samedi 26 septembre 2020

Bilan du mandat du président Kaboré : «Sur la base de la structuration, on peut dire que le MPP a beaucoup de chances de faire réélire son candidat », Parfait Silga, analyste politique

parf uneLe 11 juillet 2020, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a été investi par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) comme son candidat à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020. Le président dudit parti, Simon Compaoré, a profité de l’occasion pour dresser le bilan du quinquennat de Roch Kaboré.  « Nous avons construit, bâti ; nous avons fait bouger les lignes malgré le terrorisme, les tentatives de déstabilisation et la fronde sociale. Le bilan est incontestable», a-t-il indiqué. Radars Info Burkina a rencontré Parfait Silga, journaliste et analyste politique, pour une analyse de ce bilan et des élections à venir.

«Je trouve que la démarche consistant à dire que le bilan est positif est logique quand vous êtes du parti. A l’appui, ils évoquent les réalisations qui ont été faites, tous les acquis du Plan national de développement économique et social (PNDES) dans divers domaines comme la santé, les infrastructures, l’énergie, l’éducation, l’eau potable et l’assainissement. Donc quoi de plus normal pour un parti au pouvoir de dire que son bilan est positif au-dessus de la moyenne pour pouvoir dire au peuple que c’est pour ce parti qu’il faut voter encore en 2020 ! Effectivement, il y a eu des facteurs exogènes qui n’ont pas permis que le programme se déroule comme il le fallait », a d’abord expliqué M. Silga.  

Mais pour l’opposition politique lors d’un point de presse mardi 14 juillet 2020, « au regard de ce mandat jonché de morts et aux odeurs de corruption, le MPP devrait avoir la décence de faire un second mea culpa et de s’éclipser avec ses multiples malédictions ».

«L’opposition, de son côté, va dire que le bilan est totalement négatif. En tant que journaliste, l’appréciation personnelle que je fais, c’est qu’il y a eu des acquis. Mais à la fin d’un mandat, même si tous les Burkinabè  savent que leur armée est vraiment montée en puissance par rapport à 2016, il reste qu’il y a encore des attaques terroristes, il reste que nous avons des milliers de déplacés internes (838 548 personnes déplacées internes à la date du 25 mars 2020, Ndlr).

parf 2Donc ce sont des préoccupations qu’il faut prendre en compte. Evidemment, les populations burkinabè attendent du gouvernement qu’il fasse tous les efforts nécessaires pour parvenir à résoudre ces problèmes », a soutenu l’analyste politique.

Le parti au pouvoir s’est fixé l’objectif de réélire Roch Marc Christian Kaboré dès le 1er tour avec 60%, 6 points de plus par rapport à son élection en 2015.

«C’est une projection du parti mais je ne sais pas sur quoi il se base pour la faire. En tant qu’analyste, je pense que l’élection de 2020 sera plus difficile que celle de 2015.

En 2015, il y a un certain nombre de partis qui n’étaient pas dans la compétition. Aujourd’hui on a le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et d’autres partis qui y sont. Ce qui veut dire que la compétition sera plus rude qu’en 2015. Il y a de nouveaux partis et en cinq ans le CDP par exemple a eu le temps de se recomposer, de refaire ses bases.  Si c’est à travers leur bilan, donc on attendra de voir quelle sera l’appréciation que fera le peuple burkinabè de ce bilan », a estimé Parfait Silga.

Mais quelles sont les chances du président Kaboré d'être réélu ?

«Est-ce qu’à ce stade on peut être totalement affirmatif pour dire qu’il a beaucoup de chances ou non ? Je pense qu’il faut être prudent dans l’analyse. Si on écoute les militants du parti au pouvoir, on peut dire que le bilan qu’ils déroulent peut effectivement être un boulevard pour la réélection sans faute de Roch Marc Christian Kaboré. Mais quand on regarde également toutes les difficultés, à savoir le terrorisme et la crise humanitaire, ce sont des questions qu’il faut prendre en compte. Maintenant il y a un élément dont on doit compte : un parti gagne une élection à travers ses structures. Aujourd’hui, le MPP reste de loin le parti le mieux structuré. Déjà en 2015, en un an d’existence, le parti a pu se structurer sur le terrain. Donc sur la base de la structuration on peut dire que le MPP a beaucoup de chances de faire réélire son candidat. Mais il ne faut pas oublier qu’un parti comme le CDP est également bien structuré. En plus, d’autres partis ne sont pas moins bien structurés. Est-ce que la structuration sera la seule condition qui va déterminer le succès ou non de Roch Marc Christian Kaboré ? On attendra de voir si elle sera vraiment le facteur déterminant de cette élection », a-t-il conclu.

Aly Tinto

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