la Transition. Tout au long de son discours, l'officier général n'a cessé de «rendre grâce au Seigneur, l'Éternel des Armées», pour tout ce qu'il a fait pour lui.

Pour y arriver, le Premier ministre appelle les Burkinabè de tous bords à soutenir le nouveau gouvernement en ces moments difficiles que traverse le pays et dans la mise en œuvre de la vision du président du Faso qui est la rupture. « La situation est certes difficile mais pas hors de portée, pour peu que nous ayons un sursaut patriotique pour mener le seul combat qui vaille, à savoir sauver ce pays que nous ont légué nos ancêtres », a-t-il poursuivi.
« Il est fortement souhaitable que le Burkina rejoigne le Mali pour constituer un noyau homogène et solide afin de faire face à cette France qui a plusieurs balles sous la gâchette. Beaucoup de jeunes ont applaudi Damiba en nourrissant l'espoir de voir ce colonel rejoindre l'autre dont on dit qu'ils sont amis. Et c'est tant mieux si par lui, le peuple burkinabè rejoint celui du Mali qui lutte pour sa liberté et pour son progrès. À contrario, ce serait malheureux qu'il trahisse les aspirations profondes de cette génération de Burkinabè qui fonde son espoir sur lui. Par-delà tout, il faut que Damiba ait à l'esprit que la victoire a plusieurs pères et que l'échec, lui, est orphelin », a-t-il déclaré.
Selon le journaliste-communicateur-planificateur, les nations gouvernées par des hommes intègres ne s'aliènent pas. Celles qui s'aliènent indéfiniment sont l'œuvre des gouvernants ‘’lâches, médiocres, méchants, égoïstes’’ qui pensent rarement à la postérité. « Cela dit, il y a des occasions historiques à ne pas rater. Sauf si on veut refuser d'entrer dans l'histoire par la grande porte. Les Lumumba et Sankara étaient seuls et mal compris par leurs peuples et surtout par une certaine élite qui cherchait son confort égoïste. Aujourd'hui, les peuples sont au même niveau de compréhension des enjeux que les dirigeants. Les conditions objectives sont réunies pour se débarrasser définitivement de cette France plus occupée à s'enrichir sur les ruines en usant du mensonge, de la ruse, de la déraison et du mépris. Je ne suis pas de ceux-là qui pensent qu'il faut encore patienter. Qu'il faut encore donner du temps qui finira, par je ne sais quel miracle utopique, par absorber les contradictions entre la France et ses anciennes colonies », a-t-il poursuivi. Mais jusque-là, les nouvelles autorités n’affichent pas leur position vis-à-vis de la France.
Pour Beyon Luc Adolphe Tiao du Rassemblement patriotique pour le développement (RPD), le président Damiba devra travailler à rassembler les forces de défense et de sécurité dans toutes leurs composantes ainsi que tous les civils sans exclusion pour la libération et la refondation du pays dans cette phase transitoire. Même son de cloche chez Pascal Zaïda de la société civile. Pour lui, il faut aller à une inclusion absolue afin que les grands chantiers puissent reprendre. « Nous nous attendons à ce qu’au soir du bilan, nous soyons satisfaits, que le peuple burkinabè soit fier de ces trois ans de transition. Nous attendons du président Damiba la mise en œuvre de la feuille de route, une charte inclusive. J’insiste là-dessus ; il faut que cette transition soit une transition inclusive. Il faut qu’il se mette au-dessus de la mêlée afin d’accepter chaque Burkinabè, chaque composante de la société (…). Il ne faudrait pas qu’on retombe dans les erreurs du passé, notamment les nominations par complaisance », a-t-il signifié.
La diaspora burkinabè n’est pas restée en marge des assises nationales sur la refondation. Elle souhaite également que le pays retrouve la quiétude. « Nous souhaitons qu’au soir de ces trois ans, nous puissions tous être fiers de regagner notre chère patrie qui a un peu perdu de ses valeurs. Nous allons mettre en commun nos expériences avec les fils et filles qui sont restés au pays pour qu’ensemble nous puissions trouver des solutions pour sortir de cette crise », a déclaré Julie Nonguerma de l’Alliance patriotique des Burkinabè de l’extérieur.
C’est fait : les participants aux assises nationales sur la refondation ont trouvé un consensus sur les textes de la Charte constitutive de la transition après les avoir examinés minutieusement. Le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a apposé sa signature sur ladite charte le mardi 1er mars 2022 à 01h57. Ces assises interviennent suite au coup d’Etat du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) le 24 janvier 2022.
Tout compte fait, les forces vives de la nation ont coupé la poire en deux, puisque aucune partie n’a vu prendre en compte la totalité de ses propositions dans la Charte de la Transition. « C’est un travail de consensus qui a été fait. Si ta voix est minoritaire, il faut suivre la majorité. Nous avons travaillé dans l’intérêt supérieur de la nation », a déclaré Pascal Zaïda, membre de la société civile. A en croire l’activiste, ce sont le président de la Transition, son Premier ministre et les membres de l’organe législatif qui ne seront pas éligibles aux élections organisées à l’issue de cette transition de 3 ans.
« La jeunesse était représentée à ces assises en tant que composante de la société burkinabè. Nous avons fait des propositions dans le fond et nous osons croire qu’elles seront prises en compte. Concernant la représentation des jeunes aux instances, le Burkina Faso a ratifié la charte africaine de la jeunesse en 2006 qui l’oblige, dans toutes les catégories et les instances de prise de décisions, à tenir compte de la jeunesse. C’est pourquoi nous sommes revenus là-dessus pour dire qu’il faut qu’il y ait quand même une place réservée à la jeunesse au regard de son poids numérique et des engagements internationaux que le Burkina Faso a pris en matière de jeunesse. C’est un débat qui s’est mené et chacun a argumenté. Ce qui a été dit, c’est que les contributions seront prises en compte ; c’est ce qui a permis la signature de la Charte. Et nous, les jeunes, nous nous attendons à ce que les propositions que nous avons faites soient prises en compte pour permettre une transition inclusive», a indiqué Moumouni Dialla, président du conseil national de la jeunesse, par ailleurs président de l’union panafricaine de la jeunesse.










