mercredi 29 avril 2026

hla uneLa 9e édition des Personnalités culturelles de l’année (PCA) s’est déroulée le vendredi 29 janvier 2021 dans la Salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000. Au cours de cette soirée haute en couleur, des acteurs culturels ont vu leur mérite reconnu. Dans une interview, le promoteur revient sur l’organisation de cette édition dans un contexte de covid-19. Lisez plutôt.

Radars Info Burkina : Êtes-vous satisfait de l’organisation de la 9e édition des Personnalités culturelles de l’année (PCA)?

Hervé David Honla : Ma satisfaction dépend du public et des acteurs culturels qui y ont consacré leur temps le 29 janvier dans la salle Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000. Au regard des messages de félicitations que je reçois depuis la fin de la cérémonie, je peux affirmer que je suis satisfait malgré quelques aspects qu'il faudrait améliorer.

RB : Quelle a été la particularité de cette édition ?

HDH : Nous avons voulu qu’elle soit transparente au maximum tout en reflétant la géopolitique culturelle de notre pays. C’est la raison pour laquelle les nominés viennent également des autres régions du Burkina. Le thème « Résilience » y est également pour quelque chose, au regard des différentes crises (sanitaire et sécuritaire) qu’il y a eu en 2020.

RB : Qu’est-ce-qui, à votre avis, peut être fait pour améliorer cet évènement majeur de l’agenda culturel au Burkina?

HDH : Ce qui peut être amélioré, c'est l'organisation, précisément la gestion des invités qui sont de plus en plus nombreux. Nous n'arrivons plus à contenir le monde. En outre, il y a le timing et la réduction du nombre d’artistes qui prestent.

RB : Il vous est reproché la désignation relativement arbitraire des nominés. Quel commentaire vous faites à ce sujet?

HDH : Parler de désignation arbitraire des nominés, c'est exagéré. Nous passons 6 mois de l'année, lors de réunions, à choisir d'abord les catégories ensuite les nominés avec l'aval des personnes-ressources du milieu. Donc je ne pense pas que la désignation soit arbitraire.

RB : Le fait d’être organisateur d’un événementiel désignant des lauréats n’entache-t-il pas vos analyses critiques de journaliste culturel ?

HDH : Bien au contraire, mes analyses critiques doivent me permettre de donner l'exemple quand je fais de l'évènementiel. Ce n'est pas moi qui désigne les nominés ni qui choisis les lauréats. Je ne suis qu'un organisateur d'événements, un facilitateur. Je ne m'occupe pas du jury.

hla 2RB : Un journaliste peut-il être manager d’artiste ou attaché de presse d’artiste ?

HDH : Attaché de presse oui, cela est même vivement conseillé. Bon nombre d'artistes de renommée internationale ont des attachés de presse qui sont des journalistes. Or, manager un artiste, c'est consacrer la quasi-totalité de son temps à le faire. Pour un journaliste en fonction, c'est difficile d'exercer les deux métiers.

hla 3RB : Le journaliste culturel est-il payé en monnaie de singe par les artistes burkinabè ?

HDH : Au Burkina, le métier de journaliste ne nourrit pas son homme. C'est encore pire quand on est journaliste spécialisé dans la culture et la critique. Si un artiste sollicite nos services, nous mettons parfois le prix qu'il faut ; malheureusement, nous n'avons jamais gain de cause. Bien au contraire, on nous traite de mendiants ou d'usurpateurs.

RB : Que pensez-vous de la relève des journalistes culturels?

HDH : Il n’y a pas de relève! C'est un terme à mon avis caduc. On ne donne pas la place aux jeunes. Chacun doit se former pour exceller dans son métier. Quand on travaille avec un aîné et qu'on est obéissant, on finit de se frayer un chemin. Le jeune acquiert sa place naturellement.

RB : Pourquoi vous appelle-t-on le chat?

HDH : On m'appelle ainsi parce que je suis discret dans des événements nocturnes et mes écrits écorchent parfois les artistes ; d’où les « griffes du chat ».

www.radarsburkina.net

dagn uneLe producteur-réalisateur scénariste burkinabè Oumar Dagnon termine l’année 2020 en apothéose. En effet, avec son film « A bout de souffle », il vient de  remporter le 1er prix du meilleur long métrage au  Sprouting Seed International Short Film Festival (SSISFF) en Inde. Bien que le réalisateur n’ait pas pu assister à la cérémonie solennelle de remise, COVID-19 oblige, son trophée arrivera très prochainement au Burkina Faso.

Le « Festival du film » est le plus grand événement cinématographique en Inde. C’est une plateforme unique d'exploration artistique et de divertissement, l'un des plus grands festivals de films publics au monde. Il attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier.

Pour l'industrie cinématographique et les médias, c'est également l'un des événements les plus importants du calendrier annuel et un forum commercial indispensable.

Le Festival Sprouting Seed International Film est ouvert aux films, courts et longs métrages, fictions ainsi qu'aux documentaires.

 Ces films amènent les stars du cinéma international à Maharashtra et font découvrir de nouveaux talents. Le Festival accompagne les cinéastes de toutes disciplines sur leur chemin vers les projecteurs et soutient les carrières, les projets, etc. Cinq pays, à savoir le Burkina Faso, l’Inde, l’Italie, la Colombie et le Portugal, étaient en compétition dans cette catégorie.   

dagn 2Voici ce qu’on peut retenir du synopsis du film « A bout de souffle » : c’est quelqu’un qui décide de sortir du banditisme pour entrer dans le droit chemin. Par la suite, des difficultés surgissent. « Face à ces difficultés va-t-il se battre pour demeurer dans le droit chemin ou va-t-il basculer ? C’est toute la problématique du film », a expliqué le réalisateur.

C’est un long métrage porté par Issaka Sawadogo, l’acteur principal de cette fiction ; Coulio, interprété par Moïse Tiemtoré. Sonia, la fiancée de Malik dans le film, est interprétée par Josiane Hien.

Cette fiction de 80 mn a été  tournée en 2018. Elle a fait sa première mondiale lors du FESPACO 2019. Ensuite le film a voyagé dans plusieurs festivals hors des frontières du Burkina. En novembre 2019, il a remporté deux prix aux ZAFAA Awards à Abuja au Nigeria.

dagn 3C’est un sentiment de fierté qui anime Oumar Dagnon aujourd’hui. Sa plus grande satisfaction, c’est de voir que cette œuvre sortie de son imagation arrive à représenter le Burkina Faso dans le monde, qu’elle a fait son bonhomme de chemin et est aujourd’hui  reconnue sur le plan international.

« Nous avons cru à ce projet et son écriture nous a pris trois ans. Elle a été réalisée sur fonds propres. Pour nous, c'était un défi énorme à relever. Vu le parcours du film, on ne peut qu’en être fier car on l’a réalisé avec toute notre force, en croyant en nous-mêmes », s’est-il réjoui.     

Au cours de l’année 2020, Oumar Dagnon a produit des courts métrages dont Madjigui, écrit et réalisé par Mouna N'Diaye. Ce film a fait le tour des festivals à travers le monde et a rempoté des prix.

Le réalisateur  Dagnon et Mouna N’Diaye viennent d’ailleurs de rentrer de Dakar où Madjigui était en compétition. Oumar Dagnon y a  été certes pour le festival mais aussi pour explorer les possibilités en matière de cinéma. « Actuellement au Sénégal, il y a une floraison de séries télévisées. Le pays est devenu un pôle d’attraction. Pour moi, c’était une occasion de voir dans quelle mesure m’inspirer de ce qu’ils font, de nouer des contacts et, pourquoi pas, faire des coproductions entre le Burkina et le Sénégal », a-t-il indiqué.

Pour Dagnon, son objectif a été atteint car il est revenu du pays de la Téranga porteur d’espoir en se disant qu’à partir de 2021, la véritable industrie du cinéma burkinabè sera lancée.

« A Waati Films, on va entrer dans une production massive. Durant cette année, on a écrit énormément de scénarios en séries et en longs métrages. Je pense que les cinéphiles seront servis à partir de 2021, car le Burkina a sa place dans cette industrie», a conclu le jeune réalisateur.  

Aly Tinto

sanat uneLa pandémie de coronavirus a impacté presque tous les secteurs d’activité au Burkina Faso, déjà confrontés au manque de touristes du fait de l’insécurité. Radars info était avec des commerçants d’œuvres d'art et vous fait un focus sur la situation que vivent ces derniers en temps de covid-19.

L’artisanat contribue pour plus de 25% au PIB et occupe plus d'un million d'actifs au Burkina Faso. La filière art plastique appliqué et artisanat d’art, en particulier, est une des plus importantes en termes de contribution économique (29% du PIB culturel et 15% des emplois culturels). Toutefois, les acteurs du domaine demeurent confrontés à des problèmes depuis que le Burkina Faso est devenu la cible de certaines attaques terroristes et récemment face à la covid-19 qui fait des ravages partout dans le monde.

Interrogé sur la fréquentation des lieux dans ce contexte de pandémie de coronavirus, M. Ouédraogo explique que les clients se font rares. D’ailleurs, la rareté de la clientèle est antérieure à la crise sanitaire, ajoute-t-il. « Avec d’abord Ebola, ensuite la crise sécuritaire et maintenant la COVID-19, nous avons perdu tous nos clients. Depuis que la maladie a commencé et entraîné la fermeture des frontières, rien ne va ici parce que nos clients sont généralement des Européens, des touristes … », raconte-t-il avec amertume. sanat 2M. Ouedraogo se rappelle le bon vieux temps où, par mois, il pouvait enregistrer une à deux commandes de 1 à 3 millions F CFA en Europe.

sanat 3Depuis son l’apparition de la Covid-19 en mars 2020, l’artisanat a connu une baisse sur le plan commercial au Burkina Faso. En effet, la  maladie a fait que les touristes ne voyagent plus. « Je suis dans l’inquiétude, parce que nos ventes ne font que baisser et de nombreux commerçants d’œuvres d’art comme moi abandonnent le métier actuellement », a précisé Karim Ouédraogo.

Il lance un appel à la population à respecter les différentes mesures barrières mises en place par le ministère de la Santé pour éviter la propagation de la maladie.

Sawadogo K. Arnold Junior (stagiaire)

rptt uneAvant de monter sur scène, les artistes musiciens ont nécessairement besoin de se rendre dans une salle de répétition pour jouer. Radars Info Burkina s’est entretenu avec des tenanciers de salles de répétition ainsi que des artistes musiciens burkinabè pour savoir la part de contribution desdites salles  au succès d’un spectacle et les réalités dans ce domaine.

Selon Nourat, grande voix du reggae burkinabè, la salle de répétition permet à l’artiste de se préparer, musicalement et même psychologiquement, pour affronter la scène. Et Alif Naaba, chanteur auteur-compositeur et interprète, d’ajouter qu’elle contribue énormément et est la base du succès du spectacle.

Au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA), il existe une salle de répétition « beaucoup sollicitée ». Ernest Bonkoungou, directeur du Théâtre national Koamba-Lankoandé, indique qu’au regard de ce que cette salle a comme dispositifs technique et acoustique, une contribution de 2 500 francs CFA par heure est demandée à ceux qui veulent l’utiliser. « Les artistes trouvent que c’est dérisoire comme contribution. Pour une répétition, on n’a pas besoin d’une très grande salle et toutes les conditions sont réunies pour  permettre de répéter. Notre salle a une qualité sonore appréciable si bien que quand on fait la répétition dans ces conditions acoustiques, on n’a plus beaucoup de choses à régler quand on arrive au spectacle », soutient-il. Il précise que ceux qui répètent dans cette salle conviennent avec lui qu’elle est vraiment appropriée.

rptt 2Parmi les conditions d’exploitation de la salle, ont doit se déchausser  avant d’y accéder. A l’en croire, c’est une condition très rigoureusement respectée. En plus, il est interdit d’y fumer, manger ou boire.

Au jardin de la musique Reemdoogo, la salle de répétition coûte également 2 500 F par heure.  Pour Nourat, les coûts des salles de répétition sont abordables et fixés en fonction de la qualité desdites salles. « Il existe des  salles à qualité moyenne, dont les prix sont de 2000 F l'heure par exemple, et les plus performantes sont à 3000 F l'heure.  On constate qu'au fur et à mesure,  les salles deviennent performantes et multiples, vu que la musique live se développe aussi », explique-t-elle.

rptt 3Alif Naaba fait savoir qu’il existe  4 ou 5 salles répondant aux normes qui contribuent à la création et aux préparations des spectacles. « Les coûts sont moyens pour un certain niveau comme dans la sous-région. On constate qu’il y a vraiment une qualité de travail proposée par les artistes sur les scènes au Burkina et ailleurs dans le monde », poursuit-il. 

Joseph Tiemtoré est technicien au jardin de la musique Reemdoogo. Selon lui, une salle de répétition doit être bien tapée, avec une bonne acoustique, bien climatisée avec du matériel professionnel. Le bassiste doit entendre la guitare basse, le guitariste doit entendre la guitare solo qu’il joue. Pareil pour les vocales.  « Il faut qu’il y ait un peu d’espace dans la salle ; c’est un critère important », ajoute pour sa part Alif Naaba.

Toujours selon ce dernier, quand un artiste joue dans une salle qui ne répond pas aux normes, il n’est pas inspiré et est moins motivé. Par conséquent, cela joue sa performance. « A 3000F l’heure, il faut que le minimum soit là », dit-il. 

M. Tiemtoré a regretté le fait que les techniciens travaillent toujours dans l’analogique alors que c’est surtout le numérique qui est utilisé de nos jours.. « Nous demandons aux autorités de nous accompagner pour qu’on ait une bonne formation et du matériel en numérique pour exceller dedans », demande-t-il.

Aly Tinto  

 

 

  

tati uneTatiana Nadé Guéria, danseuse ivoirienne résidant au Burkina Faso depuis 2016, est élève à l’Ecole de danse Irène-Tassembédo (EDIT) depuis 2018. Radars Info Burkina vous plonge  dans l’univers artistique de la danse à travers cette passionnée.

L’histoire d’amour entre la jeune Tatiana et la danse dure depuis l’adolescence de cette dernière. On pourrait même dire que celle-ci est née avec le virus de la danse, car fille d’un percussionniste et d’une danseuse. Passionnée de danse, elle commence très jeune à prester sur des scènes artistiques dans sa Côte d’Ivoire natale avant de partir à l’aventure en vue de se perfectionner et de mieux dompter cet art qu’est la danse.

Dans cette quête de la perfection, ses pas la conduisent en 2016 au Burkina Faso, où elle s’inscrit en 2018 à l’Ecole de danse Irène-Tassembédo (EDIT). Depuis, elle y suit une formation professionnelle de danse supposée durer 3 ans.

« La danse m’a apporté beaucoup de choses ; je ne suis pas encore au bout de mes objectifs mais la danse me permet d’être moi-même sur scène car je danse la vie, je respire, je souris, je suis joviale, en colère, j’exprime toutes ces émotions. Pour moi, danser, c’est vivre », nous confie la jeune danseuse en formation.

 « Ce qui m’a le plus marquée dans la danse, c’est mon stage de 6 semaines au Sénégal durant lequel j'ai collaboré avec plusieurs danseurs et danseuses de plusieurs nationalités. Ce fut une superbe expérience », raconte avec émerveillement la jeune femme, qui a des rêves plein la tête. Par exemple, elle ambitionne d’ouvrir des écoles de danse afin d’enseigner ce qu’elle appelle le savoir-vivre de la danse. tati 2«  Je voudrais, à l’image de ‘’tata Irène Tassembédo’’, être une figure emblématique de la danse en Afrique, voire sur le plan international », confie-t-elle.

En rappel, l’Ecole de danse internationale Irène-Tassembédo (EDIT), créée en octobre 2009, est un établissement de formation artistique offrant une formation professionnelle ainsi que des cours pour amateurs adultes et enfants. tati 3Elle a formé à ce jour plusieurs danseurs et chorégraphes professionnels parmi lesquels Eric Nébié, Florent  Nikièma et Rama Koné, qui sont des références en la matière.

Comme perspectives, l’EDIT prépare la 9e édition du Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO), qui se tiendra du 23 au 30 janvier 2021 sur le thème « Privation de liberté » à l’institut français et au sein de l’EDIT.

Farida Elise Sawadogo (stagiaire)

megac uneAu CENASA, dans la nuit du 5 au 6 décembre, Donsharp de Batoro a fait vibrer le public. Le moins qu’on puisse dire est que le concert prestige, acte III, a été riche en émotions. Radars Infos Burkina y était et vous fait revivre l’évènement.

C’est sous le patronage d’Abdoul Karim Sango, ministre de la Culture et du Tourisme, ainsi que le parrainage conjoint de Marguerite Ouédraogo, présidente de la CIL, et de Claudine Lougué, ministre de la Santé, que le concert s’est déroulé. Etaient également présentes des personnalités comme Frédéric Titinga Pacéré et Whalib Bara, directeur général du BBDA.

Dans une salle du CENASA pleine à craquer, de nombreux artistes invités à l'image de Smarty, Sissao, Elesser Oubda et Miss Tanya, pour ne citer que ces derniers, ont fait monter le mercure en attendant que Donsharp lui-même monte sur scène. 

megac 2Le « grand parolier » a remercié les invités, les spectateurs, les autorités, les hommes de médias et tous ceux qui ont contribué de quelque manière que ce soit à la tenue effective du concert. Il faut souligner que l'événement était également diffusé en direct sur Facebook afin de permettre au maximum de personnes de le suivre. 

megac 3Donsharp, à travers cet événement culturel, veut faire prendre consciense au peuple burkinabè des maux qui minent notre société. Ces maux ont pour noms le viol, les risques que court la jeunesse sur les réseaux sociaux, l’incivisme grandissant… D’où son invite au peuple à changer de comportement et de manière de voir et de faire les choses dans son vécu quotidien, afin que le Burkina Faso connaisse des lendemains meilleurs, cela d’autant plus que, selon lui, nous n’avons pour héritage que notre Faso. C'est d'ailleurs ce qui justifie le choix du thème « Je n’ai que mon Faso ».

La jeunesse doit impérativement prendre conscience des problèmes actuels et faire l'effort de changer qualitativement sous peine de perdre son identité, ses origines et ses valeurs, a conseillé Donsharp de Batoro.

Arnold Junior Sawadogo  (stagiaire) 

mnaa uneDepuis sa création en juin 1978, l’Atelier théâtre burkinabè (ATB) se consacre à la création et à la production théâtrale. Dans les lignes qui suivent, le fondateur de cette association culturelle, Prosper Kompaoré, lève un coin du voile sur les activités mises en place pour sa  promotion.

En ce qui concerne les activités de création et de production de façon régulière de l'ATB, des pièces de théâtre-forum ou d’auteurs sont réalisées et par la suite présentées en tournée « dans les provinces, campagnes et au sein de l’espace ATB », a-t-il affirmé d'entrée de jeu.

En outre, l’ATB forme des hommes et des femmes en matière de théâtre dans le but de promouvoir le théâtre burkinabè. Il s’est fortement engagé dans le développement du Burkina Faso à travers l’éveil des consciences. La structure a à son actif plusieurs événements. Ce sont, entre autres,  le Festival international du théâtre pour le développement (FITD) depuis 1988, le Concours de théâtre-forum (CTF) qui ce déroule tous les ans, le Concours artistique pour les élèves du primaire de Ouagadougou (CAPO), le Concours artistique des scolaires et étudiants de Ouagadougou (CASEO) et les Chorales (concours de chorales religieuses et  traditionnelles).

mnaa 2Toutefois, l’ATB est confronté à des difficultés dans la promotion du théâtre burkinabè. Pour le directeur de la troupe, Prosper Kompaoré, les difficultés majeures ont pour noms le manque de partenaires pour financer les créations, l’absence d’espace de travail, le manque de comédiens et l’incapacité de les payer. « Il faut des personnes qui ont les compétences requises pour tous les compartiments de la pratique théâtrale.  Le théâtre, ce ne sont pas seulement les acteurs ni les metteurs en scène ; c’est toute l’administration, un ensemble de réseaux de partenariat », a-t-il ajouté.

mnaa 3Il a aussi pointé du doigt le problème de médiatisation de leurs activités. « Si nos activités ne sont pas suffisamment portées à la connaissance du public, comment voulez-vous qu'il apprécie nos productions, qu’il vienne voir nos spectacles ? Pour y remédier, nous sommes en train de développer un réseau de partenaires médiatiques », a lancé M. Kompaoré.

Tels sont, entre autres, les obstacles auxquels le théâtre a été confronté à ses débuts, même si de nos jours il souffre toujours du manque de partenaires. Nonobstant tout cela, la troupe de l’Atelier théâtre burkinabè a su garder le cap comme le prouvent les multiples distinctions qu’il a obtenues, notamment lors de la cérémonie de récompense des professionnels du théâtre, la Nuit des Lompolo.

Arnold Junior Sawadogo (stagiaire)

stige uneLe samedi 5 décembre 2020, l’artiste musicien parolier Donsharp de Batoro invite les mélomanes au Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA) à partir de 20h pour l’acte III de son concert prestige. Cette 3e édition est placée sous le thème : «Je n’ai que mon Faso » et connaîtra la participation de l’artiste musicien King Mensah, « la voix d’or du Togo ». Pour le lever de rideau, ce sont Miss Tanya, Kabila Scofield et Jabber Mystère qui seront au micro.

Lundi 30 novembre dans la soirée, soit 5 jours avant l’acte III de son concert prestige, Donsharp et son équipe étaient en répétition au CENASA. « Nous sommes déjà à 80% du travail abattu.  Comme les dernières inspirations sont les meilleures, on ne finit jamais de faire des retouches », a-t-il dit.

Selon l’artiste burkinabè, « Je n’ai que mon Faso » est un thème choisi en raison de cette année particulière au Burkina. stige 2Comme c’est une année électorale, j’ai voulu, par anticipation, attirer l’attention des acteurs politiques et de la population sur la cohésion sociale avant, pendant et après les élections.  « L’objectif, c’est de faire comprendre à tout le monde que peu importent les résultats, l’issue des votes, nous n’avons que le Burkina Faso comme bien commun légué par nos devanciers. ‘’Je n’ai que mon Faso’’ est plein de sens dans la forme et dans le fond. Je n’ai pas de bien au-dessus de ma patrie », a argumenté le parolier.

stige 3C’est la première fois qu’un artiste étranger est invité au concert prestige. Le choix du Togolais King Mensah se justifie par le fait que Donsharp a fait un featuring avec lui il y a 4 ans.  « Je me suis dit que ce serait bien qu’il soit là pour qu’on puisse ensemble exécuter le titre ‘’Voici l’Afrique’’», a-t-il affirmé.

Beaucoup d’artistes nationaux pétris de talent participeront à l’acte III du concert prestige. Il y aura Smarty, Agozo, Awa Sissao et Kanzaï au niveau de la création. 15 danseurs sont attendus. S’agissant du lever de rideau, ce sont Miss Tanya, Kabila Scofield et Jabber Mystère qui seront de la partie. Le prix du ticket est de 10 000 et 15 000 F CFA.

Aly Tinto

msee uneLe musée de la musique Georges-Ouédraogo, sis à Ouagadougou en face du  lycée Philippe-Zinda-Kaboré, est l’unique dans la sous-région africaine. C’est une institution patrimoniale idéale qui a pour objectifs de collecter, de conserver et d’exposer les instruments de musique qui appartiennent à toutes les communautés ethno-culturelles du Burkina Faso. Toutefois, ces trésors patrimoniaux sont délaissés et dévalorisés par la jeunesse du pays. Radars Info Burkina s’est intéressé aux mesures prises pour redorer le blason dudit musée.

Il existe au musée de la musique Georges-Ouédraogo 4 familles d’instruments. Selon Mahamadi Ilboudo, responsable dudit lieu, le monde de la culture en général a été rudement affecté pendant le premier et le deuxième trimestre de l’année 2020.

msee 2Pour remédier à cette situation, des expositions muséales y sont en cours pour une médiation avec le public scolaire afin de permettre aux élèves de se réapproprier leur culture, de découvrir un pan de l’histoire musicale de leur nation.

Notre interlocuteur confie que de nombreux projets de valorisation du musée sur 4 ans (de 2021 à 2024) sont en train d’être peaufinés. « Nous avons en projet une grande exposition de  Bakary Dembélé, qui joue très bien, et une exposition vente d’un artiste mosaïste du nom d’Ousmane Kouyaté », a-t-il déclaré. Il prévoit d’ajouter des calendriers d’ateliers de percussion et de « labelliser l’exposition Identité culturelle ».

M. Ilboudo a lancé cet appel à la jeunesse burkinabè : « Je lance un vibrant appel à tous les plublics, à tous les Burkinabè car les musées sont des lieux d’immersion, de réappropriation culturelle, où on se mire et où on réapprend sa propre histoire. Le musée de la musique est ouvert à tous, sans exception, avec un dispositif sanitaire solide ».

Arnold Junior Sawadogo (stagiaire)

dfilé uneEn cette période électorale au Burkina, les acteurs du domaine de la mode n’ont pas rechigné à apporter leur contribution à la consolidation de la cohésion sociale. C’est ainsi que s’est tenue dans la soirée du jeudi 19 novembre, dans l’enceinte de la grande salle de spectacle du Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) une soirée dédiée à la mode. Elle a été organisée par l’association des agences du mannequinat pour la mode au Burkina Faso (2AMPM-BF), en collaboration avec le mouvement The Roch Label.

Le public était nombreux à ce rendez-vous de la mode qui promeut la cohésion sociale et le développement du Burkina. C’est par l’intervention des différents acteurs qui ont contribué à son organisation qu’a débuté l’évènement. Thiam, présidente de l’Association des agences de mannequinat pour la mode au Burkina (2AMPM-BF), par ailleurs mannequin, et Harouna Kaboré, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat et coordonnateur national du mouvement The Roch  label, se sont succédé à la tribune.

dfilé 2Au menu de cette soirée, il y avait essentiellement trois tableaux avec à l’affiche 8 stylistes. C’est le styliste Sébastien Bazémo qui a ouvert le bal du premier tableau en présentant sa collection baptisée The Roch label. Parlant du même tableau, se sont succédé sur le podium la créatrice de mode OUM’C, qui a présenté sa collection « Retour à la source », et le styliste H. B design.

Le deuxième tableau a été peint par des noms comme Ymar mode, Carine T. avec sa collection « Papillon » et Sawaly.

La créatrice Tina’O avec sa collection « Un coup K.-O. » et le styliste Black, entre autres, ont marqué de leur griffe artistique le troisième tableau.

dfilé 3Le pagne Faso Danfani et le Koko dunda ont été mis en valeur à travers la collection des différents stylistes modélistes et créateurs de mode à l’affiche des différents tableaux de ce défilé.

Tous ont émerveillé le public par leurs créations haut de gamme et l’originalité de leurs collections. « C’était riche en potentiel», nous a confié une spectatrice émerveillée.

La présentation des différents tableaux a été ponctuée de prestations d’artistes  musiciens qui ont tenu le public en haleine. De Malika la Slamazone au collectif d’artistes musiciens The Roch Label en passant par le collectif de musiciens Laamkoada, toutes les conditions étaient réunies pour rendre sublime la soirée, qui fut haute en couleur. C’est le « prince aux pieds nus », Alif Naaba, qui a clos la soirée par une prestation live.

Ce fut l’occasion pour le ministre Haroura Kaboré, coordonnateur du mouvement The Roch Label, d’inviter à la cohésion sociale et d’insister sur les valeurs qui doivent prévaloir en cette période électorale en vue d’un climat apaisé. « Celui qui sera désigné au soir du 22 novembre, on devra tous s’aligner derrière lui pour continuer le développement », a-t-il affirmé.

Farida Elise Sawadogo (stagiaire)

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