lundi 13 avril 2026

bfp uneLe chef de file de l'opposition politique, représenté par Mamoudou Hama Dicko, président de la NAFA, et Adama Séré, président du RDEBF, était face aux hommes de médias ce 28 avril à l'occasion de son traditionnel point de presse. Entre autres sujets abordés,  les rencontres avec le gouvernement et certaines institutions, la « répression dans les médias publics » et le contentieux entre des magistrats et l’Etat. 

 Les 17 et 23 avril 2020, l'opposition politique a, sur l’invitation du chef de l'État, pris part à deux rencontres ayant porté essentiellement sur les élections de 2020 et la pandémie de coronavirus. En ce qui concerne les élections présidentielle et législatives, prévues pour le 20 novembre 2020, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a affirmé pouvoir tenir les scrutins à bonne date avec une reprise des opérations d'enrôlement. Elle a tout de même souligné que si elle accusait un quelconque retard, cela pourrait jouer sur certains aspects du Code électoral, l'amenant à avoir besoin que la classe politique fasse les modifications appropriées. L’Opposition a, à ce sujet, réaffirmé sa position qui est que les élections couplées présidentielle et législatives doivent se tenir en novembre 2020, conformément à la Constitution, au Code électoral et aux conclusions du Dialogue politique. « Aucun autre scénario n’est envisageable et aucun prétexte ne doit être trouvé pour tomber dans des artifices juridiques permettant d’aller au-delà des mandats du peuple », a-t-elle affirmé.

Pour ce qui est du second point des discussions qui ont porté sur le Covid-19, l'opposition politique dit avoir relevé certaines insuffisances dans la gestion de la pandémie. Ce sont principalement, à ses dires, la non-capitalisation de l’expérience de la prévention de l’épidémie d’Ebola pour prévenir le Covid-19,  le fait que l’action technique contre le Covid-19 ne semble pas s’appuyer sur l’organisation et le fonctionnement du système national de santé, la gestion centralisée de la pandémie qui limite la prise en main de la riposte par les institutions locales,  le manque de rationalité de certaines décisions, comme l’option de louer des hôtels et la gestion du confinement des malades,  le manque de rationalité et de réalisme du budget, avec des velléités de malversations. Sur des sujets de l'heure comme la réouverture des marchés, la question du transport urbain, des activités académiques, des restaurants, des  lieux de culte, l'opposition dit être d’accord pour cela mais a souhaité que l'Etat et les mairies prennent les mesures appropriées pour faire respecter les consignes de distanciation et de nettoyage.

Revenant sur la mutation de plus de 300 agents des médias publics, l'opposition politique soupçonne le gouvernement de vouloir « tuer la liberté d'expression et les voix discordantes, d'accaparer les médias publics et les ériger en service de communication en vue des élections à venir ». Tâche dans laquelle il serait aidé par le directeur général de la RTB. Le CFOP souligne que sur les 370 agents reversés au ministère de la Communication, la moitié aurait été rappelée sans explication, excepté « les plus coriaces aux voix discordantes et les membres des sections du SYNATIC, connus pour leur attachement à la liberté d'expression ». Parce que les médias sont, selon l'opposition, « la sève nourricière de la démocratie » , elle a souhaité  la réintégration pure et simple de tous les agents affectés des médias publics et l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Sur le procès intenté par plusieurs magistrats contre l’Etat burkinabè pour fait de coupure illégale  de salaire, l’Opposition politique fait noter le caractère pédagogique de cette action judiciaire. «  Pour une des rares fois, des groupes de magistrats qui estiment être lésés par l’Etat attaquent ce dernier, et les résultats tombent différemment d’un tribunal à l’autre. Cela montre que les magistrats sont aussi des justiciables comme tous les citoyens et qu’ils peuvent gagner ou perdre un procès. Cela est surtout un signe d’espoir pour l’indépendance de la justice ». Elle insiste cependant sur le fait que c’est « en défendant les intérêts des citoyens à la base, en jugeant les dossiers pendants de crimes de sang et de crimes économiques et en rendant justice à la veuve et à l’orphelin opprimés que nos magistrats vont reconquérir la confiance du peuple et accéder à une réelle indépendance ».

Armelle Ouédraogo

 

gggLe point de presse du vendredi 24 avril 2020 sur le Covid-19 a été animé par le directeur du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), le Dr Brice Wilfried Bicaba. Il avait à ses côtés la ministre de la Santé, le Pr Léonie Claudine Lougué, et celui de la Communication, porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou. L’évolution de la pandémie connaît une baisse, selon le Dr Bicaba. A la suite du directeur du CORUS, le ministre de l’Education nationale a dévoilé le plan d’action de son département pour la reprise des cours dans les établissements.

« Au cours de cette semaine, nous allons engager un processus d’analyse qui nous permettra d’expliquer le nombre de décès », a lancé d’entrée le directeur du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), Brice Wilfried Bicaba. Selon lui, cela permettra au Centre de réponse de prendre des mesures correctrices pour réduire les cas de décès évitables. En attendant, le point sur l’évolution du coronavirus au vendredi 24 avril 2020 fait état de 13 nouveaux cas confirmés, précisément 10 à Ouagadougou, 2 à Bobo-Dioulasso et 1 à Ziniaré. Le cumul des cas confirmés s’élève à 629, à savoir 250 femmes et 379 hommes. « Il faut noter également 15 guérisons de plus. Sur 13 régions, 9 sont touchées », a-t-il précisé. « Au départ, nous avions une moyenne de 50 tests par jour. Actuellement nous tournons autour de 80 à 100 tests par jour », a ajouté le médecin.

A la ministre Lougué les trois questions suivantes ont été posées : Où en est-on avec les essais cliniques sur l’apivirine et la chloroquine entamés par le gouvernement ? Avec la prise de température dans les lieux publics notamment à Rood-Woko, qu’est-ce qui est fait lorsqu’une personne fait de la fièvre ? Enfin, quelle est la place de la médecine traditionnelle dans le plan de riposte de la pandémie ? « Les essais cliniques suivent leur petit bonhomme de chemin et au jour d’aujourd’hui, ils sont au niveau du comité d’éthique », a-t-elle répondu. Quant aux prises de température, selon ces dires, lorsqu’on voit que quelqu’un fait de la fièvre, on conseille à ce dernier de rentrer chez lui et d’observer son état pendant quelques jours. « S’il n’y a pas d’amélioration, qu’il appelle le Centre au 3535 », a-t-elle souligné.

Elèves et enseignants auront chacun 2 masques lavables et réutilisables

Le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, le Pr Stanislas Ouaro, a indiqué que le plan de riposte serait opérationnalisé à travers les Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE). Pour lui, cela garantira la continuité pédagogique et les mesures pour la reprise des activités pédagogiques dans les structures éducatives du ministère. A l’en croire, ce plan est bâti sur quatre axes stratégiques qui sont : l’utilisation des TICE pour la continuité éducative, la reprise des cours, l’information et la sensibilisation. En plus de cela, a poursuivi le ministre, il y a des mesures préventives qui comprennent le nettoyage et la désinfection d’établissements scolaires et de structures d’éducation non formelle. En outre, le port de masque, un des gestes barrières pour éviter la propagation du virus, sera de rigueur. A ce sujet, le MENAPLN, compte acquérir pour chaque acteur deux masques lavables et réutilisables. « Pour ce faire, 12 millions de masques seront acquis », a assuré le ministre de l’Education. Tout comme le port du masque, le lavage des mains sera respecté à travers la dotation des structures éducatives en savon. Dans chaque établissement scolaire, il sera mis en place un dispositif adapté aux réalités du milieu, foi de M. Ouaro.

Rétablissement des salaires suspendus pour le mois d’avril 2020

D’après le Pr Ouaro, suite à la demande de 14 syndicats du MENAPLN adressée au président du Faso, et tenant compte du fait que les établissements sont restés fermés le mois d’avril, le chef de l’Etat a instruit le gouvernement de procéder au rétablissement des salaires suspendus pour le mois d’avril 2020. Ce qui a été fait, a-t-il mentionné, à l’exception de 10 agents dont les salaires n’ont pu être rétablis pour des raisons de paramétrage et 13 agents dont les salaires n’avaient pas été suspendus en mars 2020. Par ailleurs, pour des raisons d’ordre technique et de temps, les indemnités et les allocations familiales de certains agents n’ont pas pu être rétablies.

Obissa

 

 

bav uneA partir du lundi 27 avril 2020, le port du masque sera obligatoire sur toute l’étendue du territoire burkinabè. Ainsi en a, en tout cas, décidé le Conseil des ministres  en sa séance du 16 avril 2020. Plus d’un mois après la confirmation des premiers cas, pourquoi avoir mis tant de temps à prendre une telle décision ? Des analystes s’interrogent surtout sur la mise en œuvre de cette mesure gouvernementale.

Le port du masque permet de réduire considérablement les concentrations aéroportées de différents types de virus, notamment le coronavirus, selon de récentes études de l’équipe de Don Milton de l’Université de Maryland. Un avantage certain d’autant plus que de nombreuses personnes infectées sont asymptomatiques. Cette thèse est plus ou moins corroborée par le Dr Kader Koné, médecin chef du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). « Scientifiquement, il n’y a pas de doute que cela pourrait contribuer à stopper l’évolution de la pandémie. Espérons que ce ne soit pas, comme on le dit, le médecin après la mort », a-t-il soulevé. C’est sans doute ce qui a motivé le gouvernement burkinabè à opter pour le port systématique du masque à partir du lundi 27 avril 2020. Au début de la pandémie, le coordinateur national du plan de riposte, le Pr Martial Ouédraogo, déclarait que le port du masque n’était pas nécessaire et que seules les personnes déjà infectées devaient en porter. bav 2Et c’est cela qu’ont retenu la plupart des citoyens. « Au début, on nous a dit que seuls les malades ou les personnes suspectées d’être malades devaient porter un masque. Même si la mesure semble un peu tardive, vu l’évolution de la situation sanitaire, je pense que c’était nécessaire », a affirmé Agathe Nanga, trésorière de l’association DIAFASO. Elle espère que cette mesure contribuera à stopper la propagation du virus. De l’avis du journaliste culturel et directeur de publication du magazine « Africa Stars », Tibiafouba Madiéga, cette mesure sera difficile à appliquer. En effet, il s’interroge sur la faisabilité de l’imposition du port du masque sans douter de son efficacité dans la maîtrise de la propagation du virus. « Est-ce que les masques seront distribués gratuitement à la population ? Le gouvernement a-t-il pensé aux personnes qui ont des difficultés respiratoires ? Que dire des personnes qui vivent dans les zones non loties et les villages ? » s’est-il interrogé. Pour lui, une chose est de prendre des décisions et une autre est de penser à son application tout en ne perdant pas de vue le contexte du Burkina Faso.

Du reste, le ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou, lors de son point sur le Conseil des ministres du mercredi 22 avril 2020, a plus ou moins répondu aux inquiétudes de M. Madiéga. M. Dandjinou a indiqué qu’une production locale à grande échelle de masques de protection était  en cours. « Il ne s’agira pas de les distribuer à la population gracieusement. Chacun pourra se les procurer à 300 francs l’unité au maximum », a-t-il dit. Cependant, ils seront distribués gracieusement dans les écoles.

 Obissa