mercredi 4 mars 2026

plt uneZéphirin Diabré, en retirant sa plainte contre Simon Compaoré dans l’affaire dite « tranquillos », a dit vouloir donner le bon exemple en matière de réconciliation au Burkina Faso. Sauf que pour certains de ses compatriotes,  son acte suscite des inquiétudes d’autant plus qu’il fait penser à une réconciliation sans au préalable la justice. Et des voix continuent de s’élever contre ce qu’elles qualifient de « deal politique » du régime en place.

En la matière, la justice a tranché. Pour l’avocat Apollinaire Kyelem, sur le plan du droit, toute personne qui estime être lésée peut mettre en branle l'action publique par une plainte ou par citation directe. La plainte peut ensuite être retirée par celui qui l'a déposée. « Généralement, en matière délictuelle, le retrait de la plainte met fin à l'action publique. Mais en matière criminelle, ce n’est pas le cas », a tenu à préciser l’homme de droit.

plt 2La justice étant indépendante, elle a aussi la possibilité de poursuivre une affaire si le caractère criminel est ressorti et confirmé par celle-ci. Me Kyelem explique que dans le cas Diabré, « si le ministère public est informé des faits, il peut décider de poursuivre, car il a l'opportunité des poursuites. Tout dépend de la qualification des faits, en délit ou en crime, et de la décision du parquet au vu des faits et des circonstances sociopolitiques ». Il a terminé en affirmant que ce n’est pas parce que la plainte du désormais ministre d’Etat a été retirée que ça signifie forcément que cette affaire est close, car la justice a aussi son mot à dire, sinon elle ne serait pas indépendante.

Bruno Bayala

bay uneDepuis la formation du gouvernement Dabiré II, l’arène politique burkinabè s’est métamorphosée. En effet, on constate un déferlement de certains partis politiques vers la majorité suite à la nomination de l’ex-chef de file de l’opposition politique au poste de ministre chargé de la Réconciliation nationale. Une configuration qui laisse à penser qu'il y a des incompréhensions au sein du CFOP. Sur la question, chacun y va de son analyse.  

Le Burkina Faso connaîtra à coup sûr un changement politique de grande envergure les 5 années à venir. Les partis politiques commencent à revoir leur stratégie dans une compétition visant pour eux à rejoindre la mouvance présidentielle. Et déjà la réconciliation nationale semble lancée avec le retrait de la plainte de Zéphirin Diabré contre Simon Compaoré dans l’affaire dite « tranquillos ». Un signal très fort qui n’a laissé aucun acteur politique indifférent. Cette réconciliation tant prônée lors des campagnes électorales ne semble être possible qu’aux côtés du régime en place.  De l’analyse de Lionel Bilgo, il ressort que ce déferlement pourrait se justifier par ce qu’il qualifie de raisons inavouables de certains partis politiques. « Ce mouvement migratoire qui fait de la majorité présidentielle un mammouth dans l'arène politique de notre pays peut avoir plusieurs raisons : un lot de raisons avouées et un lot parfois bien caché de raisons inavouables », a-t-il affirmé.

bay 2Des raisons qui, selon cet analyste politique, vont avoir des répercussions au sein de l’institution chef de file de l’opposition, notamment une réorganisation du champ politique. « L'opposition va devoir, après cette vague de départs, se réorganiser pour tenir en existant dans un champ politique déséquilibré. Je suis convaincu que certains migrants auront la gueule de bois une fois leurs valises posées de l'autre côté sur la rive opposée », a-t-il indiqué. Cet écrivain dit aussi avoir l'impression que l'on assiste à une sorte de retour de gifle de la part des leaders politiques à leurs électeurs. Selon lui, les résultats des élections, à entendre certains opposants, sont paradoxalement à l'opposé du désarroi longtemps chanté par les populations.

bay 3Pour le politologue Abdoul Karim Saïdou, l’une des raisons pour lesquelles des partis décident de rejoindre la majorité serait une rationalité des acteurs et les motivations de la création des partis politiques. « Beaucoup de partis politiques se créent, non pour défendre des idéaux ou une vision précise mais pour espérer que les dirigeants desdits partis puissent avoir des postes politiques et autres opportunités. La compétition politique ne se base pas fondamentalement sur des clivages idéologiques. On peut donc comprendre qu’un parti décide de quitter l’opposition pour rejoindre la majorité », a-t-il expliqué. Selon lui, au lieu que les partis politiques changent de position en fonction des saisons, la question importante que les acteurs doivent se poser est la raison de leur engagement en politique et les valeurs autour desquelles ils créent leur parti.

A l’entendre, si le départ de certains partis politiques pour la majorité est consolidé et renforcé, au Burkina Faso on risque d’assister à un affaiblissement de l’opposition politique. Or, « dans une démocratie lorsque les fonctions oppositionnelles sont très faibles, le risque est d’aller vers les dérives dans la mesure où il n’y a presque personne pour tirer la sonnette d’alarme et cela peut engendrer une vague de contestation », s’est-il inquiété. Abdoul Karim Saïdou dit craindre par ailleurs que cette migration n’oblige le président du Faso à créer d’autres postes politiques pour récompenser les alliés politiques. « On va assister à un élargissement de l’architecture gouvernementale, au fait qu’on crée de toutes pièces des postes politiques pour récompenser les uns et les autres », a-t-il ajouté.

Quoi qu’il en soit, les populations, dans toutes leurs composantes, ne demandent que de meilleures conditions de vie et de travail. Les élections sont terminées, place à la concrétisation des promesses faites.

Bruno Bayala

audic uneLe président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris part ce samedi 23 janvier à la 58e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Au cours de cette rencontre tenue par visioconférence, les dossiers du rapport annuel 2020 de la commission, le rapport de la 45e session ordinaire du conseil de médiation de même que le rapport de la 85e session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO ont été examinés. Il été aussi question des rapports sur la situation au Mali, du programme de monnaie unique ainsi que de l’état de mise en œuvre de la ZLECAf dans l’espace communautaire.

Le premier point à l’ordre du jour a été le déroulement des élections dans les pays membres de la CEDEAO. A ce propos, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, a expliqué à la presse que les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont unanimement reconnu le bon déroulement desdites élections. audic 2« On peut dire que les scrutins se sont déroulés globalement sans problème dans les différents pays, et les chefs d’Etat élu ont été félicité par la conférences des chefs d’Etat », a-t-il déclaré. La situation politique au Mali a également fait l’objet d’échanges au cours de cette rencontre par visioconférence. Ce fut l’occasion pour le médiateur de cette crise et les autorités maliennes de faire le point des négociations. « Les autorités maliennes ont assuré que la dissolution du CNP était pour très bientôt », a-t-précisé.

audic 3S’agissant de la gestion de la Covid-19, il a été noté des efforts de la CEDEAO et la disponibilité d’un vaccin contre cette pandémie. Une réflexion sera menée par les chefs d’Etat afin de permettre à chaque pays de l’acquérir et de s’assurer de son efficacité sur ses populations. « Le point de vue des chefs d’Etat était la concertation avec l’OAS et l’OMS pour aboutir à une solution d’approvisionnement, de l’efficacité et du coût du vaccin contre la Covid-19 », a indiqué le diplomate burkinabè.

Concernant la situation sécuritaire, le point des financements a été fait par les chefs d’Etat. Et à ce jour, ce sont environ 900 millions qui ont pu être mobilisés par l’ensemble des pays membres de la CEDEAO. Toutefois, 100 millions sont toujours attendus. Rappelons qu’une partie de ces fonds servira aux opérations dans les frontières.

Bruno Bayala

karist uneAutrefois candidat à la présidentielle, Maitre Bénéwendé Stanislas Sankara et son parti, l’UNIR-PS, se sont alliés à la majorité. Aujourd’hui, il est nommé ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville dans le gouvernement Dabiré II. Radars Info Burkina  a recueilli l’avis de certains  sankaristes à ce sujet.

Le parcours politique du président de l’UNIR-PS, Maitre Bénéwendé Stanislas Sankara, est apprécié de certains sankaristes qui pensent que ce dernier a joué un rôle important dans le monde politique burkinabè. Serge Bayala nous a donné ses impressions : « Ce sont des félicitations que nous adressons à M. Sankara  qui, dans son parcours politique, a apporté de façon spécifique sa pierre à l’édifice nationale ». Pour ce qui est de sa nomination en tant que ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, les sankaristes attendent beaucoup de lui. « Ce que nous attendons de lui en sa qualité de sankariste, c’est de revoir les aspects concernant l’organisation de la ville, l’organisation des rapports sociaux et de toutes les questions liées au foncier, en tant que sankariste c’est une occasion et un défi pour lui de prouver qu’il est à la hauteur de l’idéal de l’homme, un véritable  travail de justice sociale doit être introduit dans l’urbanisme et surtout traiter avec diligence et urgence la question du foncier liée à l’accaparement des terres par des promoteurs immobiliers». A la suite de son intervention, notre interlocuteur nous a rappelé ce qu’était la vision de Thomas Sankara en ce qui concerne le foncier. « Sankara dans sa vision avait perçu la nécessité de faire en sorte que devant la terre, le foncier et le droit au logement, il n y ait pas des citoyens qui aient mille parcelles et qu’il y ait de l’autre côté des milliers de citoyens qui n’aient même pas un non-loti ». La différence de l’idéologie prônée par les sankaristes  et celle du MPP n’est pas un frein à la résolution des problèmes liés à l’urbanisme. karist 2Ainsi, Serge Bayala explique : « Thomas Sankara a travaillé à deux reprises en tant que secrétaire d’information pour un pouvoir hyper libéral et hyper corrompu et il a été aussi Premier ministre sous Jean Baptiste Ouédraogo ; les valeurs qu’il avait n’étaient pas assimilables à celles de ces derniers mais il a su garder sa dignité et il a mis en valeur sa propre vision et sa propre conception de la gouvernance politique ». Avant de terminer, notre interlocuteur rappelle que les espaces verts sont également à protéger. Ainsi, il nous confie : « La gestion du patrimoine vert est également importante parce qu’il permet aux populations de faire le sport ou d’autres activités récréatives nécessaires pour l’hygiène publique, ils sont malheureusement exploités par les promoteurs immobiliers ».

karist 3Toutefois, il espère que l’urbanisation sera réorganisée et que  Maitre Sankara fera en sorte qu’on ressente dans les politiques publiques qu’il viendrait à dégager sa fidélité à l’idéal Sankara.

Quant à  Inoussa Konaté, sankariste, il avoue avoir été surpris de la nomination de Maitre Sankara mais il pense tout de même que ce dernier accomplira bien les tâches qui lui ont été confiées au sein de son ministère : « Je pense qu’il pourra se charger de ce ministre même si c’est en petite partie, cela nous sera utile parce que notre pays vit beaucoup de problèmes liés au foncier et cela est en train de prendre de l’ampleur ». A son avis, il y a trop de problèmes liés à l’urbanisme et il pense que Maitre Sankara devra beaucoup travailler dans ce sens : « cela fait quelques années que les problèmes sont recurrents, il ya beaucoup de personnes qui ont des pacifs en matière de foncier et qui n’ont pas été réglé depuis 2015 ». Dans la suite de son intervention, il explique que le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville doit travailler en collaboration avec celui de la Cohésion sociale parce que ledit ministère ne lutte pas uniquement contre les terroristes mais il traite aussi les questions du vivre-ensemble et les questions de justice sociale et d’équité entre les nantis et les moins nantis. Cette collaboration permettra que personne ne se sente lésé parce qu’il n’a pas la possibilité de plaider pour sa propre cause en tant que citoyen burkinabè. Toutes ces différentes questions doivent donc être réglées dès maintenant  par la question de la justice sociale au niveau du foncier, a-t-il conclu.

Les sankaristes souhaitent un bon mandat au désormais ministre Bénéwendé Sankara tout en espérant voir un changement s’opérer au niveau du foncier.

Stéphanie W.Lallogo

 

diabr uneVoilà qui est clair. Très attendu depuis sa nomination sur son choix de rejoindre la majorité présidentielle, Zéphirin Diabré, au cours d’une cérémonie sobre de présentation de vœux de son parti, a répondu à ses détracteurs mardi 12 janvier. Toutefois, des questions continuent de tarauder les esprits. Ne serait-ce pas là la chute programmée de l’opposant politique historique ? Zeph ne se contredit-il pas en allant à la majorité présidentielle alors qu’il la qualifiait « d’incapable » ?

Finalement, Zéphirin Diabré ne sort pas perdant de la présidentielle de 2020. Dans la nouvelle composition de l’exécutif, il s’est vu solliciter par le président du Faso pour réconcilier les fils et filles du Burkina Faso. Une nomination qui fait couler beaucoup d’encre depuis des heures au sein de l’opinion et qui laisse croire que l’homme aura hypothéqué sa carrière politique. Conscient de la polémique que suscite sa nomination depuis des heures au sein de l’opinion, le désormais ex-chef de file l’opposition politique s’est voulu clair. «Nous nous sommes engagés en politique en décidant de nous-mêmes, et pour tout choix que nous faisons, qu’il soit stratégique ou tactique, c’est d’abord à nous-mêmes que nous devons rendre compte et à personne d’autre », a répondu Zéphirin Diabré à tous ceux qui estiment qu’il a fait un mauvais choix en acceptant de rejoindre la majorité.

diabr 2A travers ce choix qu’il entend assumer avec détermination, le président de la 3e  force politique burkinabè annonce que son parti quitte officiellement l’institution Chef de file de l’opposition politique (CFOP) et ce, pour  une mission plus noble. diabr 3« Ainsi donc, après avoir été un parti d’opposition pendant 10 ans et après avoir dirigé l’opposition politique pendant d’abord 2 ans et ensuite 5 ans, l’UPC ne siège plus au sein de l’opposition politique burkinabè », a-t-il affirmé.

C’est au regard de l’enjeu que représente  la cohésion nationale pour le destin du Burkina Faso, et prenant en compte la position constante de l’Union pour le progrès et le changement sur la réconciliation, que le choix du président du Faso s’est fait délibérément, selon lui. « Les termes de cette nomination et l’ancrage institutionnel montrent clairement que nous sommes dans le registre, non pas d’un ministère classique dont les attributions et l’organisation seraient définies et manipulables à souhait, mais plutôt d’une mission précise à exécuter aux côtés du président du Faso », a soutenu Zéphirin Diabré.

Pour conclure, le désormais ministre d’État, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, a assuré le président du Faso de son entière loyauté et de son engagement ferme à réussir la mission qui lui est assignée. 

Bruno Bayala

seil uneAprès la formation du gouvernement Dabiré II, l’équipe gouvernementale a tenu son premier Conseil des ministres dans la matinée du lundi 11 janvier 2021. Au cœur de la rencontre, les orientations du président du Faso où il est attendu des résultats concrets et des comportements qualifiés de rupture avec toutes les couches de la société.

Le nouveau gouvernement burkinabè est connu depuis dimanche 10 janvier. Dans la composition de cette équipe gouvernementale, on assiste à la création d’un ministère de la Réconciliation nationale qui sera dirigé par l’ancien chef de file de l’opposition politique Zéphirin Diabré. La création de ce ministère, explique le Premier ministre, est une réponse au programme de campagne du président Kaboré. « Nous avons fait une ouverture politique de manière à assurer le renforcement du dialogue politique et afin que ce dialogue politique ne soit pas en dehors du gouvernement ; qu’il commence à l’intérieur du gouvernement et se poursuive avec les autres forces politiques qui ne sont pas associées au gouvernement. C’est ainsi que nous avons fait appel à Zéphirin Diabré, qui a accepté de s’associer aux actions du gouvernement pour accélérer le processus de réconciliation nationale », a expliqué M. Dabiré à sa sortie du Conseil des ministres lundi 11 janvier.

seil 2Cette nomination n’est pas une surprise, de l’avis de Me Apollinaire Kyelem de Tambela, qui a  rappelé que « Zéphirin Diabré a lui-même dit qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit dans le CFOP ». Voici l’analyse faite par l’homme de droit  à ce sujet : « S’il dit ça, vous voulez qu’il soit où ? N’étant pas dans le CFOP, il va être où ? Dès le soir des élections, Zéphirin Diabré a compris que sa tactique n’avait pas marché et qu’il lui fallait changer son fusil d’épaule. » L’autre fait marquant est l’arrivée dans ce nouveau gouvernement  de Me Bénéwende Sankara en qualité de ministre de l'Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville. seil 3Ce choix a été porté sur le président de l’UNIR/PS pour régler efficacement et juridiquement les questions foncières « parce que la réforme foncière qui doit nécessairement contribuer à faire en sorte que notre politique en la matière soit solide et réponde aux préoccupations de l’ensemble des populations doit être conduite par des hommes qui ont la maîtrise juridique de ces questions », a déclaré le chef de la primature. Mais cet argument est infondé, selon l’analyste Kyelem, qui rappelle que l’UNIR/PS était déjà dans la majorité présidentielle, laquelle a soutenu la candidature à l’élection présidentielle de Roch Marc Christian Kaboré.

Et l’avocat de faire remarquer que Bénéwendé Sankara ne pouvait plus être 1er  vice-président de l’Assemblée nationale d’autant plus que d’autres partis de la majorité présidentielle ont obtenu un nombre plus représentatif de députés à l’hémicycle que le sien. « Etre nommé ministre est plus prestigieux qu’être 3e ou 4e vice-président de l’Assemblée nationale. Il fallait donc contenter Me Sankara parce qu’on ne pouvait laisser l’UNIR/PS sans membre dans le gouvernement », a-t-il poursuivi.

Zéphirin Diabré a, pour sa part, informé la presse que demain mardi 12 janvier, lui et son parti expliqueraient leur option de faire partie de ce gouvernement.

Bruno Bayala

tnnlNommé ministre d’État, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, le désormais ex-chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré, joue son avenir politique.

Sous les projecteurs, pendant les manifestations appelant à la non-modification de l’article 37 limitant le nombre de mandats présidentiels, il avait stratégiquement mais maladroitement décliné le fauteuil de président de la transition au lendemain de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. Aujourd’hui, il est disposé à s’accommoder d’une toge de réconciliateur d’un peuple qui a plus mal à sa justice qu’à une supposée réconciliation entre les populations et de présumés criminels politiques, économiques et de sang qui n’auraient pas le courage d’assumer leurs actes. L’idéal serait qu’il soit la courroie de transmission entre l’exécutif et les groupes armés. Les populations pourraient voir d’un bon œil ses talents de facilitateur face à l’hydre terroriste, qui freine l’élan du développement du Burkina Faso.

Probablement résigné par le fait qu’accéder à la magistrature suprême ne sera pas pour lui une évidence, le président du l’Union pour le progrès et le changement (UPC), le parti du Lion, s’est assoupi sous les branches ombragées d’un verger d’orangers (MPP). C’est l’illustration parfaite qu’en démocratie, les jeux d’intérêt priment sur les discours de façade ou de campagne. Certains politiciens sont similaires à des parturientes qui, jurant sur tous les saints, sont prêtes à faire vœu de chasteté.

Quel est aujourd’hui l’avis, au sujet de cette nomination, des militants de l’Union pour le progrès et le changement qui avaient vite fait de qualifier de traîtres les frondeurs et autres démissionnaires dudit parti ? Le ministre réconciliateur pourra-t-il un jour se réconcilier avec les sympathisants de l’UPC qui avaient placé leur plus grand espoir en lui ? Sauront-ils faire la part des choses entre leur leader et le ministre d’État « tout frais » qui estime être en mission républicaine pour l’intérêt supérieur de la nation ? Dans les arcanes du pouvoir, il se susurre que le ministre Diabré et le président Roch ont une haute estime l’un pour l’autre. Le gentlemen agreement tacite entre ces deux sphinx en politique, prévalant pendant le premier quinquennat de Roch, était bien emballé sous le vocable de trêve sociale.

Zeph, le soldat déserteur de l’UPC, aura en face de lui ceux qui sont en conflit avec leur propre pays du fait de certaines pesanteurs politiques ou politiciennes et une grande majorité de Burkinabè qui attendent que justice soit rendue aux nombreux martyrs ne bénéficiant que chaque année d’un simulacre d’hommage et de promesses.  

www.radarsburkina.net  

reconduct uneInvesti le 28 décembre 2020 en présence de plusieurs chefs d’Etat, le président du Faso a finalement reconduit mardi 5 janvier 2021 son ancien Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré. Radars Info Burkina a contacté des acteurs politiques. Voici leurs appréciations de cette nomination.

Fin du suspense ! Roch Marc Christian Kaboré s’est finalement décidé à choisir le chef du gouvernement. Un choix porté sur son ancien Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré. Cette nomination tant attendue de la population est diversement appréciée par les acteurs politiques.

Selon le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, la nomination du Premier ministre ne lui fait ni froid ni chaud. «Nous les attendons sur le terrain pour la mise en œuvre rapide des promesses de campagne », a-t-il poursuivi.

Pour lui, c’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai maçon. Il ajoute que le président du Faso devra tenir toutes ses promesses de campagne. « La réconciliation nationale, le retour de la paix rapide afin d’éviter à notre pays d’être endeuillé chaque semaine, la relance économique pour fournir de l’emploi aux jeunes et aux femmes afin que le panier de la ménagère soit amélioré, tels sont nos souhaits. Nous espérons également qu’il y aura la cohésion sociale avec les syndicats dont les requêtes n’ont toujours pas été satisfaites », a déclaré M. Komboïgo. 

reconduct 2De l’avis de Maître Bénéwendé Sankara, président de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS), membre de la majorité présidentielle, le temps mis pour désigner le Premier ministre ne peut être source de polémique,  car le président du Faso devait nécessairement prendre le temps d’analyser le profil des différentes personnes qui lui ont été proposées, mais aussi d’écouter l’opinion afin de faire un bon choix. La reconduction du Premier ministre Dabiré n’est pas une surprise pour lui puisque, selon ses dires, celui-ci à toutes les compétences qu’il faut pour être à la tête du gouvernement burkinabè. « En tout état de cause, je pense que le président du Faso, qui a la prérogative constitutionnelle de désigner son Premier ministre, doit nécessairement prendre du temps pour mûrir sa réflexion, voir le profil des premiers ministrables, écouter aussi l’opinion », a-t-il analysé. Selon lui, les défis  du gouvernement tels que la réconciliation nationale, le respect des mesures barrières dans la lutte contre la propagation de la maladie à coronavirus et les actions structurantes du gouvernement peuvent être relevés avec un Premier ministre comme Christophe Joseph Marie Dabiré. « Il y a les engagements du chef de l’Etat, notamment la réconciliation nationale qui est aussi une question qui urge. Il y a aussi la maladie à coronavirus. Il va falloir revoir les mesures barrières, impliquer de toute urgence les populations dans le respect des mesures barrières ; mais il y a aussi les actions structurantes du gouvernement », a-t-il ajouté.reconduct 3

Pour la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), ce qui compte, ce sont les attentes du président qui l’a nommé et la mission qu’il lui assigne. «Si on considère les nombreuses supputations qu’il y a eu sur le profil du Premier ministre, vous conviendrez que la nomination d’un Premier ministre surprend toujours certains. Ce que nous pouvons relever, c’est que sa gouvernance a été décevante à plus d’un titre : en matière de lutte contre le terrorisme et la corruption, en matière de respect des textes, en matière de dialogue social et de traitement des crimes de sang et des crimes économiques», a  souligné Norbert Ouangré,  secrétaire général adjoint de la CGT-B.

Selon ce dernier, la gestion de la fronde sociale est la preuve tangible de l’incapacité du chef du gouvernement. Il en veut pour preuve le bilan dressé. « Pendant tout son mandat, la seule rencontre gouvernement/syndicats qu’il a organisée s’est terminée en queue de poisson ! C’est inédit », a-t-il martelé.

Il a ensuite relevé  de nombreuses atteintes à la liberté syndicale avec des levées de sit-in, des révocations, des suspensions de salaires effectuées en violation des textes. « Le comble, c’est le refus d’exécuter des décisions de justice de dernier ressort tel qu’on l’a vu avec les militants de l’Alliance police nationale (APN), eux qui disposent de décisions de justice de dernier ressort que leurs supérieurs refusent toujours d’exécuter. Du reste, le chef de l’Etat a évoqué dans son message à la nation des insuffisances sur le plan des libertés. Peut-être peut-on espérer un ressaisissement », a t-il lancé.

Néanmoins, il a précisé que plusieurs dossiers sont sur le point de connaître un dénouement heureux.

Et Eddie Komboïgo d’informer que l’opposition politique entend organiser les jours à venir une conférence de presse pour se prononcer sur le gouvernement qui sera mis en place par Christophe Joseph Marie Dabiré.

Bruno Bayala

srm uneHier,  28 décembre 2020, le président Roch Marc Christian Kaboré a été investi pour un second mandat de 5 ans à la tête du Burkina. Radars Info Burkina a sillonné les rues de la ville de Ouagadougou pour recueillir les avis et souhaits de citoyens sur ce nouveau mandat.

« Le discours du président était appréciable et nous lui souhaitons un bon mandat. Son discours englobait l’essentiel », a déclaré Abdoulaye Ouédraogo.

« C’est un discours qui témoignait de sa volonté d’apporter un changement qualitatif à la gouvernance du  pays et on sent qu’il a à cœur de résoudre un certains nombre de préoccupations majeures. Il a bien compris les préoccupations  actuelles du peuple burkinabè, qui sont notamment relatives à la question de la sécurité avec le terrorisme. Personnellement, je viens d’une des provinces touchées par ce phénomène, précisément du Sourou. Il y a aussi la question sociale qui a été prise en compte. Dans le discours présidentiel, on a senti beaucoup de détermination à affronter les difficultés de l’heure. C’est vraiment encourageant », a affirmé pour sa part Robert Bibia Sangaré, ancien DG du CHU Yalgado-Ouédraogo.

« Le président a prononcé un grand discours qui traduit les aspirations profondes du peuple. Il a exprimé son engagement à travailler pour la cohésion sociale  en posant beaucoup d’actions pour résoudre tout ce qu’il y a comme difficultés de justice et crimes de sang.  Il a placé son mandat sous le signe de la bonne gouvernance et c’est ce que nous attendons tous », a-t-il ajouté.

« C’est un discours d’espoir et nous pensons qu’avec la mise en œuvre des promesses électorales, le Burkina ne pourra qu’aller de l’avant parce qu’il a déjà fait ses preuves. Nous souhaitons qu’il y ait la paix dans le pays et que président nouvellement investi vienne à bout de l’hydre terroriste », a souhaité un citoyen ayant requis l’anonymat.

srm 2Pour Zimposgo Naaba, « le président a tout dit et nous souhaitons qu’il agisse selon les aspirations du peuple ».

En ce qui concerne Sylvain Hema,  pour le second mandat de Roch Kaboré, la première des choses qu’il attend, c’est la sécurité. « S’il y a la sécurité, on pourra réaliser beaucoup de projets. J’ai confiance en lui, comme il a promis, nous pensons qu’il va vraiment travailler pour qu’il y ait la sécurité au Burkina Faso. Ainsi, il y aura la quiétude et chacun pourra vaquer tranquillement à ses occupations. »

srm 3Au-delà de la question sécuritaire, c’est de travailler à ce qu’il y ait l’auto emploi des jeunes. « Généralement ici au Burkina Faso, les gens veulent travailler dans la Fonction publique. Pourtant c’est difficile. Donc il va falloir multiplier les formations au profit des jeunes pour leur permettre d’être indépendants en matière de travail ».

Pour Sayouba Kaboré, le président devra veiller à la baisse du prix des denrées alimentaires.  Au niveau de la santé, il faut bien approvisionner les centres de santé et pharmacies en médicaments. 

« Nous voulons la paix, le développement économique et la cohésion sociale », a ajouté Ousseni Sawadogo.

Mme Kagambèga, elle, félicite le président pour les élections apaissés, ainsi que pour ses efforts lors de son mandat passé. Elle souhaite qu’il puisse restaurer la sécurité et qu’il travaille à la réconciliation nationale. « Nous souhaitons qu’il trouve des personnes sages et conscientes des maux de notre Faso pour constituer son gouvernement afin qu’elles l’aident à dérouler son programme»,  a-t-elle précisé.

Souley Sawadogo souhaite que Dieu aide le président nouvellement réélu à bien gouverner durant les 5 ans à venir. Il souhaite également que le Roch Kaboré travaille à faire baisser le taux de chômage du pays. Le vœu de M. Sawadogo est que l’on consomme plus nos produits locaux au lieu d’en importer. « Je suis soudeur ; j’ai remarqué du recul dans le travail parce que nous importons plus de produits que nous avons déjà dans le pays ou que nous pouvons même produire. Hélas, nos services sont   délaissés au détriment d’autres et cela doit être revu », a-t-il ajouté.

K. Arnold Junior Sawadogo (stagiaire)

titure uneRéélu Président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre 2020 avec 57,74%  des suffrages, Roch Marc Christian Kaboré a été investi ce lundi 28 décembre. La cérémonie solennelle de prestation de serment au palais des Sports de Ouaga 2000 a connu la présence de 10 chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest. Radars Info Burkina a tendu son micro à des analystes politiques et leaders de la société civile pour avoir leurs appréciations du discours du Président ainsi que leurs attentes de ce nouveau quinquennat.

Roch Marc Christian Kaboré a indiqué que ce nouveau quinquennat s’annonce avec plein de défis et d’espoirs pour la construction du Burkina Faso et la satisfaction des aspirations légitimes du peuple.  Pour concrétiser sa volonté d’associer tous les Burkinabè à la conduite des affaires publiques, il a  déclaré qu’il  lancerait dans les mois à venir de larges consultations afin de définir les voies d’une réconciliation nationale véritable. La bonne gouvernance sera au centre des préoccupations pour ce quinquennat.

« C’est un discours de bonne espérance parce qu’il est allé à l’essentiel et je crois qu’il a réitéré pas mal de demandes de la population. Il a parlé de la question sécuritaire, de la réconciliation nationale, mais aussi de la transformation de notre société puisqu’il invite les Burkinabè à changer de mentalité », a analysé Lionel Bilgo, analyste politique.

titure 2Pour lui, Roch Marc Christian Kaboré se présente comme le Président de tous les Burkinabè et c’est un discours qu’il faut prendre à la lettre, mais aussi surveiller et superviser de sorte qu’il tienne parole.

Selon Siaka Coulibaly, également analyste politique, le gros chantier de la réconciliation nationale  est en lien direct avec la question de la sécurité. « Le Président a également évoqué la question de la corruption qui est un chantier important de l’action gouvernementale. La question de la justice et d’autres secteurs moins importants que celle de la réconciliation et de la sécurité ont été également évoqués », a-t-il souligné.  

A son avis, sur la base de l’expérience de Roch Kaboré de ces cinq dernières années, mais aussi sur la base des demandes formulées par les différentes composantes de la société burkinabè et candidats à l’élection présidentielle, « il va essayer de synthétiser une action gouvernementale basée sur le réel cette fois-ci ».

titure 3L’artiste musicien Smockey du mouvement Balai citoyen  souhaite d’abord que ce second mandat de M. Kaboré permette de  rétablir la sécurité sur tout le territoire national. En plus de souhaiter qu’il donne l’exemple et assainisse de façon générale la gestion des fonds publics afin d’éliminer la corruption, il veut que le gouvernement mène à terme les dossiers emblématiques qui sont pendants en justice.

« Il faut valoriser plus la culture à travers des investissements qui permettront de développer ce secteur et d’augmenter les productions », a-t-il demandé.

Pour ce nouveau mandat de Roch Kaboré, M. Bilgo attend beaucoup de technicité, un peu plus de professionnalisme dans la gestion même du pouvoir et dans la gouvernance principalement.

Siaka Coulibaly a soutenu que le Président du Faso  connaît aujourd’hui les besoins de la société burkinabè, à travers les attentes qui sont formulées. « Il lui reste à mon sens à trouver les hommes et les femmes qui sont indispensables à la réalisation des objectifs qu’il s’est fixés. C’est là où il va peut être falloir l’attendre et voir s’il pourra réunir l’équipe ou les équipes car il y a plusieurs niveaux d’intervention qui lui sont nécessaires pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés », a-t-il déclaré.

Lionel Bilgo dit donc attendre du Président qu’il fasse un casting qui colle aux réalités du Burkina Faso. « Un casting du gouvernement qui va  travailler à sortir notre pays de l’ornière dans laquelle il est. Et je pense qu’il a pu avoir cinq années pour comprendre la difficulté qui est de manager un peuple comme le peuple burkinabè. Cette première expérience lui donne beaucoup plus d’atouts pour mieux sélectionner, choisir et donner le cap pour transformer le pays », a-t-il analysé.

Il a ajouté que si Roch Marc Christian Kaboré  se réfère à sa première expérience de la gestion du pays, il va éviter certains écueils ou certains pièges qu’il n’a pas su éviter durant son premier quinquennat.

Et Siaka Coulibaly de conclure que le  chef de l’Etat est à une phase où il a besoin de faire plus de résultats, non pas pour se faire réélire mais plutôt pour rester comme un homme politique qui aura marqué son époque.

Aly Tinto

 

 

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes