Augmentation du prix du pain par les boulangers : Le ministre burkinabè du Commerce, Abdoulaye Tall, s'insurge contre cette décision
Le traditionnel Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 25 mai au palais de Kosyam sous la présidence du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Comme à l’accoutumée, c’est le ministre porte-parole du gouvernement qui en a fait le point aux hommes de médias. La situation de Houndé et l'augmentation unilatérale du prix de la baguette de pain par les boulangers ont été les principaux sujets d'échanges.
La décision des acteurs de la filière pain de faire passer le prix de la baguette de 150 F à 200 n'a pas été du goût du ministre du Commerce, Abdoulaye Tall, et c’est le moins qu’on puisse dire. "Vous comprenez que dans cette situation on ne peut être que frustré de constater que pendant qu'on se bat pour trouver des solutions, il y a une sorte de passage en force. C'est une situation de fait accompli", a-t-il déclaré après le Conseil des ministres de ce mercredi 25 mai.
Le ministre Tall reconnaît que la cherté des produits est liée au contexte international, marqué par la crise ukrainienne. Cependant, la décision prise par les boulangers n'est pas une bonne solution. "Pourquoi c'est une mauvaise solution ? Parce que nous avons des produits dont les prix sont réglementés. Les prix sont fixés d'accord parties entre le gouvernement, les acteurs de la filière en question, les acteurs du secteur privé, les consommateurs et les syndicats. À ce titre, nous avons toujours diverses réunions. Nous avons discuté de diverses questions. Sur le prix de l'huile il y a eu un compromis, sur le prix du savon il y a eu un compromis, sur le prix du sucre il y a eu un compromis, sur le prix du transport des ports vers nos villes il y a eu un compromis, mais sur le prix du pain nous n'avons pas eu de compromis. À la limite les autres acteurs étaient inanimes, mais les boulangers insistaient", a-t-il expliqué. Selon le ministre Tall, les boulangers et assimilés n’auraient pas dû prendre de façon unilatérale la décision d’augmenter le prix d'un produit comme le pain, car tout est régi par des lois.
Le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, quant à lui, est revenu sur la situation qui prévaut dans la mine d'or de Houndé depuis le mardi 24 mai. "Hier mardi, il y a eu un mouvement d'orpailleurs pour exiger la libération de leurs camarades arrêtés suite au mouvement qu'il y a eu il y a quelques jours et ayant occasionné la destruction de matériel ainsi que des blessés légers au niveau de la mine de Houndé. Les incidents ont eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu limiter, calmer empêcher les manifestations. On dénombre malheureusement deux décès : un des suites de bousculades et un autre des suites de tirs par balle ; ainsi qu’un blessé par balle. A l'heure où je vous parle, une enquête est en cours pour situer les responsabilités", selon le porte-parole de l’exécutif.
À en croire ce dernier, un comité de gestion de crise, piloté par le gouverneur des Hauts-Bassins, est mis en place à ce sujet. Le ministre Bilgo a indiqué également que deux directeurs généraux ont été relevés de leurs fonctions avec effet immédiat. Il s'agit du directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Lassané Sawadogo, et de celui de la Banque agricole du Faso, Daouda Simboro.
Barthélémy Paul Tindano

Une autre mine a fait l’objet de communication du gouvernement. Il s’agit de la mine d’or de Houndé, exploitée par la société Endeavour mining, qui a subi la furie destructrice des orpailleurs de cette localité le 17 mai 2022. En effet ceux-ci, après avoir envahi ladite mine, y ont causé des dégâts matériels considérables (NDLR : 30 véhicules, 40 motos du personnel, 10 engins, dont des bus, 13 magasins et 6 conteneurs ont été incendiés) et pris à parti certains des travailleurs, faisant 7 blessés. Une enquête est en cours et des interpellations ont déjà commencé.
Répondant au député de l’ALT, le ministre Barthélemy Simporé a déclaré que l’état-major général des armées, le commandement des opérations du théâtre national et les commandements des forces de sécurité intérieur sont présentement et activement engagés dans un processus de réorganisation opérationnelle à la fois structurelle et territoriale afin de réaliser, à terme, une densification des théâtres par un maillage adapté qui combine l’ensemble des forces de défense et de sécurité et des volontaires pour la défense de la patrie. Cependant, certains détails ne peuvent être dévoilés pour l’instant.
« Comme on l’a toujours dit, notre volonté de satisfaire l’obligation de redevabilité démocratique et d’informer sainement les citoyens burkinabè que vous représentez, mais malheureusement contrarié par la nécessité de préserver la confidentialité de certains volets des actions que nous menons. Je voudrais par conséquent solliciter votre indulgence pour cette précaution opérationnelle de confidentialité qui constitue un impératif de succès des opérations », a expliqué le chef du département de la défense, qui assure toutefois que le processus est très avancé et conduira, à terme, à la réalisation d’une capacité optimale de contrôle de notre espace de souveraineté nationale. Par ailleurs un nouveau concept d’emploi des VDP a été élaboré et sera mis en œuvre.
« Plusieurs pompes ont été mises à contribution pour évacuer l’eau à l’extérieur. D’abord il faut dire que la mise en place du tube qui permet le pompage est très complexe, vu la profondeur de cette mine souterraine. Les groupes de pompage qui avaient été installés fonctionnaient au diesel et certains tombaient en panne parce qu’il fallait une maintenance continue. Aujourd’hui, l’ensemble des équipements a été renforcé grâce à du matériel venu d’Afrique du Sud mais également du Ghana voisin », a-t-il précisé.
S’agissant de l’augmentation du prix du carburant, le ministre du Commerce a déclaré que le gouvernement a choisi le moindre des maux. A l’entendre, les consommations frontalières ont explosé du fait d’une exportation du carburant subventionné au Burkina Faso.
« A titre d’exemple, hors subvention, le prix du sac de 50 kg de NPKS est d’environ 35 000 F CFA. Mais le gouvernement a décidé de subventionner ledit engrais. Ainsi, le sac sera vendu aux cotonculteurs à crédit à 16 000 F. Le prix des 50 kg d’urée, sans subvention, est de 37 000 F mais là encore, le gouvernement a décidé de le subventionner pour qu’il soit vendu à crédit à 16 000 F. Le coût du traitement par insecticide classique à l’hectare est normalement de 6 000 F mais le gouvernement a décidé de consentir des efforts pour qu’il soit fait à 3 800 F l’hectare. L’insecticide de spécialité est aussi subventionné, si bien que le traitement à l’hectare coûtera en définitive 7 000 F», a précisé Abdoulaye Tall. Et à l’en croire, au total cette subvention coûtera à l’Etat burkinabè environ 72,8 milliards de francs CFA, l’objectif étant d’encourager nos acteurs agricoles à produire davantage.
S’agissant du drame de Perkoa, le porte-parole du gouvernement a assuré que des efforts étaient faits pour retrouver les mineurs. Depuis l’inondation de ladite mine, on n’a pas obtenu signe de vie des 8 pauvres travailleurs piégés dans les entrailles de la terre, lesquels sont jusque-là introuvables. Mais selon le ministre Bilgo, l’espoir est permis. « L’espoir que nous avons est qu’il est confirmé que la jauge de la bouche d’aération qui est en surface est toujours fonctionnelle. C’est ce qui nous fait penser que si l’eau avait pu pénétrer dans la cavité de refuge, il n’est pas sûr que cette jauge-là aurait continué à fonctionner. Jusqu’à ce stade, le pompage se réalise mais les ingénieurs et les techniciens n’ont pas encore croisé d’engins. Ce qui veut dire qu’il reste une certaine hauteur pour poursuivre les travaux de pompage », a-t-il précisé.
Le Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 27 avril 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition et du Conseil des ministres. Parmi les sujets à l'ordre du jour, la nomination de hauts cadres de la police nationale et la réalisation de travaux d'entretien et de réparation de voies, dont l'emblématique RN 4, tronçon Gounghin-Fada.
"Il s'agit d'un entretien périodique momentané, sachant que ces routes-là seront bitumées suite à un appel d'offres qui sera réalisé", a-t-il ajouté. Mais au-delà de ces voies, le gouvernement compte accroître le réseau routier en termes de bitume et de pistes rurales. "Le premier rapport est relatif au résultat de l'appel d'offres ouvert pour les travaux d'aménagement de 200 km de pistes rurales dans quatre régions. Le deuxième rapport, lui, est relatif à l'approbation des résultats de l'appel d'offres de bitumage de la nationale 11 phase 3 Gaoua-Batié et de la route nationale numéro 15 phase 2 Kalwartenga-Sanguin-Boulsa, ainsi que de la route régionale numéro 36 Dandé-Kourouma", a précisé le ministre Bilgo.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires sans précédent, le gouvernement travaille à renforcer les effectifs des gradés de la police. Ainsi, le Conseil a adopté des décrets permettant de nommer 5 contrôleurs généraux de police, 18 commissaires divisionnaires de police et 57 commissaires principaux. Sur la question d'une possible augmentation du prix de la baguette de pain, le porte-parole soutient que le gouvernement travaille à maintenir le prix du pain.
Le traditionnel Conseil des ministres s'est tenu le mercredi 20 avril 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, chef de l'Etat. À l'issue de ce huis clos gouvernemental, le porte-parole de l'exécutif, Lionel Bilgo, et son collègue du Commerce se sont prêtés aux questions des journalistes, lesquelles avaient trait à la spéculation sur les hydrocarbures. Ces 2 membres de l’équipe gouvernementale ont, à cette occasion, assuré qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, car il y a suffisamment de carburant en stock.
Le diesel du Burkina est moins cher que celui dudit pays. Cette situation encourage le trafic, d'autant plus que notre diesel est subventionné pour permettre aux transporteurs de maintenir un coût bas des transports des marchandises, des matières, etc. C'est là une exportation illégale de notre subvention et cela aussi contribue à assécher nos réservoirs, donc à plomber les efforts que fait le gouvernement pour rendre le carburant disponible", a-t-il ajouté.

« Comme vous venez de l’entendre, il ne s’agit point d’une négociation entre le gouvernement burkinabè et les groupes armés terroristes. Au risque de me répéter, je dirai qu’il s’agit d’accompagner les initiatives endogènes parce qu’il nous a été donné de constater sur le terrain qu’il y a un besoin de communication entre les filles et les fils du Burkina en rupture de dialogue avec la nation et les notabilités de leurs localités respectives. C’est là une opportunité pour accompagner ces initiatives de dialogue endogène qui doivent nous permettre d’aboutir à un apaisement et à un retour de la paix dans notre pays », a déclaré Yéro Boly.
« Si ces jeunes-là reviennent, nous allons leur proposer de les réinsérer dans la société à travers des activités professionnelles. Par exemple, si vous souhaitez refaire ce que vous faisiez avant, comme l’élevage, on va trouver les moyens de vous accompagner pour que vous puissiez démarrer l’activité. Si vous souhaitez aussi vous investir dans l’agriculture, ce sera pareil. Que ce soit dans les localités concernées ou ailleurs, le gouvernement va va accompagner», a précisé le ministre.
Trois membres du gouvernement ont tenu une conférence de presse ce lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou. Il s’agit des ministres Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement, d’Abdoulaye Tall du Commerce et de Barthélemy Kéré de la Justice. La flambée des prix des produits de première nécessité et les actes de vandalisme survenus à Béguédo ont été les grands points à l’ordre du jour.
Concernant les produits importés, il s’agit des hydrocarbures et de la farine de blé qui sert à la production du pain. Selon le ministre Abdoulaye Tall, la Russie exporte 15% du pétrole de la planète et étant donné que ce pays ne peut plus exporter son pétrole, cela affecte les pays africains, dont le Burkina Faso, en termes de disponibilité et de prix. Même chose pour le blé ou la farine, dont 30% sont produits par l’Ukraine et la Russie. Pour le moment, il n’est pas question d’augmentation des prix du carburant, mais les différents acteurs sont en réflexion pour évaluer les possibilités.
D’autres produits sont également concernés par la disponibilité et la hausse des prix. Il s’agit, entre autres, des huiles alimentaires, du sucre et des intrants agricoles.
Le Premier ministre Albert Ouédraogo a présenté la feuille de route de la Transition le lundi 4 avril 2022 à l'Assemblée législative de Transition (ALT). Un référentiel axé sur la lutte contre le terrorisme, la réponse à la crise humanitaire, la refondation de l'État et l'amélioration de la gouvernance ainsi que la réconciliation nationale. Tout cela, en conformité avec l'agenda de la Transition. Dans l'ensemble, les députés de l'ALT ont salué le contenu du document, non sans avoir fait quelques suggestions au gouvernement.
Pour le député Abdoulaye Soma, c'est pendant les transitions qu'il faut profiter faire des refondations parce que ce sont des périodes propices à une réflexion objective. "Sincèrement, je pense que la feuille de route entre dans ce que je considère être l'intérêt général et supérieur du peuple burkinabè en ce moment. Parce que ça prend en compte l'objectif majeur de la Transition tel que ça été engagé, la lutte contre l'insécurité dans ces deux domaines, à savoir la lutte le terrorisme et le traitement des crises humanitaires, les déplacés et autres", précise le constitutionnaliste.
"D'un point de vue analytique, nous voyons que cette feuille de route décline plus ou moins l'agenda de la Transition (...). Nous estimons qu'il est aussi nécessaire de tenir compte des besoins pratiques et des intérêts stratégiques des différentes catégories sociales de notre nation, à savoir les jeunes et les femmes. Parce que très souvent quand on parle de lutte contre le terrorisme, on occulte la contribution d’une frange importante de la population que sont les femmes. Pourtant, les femmes sont un levier important qui peut contribuer à atteindre les résultats en ce sens qu’elles sont des éducatrices et des actrices importantes de la communauté", a déclaré pour sa part la députée Edwige Ninon Yaméogo /Sankara.










