Présidentielle du 22 novembre au Burkina : « Je serai le président de tous les Burkinabè », premier mot du vainqueur Roch Marc Christian Kaboré
4 jours après la tenue des élections couplées du 22 novembre, Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a procédé à la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle. Le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, a été réélu dès le 1er tour avec 57,87 des voix. « Je serai le président de tous les Burkinabè. Nous allons nous mettre au travail immédiatement », a annoncé le vainqueur quelque temps après la proclamation.
La cérémonie tant attendue par l’électorat et l’ensemble du peuple burkinabè a eu lieu ce jeudi 26 novembre à la salle de conférences de Ouaga 2000 vers 13h.
Avant l’arrivée du président de la CENI et de ses commissaires dans la salle, on notait la présence de Simon Compaoré, président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), représentant Roch Marc Christian Kaboré, l’unique candidate à la présidentielle, Yéli Monique Kam, un représentant du candidat Ambroise Farama, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, etc.
Selon Newton Ahmed Barry, au départ il y avait 21 154 bureaux de vote. Pour des raisons d’insécurité, 1318 ne pouvaient ouvrir. Ainsi, 19 836 bureaux de vote étaient prévus le jour du scrutin. Sur ces 19 836 bureaux, 926 n’ont pu ouvrir le jour des élections, donne sécuritaire oblige.
Le nombre total de volants à l’élection du 22 novembre est de 2 993 288. On enregistre 133 496 bulletins nuls, soit 4,46%. Le total des suffrages exprimés est de 2 859 784. Le taux de participation, lui, est de 50,79%.
Voix obtenues par candidat
Sessouma Kiemdoro Pascal obtient 20 158 voix, soit 0,70%. Komboïgo Eddie obtient 442 742 voix, soit 15, 48%. Famara Ambroise obtient 25 783 voix, soit 0,90%. Ouédraogo Ablassé obtient 51 575 voix, soit 1,80%. Ouédraogo Kadré Désiré obtient 95 977 voix, soit 3, 36%. Zida Yacouba Isaac obtient 43 403 voix, soit 1,52%. Diabré Zéphirin obtient 356 388 voix, soit 12, 46%. Ouédraogo Gilbert Noël obtient 44 347 voix, soit 1,55%. Kaboré Roch Marc Christian obtient 1 654 982 voix, soit 57,87%. Soma Abdoulaye obtient 40 217 voix, soit 1,41 %. Kam Yéli Monique obtient 15 124 voix, soit 0,53%. Barry Tahirou obtient 62 639 voix, soit 2,19%. Et Tassembedo Claude Aimé obtient 6 449 voix, soit 0,23%.
« Après cette proclamation, Monsieur Kaboré Roch Marc Christian, avec 57,87% des suffrages, est déclaré élu provisoirement dès le premier tour comme président du Faso», a déclaré Newton Ahmed Barry, sous les applaudissements des militants du MPP.
Eddie Komboïgo, le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), arrive 2e avec 15, 48% des suffrages. Zéphirin Diabré candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) est classé 3e avec 12, 46%. Kadré Désiré Ouédraogo d’Agir-Ensemble occupe la 4e place avec 3,36% des suffrages. Tahirou Barry du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) arrive cinquième avec 2, 19% des suffrages.
« Des Burkinabè m’ont donné leurs voix. J’ai eu un score, cela veut dire que des Burkinabè m’ont fait confiance et je les en remercie », a indiqué Yéli Monique Kam.
Cyprien Nanéma, représentant le candidat Me Ambroise Farama, a félicité le vainqueur non sans dire que son candidat était celui du changement, de la rupture. « Malheureusement nous constatons qu’il y en encore des difficultés tant au niveau des gouvernants que des populations. Au niveau des gouvernants nous n’avons pas constaté de rupture et quant aux populations le changement de mentalité que nous attendons tant n’est pas encore au rendez-vous », a-t-il soutenu.
Quant à Me Halidou Ouédraogo, président de la Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique des élections (CODEL), il a salué les citoyens burkinabè qui se sont mobilisés dans un contexte très difficile marqué par l’insécurité et la COVID-19 pour aller accomplir leur devoir de citoyen. Il a également souhaité que les acteurs politiques se parlent, discutent afin de consolider la démocratie et de promouvoir le développement.
Suite à la proclamation des résultats, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a fait une déclaration au siège dudit parti. « C'est avec humilité et émotion que j'accueille les résultats annoncés ce jeudi par la CENI qui me donnent vainqueur de la présidentielle », a-t-il déclaré avant de conclure : « Je serai le président de tous les Burkinabè. Nous allons nous mettre au travail immédiatement. Dieu bénisse le Burkina Faso ».
A 16h, les journalistes avaient rendez-vous avec les candidats signataires de l’Accord politique de l’opposition qui avaient, dans une déclaration, annoncé qu’ils n’accepteraient pas des résultats entachés d’irrégularités. Dans cette deuxième déclaration, ils ont indiqué qu’ils prennent acte de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle et se réservent le droit d'utiliser les voies de recours légales pour traiter les irrégularités relevées au cours du scrutin.
Aly Tinto
Aujourd’hui 26 novembre, était attendue la proclamation des résultats provisoires du scrutin présidentiel du 22 novembre 2020. Comment les militants des différents partis vivent-ils ce moment d’attente de la proclamation desdits résultats ? Radars Infos Burkina est allé prendre le pouls de la situation au siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et à celui de l’Union pour le progrès et le changement (UPC).
Si au siège du CDP la fièvre semble être déjà passée, ce n’est pas le cas au siège de l’UPC. Cependant, l’atmosphère y est assez calme avec quelques jeunes rassemblés dans un coin de la cour et une faible ambiance sonore animant les lieux. Quelques autres militants du parti attendent devant le petit écran la proclamation provisoire des résultats qui sera diffusée en direct sur les ondes hertziennes.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a déclaré le président sortant, Roch Kaboré, vainqueur de l’élection présidentielle de 2020. Après la proclamation des résultats, Roch Marc Christian Kaboré a adressé un message au peuple burkinabè. Le candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) y soutient que cette élection est historique parce qu’elle confirme l’existence d’une réelle démocratie au Burkina. Il a également soulevé les questions pertinentes auxquelles il compte apporter très rapidement des réponses.
Le président réélu n’a pas manqué de saluer tous les autres candidats qui ont participé à ces élections couplées en ces termes : « J’ai un profond respect pour leur engagement et pour les différents programmes qu’ils ont déroulés durant cette campagne ».
« Il est vrai que c’est une victoire que nous avions obtenue, ce qui nous réjouit, mais c’est également une responsabilité importante, celle d’être le président de tous les Burkinabè sans exception », a fait remarquer le président du Faso. Roch Kaboré affirme que les questions comme la sécurité, la réconciliation nationale, le développement, ainsi que l’amélioration des conditions de vie des Burkinabè sont pertinentes et qu’il va s’atteler très rapidement à y apporter des éléments de réponses.

Concernant les réserves formulées par les candidats signataires de l’Accord politique de l’opposition, la mission conjointe CEDEAO-UA, dans le but de trouver une solution consensuelle à cette situation de derrière minute, s’est associée à celles de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et des Nations unies (NU) pour entreprendre des actions de bons offices. Elles ont rencontré successivement les partis de l’opposition, ceux de la mouvance présidentielle, des OSC et la CENI.
Deux jours après la tenue des élections du 22 novembre, la Coalition des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL) a fait face aux hommes de médias une déclaration sur le déroulement du scrutin. Elle se félicite de la tenue effective de ce double scrutin et appelle l’ensemble des acteurs en compétition à suivre les voies de recours légales en cas de contestation des résultats. En ce qui concerne les réserves émises par l’opposition politique, CODEL va aller vers les différents acteurs pour une approche de médiation.
Au total, sur plus de quarante alertes, 90% ont été résolues par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
A l’ouverture, dans les zones sécurisées, 90% des bureaux de vote ont ouvert avant 6 heures 15 mn. Dans 98,20% des bureaux de vote observés, les présidents étaient présents. 18 % des présidents des bureaux de vote étaient des femmes. Les forces de l’ordre étaient présentes dans 94,40% des bureaux de vote observés.

On a constaté depuis hier, lundi 23 novembre, l’arrêt de la publication des résultats du double scrutin du 22 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pourtant, de nombreux Burkinabè étaient impatients d’avoir les résultats finaux de cette élection couplée. Radars Info Burkina a promené son micro dans la ville de Ouagadougou pour recueillir les impressions des citoyens sur cette situation. Lisez plutôt.
« Nous ne sommes pas sans savoir qu’ils ont également injecté de l’argent dans leur campagne comme tout autre parti et que le Code électoral sanctionne la fraude », lance M. Ziba.
Selon Cédric Bazié, il n’y a pas eu de magouilles à ces élections. « Si le MPP a gagné, l’opposition doit l’accepter et ceux qui ont perdu devront s’armer de patience et de courage et attendre les prochaines échéances électorales». Pour lui, les membres de l’opposition ne sont que de mauvais perdants.
Au lendemain de la tenue des élections couplées, pendant que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) publiait les premiers résultats de la présidentielle commune par commune, les candidats signataires de l’accord politique de l’opposition se sont réunis au siège du CFOP. Objectif : Fustiger la « mauvaise organisation des élections » par la CENI. Ils ont, dans la foulée, prévenu qu’ils « n’accepteront pas des résultats entachés d’irrégularités et qui ne reflètent pas la volonté du peuple burkinabé ».
Pour ces candidats, l’ensemble du processus a été fortement émaillé de fraudes. Comme autres irrégularités et insuffisances qu’ils ont relevées, on peut citer la modification, à la dernier minute et de manière informelle, du nombre et de la cartographie des bureaux de vote retenus pour les élections ; l’ouverture tardive et même la non-ouverture de plusieurs dizaines de bureaux sur l’ensemble du territoire national ; le fait que des électeurs détenteurs de cartes d’électeur ont été refoulés des bureaux de vote du fait de l’absence de leurs noms sur les listes imprimées ; le non-affichage des listes des électeurs devant les bureaux de vote comme cela est prescrit par les textes ; la non-prise en charge des représentants des partis politiques dans les bureaux de vote contrairement aux dispositions de la loi électorale.
Au lendemain du scrutin du 22 novembre, l’heure est à l’attente des résultats des élections, marquée par une atmosphère plutôt morose au siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).
Par ailleurs, ils polémiquent sur certaines tendances données par quelques médias de la place. « La télévision nationale a publié des résultats de Kaya et il ressort que sur 100 votants, le MPP a obtenu 109 voix ; il y a donc quelque chose qui ne va pas », s'exclament-ils, exigeant des explications de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Le QG du Mouvement du peuple pour progrès (MPP) se prépare à fêter son « coup K.-O. Notre victoire est en téléchargement », affirment d’ores et déjà des militants du parti au pouvoir réunis à son siège national. A l’inverse, le siège national de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) est désert.
S’agissant de la fraude, il dit que les auteurs seront sanctionnés, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition. « Le MPP est un parti assez fort pour aller convaincre et mériter ses résultats plutôt que de passer par la petite porte. Je ne crois pas auxdites fraudes, certains candidats, par endroits, ont sûrement vu leurs faiblesses face au MPP, donc ils ont décidé de porter ces accusations. »
Au siège national du l’Union pour le progrès et le changement (UPC), les lieux étaient déserts ; aucune animation. A en croire un militant rencontré sur place, les membres dudit parti, qui dénoncent de multiples « irrégularités ayant entaché le double scrutin », étaient en route pour le CFOP et ont prévenu qu’ils n’accepteraient pas des résultats frauduleux.










