La Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso : « J’ai décidé d’écrire au Quid pour leur dire que c’était bien Burkinabè parce que ce n’est pas du français », Mélégué Maurice Traoré
4 août 1984 - 4 août 2020 : il y a 36 ans que le capitaine Thomas Sankara, après une année de prise du pouvoir, renommait l’ancienne Haute-Volta Burkina-Faso, le «Pays des hommes intègres », pour rompre avec le passé colonial. Le drapeau, l’hymne national, la devise ont connu également des changements. Radars Info Burkina a approché Mélégué Maurice Traoré, homme politique et diplomate de carrière, et Armand Son, sociologue, pour une lecture du changement de dénomination du pays et de son impact sociopolitique.
«Quand le nom a été changé, j’étais premier conseiller à l’ambassade du Burkina Faso à Washington aux Etats-Unis. Mais nous avons vécu cette situation comme toutes les structures de l’administration burkinabè, de manière divisée dans les ambassades d’ailleurs parce qu’on ne savait pas quelle était l’origine du changement, ni par quel mécanisme le changement avait été opéré.
Il a fallu un peu de temps pour qu’on ait tous les éléments en la matière. Le gouvernement n’a pas expliqué aux ambassades d’où venait ce changement. A Washington, nous avions beaucoup de demandes des universités qui voulaient savoir pourquoi ce changement de nom, et qu’est-ce que ce nouveau nom apportait. On n’était pas en mesure de répondre. On a pris un peu de temps dans les ambassades pour pouvoir répondre aux interlocuteurs de nos missions diplomatiques », a d’abord expliqué Mélégué Traoré.

Selon lui, en matière de dénomination des Etats il ne faut pas chercher une logique. Les sources dans ce domaine sont tellement diversifiées qu’il n’y a pas de critère absolu.
Pour Monsieur Traoré la portée de ce changement a été grande par la suite. «Le changement, c’était un des symboles de la Révolution. Ca fait partie des vecteurs du changement. Ensuite l’autre portée, à partir du moment où on a eu un nouveau nom, les Voltaïques d’avant ont été amenés à se concevoir autrement. On a présenté la dénomination comme participant de la nouvelle existence du Burkina Faso. Certains expliquaient à l’époque que c’était une nouvelle indépendance qu’on acquérait », a-t-il indiqué.
Pour le diplomate, c’est très ambitieux d’imaginer que tout un peuple soit intègre. « La preuve, par la suite le fait de s’appeler pays des hommes intègres ne rend pas aujourd’hui les Burkinabè plus intègres que les autres dans la sous-région. On crée sa propre valeur mais ça ne vient pas du nom qu’on porte », a-t-il soutenu.
«Jusqu’aujourd’hui, on continue d’appeler le Burkina Faso le pays des hommes intègres. Mais cette dénomination n’a été réelle que sous la Révolution. Aujourd’hui nous ne pouvons pas dire que nous sommes toujours un pays des hommes intègres parce que la corruption est devenue une gangrène. S'ajoutent à cela les détournements de fonds et l‘injustice », a relevé, pour sa part, Armand Son.
Mélégué Traoré est revenu sur des faits ayant entouré le changement de dénomination du pays. « En français, il n’y a jamais è à la fin des mots. C’est pour cette raison que dans les ordinateurs il est toujours écrit Burkinabé. Léopold Sédar Senghor, meilleur grammairien de l’Afrique, a publié plusieurs articles pour critiquer le fait qu’on mette è a la fin. Par la suite le Quid, un document sérieux qui paraît chaque année, a essayé en 1984 de corriger le terme en écrivant au pluriel Burkinabais. J’ai décidé d’écrire au Quid pour leur dire que c’était bien Burkinabè parce que ce n’est pas du français. Donc on ne peut pas appliquer la règle de la grammaire française au nom », a-t-il souligné.
Il a fait savoir qu’avec ce changement de nom, le pays a présidé le Conseil de sécurité pour une deuxième fois suivant la règle de l’ordre alphabétique.
«Jusqu’à ces changements avec la Révolution, le Burkina Faso était plutôt un objet et non pas un sujet en matière de relations internationales. On rasait les murs aux conférences internationales. Mais à partir de la Révolution, on marchait la tête haute », a conclu Mélégué Maurice Traoré.
Aly Tinto
Au premier numéro du Club de la presse physique initié par le Centre national de presse Norbert-Zongo (CNP-NZ) le 1er août 2020, qui avait pour thème «Organisation des élections couplées de 2020 : Etat des lieux du processus électoral», Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui en était l’invité, a abordé la question des propositions de réforme du fichier électoral faite à son arrivée à la tête de l'institution chargée de l'organisation des élections. Une situation qui avait en son temps occasionné une crise au sein de ladite structure.



Selon lui, leur candidat a une vision pour un Burkina Faso radieux et l’onction des Burkinabè. « C’est un programme quinquennal qui est proposé. Nous allons lancer le programme dans les jours à venir. Ce qui est important, c’est que sa vision prend en compte d’abord trois priorités fondamentales pour le Burkina Faso. La première, c’est celle du retour de la sécurité ; la deuxième, c’est celle de la réconciliation nationale et la troisième, c’est celle de la relance économique du pays. Ces grandes priorités sont déclinées en plusieurs autres priorités», a relevé Achille Tapsoba.
Il a profité de l’occasion pour s'exprimer sur l’accord politique électoral des partis de l’opposition. « Cet accord politique est à plusieurs niveaux. Il y a l’accord politique au niveau des partis de l’opposition, membres ou non du Chef de file de l’opposition politique (CFOP). La cérémonie officielle de signature de cet accord aura bientôt lieu. C’est une alliance politique qui se veut être à deux niveaux. Une alliance entre les partis politiques, qui décident de conjuguer leurs efforts au niveau du vote pour que le suffrage additionnel des uns et des autres permette à un des candidats de l’opposition qui émergera au second tour de l’empoter en définitive. Le deuxième aspect de l’alliance amène les partis en accord à se tenir disponibles et prêts à composer dans un gouvernement ultérieur. Il ne s’agit pas de se mettre ensemble pour gagner les élections, il faut également se mettre ensemble pour gérer le pays », a expliqué Achille Tapsoba.
Le week-end du samedi 25 au dimanche 26 juillet 2020 dans la capitale burkinabè a été marqué par de grandes activités politiques comme la tenue des congrès extraordinaires d’investiture des candidats des deux principaux partis de l’opposition à la présidentielle de 2020. Zéphirin Diabré et Eddie Komboïgo ont été investis officiellement candidats respectivement de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Radars Info Burkina a approché Parfait Silga, journaliste et analyste politique, pour avoir sa lecture des forces et faiblesses de ces partis pour la présidentielle à venir.
En ce qui concerne les forces des deux partis, «il y a d’abord leur structuration. Un parti gagne une élection par sa structuration. Je pense qu’après le parti au pouvoir, ce sont les deux partis les mieux structurés au Burkina. Avec l’arrivée d’Eddie Komboïgo à la tête du CDP, il y a un travail qui a été fait. Dans tout le Burkina, les sections ont été revitalisées », a expliqué M. Silga.
Des milliers de militants et sympathisants de l’ex-parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ont répondu présents au palais des Sports de Ouaga 2000, dans la soirée du dimanche 26 juillet 2020, au congrès extraordinaire d’investiture du candidat de cette formation politique à l’élection présidentielle du 22 novembre. A l’issue des activités du congrès, Eddie Komboïgo est désormais le candidat officiel du parti de l’ex-président Blaise Compaoré.
C’est à 16h qu’Eddie Komboïgo a fait son entrée en salle sous de grandes ovations. Après l'exécution de l’hymne national, le Ditanyè, c’est le premier vice-président du CDP, Achille Tapsoba, qui a livré la teneur de la résolution portant investiture du candidat Eddie Komboïgo.
A l’issue de son investiture, Eddie Komboïgo s’est adressé aux militants de son parti en ces termes : « Fort de toute cette confiance placée en moi, je m'engage ici et maintenant à œuvrer avec tous les militants du CDP et même au-delà de notre parti, à rassembler tous les Burkinabè qui aspirent au changement, dans un vaste mouvement progressiste, pour arracher la victoire totale au soir du scrutin du 22 novembre 2020. Je suis intimement convaincu que rien ne pourra arrêter la marche du CDP vers la victoire finale ».

Donc la jeunesse a une place de choix dans ce parti. Dans son programme de 2015, Zéphirin Diabré faisait déjà la part belle à la jeunesse », a soutenu Zakariya Welgo, coordonnateur national de l’Organisation pour une jeunesse éveillée au Faso (OJEF), membre de Génération Zeph 2020.
Des élections présidentielle et législatives vont se tenir le 22 novembre 2020 au Burkina Faso. A 5 mois de ces échéances électorales, la classe politique est marquée par des activités de précampagne et des investitures de candidats. Le Conseil supérieur de la communication (CSC), dans sa mission régalienne de régulation et d’organisation de la couverture médiatique du discours politique en période de campagne électorale, doit assurer sa part de responsabilité. D’où le Pacte de bonne conduite entre candidats, partis ou formations politiques, organisations de la société civile, médias et publicitaires engagés dans les élections de 2020. Radars Info Burkina s’est penché sur celui signé en 2015.
En ce qui concerne les règles de conduite, à l’article 4 on peut lire ceci : « Les débats et les discours politiques doivent être circonscrits à une saine émulation des idées, à la critique des programmes politiques et aux suggestions destinées à améliorer la gouvernance démocratique et la promotion du développement. Ils ne doivent pas traiter de la vie privée, de l’appartenance confessionnelle, sociale, régionale ou ethnique d’un candidat ou d’un citoyen ».
Le vendredi 17 juillet 2020, les députés du groupe parlementaire UPC (l’Union pour le progrès et le changement) ont fait à la presse le point de leurs activités parlementaires de janvier 2020 au 13 juillet courant, date de clôture de la 2e session extraordinaire de l’année. Ladite session, dont les travaux ont débuté le 29 juin 2020, a été marquée par la restitution du rapport sur les sorties de la délégation parlementaire dans les cinq régions du Burkina touchées par l’insécurité. « L’adoption de ce rapport par l’Assemblée nationale a donné lieu à l’expression libre d’opinions parfois violentes. Notre groupe parlementaire ne donnera jamais sa caution pour une question éminemment politique sans l’accord préalable de la direction du parti », ont affirmé les élus du parti du Lion.
« L’AN, au regard des difficultés rencontrées par les opérateurs de téléphonie mobile en matière de qualité de leurs prestations et vu les préoccupations liées à la promotion immobilière au Burkina, a pris deux résolutions portant création d’une commission d’enquête sur le système de téléphonie mobile au Burkina et création d’une autre commission d’enquête sur le système de promotion immobilière », a indiqué dans sa déclaration liminaire le Poé naaba, Justin Compaoré à l’état civil, président du groupe parlementaire UPC (GP UPC).
Le GP UPC a par ailleurs, au cours de cette conférence de presse, observé une minute de silence à la mémoire de l’honorable Rose-Marie Compaoré, ci-devant 2e vice-président de l’AN.
« Après la cérémonie d’investiture, le président du parti fera un don à des déplacés internes dans la province du Kadiogo. Il remettra également officiellement un forage à des populations d’un quartier non loti. Ces actions montrent son entrée dans la précampagne », a précisé M. Yaméogo.
S’agissant de l’élection présidentielle à venir, selon l’UPC, le Burkina Faso a besoin d’un nouveau départ, de résilience. « L’occasion est donnée au peuple de corriger l’erreur monumentale de 2015 qui a consisté à confier le pouvoir à des aventuriers qui ont trahi toutes ses attentes. Il est donc temps pour les Burkinabè de renouer avec des valeurs de probité en confiant leur destinée à notre candidat. Notre peuple a besoin de paix, de sécurité et de gestion transparente des affaires publiques », a martelé le parti du Lion.










