La pandémie de coronavirus a impacté presque tous les secteurs d’activité au Burkina Faso, déjà confrontés au manque de touristes du fait de l’insécurité. Radars info était avec des commerçants d’œuvres d'art et vous fait un focus sur la situation que vivent ces derniers en temps de covid-19.
L’artisanat contribue pour plus de 25% au PIB et occupe plus d'un million d'actifs au Burkina Faso. La filière art plastique appliqué et artisanat d’art, en particulier, est une des plus importantes en termes de contribution économique (29% du PIB culturel et 15% des emplois culturels). Toutefois, les acteurs du domaine demeurent confrontés à des problèmes depuis que le Burkina Faso est devenu la cible de certaines attaques terroristes et récemment face à la covid-19 qui fait des ravages partout dans le monde.
Interrogé sur la fréquentation des lieux dans ce contexte de pandémie de coronavirus, M. Ouédraogo explique que les clients se font rares. D’ailleurs, la rareté de la clientèle est antérieure à la crise sanitaire, ajoute-t-il. « Avec d’abord Ebola, ensuite la crise sécuritaire et maintenant la COVID-19, nous avons perdu tous nos clients. Depuis que la maladie a commencé et entraîné la fermeture des frontières, rien ne va ici parce que nos clients sont généralement des Européens, des touristes … », raconte-t-il avec amertume. M. Ouedraogo se rappelle le bon vieux temps où, par mois, il pouvait enregistrer une à deux commandes de 1 à 3 millions F CFA en Europe.
Depuis son l’apparition de la Covid-19 en mars 2020, l’artisanat a connu une baisse sur le plan commercial au Burkina Faso. En effet, la maladie a fait que les touristes ne voyagent plus. « Je suis dans l’inquiétude, parce que nos ventes ne font que baisser et de nombreux commerçants d’œuvres d’art comme moi abandonnent le métier actuellement », a précisé Karim Ouédraogo.
Il lance un appel à la population à respecter les différentes mesures barrières mises en place par le ministère de la Santé pour éviter la propagation de la maladie.
Avant de monter sur scène, les artistes musiciens ont nécessairement besoin de se rendre dans une salle de répétition pour jouer. Radars Info Burkina s’est entretenu avec des tenanciers de salles de répétition ainsi que des artistes musiciens burkinabè pour savoir la part de contribution desdites salles au succès d’un spectacle et les réalités dans ce domaine.
Selon Nourat, grande voix du reggae burkinabè, la salle de répétition permet à l’artiste de se préparer, musicalement et même psychologiquement, pour affronter la scène. Et Alif Naaba, chanteur auteur-compositeur et interprète, d’ajouter qu’elle contribue énormément et est la base du succès du spectacle.
Au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA), il existe une salle de répétition « beaucoup sollicitée ». Ernest Bonkoungou, directeur du Théâtre national Koamba-Lankoandé, indique qu’au regard de ce que cette salle a comme dispositifs technique et acoustique, une contribution de 2 500 francs CFA par heure est demandée à ceux qui veulent l’utiliser. « Les artistes trouvent que c’est dérisoire comme contribution. Pour une répétition, on n’a pas besoin d’une très grande salle et toutes les conditions sont réunies pour permettre de répéter. Notre salle a une qualité sonore appréciable si bien que quand on fait la répétition dans ces conditions acoustiques, on n’a plus beaucoup de choses à régler quand on arrive au spectacle », soutient-il. Il précise que ceux qui répètent dans cette salle conviennent avec lui qu’elle est vraiment appropriée.
Parmi les conditions d’exploitation de la salle, ont doit se déchausser avant d’y accéder. A l’en croire, c’est une condition très rigoureusement respectée. En plus, il est interdit d’y fumer, manger ou boire.
Au jardin de la musique Reemdoogo, la salle de répétition coûte également 2 500 F par heure. Pour Nourat, les coûts des salles de répétition sont abordables et fixés en fonction de la qualité desdites salles. « Il existe des salles à qualité moyenne, dont les prix sont de 2000 F l'heure par exemple, et les plus performantes sont à 3000 F l'heure. On constate qu'au fur et à mesure, les salles deviennent performantes et multiples, vu que la musique live se développe aussi », explique-t-elle.
Alif Naaba fait savoir qu’il existe 4 ou 5 salles répondant aux normes qui contribuent à la création et aux préparations des spectacles. « Les coûts sont moyens pour un certain niveau comme dans la sous-région. On constate qu’il y a vraiment une qualité de travail proposée par les artistes sur les scènes au Burkina et ailleurs dans le monde », poursuit-il.
Joseph Tiemtoré est technicien au jardin de la musique Reemdoogo. Selon lui, une salle de répétition doit être bien tapée, avec une bonne acoustique, bien climatisée avec du matériel professionnel. Le bassiste doit entendre la guitare basse, le guitariste doit entendre la guitare solo qu’il joue. Pareil pour les vocales. « Il faut qu’il y ait un peu d’espace dans la salle ; c’est un critère important », ajoute pour sa part Alif Naaba.
Toujours selon ce dernier, quand un artiste joue dans une salle qui ne répond pas aux normes, il n’est pas inspiré et est moins motivé. Par conséquent, cela joue sa performance. « A 3000F l’heure, il faut que le minimum soit là », dit-il.
M. Tiemtoré a regretté le fait que les techniciens travaillent toujours dans l’analogique alors que c’est surtout le numérique qui est utilisé de nos jours.. « Nous demandons aux autorités de nous accompagner pour qu’on ait une bonne formation et du matériel en numérique pour exceller dedans », demande-t-il.
Tatiana Nadé Guéria, danseuse ivoirienne résidant au Burkina Faso depuis 2016, est élève à l’Ecole de danse Irène-Tassembédo (EDIT) depuis 2018. Radars Info Burkina vous plonge dans l’univers artistique de la danse à travers cette passionnée.
L’histoire d’amour entre la jeune Tatiana et la danse dure depuis l’adolescence de cette dernière. On pourrait même dire que celle-ci est née avec le virus de la danse, car fille d’un percussionniste et d’une danseuse. Passionnée de danse, elle commence très jeune à prester sur des scènes artistiques dans sa Côte d’Ivoire natale avant de partir à l’aventure en vue de se perfectionner et de mieux dompter cet art qu’est la danse.
Dans cette quête de la perfection, ses pas la conduisent en 2016 au Burkina Faso, où elle s’inscrit en 2018 à l’Ecole de danse Irène-Tassembédo (EDIT). Depuis, elle y suit une formation professionnelle de danse supposée durer 3 ans.
« La danse m’a apporté beaucoup de choses ; je ne suis pas encore au bout de mes objectifs mais la danse me permet d’être moi-même sur scène car je danse la vie, je respire, je souris, je suis joviale, en colère, j’exprime toutes ces émotions. Pour moi, danser, c’est vivre », nous confie la jeune danseuse en formation.
« Ce qui m’a le plus marquée dans la danse, c’est mon stage de 6 semaines au Sénégal durant lequel j'ai collaboré avec plusieurs danseurs et danseuses de plusieurs nationalités. Ce fut une superbe expérience », raconte avec émerveillement la jeune femme, qui a des rêves plein la tête. Par exemple, elle ambitionne d’ouvrir des écoles de danse afin d’enseigner ce qu’elle appelle le savoir-vivre de la danse. « Je voudrais, à l’image de ‘’tata Irène Tassembédo’’, être une figure emblématique de la danse en Afrique, voire sur le plan international », confie-t-elle.
En rappel, l’Ecole de danse internationale Irène-Tassembédo (EDIT), créée en octobre 2009, est un établissement de formation artistique offrant une formation professionnelle ainsi que des cours pour amateurs adultes et enfants. Elle a formé à ce jour plusieurs danseurs et chorégraphes professionnels parmi lesquels Eric Nébié, Florent Nikièma et Rama Koné, qui sont des références en la matière.
Comme perspectives, l’EDIT prépare la 9e édition du Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO), qui se tiendra du 23 au 30 janvier 2021 sur le thème « Privation de liberté » à l’institut français et au sein de l’EDIT.
Au CENASA, dans la nuit du 5 au 6 décembre, Donsharp de Batoro a fait vibrer le public. Le moins qu’on puisse dire est que le concert prestige, acte III, a été riche en émotions. Radars Infos Burkina y était et vous fait revivre l’évènement.
C’est sous le patronage d’Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture et du Tourisme, ainsi que le parrainage conjoint de Marguerite Ouédraogo, présidente de la CIL, et de Claudine Lougué, ministre de la Santé, que le concert s’est déroulé. Etaient également présentes des personnalités comme Frédéric Titinga Pacéré et Whalib Bara, directeur général du BBDA.
Dans une salle du CENASA pleine à craquer, de nombreux artistes invités à l'image de Smarty, Sissao, Elesser Oubda et Miss Tanya, pour ne citer que ces derniers, ont fait monter le mercure en attendant que Donsharp lui-même monte sur scène.
Le « grand parolier » a remercié les invités, les spectateurs, les autorités, les hommes de médias et tous ceux qui ont contribué de quelque manière que ce soit à la tenue effective du concert. Il faut souligner que l'événement était également diffusé en direct sur Facebook afin de permettre au maximum de personnes de le suivre.
Donsharp, à travers cet événement culturel, veut faire prendre consciense au peuple burkinabè des maux qui minent notre société. Ces maux ont pour noms le viol, les risques que court la jeunesse sur les réseaux sociaux, l’incivisme grandissant… D’où son invite au peuple à changer de comportement et de manière de voir et de faire les choses dans son vécu quotidien, afin que le Burkina Faso connaisse des lendemains meilleurs, cela d’autant plus que, selon lui, nous n’avons pour héritage que notre Faso. C'est d'ailleurs ce qui justifie le choix du thème « Je n’ai que mon Faso ».
La jeunesse doit impérativement prendre conscience des problèmes actuels et faire l'effort de changer qualitativement sous peine de perdre son identité, ses origines et ses valeurs, a conseillé Donsharp de Batoro.
Depuis sa création en juin 1978, l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) se consacre à la création et à la production théâtrale. Dans les lignes qui suivent, le fondateur de cette association culturelle, Prosper Kompaoré, lève un coin du voile sur les activités mises en place pour sa promotion.
En ce qui concerne les activités de création et de production de façon régulière de l'ATB, des pièces de théâtre-forum ou d’auteurs sont réalisées et par la suite présentées en tournée « dans les provinces, campagnes et au sein de l’espace ATB », a-t-il affirmé d'entrée de jeu.
En outre, l’ATB forme des hommes et des femmes en matière de théâtre dans le but de promouvoir le théâtre burkinabè. Il s’est fortement engagé dans le développement du Burkina Faso à travers l’éveil des consciences. La structure a à son actif plusieurs événements. Ce sont, entre autres, le Festival international du théâtre pour le développement (FITD) depuis 1988, le Concours de théâtre-forum (CTF) qui ce déroule tous les ans, le Concours artistique pour les élèves du primaire de Ouagadougou (CAPO), le Concours artistique des scolaires et étudiants de Ouagadougou (CASEO) et les Chorales (concours de chorales religieuses et traditionnelles).
Toutefois, l’ATB est confronté à des difficultés dans la promotion du théâtre burkinabè. Pour le directeur de la troupe, Prosper Kompaoré, les difficultés majeures ont pour noms le manque de partenaires pour financer les créations, l’absence d’espace de travail, le manque de comédiens et l’incapacité de les payer. «Il faut des personnes qui ont les compétences requises pour tous les compartiments de la pratique théâtrale. Le théâtre, ce ne sont pas seulement les acteurs ni les metteurs en scène ; c’est toute l’administration, un ensemble de réseaux de partenariat », a-t-il ajouté.
Il a aussi pointé du doigt le problème de médiatisation de leurs activités. « Si nos activités ne sont pas suffisamment portées à la connaissance du public, comment voulez-vous qu'il apprécie nos productions, qu’il vienne voir nos spectacles ? Pour y remédier, nous sommes en train de développer un réseau de partenaires médiatiques », a lancé M. Kompaoré.
Tels sont, entre autres, les obstacles auxquels le théâtre a été confronté à ses débuts, même si de nos jours il souffre toujours du manque de partenaires. Nonobstant tout cela, la troupe de l’Atelier théâtre burkinabè a su garder le cap comme le prouvent les multiples distinctions qu’il a obtenues, notamment lors de la cérémonie de récompense des professionnels du théâtre, la Nuit des Lompolo.
Le samedi 5 décembre 2020, l’artiste musicien parolier Donsharp de Batoro invite les mélomanes au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA) à partir de 20h pour l’acte III de son concert prestige. Cette 3e édition est placée sous le thème : «Je n’ai que mon Faso » et connaîtra la participation de l’artiste musicien King Mensah, « la voix d’or du Togo ». Pour le lever de rideau, ce sont Miss Tanya, Kabila Scofield et Jabber Mystère qui seront au micro.
Lundi 30 novembre dans la soirée, soit 5 jours avant l’acte III de son concert prestige, Donsharp et son équipe étaient en répétition au CENASA. « Nous sommes déjà à 80% du travail abattu. Comme les dernières inspirations sont les meilleures, on ne finit jamais de faire des retouches », a-t-il dit.
Selon l’artiste burkinabè, « Je n’ai que mon Faso » est un thème choisi en raison de cette année particulière au Burkina. Comme c’est une année électorale, j’ai voulu, par anticipation, attirer l’attention des acteurs politiques et de la population sur la cohésion sociale avant, pendant et après les élections. « L’objectif, c’est de faire comprendre à tout le monde que peu importent les résultats, l’issue des votes, nous n’avons que le Burkina Faso comme bien commun légué par nos devanciers. ‘’Je n’ai que mon Faso’’ est plein de sens dans la forme et dans le fond. Je n’ai pas de bien au-dessus de ma patrie », a argumenté le parolier.
C’est la première fois qu’un artiste étranger est invité au concert prestige. Le choix du Togolais King Mensah se justifie par le fait que Donsharp a fait un featuring avec lui il y a 4 ans. « Je me suis dit que ce serait bien qu’il soit là pour qu’on puisse ensemble exécuter le titre ‘’Voici l’Afrique’’», a-t-il affirmé.
Beaucoup d’artistes nationaux pétris de talent participeront à l’acte III du concert prestige. Il y aura Smarty, Agozo, Awa Sissao et Kanzaï au niveau de la création. 15 danseurs sont attendus. S’agissant du lever de rideau, ce sont Miss Tanya, Kabila Scofield et Jabber Mystère qui seront de la partie. Le prix du ticket est de 10 000 et 15 000 F CFA.
Le musée de la musique Georges-Ouédraogo, sis à Ouagadougou en face du lycée Philippe-Zinda-Kaboré, est l’unique dans la sous-région africaine. C’est une institution patrimoniale idéale qui a pour objectifs de collecter, de conserver et d’exposer les instruments de musique qui appartiennent à toutes les communautés ethno-culturelles du Burkina Faso. Toutefois, ces trésors patrimoniaux sont délaissés et dévalorisés par la jeunesse du pays. Radars Info Burkina s’est intéressé aux mesures prises pour redorer le blason dudit musée.
Il existe au musée de la musique Georges-Ouédraogo 4 familles d’instruments. Selon Mahamadi Ilboudo, responsable dudit lieu, le monde de la culture en général a été rudement affecté pendant le premier et le deuxième trimestre de l’année 2020.
Pour remédier à cette situation, des expositions muséales y sont en cours pour une médiation avec le public scolaire afin de permettre aux élèves de se réapproprier leur culture, de découvrir un pan de l’histoire musicale de leur nation.
Notre interlocuteur confie que de nombreux projets de valorisation du musée sur 4 ans (de 2021 à 2024) sont en train d’être peaufinés. « Nous avons en projet une grande exposition de Bakary Dembélé, qui joue très bien, et une exposition vente d’un artiste mosaïste du nom d’Ousmane Kouyaté », a-t-il déclaré. Il prévoit d’ajouter des calendriers d’ateliers de percussion et de « labelliser l’exposition Identité culturelle ».
M. Ilboudo a lancé cet appel à la jeunesse burkinabè : « Je lance un vibrant appel à tous les plublics, à tous les Burkinabè car les musées sont des lieux d’immersion, de réappropriation culturelle, où on se mire et où on réapprend sa propre histoire. Le musée de la musique est ouvert à tous, sans exception, avec un dispositif sanitaire solide ».
En cette période électorale au Burkina, les acteurs du domaine de la mode n’ont pas rechigné à apporter leur contribution à la consolidation de la cohésion sociale. C’est ainsi que s’est tenue dans la soirée du jeudi 19 novembre, dans l’enceinte de la grande salle de spectacle du Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) une soirée dédiée à la mode. Elle a été organisée par l’association des agences du mannequinat pour la mode au Burkina Faso (2AMPM-BF), en collaboration avec le mouvement The Roch Label.
Le public était nombreux à ce rendez-vous de la mode qui promeut la cohésion sociale et le développement du Burkina. C’est par l’intervention des différents acteurs qui ont contribué à son organisation qu’a débuté l’évènement. Thiam, présidente de l’Association des agences de mannequinat pour la mode au Burkina (2AMPM-BF), par ailleurs mannequin, et Harouna Kaboré, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat et coordonnateur national du mouvement The Roch label, se sont succédé à la tribune.
Au menu de cette soirée, il y avait essentiellement trois tableaux avec à l’affiche 8 stylistes. C’est le styliste Sébastien Bazémo qui a ouvert le bal du premier tableau en présentant sa collection baptisée The Roch label. Parlant du même tableau, se sont succédé sur le podium la créatrice de mode OUM’C, qui a présenté sa collection « Retour à la source », et le styliste H. B design.
Le deuxième tableau a été peint par des noms comme Ymar mode, Carine T. avec sa collection « Papillon » et Sawaly.
La créatrice Tina’O avec sa collection « Un coup K.-O. » et le styliste Black, entre autres, ont marqué de leur griffe artistique le troisième tableau.
Le pagne Faso Danfani et le Koko dunda ont été mis en valeur à travers la collection des différents stylistes modélistes et créateurs de mode à l’affiche des différents tableaux de ce défilé.
Tous ont émerveillé le public par leurs créations haut de gamme et l’originalité de leurs collections. « C’était riche en potentiel», nous a confié une spectatrice émerveillée.
La présentation des différents tableaux a été ponctuée de prestations d’artistes musiciens qui ont tenu le public en haleine. De Malika la Slamazone au collectif d’artistes musiciens The Roch Label en passant par le collectif de musiciens Laamkoada, toutes les conditions étaient réunies pour rendre sublime la soirée, qui fut haute en couleur. C’est le « prince aux pieds nus », Alif Naaba, qui a clos la soirée par une prestation live.
Ce fut l’occasion pour le ministre Haroura Kaboré, coordonnateur du mouvement The Roch Label, d’inviter à la cohésion sociale et d’insister sur les valeurs qui doivent prévaloir en cette période électorale en vue d’un climat apaisé. « Celui qui sera désigné au soir du 22 novembre, on devra tous s’aligner derrière lui pour continuer le développement », a-t-il affirmé.
Demain 19 novembre 2020 dans l’après-midi, il se tiendra au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA) un défilé de mode pour promouvoir la cohésion sociale et le développement du Burkina dénommé « Retour à la source ». C’est le tout premier événement organisé par l’Association des agences de mannequins et promoteurs de mode burkinabé (2AMPM-BF). Radars Info Burkina s’est entretenu avec Oumou Compaoré, plus connue sous le pseudonyme d’OUM’C, membre de l’organisation et figurant parmi les 8 stylistes à l’affiche.
Radars Infos Burkina (RB) : Veuillez vous présenter aux lecteurs de Radars Infos Burkina.
Oumou Compaoré (OUM’C) : Je suis Oumou Compaoré, plus connue sous le pseudonyme d’OUM’C. Je suis ancien mannequin et actuellement créatrice de mode. Je dispose également d’une agence de mannequinat et d’hôtesses.
RB : Un défilé de mode dénommé « Retour à la source », qu’est-ce que vous voulez présenter au public à travers ce concept ?
OUM’C : Nous disons « Retour à la source » parce qu’on travaille exclusivement avec des pagnes Koko Dunda et du Faso Danfani. C’est la première édition. C’est notre tout premier bébé qui va venir au monde demain. C’est un aboutissement de l’association de plusieurs agences et de promoteurs de mode au Burkina.
RB :Quelle sera la particularité de ce défilé ?
OUM’C : Le but de ce défilé, c’est d’accompagner la campagne électorale. Nous sommes en pleine campagne et les acteurs de la mode veulent vraiment que ces élections se passent dans la paix, la cohésion et une parfaite entente, que chacun respecte le choix de l’autre. Que le vainqueur soit accepté et accompagné durant son mandat par toute la population. Ce qui sera spécial, c’est tout d’abord comme on le dit que le développement se fasse à travers les jeunes. Quand on mise sur la jeunesse, on a misé sur le long terme. Et c’est de cela qu’on a besoin. Certes, il y a des doyens qui vont accompagner le défilé ; on doit prendre toujours conseil auprès d’eux afin de pouvoir aller de l’avant, mais le défilé aura une coloration jeune. 80% des créateurs qui vont défiler sont des jeunes créateurs qui n’ont pas plus de 5 à 6 ans d’expérience. On veut leur donner la chance de s’exprimer.
RB : Qui sont les créateurs au rendez-vous ?
OUM’C : Il y a 8 stylistes à l’affiche : Bazemse, OUM’C, HB, YMAR MODE, T.BONTY, SAWALY, BLACK, TINA’O.
C’est un défilé mixte. L’accès est gratuit à tout le monde. Le défilé commence à 16h et prend fin à 19h30.
RB : Le défilé est parrainé par the Roch Label, un mouvement politique qui a décidé d’accompagner le président Kaboré lors de cette élection, qu’est-ce qui explique ce choix ?
OUM’C : C’est une association de plusieurs agences et nous avons déposé plusieurs demandes de soutien et c’est The Roch Label qui y a répondu favorablement pour nous accompagner afin de réaliser ce projet qu’il a jugé noble, surtout que ce sont des jeunes qui sont à l’origine.
RB : Un défilé soutenu par un mouvement politique, n’est-ce pas osé ?
OUM’C : Ce n’est pas vraiment un mouvement politique. Le mouvement politique, c’est le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), mais The Roch Label, c’est un label, une structure qui n’a rien à avoir avec le MPP. Donc The Roch Label est différent du MPP.
RB :Peut-on dire que ce défilé est une campagne déguisée en faveur du président sortant ?
OUM’C : Chacun est libre de son choix. Si vous sentez que Roch Kaboré peut faire votre affaire, vous votez pour lui. Si vous estimez qu’un autre de ses concurrents peut faire votre affaire, vous votez pour ce dernier. Nous sommes en démocratie et chacun est libre de faire son choix et de l’assumer.
RB : Quelles sont vos attentes en ce qui concerne la soirée de demain ?
OUM’C : Nous voulons que les gens viennent massivement suivre ce défilé. L’idée, c’est de faire connaître l’association au grand public et on veut dire aux gens que le mannequinat est un métier noble. Nous voulons inviter les personnes qui ont des préjugés à changer d’opinion et à nous accompagner. Que ceux qui empêchent leurs enfants d’exercer ce métier arrêtent de le faire et les accompagnent plutôt. Qu’on considère les mannequins comme des artistes. C’est cet objectif que nous visons.
RB : Y aura-t-il d’autres activités lors de cette cérémonie ?
OUM’C : Oui, il y aura des prestations artistiques.
RB : Qui par exemple ?
OUM’C : Je préfère taire leurs noms.
RB : Votre mot de la fin ?
OUM’C : Je remercie Radars Infos Burkina pour cette interview et j’invite la population à sortir massivement pour le défilé. L’entrée est gratuite, donc faites-vous plaisir ; cultivons la paix.
Propos recueillis par Aly Tinto et Farida Elise Sawadogo (stagiaire)
Des artistes membres du Syndicat national des artistes musiciens du Burkina Faso (SYNAMUB) étaient en sit-in ce matin du mardi 3 novembre devant le siège du Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA) pour « dénoncer sa gestion opaque et chaotique » et exiger la satisfaction de leur plateforme revendicative minimale.
Beaucoup d’artistes musiciens ont pris d’assaut cette matinée du mardi 3 novembre la devanture du BBDA pour fustiger la manière dont ladite structure est gérée et exiger la satisfaction de leur plateforme revendicative minimale de quatre points.
Un micro pour scander des slogans, des affiches pour exprimer leur ras-le-bol, en présence du secrétaire général du SYNAMUB, Almamy KJ. Les mécontents exigent la dotation de toutes les radios et télévisions d’un logiciel unique de comptabilisation des œuvres musicales exploitées, la publication des listes exhaustives et nominatives des bénéficiaires du Fonds exceptionnel de solidarité (FES) et du Fonds de solidarité exceptionnel (FSE), la transparence dans l’attribution du Fonds de promotion culturelle (FPC) ainsi que l’audit financier du BBDA avec la participation de toutes les organisations d’artistes.
« Dans le mois d’avril, 150 millions de francs CFA du Fonds de promotion culturelle (FPC) ont été dégagés pour soutenir les acteurs culturels, au nombre de 4 092, en période de COVID-19. Chacun a reçu 30 000 F. Jusqu’à présent, nous ne sommes pas rentrés en possession de la liste exhaustive et nominative d’autant plus que le BBDA nous dit que qu’elle est confidentielle. S’il n’y a pas anguille sous roche, qu’on nous fournisse cette liste. Quand les médias reçoivent les subventions de l’Etat, devant le nom de chaque média est mentionné le montant qu’il a perçu. Si on ne peut pas nous donner la liste exhaustive et nominative de ceux qui ont perçu les différents fonds, ce n’est pas l’audit qui se fera facilement. Voilà pourquoi nous sommes en sit-in ce matin pour dénoncer cette gestion opaque et chaotique de son premier responsable, Walib Bara », s’est offusqué Almamy KJ.
A l’en croire, à la demande du BBDA, le SYNAMUB a été reçu la semaine dernière car la direction voulait comprendre pourquoi il projetait de tenir en sit-in.
« Nous avons porté à leur connaissance les points de notre plateforme revendicative. Il n’y a pas eu de consensus », a confié le SG du SYNAMUB.
Pour Almamy KJ, d’autres actions de terrain seront menées pour la satisfaction de la plateforme. « On ne peut pas dissiper de l’argent impunément. Nous saisirons les institutions judiciaires les plus compétentes de notre pays pour exposer le problème », a-t-il dit.
Le directeur du BBDA n’était pas présent. Selon la direction de la Communication, le BBDA s’exprimera dans les jours à venir.