mercredi 4 mars 2026

commiss uneAprès avoir suspendu hier 23 novembre 2020 la publication des premiers résultats commune par commue de la présidentielle à cause du retrait de cinq commissaires, Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a invité les hommes de médias cet après-midi du mardi 24 novembre, pour faire une déclaration sur la situation post-électorale au sein de sa structure. Jusqu’à 15h, les 5 commissaires n’étant toujours pas présents, les 10 autres ont décidé de poursuivre la proclamation des résultats car le quorum était atteint.

Hier 23 novembre à 9h, conformément à la lettre de convocation de la plénière du 22 novembre, les quinze commissaires se sont retrouvés pour commencer la validation et la proclamation des résultats de la présidentielle.

Selon Newton Ahmed Barry, avant le début des travaux, le constat était qu’à côté de la compilation manuelle et conformément à l’article 97 du Code électoral, certains Centres de compilation des résultats (CCR) n’avaient pas fait de compilation manuelle.

Alors, ils ont échangé et délibéré au sein de la commission pour voir si ce facteur pouvait empêcher le début des travaux.

« Nous avons dit que nous allions instruire tous les CCR qui ne l’avaient pas fait afin que dans la diligence ils nous fassent parvenir les compilations manuelles. De façon unanime, nous avons commencé la délibération et la proclamation des premiers résultats des communes », a-t-il expliqué. 

Mais vers 16h, alors qu’ils avaient fait deux à trois tours de proclamation des résultats, cinq des commissaires (ceux de l’opposition politique) sont revenus sur la question de la compilation manuelle des résultats.

commiss 2

« Ils ont dit que comme ils n’avaient pas une vue très précise sur le fait que cela a été fait dans la majorité des cas ou pas, il était préférable que nous suspendions la proclamation et que nous nous donnions toute la nuit pour instruire les CCR pour que dans la diligence les compilations manuelles nous parviennent jusqu’à 8h ce mardi pour nous permettre de rependre nos travaux », a précisé M. Barry.

Ce matin à 8h, les dix commissaires étaient présents. L’absence des cinq autres a pu être constatée.  « Nous avons pris l’initiative de savoir pourquoi ils n’étaient pas au rendez-vous. Ils nous ont répondu que c’est parce qu’ils n’étaient pas sûrs que la compilation manuelle a pu être faite sur l’ensemble des CCR. Que pour s’en convaincre, c’était mieux de reporter l’heure de la reprise des travaux », a-t-il confié.

Après concertation, les 10 commissaires ont accepté le report pour 10h. A cette heure, les 5 autres n’étaient toujours pas présents.

« Une fois de plus nous sommes entrés en contact   avec eux. La question leur avait été posée de savoir éventuellement si le fait de ne pas venir constituait une suspension de leur participation aux travaux de délibération et de proclamation des résultats. Ils nous ont tous assurés qu’il n’en était pas ainsi et que si on se donnait suffisamment de temps on pouvait avoir toutes les compilations manuelles et commencer. Nous avons dit que dans ce cas nous allons proroger les délais de reprise et nous donner comme deadline 14h de ce jour », a poursuivi le président de la CENI.

A 15h, les 5 commissaires n’étaient toujours pas revenus. « Les 10 commissaires ici présents, en application du règlement intérieur de la CENI sur la question du quorum, ont décidé de la reprise de l’examen de la validation et de la publication des résultats », a indiqué Newton Ahmed Barry.

Selon lui, la CENI est tenue par les délais et c’est sa responsabilité de proclamer les résultats provisoires.

« Il appartiendra au Conseil constitutionnel d’en décider en dernier ressort », a conclu Newton Ahmed Barry.

En rappel, hier lundi dans la soirée, 6 candidats de l’opposition politique ont prévenu qu’ils n’accepteraient pas des résultats entachés d’irrégularités.

Aly Tinto  

impr uneOn a constaté depuis hier, lundi 23 novembre, l’arrêt de la publication des résultats du double scrutin du 22 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pourtant, de nombreux Burkinabè étaient impatients d’avoir les résultats finaux de cette élection couplée. Radars Info Burkina a promené son micro dans la ville de Ouagadougou pour recueillir les impressions des citoyens sur cette situation.  Lisez plutôt.

Les avis au sein de la population sont partagés. Si pour certains citoyens burkinabè il n’y a pas lieu de contester les résultats des votes, pour d’autres par contre il faut les revoir sans pour autant annuler les élections. Mais il y a aussi ceux qui pensent que les différents partis doivent trouver un consensus pour éviter que la situation dégénère.

Jean Camille Ziba dit avoir appris depuis hier dans l’après-midi la suspension de la proclamation des premiers résultats du double scrutin en raison de la fraude dénoncée par l’opposition politique. « Je pense que cet arrêt relève d’une grande sagesse pour ne pas créer plus de polémique et de tension entre les gens. Mieux vaut arrêter, trouver un terrain d’entente pour que tout le monde soit au même niveau de compréhension et qu’il y ait la transparence », déclare-t-il. Et d’ajouter qu’il pense que ce temps mort permettra de calmer la population. Il pense également que l’opposition est dans son rôle quand elle dénonce cette situation.  Elle doit porter plainte en cas de fraude et se concerter.

impr 2« Nous ne sommes pas sans savoir qu’ils ont également injecté de l’argent dans leur campagne comme tout autre parti et que le Code électoral sanctionne la fraude », lance M. Ziba.

Augustin Zongo abonde dans le même sens, lui qui déclare : « Je pense que la CENI veut aller dans le sens de l’apaisement, au moins écouter les opposants avant de se prononcer sur la suite du processus. » A son avis, cette suspension est une bonne chose et la réaction de l’opposition est normale parce qu’elle a eu ses représentants dans les bureaux de vote.  « Il se peut que les opposants aient d’autres informations sur lesdites fraudes, mais la manière de se plaindre n’est pas bonne », affirme M. Zongo, qui ajoute que l’opposition burkinabè est composée d’hommes qui devraient suivre les voies légales de recours en cas de suspicions de fraude électorale.

impr 3Selon Cédric Bazié, il n’y a pas eu de magouilles à ces élections.  « Si le MPP a gagné, l’opposition doit l’accepter et ceux qui ont perdu devront s’armer de patience et de courage et attendre les prochaines échéances électorales». Pour lui, les membres de l’opposition ne sont que de mauvais perdants.

Pour le Dr Inoussa Zongo, « il faut proclamer les résultats tels que nous les avons actuellement ; il faut aller jusqu’au bout. C’est vrai que l’opposition les conteste au motif qu’il y a eu fraude, mais où sont les preuves de cette présumée fraude ? On entend parler d’irrégularités. Une irrégularité n’est pas forcément une fraude, mais peut être due à une mauvaise organisation du scrutin, donc aujourd’hui tout le monde devrait accepter les résultats de ces élections. »

Si la plupart des citoyens prônent l’entente et la paix, d’autres personnes, à l’exemple d’un commerçant de la place, affirment être prêtes à descendre dans la rue s’il le faut.

Un autre a abondé dans ce sens, lequel a déclaré : « J’adhère à cette contestation des résultats car pour moi, s’il y a eu des irrégularités il faut les dénoncer. »

 

Arnold Junior Sawadogo et Farida Elise Sawadogo (stagiaires)

cfopb uneAu lendemain de la tenue des élections couplées, pendant que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) publiait les premiers résultats de la présidentielle commune par commune, les candidats signataires de l’accord politique de l’opposition se sont réunis au siège du CFOP. Objectif : Fustiger la « mauvaise organisation des élections » par la CENI. Ils ont, dans la foulée, prévenu qu’ils « n’accepteront pas des résultats entachés d’irrégularités et qui ne reflètent pas la volonté du peuple burkinabé ».

Ce sont les candidats à la présidentielle Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo, Me Gilbert Noël Ouédraogo, Tahirou Barry, Ablassé Ouédraogo et Kadré Désiré Ouédraogo qui ont convié les hommes de médias pour livrer leur déclaration commune en lien avec les élections du dimanche 22 novembre 2020.

Ils ont d’abord exprimé leur consternation quant à la manière dont les élections ont été organisées.

« Contrairement aux dispositions du Code électoral qui prévoient une compilation manuelle des résultats au niveau des Centres communaux de compilation (CCCR), la CENI a procédé à l’annonce de résultats largement favorables à la majorité sortante sans avoir procédé à cette compilation manuelle », ont-ils dénoncé.

cfopb 2Pour ces candidats, l’ensemble du processus a été fortement émaillé de fraudes. Comme autres irrégularités et insuffisances qu’ils ont relevées, on peut citer la modification, à la dernier minute et de manière informelle, du nombre et de la cartographie des bureaux de vote retenus pour les élections ; l’ouverture tardive et même la non-ouverture de plusieurs dizaines de bureaux sur l’ensemble du territoire national ; le fait que des électeurs détenteurs de cartes d’électeur ont été refoulés des bureaux de vote du fait de l’absence de leurs noms sur les listes imprimées ; le non-affichage des listes des électeurs devant les bureaux de vote comme cela est prescrit par les textes ; la non-prise en charge des représentants des partis politiques dans les bureaux de vote contrairement aux dispositions de la loi électorale.

« De ce qui précède, il est constant que la CENI n’a pas été à la hauteur de la mission de bonne organisation des élections qui est à sa charge, chose qui a été relevée expressément par plusieurs observateurs internationaux », ont regretté les candidats signataires de l’accord politique de l’opposition.

Ainsi, pour eux, cette « mauvaise organisation » des élections a deux conséquences majeures : d’abord, elle pénalise les candidats de l’opposition, le pouvoir ayant toujours la possibilité de se réorganiser par rapport à la situation ; ensuite, elle jette le discrédit sur les résultats des scrutins dont la CENI a commencé la proclamation. « En tout état de cause, les signataires de l’accord politique de l’opposition n’accepteront pas des résultats entachés d’irrégularités et qui ne reflètent pas la volonté du peuple burkinabé », ont-ils conclu.

A la fin de lecture de cette déclaration commune par Tahirou Barry, des militants des partis de ces candidats ont fait irruption dans la salle. Dans le brouhaha, ils ont clairement dit qu’ils étaient déterminés à « empêcher une victoire par la fraude ».

Aly Tinto

 

apel uneAu lendemain du scrutin du 22 novembre, l’heure est à l’attente des résultats des élections, marquée par une atmosphère plutôt morose au siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

En cette après-midi du lendemain du scrutin, c’est une ambiance plutôt morose qui prévaut au siège du CDP. En attendant les résultats des élections couplées du 22 novembre, c’est le calme et la sérénité au siège du parti de l’épi et de la daba, même si l’atmosphère y est assez morne. Si certains sont affalés du fait de la fatigue consécutive à la veillée électorale organisée au sein dudit siège, d'autres se lancent dans des débats sur le scrutin couplé. Et chacun y va de son commentaire.

Selon l'analyse des militants du CDP, ils ne sauraient concevoir les résultats du scrutin du 22 novembre sans un second tour. « Le second tour est confirmé », scandent-ils. Et ils se disent confiants en la victoire de leur parti.

apel 3Par ailleurs, ils polémiquent sur certaines tendances données par quelques médias de la place. « La télévision nationale a publié des résultats de Kaya et il ressort que sur 100 votants, le MPP a obtenu 109 voix ; il y a donc quelque chose qui ne va pas », s'exclament-ils, exigeant des explications de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Peu après la publication des premiers résultats par la CENI, qui donnent favori le candidat Roch Marc Christian Kaboré du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), quelques protestations se font entendre. Mais pas pour longtemps, car le calme et la sérénité reviennent aussitôt après.

Tandis que le nombre de militants sur les lieux augmente avec de nouvelles arrivées, les festivités commencent. La musique, des pas de dance et de la boisson s'invitent au siège. «On célèbre notre victoire », peut-on entendre çà et là.

A l'heure où nous quittions les lieux, on notait l'absence des cadres dudit parti.

Farida Elise Sawadogo (stagiaire)

qgp uneLe QG du Mouvement du peuple pour progrès (MPP) se prépare à fêter son « coup K.-O. Notre victoire est en téléchargement », affirment d’ores et déjà des militants du parti au pouvoir réunis à son siège national. A l’inverse, le siège national de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) est désert.

Au lendemain des élections couplées du 22 novembre, le MPP a déjà dressé un grand podium pour accueillir le candidat dudit parti à la présidentielle dans la soirée. Pour Raoul Dabou, militant du parti du soleil-levant, leur victoire est « en téléchargement », car le parti a battu campagne avec beaucoup de sérieux et d’engagement. « Nous sommes satisfaits des premiers résultats proclamés. La victoire est assurée et notre candidat, Roch Marc Christian Kaboré, pourra continuer les chantiers de développement qu’il a entamés au cours de son premier quinquennat », a-t-il déclaré.

qgp 2S’agissant de la fraude, il dit que les auteurs seront sanctionnés, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition. « Le MPP est un parti assez fort pour aller convaincre et mériter ses résultats plutôt que de passer par la petite porte. Je ne crois pas auxdites fraudes, certains candidats, par endroits, ont sûrement vu leurs faiblesses face au MPP, donc ils ont décidé de porter ces accusations. »

gpc 3Au siège national du l’Union pour le progrès et le changement (UPC), les lieux étaient déserts ; aucune animation. A en croire un militant rencontré sur place, les membres dudit parti, qui dénoncent de multiples « irrégularités ayant entaché le double scrutin », étaient en route pour le CFOP et ont prévenu qu’ils n’accepteraient pas des résultats frauduleux.

Arnold Junior Sawadogo (Stagiaire)

nabb Ce dimanche 22 novembre au matin, les candidats de certains partis politiques comme le MPP, l’UPC et le CDP sont allés remplir leur devoir de citoyens en votant. Focus sur ce double scrutin.

Le président sortant a voté dans la matinée de ce dimanche 22 novembre 2020 à Ouagadougou, à l’école primaire B de la Patte-d’oie. Après avoir voté, Roch Marc Christian Kaboré a souligné qu’il est important que chaque Burkinabè aille voter pour choisir celui qui guidera le pays demain. « C’est tout ce qu’on demande », a-t-il dit. Il avait à ses côtés le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, et le ministre de la Défense, Chériff Sy.

Au sujet des accusations de fraude électorale portées par de l’opposition politique contre le parti au pouvoir, Roche Marc Christian Kaboré a indiqué qu’il ne va pas réagir parce que l’heure est au vote et non aux polémiques.

« J’aurai l’occasion, en temps opportun, de revenir sur ces questions », a indiqué le candidat Kaboré.

Le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, lui, a voté à l’école franco-arabe sise à la zone du bois vers 10 h. « C’est un grand jour pour notre démocratie et j’invite l’ensemble de la population à sortir massivement afin d’exprimer son choix et sa volonté à travers les urnes », a déclaré Zéphirin Diabré. Après avoir accompli son devoir citoyen, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) est revenu sur les points clés de la conférence de presse tenue la veille au siège de ladite institution et au cours de laquelle ont été pointées certaines irrégularités, notamment les achats de conscience et la fermeture de certains bureaux de vote aux dernières heures du double scrutin.

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« Je suis un homme de paix, mais je ne suis pas l’idiot du village, encore moins le dindon de la farce », a clamé le candidat au scrutin couplé du 22 novembre. Il félicitera le vainqueur si les résultats sont sincères, sinon il n’acceptera pas une mascarade électorale, a prévenu le candidat du parti dont l’emblème est un lion.

Quelques minutes après Zéphirin Diabré, le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, accompagné de son épouse, a voté vers 11 h à Ouagadougou à l’école Bogodogo 1, sise à la Zone du bois. Après son vote, il a invité ses compatriotes à remplir leur devoir civique comme lui.

zph« Nous sommes convaincu que nous allons gagner ces élections parce que le peuple a eu le temps de faire la comparaison entre la gestion du CDP d’avant et la gouvernance actuelle, très négative. Et comme je l’ai promis, si le CDP remporte la présidentielle, nous travaillerons afin que la paix revienne au Burkina, non pas par les armes mais par l’intelligence et la voie diplomatique», a précisé M. Komboïgo.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry, a convié les hommes de médias dimanche dans l’après-midi pour leur faire le point du déroulement des opérations de vote.

Selon lui, dans l’ensemble, les bureaux de vote ont ouvert ce matin à 6h dans leur grande majorité et les choses se déroulent plutôt bien.

«Même dans les régions du Sahel et de l’Est où nous avions des inquiétudes, la situation de vote est plutôt satisfaisante. Dans la province du Gourma, 365 bureaux ont ouvert sur les 510. Dans la Gnagna, il y a 436 bureaux de vote qui ont ouvert sur les 528. Par contre dans le Sahel, en temps normal la commune de Djibo a 83 bureaux de vote. On n’a pu ouvrir cette fois qu’à l’intérieur de la ville 38 bureaux de vote.

A Arbinda en temps normal, on a 100 bureaux de vote ; nous avons pu en ouvrir 25», a informé le président de la CENI.

Des difficultés en rapport avec les cartes d’électeur et de certains électeurs qui ne retrouvent pas leur bureau de vote ont aussi été relevées.

«S’agissant des cartes d’électeur, la raison souvent est que beaucoup se sont ré-enrôlés et ils n’ont pas pris le temps de changer de carte d’électeur.

S’ils mélangent les cartes et viennent avec l’ancienne carte pour voter, forcément ils ne se retrouveront pas dans le bureau de vote ancien parce que ce n’est plus le même numéro. Il y a également certaines situations dues à la fusion des bureaux de vote », a expliqué Newton Ahmed Barry.

Selon lui, la solution en pareille circonstance, c’est d’aller sur la plateforme de la CENI en faisant usage de la formule SMS en tapant 3169, d’introduire le message « ceni » en lettres minuscules puis espace suivi de son numéro de carte d’électeur. « Aussitôt, on vous envoie par SMS les données nouvelles de votre situation d’électeur », a-t-il conclu.

Arnold Junior Sawadogo (stagiaire)

maatisDébutée le 31 octobre dernier, la campagne électorale pour les élections couplées du dimanche 22 novembre prend fin ce vendredi à minuit. Radars Info Burkina a pris langue avec Mathias Tankoano, président du Conseil supérieur de la communication (CSC), pour savoir son appréciation de la couverture médiatique de cette campagne. 

Radars Info Burkina (RB) : Comment peut-on aujourd’hui envisager l’accès des candidats à la présidentielle et aux législatives aux publics ? Quelles ont été les actions menées dans le cadre de cette forme de communication politique ? 

Mathias Tankoano (MT) : Conformément à la loi, le CSC, en période électorale, veille à l’égal accès des candidats et des partis politiques aux médias publics  ainsi qu’à l’équilibre et au pluralisme, s’agissant des médias privés.

En ce qui concerne les médias publics, nous avons pris des décisions par le truchement du collège des conseillers en vue d’un passage équitable de tous les candidats à la présidentielle et de ceux en lice pour les législatives. Ainsi, pour la présidentielle nous avons eu deux passages pour chaque candidat  au niveau de la Radio télévision du Burkina (RTB) et un passage pour les partis politiques et liste d’indépendants.

Nous pouvons aussi vous assurer qu’en ce qui concerne la RTB télé, la RTB radio et le quotidien d’Etat Sidwaya, tous les candidats ont eu un traitement   égalitaire. Il est important de le souligner, car c’est là une première. Je félicite également les premiers responsables de ces médias d’Etat qui ont respecté scrupuleusement les décisions du CSC. Nous avons suivi ensemble au jour le jour l’application de cette décision. A l’heure où nous parlons, nous tirons vraiment une légitime satisfaction du bilan de la gestion de la campagne électorale par les médias d’Etat.

RB : Au-delà de certaines productions du CSC, qu’en est-il des contenus des sessions d’information ?

campain 2MT : En ce qui concerne les contenus des sessions d’information, nous avons procédé de la même façon. Tous les candidats à la présidentielle ont eu droit à 13 reportages de leurs meetings et activités. Donc au niveau de la présidentielle, tous les candidats ont eu droit au même nombre de reportages pendant les sessions d’information de la télévision et de la radio publiques. Concernant les législatives, nous avons 126 listes en compétition. Nous étions obligés donc de faire une répartition proportionnellement aux circonscriptions   électorales où ces listes se présentaient. Il y a eu des listes ou partis politiques qui ont eu droit à 6 reportages et les plus grands partis qui couvraient les 45 provinces ont eu droit à 16 reportages. Même lors des sessions d’information pendant les journaux parlés et pendant les émissions spéciales, l’équilibre a été respecté.

RB : On pourrait donc en déduire que le principal souci du CSC dans le cadre de la communication électorale réside au niveau des médias privés. Qu’en est-il précisément ?

MT : Dans l’ensemble, les médias privés ont respecté les principes de pluralisme et d’équilibre. Nous y avons veillé. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les faîtières des médias, ce qui nous a permis vraiment d’avoir  un tandem efficace. Cette année, nous saluons les médias privés  qui ont respecté le principe d’équilibre. Bien que les propriétaires de certains médias privés soient membres du gouvernement ou même candidats de l’opposition à la présidentielle, lesdits médias se sont conformés à la ligne tracée par le CSC. Je crois que c’est exceptionnel qu’on voie cela dans un pays. Cette manière de faire rassure sur notre processus démocratique. C’est la preuve qu’on peut et qu’on doit le consolider sur des bases et sur des principes établis et non sur des intérêts personnels. Bien sûr, il y a eu des dérapages, comme cela peut toujours arriver, mais ils ne sont pas de nature à remettre en cause le principe qui a été établi.  

RB : Parlant justement de dérapages, qu’en est-il des messages véhiculés par les candidats ?  Est-ce que ces messages transmis aux électeurs n’ont pas été par moments diffusés sur les médias burkinabè, ce qui pourrait être considéré comme des dérives ?

MT : Non. Dans l’ensemble les manquements ne concernent vraiment pas des propos tenus qui sont de nature à troubler la cohésion sociale.  S’agissant du discours politique, je vous fais une confidence : nous n’avons pas eu à censurer un seul mot des messages des candidats et des partis politiques. Cela  veut dire qu’il n’y a pas eu de volonté de tenir des propos haineux ou portant atteinte à la cohésion sociale.   

Les manquements constatés avaient plutôt trait au traitement de l’information, certains n’ayant pas pu manifestement  respecter le pluralisme ou l’équilibre. Ce sont des situations qui pourront être corrigées à l’avenir. Il y a également eu des manquements au Pacte de bonne conduite qui avait été signé par tous les acteurs.

Dans l’ensemble, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits du contenu du discours politique que nous avons écouté et suivi cette année.

Toutefois, il reste un défi ; le plus grand d’ailleurs. En effet, il faudra que les gens respectent la « journée du silence » qu’est celle du samedi 21 novembre, d’une part, et d’autre part que dans la proclamation des résultats, les médias suivent vraiment la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La CENI est la seule habilitée à proclamer les résultats provisoires. Cette année, cette institution proclamera les résultats provisoires commune par commue à travers les médias. Ce sont les médias qui auront la primeur de l’information. Il ne sert donc à rien que certains candidats ou leurs partisans créent la polémique en proclamant des résultats partiels ou se laissent avoir par des fake news.

Pour finir, je dirai qu’il est très important que les médias terminent le travail qu’ils ont si bien commencé.

Propos recueillis par Richard Tiéné et Aly Tinto

thiéné uneNous sommes à trois jours des élections couplées du 22 novembre au Burkina Faso. La campagne électorale à cet effet prend fin vendredi 19 à minuit. Au niveau des législatives Sylvain Bouma Thiéné est candidat sur la liste du Kadiogo en tant que premier suppléant pour le compte de la formation politique Coalition rupture pour un Burkina meilleur. Juriste de formation il a été candidat tête de liste dans le Sanguié aux élections législatives de 2015 sous la bannière du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF).

Selon Sylvain Bouma Thiéné, l’idée lui est venue de faire la politique depuis le lycée en Côte d’Ivoire en 2005.   « En pleine crise ivoirienne, j’ai remarqué que la jeunesse était manipulée par les hommes politiques. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour que cette jeunesse prenne conscience », dit-il.

Il rentre au pays en 2015. Une année après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre le juriste de formation constate que c’est plutôt une insurrection politique car « le peuple a été trahi ». « Ceux qui ont dirigé avec Blaise Compaoré 27 ans durant lui ont tourné le dos pour rejoindre l’opposition afin de le chasser du pouvoir. Ce sont les mêmes personnes qui sont revenues au pouvoir en 2015. Donc il fallait rentrer en politique pour lutter afin que le peuple puisse comprendre réellement les choses », explique Sylvain Thiéné.

thiéné 2Ainsi donc il a créé une association dénommée Union des jeunes Africains pour la paix et le développement (UJAPD) en 2017. Une association dont le but est de réunir toute la jeunesse africaine autour d’un même idéal.

A l’en croire, son association a mené différentes activités. Avec la crise sécuritaire que traverse le Burkina, elle a adressé une lettre ouverte au Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré. « Dans cette lettre nous avons fait des propositions de solutions de sortie de crise. Il y a des solutions qu’on ne pouvait pas étaler publiquement. Donc nous avons demandé une audience avec le Prédisent du Faso. Malheureusement il ne nous a pas reçus. C’était plutôt son directeur de Cabinet. Jusqu’à présent on n’a pas eu de retour favorable », regrette le candidat aux législatives. 

thiéné 3Pour cette campagne électorale qui s’achève, il est allé sur le terrain convaincre les électeurs. Il a procédé par le porte-à-porte pour leur expliquer sa vision.

« On espère que les électeurs ont compris le message que nous avons véhiculé. On est confiant », déclare Sylvain Thiéné.

Après son accession à l’Assemblée nationale, il compte d’abord faire en sorte que la population qu’il va  représenter puisse être au courant de tout ce qui se passe comme adoption de lois.

« Lorsque nous allons avoir un avant-projet de loi, nous allons d’abord analyser la loi et essayer de trouver un mécanisme comme des conférences publiques pour informer le peuple de cette loi. Nous allons expliquer pourquoi nous sommes pour ou contre l’avant-projet de loi. Par la suite c’est ce que le peuple va décider que nous allons suivre », précise M. Thiéné.

Il invite les électeurs à être vigilants, à choisir des hommes qui vont les représenter valablement à l’hémicycle.

« Nous pensons que nous sommes la personne la mieux placée pour représenter dignement ce peuple », conclut-il.  

Aly Tinto

tnto uneNous sommes à 5 jours des élections présidentielle et législatives au Burkina Faso.  Ils sont treize au total à vouloir s'installer au palais présidentiel de Kosyam. Outre les médias classiques, les réseaux sociaux sont exploités tant par les politiciens que par les activistes, chacun à sa manière.

La campagne électorale a débuté le 31 octobre dernier. Tous les candidats à la présidentielle ont leur page ou compte Facebook. Les partis politiques également disposent de pages fréquemment animées.   Certains partis politiques, en plus des publications, font souvent des directs de leurs meetings via ce canal.

Sur Twitter, certains candidats sont également présents. Des partis ont mobilisé des militants qui sont aussi des activistes pour une présence effective sur la toile.  

La première semaine de la campagne a été très animée dans la blogosphère avec d’abord la sortie de Simon Compaoré, président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), lors du premier grand meeting de son parti à Bobo-Dioulasso avec l’expression « Hakuna Matata » qui, traduite du swahili au français, signifie « il n’y a pas de problème ». La vidéo, très partagée sur WhatsApp et Facebook a amusé plus d’un internaute.

La réponse du candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, ne s’est pas fait attendre. « Akuna Shida », a en effet rétorqué ce dernier, ce qui signifie en swahili « il y a problème ».

tnto 2Par la suite, les internautes ont beaucoup commenté les options opposées entre le président sortant Roch Marc Christian Kaboré et deux adversaires Eddie Komboïgo et Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), quant à la lutte contre le terrorisme.

Kaboré est opposé à un éventuel dialogue avec les groupes armés. Pourtant Komboïgo et Diabré promettent le dialogue avec les groupes armés s’ils sont élus.

Par la suite, c’est la promesse de Zéphirien Diabré de « creuser un canal du Burkina Faso jusqu’à la mer » qui a mis en ébullition la toile. Pendant que certains croient à la réalisation du projet, d’autres par contre le jugent irréaliste et s’en moquent même.

Fait marquant, le 9 novembre, la page Facebook du ministère de  l'Urbanisme et de l'Habitat a publié une vidéo de la mobilisation des militants du MPP dans le Nayala. Très vite, les internautes ont fait des captures d’écran. Des activistes ont, à cette occasion, dénoncé une politisation de l’administration publique. Une publication supprimée quelques minutes après. « La Direction de la Communication et de la Presse Ministérielle s'excuse auprès de l'opinion publique de la publication relative à l'actualité politique. Votre page ne saurait faire l'apologie d'un parti politique », pouvait-on lire sur la page dudit ministère.

En outre, des images des candidats à la présidentielle qui ont de la peine à mobiliser pendant leurs sorties  ont été beaucoup partagées.

Depuis le lundi 16 novembre, c’est la sortie de l’artiste musicien Floby qui fait polémique sur la toile. Après avoir presté lors d’un meeting pour le MPP, l’artiste a déclaré : «Nous avons vu le projet de développement. Donc pour moi, c’est donner encore confiance à mon Papa Roch pour signer un nouveau contrat pour les 5 ans à venir pour qu’il puisse finir son projet de développement ».

Une sortie qui a suscité une levée de boucliers pendant que d’autres activistes et internautes soutiennent le musicien.    

Selon l'Association des blogueurs du Burkina (ABB), lors de la première semaine de la campagne électorale, Facebook a été le canal le plus utilisé pour cette campagne avec 96%, suivi de Twitter avec 3% et 1% pour média Web. Par ailleurs, 76% des propos sont non incendiaires contre 24% qui sont incendiaires. 45% des publications ont un ton défavorable (critiques négatives, insatisfaction de certains programmes présidentiels, etc., 45% des publications ont un ton favorable. Enfin ceux qui ont un ton neutre représentent 10%.

Aly Tinto

nab uneAu Burkina Faso, on est à J-6 des élections présidentielle et législatives de 2020.  Le processus électoral a déjà été impacté par la crise sécuritaire qui secoue le pays. Le dimanche 15 novembre 2020, Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), était sur le plateau de la télévision nationale, lors du JT de 20h, pour faire le point de l’organisation du double scrutin.   

Selon le président de la CENI, à ce jour, il n’y a que 15 communes sur les 351 que compte le Burkina Faso qui ne pourront pas prendre part aux élections couplées. Ces communes sont localisées dans 4 régions qui sont : la Boucle du Mouhoun, le Nord, le Sahel et l’Est.

« Il n’y a que 860 villages et secteurs qui n’ont pas été concernés par l’enrôlement, soit 6% des 9 299 villages et secteurs que compte le Burkina Faso. 55% des 860 localités sont au Sahel. Sur les 860, la majorité des villages ont été abandonnés. Donc il est inutile d’aller tenir un scrutin dans des localités où il n’y a personne. Là où la CENI est arrivée, on a fait un effort énorme », a affirmé Newton Ahmed Barry (NAB).

nab 2En ce qui concerne les préparatifs de ces élections, la CENI est à la phase de finalisation des équipes qui vont se charger de la gestion des bureaux de vote. Les membres desdits bureaux sont en train d’être formés. « S'agissant de la logistique, on est en train de préparer les plis qui vont, dès le mardi 17 novembre, commercer à être acheminés dans les communes en attendant que 24 h avant ils puissent être déposés dans les bureaux de vote », a-t-il assuré.

La CENI veut que le 21 novembre au soir, sur les 21 155 bureaux de vote, on ait tous les plis, tous les kits nécessaires au vote installés dans lesdits bureaux.

Le président de la CENI a précisé que les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont en train de travailler à une sécurisation optimum pour permettre aux citoyens d’aller accomplir en toute quiétude cet acte civique le 22 novembre.  

Il a ajouté que la sécurité incombe à chacun des électeurs. Par conséquent, c’est à eux, en relation avec les FDS, d’assurer la sécurité des votes, du dépouillement et celle du rapatriement des données des bureaux de vote aux centres de compilation. « C’est une responsabilité nationale et j’en appelle évidemment  à la responsabilité de chacun de nous », a conclu NAB.

Aly Tinto  

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