mercredi 29 avril 2026

ppca uneLes 12 Personnalités culturelles de l’année (PCA) 2021 sont connues. Ces hommes et femmes du monde de la culture ont été distingués lors d’une cérémonie organisée le vendredi 4 février 2022 à Ouagadougou. Selon le promoteur dudit événement, Hervé David Honla, c’est une manifestation qui vise à rassembler les acteurs des différentes filières du secteur culturel burkinabè. Riche en couleurs et en son, cet événementiel a réuni des centaines de personnes à Canal Olympia Ouaga 2000.

« 12 PCA, parce que l’année compte 12 mois », c’est l’explication donnée par le promoteur de cet événementiel qui est à sa 10e année. Les 12 PCA, ce sont 12 personnalités de 12 catégories de la culture qui ont reçu des trophées et des gadgets. « C’est un sentiment de joie qui m’anime. Je remercie le bon Dieu, ma famille et tous ceux qui m’encouragent, qui me soutiennent. Cette distinction montre qu’un travail est fait et je vais persévérer, m’améliorer. Ce n’était pas très évident mais pour moi, la nomination même  était déjà un grand pas », se réjouit Abdoul Karim Sana, désigné infographe de l’année.

ppca 2« Ce prix, je le dédie d’abord à toutes les personnes qui ont cru en moi. Le 9 janvier, je totalisais 10 ans de carrière en tant que maître de cérémonies. Et je dis merci à tous mes partenaires, à ma mère. Je dédie ce trophée à toutes les FDS du Burkina Faso », déclare pour sa part Freddy Lino. Rien ne présageait la tenue effective de l’événement au regard de la situation sociopolitique et sécuritaire du pays, mais ses organisateurs ont, une fois de plus, relevé le défi. Le promoteur des 12 PCA en tire donc légitimement un sentiment de satisfaction.  « En toute franchise, cette 10e édition a été organisée avec beaucoup de difficultés, car nous avons traversé des situations très pénibles depuis pratiquement 4 à 5 ans. Le passage de 2021 à 2022 aussi nous a été encore plus fatal, avec nos forces de défense et de sécurité qui ne font que tomber. En 2022 il y a eu ce renversement sociopolitique qui a entraîné effectivement des couvre-feux à la même période justement où on organisait les 12 PCA. On a beaucoup hésité, se demandant s’il fallait carrément annuler l’événement ou bien  le reporter. Aujourd’hui, je tiens sincèrement à remercier tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont soutenus, même les autorités qui ont accepté que cet événement se tienne ce soir. Les gens ont le cœur meurtri actuellement, donc nous avons voulu leur redonner un peu d’espoir et inciter l’ensemble des acteurs culturels à rester debout. Nous sommes confiants que la paix reviendra au Burkina Faso. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons placé cette 10e édition sous le signe de la paix et de la réconciliation », a souligné Hervé David Honla. 

ppca 3Avant les 12 PCA, les organisateurs ont décerné également des prix à 12 personnalités qui se sont distinguées au cours des 10 derniers années (NDLR : Lire encadré).         

Pour permettre au plus grand nombre de personnes de prendre part à cet événement, la cérémonie, ponctuée de prestations d’artistes et de défilés de mode, s’est tenue à l’extérieur de la salle de projection de Canal Olympia. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine pour découvrir d’autres 12 PCA.

Barthélémy Paul Tindano

 

ENCADRÉ

Les 12 PCA de 2021 et leurs catégories

  1. Freddy Lino : Catégorie maître de cérémonies
  2. Adjaratou Ouédraogo : Catégorie peinture
  3. Dieudonné Yoda : Comédien de cinéma
  4. Philomaine Nanema : Catégorie humour
  5. Kandy Guira : Artiste musicien de la diaspora
  6. Smarty : Concert de l’année
  7. Shado Stone : Catégorie arrangeur
  8. Opipi : Catégorie manager
  9. Roch Parfait Sebgo : Catégorie mannequin
  10. San Remy Traoré : Catégorie producteur de musique
  11. Abdoul Karim Sana, dit Doulse beat : Catégorie infographie
  12. Kayawoto : Catégorie artiste musicien de l’année

 

Les lauréats de la décennale

  1. Bernadette Dao
  2. RTB
  3. Les Kundé
  4. Yves de Boromo
  5. Alpha Ouédraogo
  6. Sébastien Bazemo, dit Bazem’s
  7. CITO
  8. Irène Tassembédo
  9. Les NAK
  10. Jah Kassa
  11. Mamadou Diabaté
  12. 5 étoiles

fspc uneLes rideaux sont tombés sur la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) le samedi 23 octobre 2021 au palais des Sports de Ouaga 2000. C’est « La femme du fossoyeur »  du Somalien Kadar Ahmed qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga. Cette cérémonie de clôture de la fête du cinéma africain a connu la présence de Roch March Christian Kaboré, président du Faso, de son homologue Macky Sall de la république du Sénégal, pays invité d’honneur, ainsi que de nombreuses autres personnalités.

La Somalie, à travers Kadar Ahmed, vient de graver son nom dans le marbre des pays lauréats du FESPACO en remportant le trophée le plus convoité du cinéma africain, l’Etalon d’or de Yennenga, au terme de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Kadar Ahmed succède ainsi au Rwandais Joël Karekezi, lauréat de ce graal en 2019. Représentant le lauréat du prix, Aïda Benneth Kadir a exprimé sa joie de recevoir ce prestigieux trophée qui récompense un magnifique film. « Je récupère le prix pour le lauréat qui très tristement n’est pas là mais on est très fier au studio de pouvoir promouvoir ce film à travers le monde. J’ai très hâte de remettre ce prix à son lauréat, qui le mérite amplement. C’est merveilleux d’avoir un tel témoignage de la part d’un tel festival et de ses pairs. Ce prix va contribuer à mettre davantage en avant le cinéaste et à susciter l’intérêt de tous les exploitants de films », a-t-elle déclaré.

fspc 2Dans le palmarès officiel, l’Etalon d’argent est revenu au réalisateur haïtien Gessica Geneus pour son film « Freda » et l’Etalon de bronze est allé au réalisateur tunisien Meylan Bouzid pour son film « Une histoire d’amour et de désir ». S’agissant du pays hôte du Festival, dans la « section Burkina », le prix du meilleur espoir, décerné par le président du Faso, est revenu à Kiswensida Parfait Kaboré pour son film « Après ta révolte, ton vote » et celui du meilleur film burkinabè, « Les traces d'un migrant », a été obtenu par Delphine Yerbanga. Dans la « section fiction court métrage », Carine Bado a remporté le poulain de bronze avec son film « Zalissa ». Dans la « Section documentaire long métrage », le trophée est revenu à Moumouni Sanou qui a remporté l’Etalon d’or avec son film « Garderie nocturne ». Ce dernier affirme sa joie, à travers ce film qui évoque le visage caché des femmes méconnues ou marginalisées du fait de leur emploi, de recevoir cette distinction. « Recevoir ce prix est une satisfaction mais du coup, c’est une pression qui repose sur mes épaules pour aller chercher plus loin », a confié Moumouni Sanou.

Pour le délégué général du FESPACO, Moussa Alex Sawadogo, un grand défi a été relevé par tous les Burkinabè qui ont montré aux yeux du monde que malgré cette adversité (Ndlr situation sécuritaire et sanitaire difficile) que nous sommes un peuple capable d’organiser de grands évènements. « Personnellement, le défi c’était d’arriver, après un cinquantenaire du FESPACO, à proposer un nouveau souffle, un FESPACO qui va au-delà de son caractère de promotion, de visibilité des films africains, à montrer un Festival qui pourrait ramener les professionnels du cinéma au cœur de celui-ci », a-t-il souligné.

fspc 3Pour le président du Faso, ce FESPACO qui s’est tenu dans un double contexte d’insécurité et de pandémie de COVID-19 a tenu toutes ses promesses. « Tous les acteurs ont exprimé leur joie de prendre part à ce Festival. Cela nous ramène à nos responsabilités de gouvernants pour donner un peu plus de moyens à ce secteur pour le développer », a dit Roch Marc Christian Kaboré. Son homologue sénégalais, Macky Sall, dont le pays était l’invité d’honneur à cette édition, souhaite que le FESPACO continue à éclairer le cinéma africain. « Nous devons accompagner et financer le cinéma africain. Les Africains doivent avoir une part importante dans le financement du cinéma. C’est seulement à ce prix que nous aurons un cinéma libre qui parle de l’Afrique et d’abord pour les Africains. C’est pourquoi au niveau de l’Union africaine, l’idée de soutien à travers des fonds de promotion du cinéma a été mise sur la table pour que chaque pays accompagne ses cinéastes afin que la qualité de notre cinéma soit à la hauteur du cinéma mondial », a souligné Macky Sall. Ce dernier affirme quitter Ouagadougou très satisfait.

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) s’est tenu du 16 au 23 octobre 2021 à Ouagadougou. Il a réuni des invités venus de 64 pays du monde. 1500 films de 52 pays ont été enregistrés pour 239 sélectionnés. 500 films ont été projetés au profit de 150 000 festivaliers. Rendez-vous est pris du 25 février au 4 mars 2023 pour la 28e édition du Festival.

Sié Mathias Kam

keidr uneLa 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) livre déjà les résultats des différentes compétitions. Dans la catégorie court métrage, le   prix Thomas Sankara a été remporté par L'Egyptien Mohamed Keidr pour son film «Tuktuk». La remise du prix est intervenue dans la soirée du vendredi 22 octobre au ciné Canal Olympia. La créativité, les qualités techniques, la positivité et l'originalité, c'est, entre autres, ce qui a valu au réalisateur Keidr l'obtention de ce prix.

Sur un total de 18 films en compétition dans cette catégorie, c'est «Tuktuk» du réalisateur Mohamed Keidr qui a le plus séduit les 5 membres du jury. Selon la présidente dudit jury, Aminata Ouédraogo, le réalisateur a su manipuler sa caméra avec un beau récit. «C'est l'histoire d'une femme qui s'assume, qui s'accepte, qui n'a pas voulu tomber dans le complexe d'infériorité», raconte-t-elle.

keidr 2En l'absence du réalisateur, c'est la Tunisienne Leyla Bouzid, par ailleurs première réalisatrice à  avoir remporté ce prix dès sa première édition    en 2015, qui l'a représenté.  Pour elle, recevoir  ce prix est un honneur. «C'était quelque chose de très important. Depuis le lancement de ce prix, je me suis beaucoup intéressée à Thomas Sankara. C'était pour moi une manière de faire connaître Thomas Sankara sur le continent africain, l’en occurrence au Maghreb. Moi, je suis Tunisienne. On connaît Sankara dans mon pays, mais pas beaucoup. Ce prix m'a permis de le  connaître et de faire rayonner  cette grande figure partout», a-t-elle déclaré .

Le prix Thomas Sankara a été initié au FESPACO dans la catégorie court métrage  par la guilde africaine des réalisateurs et des producteurs pour rendre hommage au père de la Révolution burkinabè pour son leadership. C'est le prix le moins doté du Festival avec une somme de trois millions de francs CFA. Selon ses initiateurs,  c'est un prix d'excellence et non un prix destiné à enrichir son lauréat.

Barthélemy Paul Tindano

intvw uneL’interview ci-dessous a été accordée par Richard Tiéné, correspondant de la Deutsch Welle au Burkina, au Dr Jacob Yarabatoula, enseignant chercheur à l'université Joseph Ki-Zerbo, à la faveur de la 21e édition de la fête du cinéma africain.

Richard Tiené : Le Burkina, malgré tout, arrive à organiser le FESPACO. Alors,  comment expliquez-vous ce que d'aucuns qualifiaient de miracle, c’est-à-dire le fait d'arriver à organiser cet événement dans un contexte sanitaire et sécuritaire très délicat ?

Jacob Yarabatoula : D'abord il faut saluer la tenue effective de ce festival, car le contexte sécuritaire et le contexte sanitaire n'étaient pas favorables à un tel événement d'envergure internationale. Voir des hommes et des femmes quitter leurs pays, faire confiance au Burkina Faso en foulant le sol du Faso,  c'est vraiment un signe de courage et de résilience.  Cela encourage aussi le peuple burkinabè à ne pas reculer face à cette adversité. Maintenant comment est-ce-qu'on peut expliquer tout ce qui nous arrive avec tout ce que se nous faisons? Je pense qu’il faut comprendre ce qui nous arrive comme étant inscrit justement  dans la durée et qu'il faut  continuer de vivre, continuer d'exister,  continuer de faire des choses. Je pense qu'au sortir de ce FESPACO, on va encore  avoir beaucoup de force pour aller de l'avant. Ce qu'il faut dire également, c'est que pendant que nous sommes là, il y a des familles qui sont meurtries, qui font le deuil de la disparition des leurs. Et ça c'est aussi le paradoxe. Au moment même où nous fêtons le cinéma et où nous  célébrons le succès de ce festival, il y a aussi des problèmes à l'intérieur de notre pays. Ouagadougou peut être bien sécurisée, mais il faut faire en sorte que cette sécurité vaille sur l'ensemble du territoire national.

intvw 2Richard Tiené : On vous voit à quelques mètres de stands du chapiteau du MICA,  alors qu'est-ce vous pensez du MICA aujourd'hui ?

Jacob Yarabatoula : Moi, je pense que le marché de l'industrie du cinéma est une belle vision, encore pour cette édition je pense que c'est l'engouement qui fait peut-être défaut. Mais peut-être qu’au soir justement de ce MICA, on pourra tirer des leçons sur combien de films on a eu à vendre, combien d'acheteurs ont pris des films burkinabè ou africains, combien de producteurs se sont intéressés. Mais je pense aussi que c'est peut-être  la restriction à l'entrée du site du FESPACO qui pose problème. Parce qu'il faut avoir un badge pour avoir accès. Alors que tout le monde n'a pas de badge. Mais on me dira que tout le monde n'est pas acheteur. Si on pouvait ouvrir l'espace à tout le monde, cela permettrait des interactions utiles. Il y a aussi la dimension préparation, organisation  des acteurs de ce MICA ; je pense qu'il y a eu de l'hésitation par rapport à la tenue, donc ça se sent un peu  dans l'offre, ça se sent aussi dans la façon de faire des acteurs à l'intérieur de ce marché. Certains semblent ne pas être totalement prêts, semblent ne pas avoir beaucoup de choses à donner avec la manière et les outils qui vont avec, le minimum de paperasse, le minimum de supports, etc. Je pense que tout cela est lié un peu  à l'hésitation  de départ et pourrait expliquer un peu le caractère relatif de la participation, de l'engouement que nous pouvons constater.

Tiené : Quand vous venez au MICA, c’est pour quoi exactement ? En d’autres termes, qu'est-ce qu'un chercheur vient chercher au MICA ?

Jacob Yarabatoula : Moi, je viens voir comment s'organisent  les producteurs, les vendeurs et quelles sont les faiblesses de la démarche des acteurs. Il y a des métiers qui sont organisés, mais si quelqu'un a plusieurs métiers à la fois, je pense que la chaîne de valeur peut avoir un problème. Par exemple, si quelqu'un est à la fois réalisateur, producteur et distributeur, cela pose problème.  Quand on vient au MICA, on voit l'organisation des filières, ce qui nous permet de comprendre un peu comment le marché, l'économie du cinéma s'organise. En venant ici en tant que chercheur, je mets en lien toutes ces structures qui sont dans la chaîne de production du film avec la recherche. Souvent on cherche à savoir qui est producteur ici, qui est distributeur au Burkina, qui distribue les films du Burkina. On cherche mais on ne trouve pas. Après ça on voit qu'il y a une sorte de concentration justement des métiers entre les mains d'une seule personne,  d'une seule structure pour éviter de  dépenser trop d'argent. Alors que nous pensons que plus on s'organise, plus on spécialise les acteurs et  mieux on a des services de qualité.

Richard Tiené : Merci pour cet entretien accordé à la DW.

bboubié 2Après le clap de lancement, les projections de films ont démarré dans les salles de ciné de Ouagadougou. Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 ocotbre, les cinéphiles ont découvert à l’institut français le film « Thomas Sankara, l’humain » du réalisateur burkinabè Richard Tiéné, en lice dans la « section Burkina ». Ce film a ému plus d’un cinéphile.

Une épopée de plus qui vient s’ajouter à une longue série de réalisations sur le leader emblématique de la révolution burkinabè. « Thomas Sankara, l’humain » est un recueil de témoignages des quatre années de la révolution et bien plus. « Sankara disait : ‘’Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple’’. Nous, nous dirons :’’ Malheur à ceux qui bâillonnent leur histoire.’’ Il faut relater l’histoire telle qu’elle est. C’est la mémoire des générations futures ». Ce sont là les premiers mots descriptifs du réalisateur Richard Tiéné. Il fait remarquer que dans la réalisation de ce documentaire, des difficultés ont été rencontrées mais tant bien que mal, l’équipe de production a su aller au-delà de celles-ci. « La grosse difficulté, c’est certains témoignages des personnes qui nous ont dit avoir peur de parler», confie M. Tiéné. bboubiéL’une des particularités de ce documentaire est qu’il allie bien une chorégraphie savamment préparée, avec de la musique contemporaine et du  slam et du rap. Pour Oumar Sidibé, ce film est trop vrai. « On a vu un beau film de témoignage mais j’aurais bien voulu que ce documentaire aille au-delà des témoignages. Par exemple, évoquer les dérives de la révolution », dit-t-il. « C’est le premier film sur Thomas Sankara que je regarde et je me rends maintenant compte de la grande perte pour le Burkina spécifiquement. A entendre tous ces témoignages j’ai de la peine », a lâché Marie Delayve. Selon le réalisateur, le format imposé pour le Fespaco ne permettait pas de tout évoquer. Dans le format 2h 30 mn initial de la série, tous les points sont évoqués, du début de la révolution à sa fin en passant par l’inhumation de Thomas Sankara. Même le procès qui vient de débuter sera inclus. « Humain » parce que l’homme avait des qualités et des défauts, c’était un être comme chacun de nous, décrit le réalisateur sur le titre de son documentaire. bboubié 3« Le film a été réalisé sur fonds propres, ce qui a mis sept ans. Aucun financement n’est venu d’ailleurs, parce que Thomas Sankara défendait un idéal contre l’impérialiste », conclut Richard Tiéné.

« Thomas Sankara, l’humain » est en lice aux côtés de 7 autres films dans la nouvelle section nommée « Section Burkina ».

En rappel, la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se tient du 16 au 23 octobre 2021 sur le thème « Cinémas d’Afrique et de la diaspora, nouveaux talents, nouveaux défis ».

Sié Mathias Kam

enc uneDurant deux jours, à travers le cadre Fespaco Doc Days, les documentaristes africains se sont penchés sur la diffusion des documentaires africains à l’échelle africaine. Occasion offerte pour une Master Class du cinéaste sénégalais Ousmane William Mbaye.

Apres 40 ans dans le cinéma africain, Ousmane William Mbaye est en droit de donner des leçons à la jeune génération mais, confie-t-il d’entrée de jeu, il est présent pour conter sa petite histoire. On ne finit pas d’apprendre et je ne suis pas un donneur de leçons, a-t-il précisé. Dans les échanges, le cinéaste a incité la jeunesse à poursuivre l’œuvre cinématographique en général mais surtout les documentaires malgré les difficultés.  L’une des difficultés est le financement de l’industrie cinématographique par nos Etats. Il a demandé que les jeunes s’organisent afin d’avoir un franc investissement dans le cinéma. « Les jeunes doivent approfondir les sujets. Ils disposent des moyens matériels pour le faire. Aujourd'hui nous, cinéastes africains, devons chercher la vérité. C’est par là que nous allons trouver les solutions à nos problèmes », affirme-t-il. enc 2Les jeunes documentaristes ont des défis à relever, selon ce dernier. Il s’agit pour eux de s’investir dans les documentaires de type portraits politiques. « Ma génération a été traumatisée par les assassinats des indépendances. Si on ne comprend pas ces assassinats des années 60, on ne peut pas comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui. C’est pour cela que les jeunes documentaristes doivent faire le portrait de nos leaders qui ont échoué ou ont été assassinés », a-t-il justifié son choix. Toujours selon Ousmane William Mbaye, le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme, c’est de comprendre le mécanisme culturel de notre société. « Si le terrorisme nous menace, c'est parce qu'on a négligé notre culture et il faut revenir à cela », dit-il. En marge de cette Master Class, des bouts de réalisations de documentaires d’Ousmane William Mbaye ont été projetés au grand bonheur des acteurs du cinéma présents. Cette Master Class a été modérée par Aboubacar Demba Cissokho.

Fils de la célèbre femme de culture Annette Mbaye d’Erneville, Ousmane William Mbaye est né à Paris en 1952. Il a été formé au Conservatoire Libre du Cinéma Français. Il a à son actif plusieurs documentaires dont « DOOMI NGACC » (L’ENFANT DE NGATCH), « DIAL-DIALI » (FEMME), « Président Dia ».

Sié Mathias Kam

docdays uneEn marge de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), une table ronde  sur la circulation des films documentaires en Afrique s’est tenue le mercredi 20 octobre. Les échanges entre réalisateurs, producteurs et diffuseurs ont porté sur les mécanismes de diffusion des réalisations africaines sur les chaînes de télévision africaines. Radars Info Burkina s’est entretenu avec le réalisateur Michel Zongo.

Le continent africain est un vaste marché de consommation. Il est inondé de produits provenant des autres continents. A l’occasion du FESPACO, vitrine du cinéma africain, le débat sur la consommation des films documentaires africains a été posé. Selon Michel Zongo, la problématique, c’est de trouver les voies et moyens pour que les films documentaires africains aient une place de choix chez les diffuseurs au niveau africain. A l’en croire, c’est plus un problème de responsabilité que de financement. Toujours selon le réalisateur, nous (ndlr les Africains) devons comprendre qu’on est dans un monde d’images. « Chaque continent doit se battre pour ses images, c’est ce que nos dirigeants doivent comprendre, et pas que puisqu’il y a des télés privées qui ne privilégient pas une audience du réel dans leur chaîne et préfèrent montrer des séries étrangères. Mais il faut que les Africains se regardent », a-t-il affirmé. docdays 2A l’ère du numérique, ce n’est ni plus ni moins qu’un combat par l’image qui qu’il est donné de voir et l’Afrique ne saurait rester en marge de cette révolution. « On bascule dans le monde de l’image. Nos esprits et nos cerveaux sont préparés aux visuels. On regarde les choses et on les mémorise. C’est cela, l’éducation aujourd’hui. On parle de l’éducation à l’image, il faut que les Africains commencent à s’approprier leur imaginaire, à envahir leur environnement d’images venant de leur continent, venant de leur pays et de leur environnement », a martelé le réalisateur Michel Zongo.

Outre les débats, des stratégies ont été apportées et, selon notre interlocuteur, l’objectif est de trouver des financements pour la réalisation du cinéma documentaire, trouver des stratégies pour la circulation des films documentaires, et aussi appelé les diffuseurs à s’intéresser à ses séries documentaires. A cet effet, il invite les diffuseurs nationaux à se départir de la thèse de gratuité dont ils font montre pour diffuser des séries étrangères. « Ce n’est pas qu’une question de financement mais c’est une question de produit qui est là et un diffuseur veut le diffuser. Est-ce qu’un diffuseur s’approche d’un réalisateur pour acheter son projet ? Non. Même pour acheter gratuit il n’en veut pas, il pense qu’il fait de la publicité gratuite. C’est cela le problème, quand vous partez avec votre film pour le donner à une télé, qu’est-ce qu’ils répondent : vous allez payer pour qu’on diffuse », a-t-il déploré.

En rappel, cette table ronde modérée par Claire Diao entre dans le cadre du Fespaco Doc Days. La clôture est intervenue le mercredi 21 octobre par une Master Class du cinéaste Ousmane William Mbaye.

Lire aussi l’encadré « Films Documentaires africains : Master Class du cinéaste Ousmane William Mbaye ».

Sié Mathias Kam

bkamera uneLe Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a fêté son cinquantenaire en 2019. Un livre collectif sur ce cinquantenaire, ainsi que les projections de films organisées par des opérateurs culturels locaux dans le cadre de la 27e édition du Fespaco ont été présentés ce mercredi 20 octobre 2021. Ardjouma Soma, délégué général du Fespaco entre 2014 et 2020, Gaston Kaboré, réalisateur et par ailleurs éditeur du livre, Moussa Alex Sawadogo, délégué général du Fespaco, et le Pr Michael Martin étaient présents à cette présentation.

Initialement prévu pour être présenté en 2019, c’est finalement en 2021, au 52e anniversaire de la biennale de la Culture, que ce livre voit le jour. Selon l’éditeur de ce bouquin, Gaston Kaboré, ce retard est dû au manque d’archives des premières éditions du Fespaco pouvant aider à l’écriture du manuscrit. « Le problème majeur qu’on a rencontré est celui des archives. Il n’existait quasiment pas d’archives pouvant nous aider à l’écriture de ce livre. Le tout premier règlement du Fespaco, on n'a pas pu le trouver avec certitude. On a dû retourner à la version anglaise pour retraduire en français et l’exploiter, c’est un travail qui a mis du temps », s’est justifié Gaston Kaboré, par ailleurs réalisateur. bkamera 2Ce manuscrit traite de plusieurs thématiques, allant des témoignages à l’historique même du Fespaco. Dans cette première partie, on trouve également les créations, les évolutions et les défis du Fespaco. Selon les dires du Pr Michael Martin, propriétaire de la maison d’édition du livre, ce projet est né au moment même de la célébration du cinquantenaire du Fespaco pour marquer l'histoire du cinéma africain.

« Cinéma africain : manifeste et pratique pour une décolonisation culturelle », c’est le titre de ce livre marquant le cinquantenaire du Fespaco. bkamera 3Cette thématique de décolonisation est, selon Gaston Kaboré, une libération mentale et non une lutte contre les autres Nations. Toujours selon ce pionnier du cinéma burkinabè, la décolonisation, c'est réaliser des films qui parlent des Africains. Des films propres aux Africains. « On parle de cinéma africain mais il y a une diversité. C’est de cette diversité qu’il s’agit. Le cinéma n'est pas un luxe mais un besoin pour les Africains pour nous affranchir. La décolonisation culturelle ici n'est pas un enjeu mais un retour à nos sources. Par exemple, le retour des films dans nos langues nationales », explique-t-il. La version française de ce manuscrit fait 785 pages et est inspirée des trois versions déjà existantes en anglais, qui font plus de 600 pages. A en croire Gaston Kaboré, la deuxième partie sera prête avant le Fespaco 2023. 1 000 exemplaires sont déjà disponibles au prix de 35 000 FCFA au siège du Fespaco.                                                                        En rappel, c’est en 1969 que le Fespaco a vu le jour sous le nom de « Premier festival de cinéma africain de Ouagadougou » sous l’impulsion de Salimata Selembéré, Louis Thiombiano et bien d’autres.  Il se déroule tous les deux ans à Ouagadougou.

Sié Mathias Kam

rwnd une«Ethereality», c'est le film de la réalisatrice rwandaise Gahigiri Kantarama, projeté le mardi 19 octobre au Grand Méliès à l'Institut  français de Ouagadougou. En compétition dans la catégorie court métrage,  ce film relate le vécu de la diaspora africaine. Malgré la distance,  ces Africains vivant à l'étranger gardent un profond attachement à leur continent.

Gahigiri Kantarama a illustré son message dans ce film  à travers un astronaute revenu sur terre après plusieurs années d'absence. Un astronaute qui marche à la recherche de son identité  mais invisible par la population. C’est une façon pour cette Rwandaise née en Suisse d'attirer l'attention des Africains en général et de la diaspora africaine en particulier. Les différents intervenants dans ce documentaire de 15 mn réalisé en Suisse  ont réaffirmé leur attachement à l'Afrique. L'un d'eux, pour le confirmer, indique qu'à l'étranger, on ne parle ni  de Nigérian, ni de Burkinabè,  ni de Sénégalais, etc., mais juste d'Africains. rwnd 2<< Le message principal du film est un message de souveraineté, d'unité et d'identité de mes personnages. S'ils ont été déplacés depuis 20 ans,  40 ans mais  essaient de vivre et de créer quelque chose qu'ils ont  perdu,  c'est une bonne chose>>, a déclaré la réalisatrice.  Gahigiri Kantarama dit avoir réalisé ce film après une expérience qu'elle a vécue en contact avec  les autres Africains de la diaspora, surtout qu'elle même fait partie de cette diaspora. <<Ces personnes m'ont ouvert leur coeur,  leur univers, et plusieurs années après, j'ai compris qu'en fait  je parlais aussi de moi-même et de mon parcours, car j'ai dû quitter le Rwanda il y a longtemps>>, a-t-elle conclu. Gahigiri Kantarama n'est pas à son premier film. En effet, elle a réalisé son  premier long métrage de fiction, <<Tapis Rouge>>, en 2014. Ce film sorti en salle en Suisse en 2015 et en France en 2017, a été récompensé à plusieurs reprises, notamment du prix du Meilleur long métrage francophone en 2014 au Festival international du film de Genève et de la Meilleure mise en scène en 2015 au Festival du film de Chelsea à New York. La réalisatrice a travaillé avec un autre réalisateur rwandais, Kivu Ruhorahoza, sur un thriller, <<Tanzanite>>. Elle est également actrice dans  “The Mercy of the Jungle” de Joël Karekezi, sorti en 2018. Un film qui a remporté   l'Étalon d'or au FESPACO 2019.

Barthélemy Paul Tindano

lasc uneDébuté le 16 octobre 2021, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) bat son plein. Lundi nuit, les cinéphiles ont eu droit au long métrage du réalisateur burkinabè Boubacar Diallo « Les trois lascars ».

« Les trois lascars » est le seul film burkinabè en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga. Il n'en fallait pas plus pour motiver les cinéphiles, sortis massivement pour ne pas se faire raconter ledit film. Longue file d'attente, pénurie de tickets, salle pleine, c'est ce à quoi les cinéphiles ont eu droit ce soir du lundi. « Les trois lascars » traite de l’infidélité dans les couples. Trois hommes nantis se tapent trois autres femmes, des "tchiza", dans le dos de leurs épouses respectives. Mais au finish, c’est un faux voyage qui tourne  mal qui fera découvrir aux épouses de ces « trois lascars » qui ils sont réellement. Mais l'histoire montre qu'en amour, seul le pardon importe et tout finit par rentrer dans l'ordre. « La thématique abordée par ce film est d'actualité, c'est le quotidien des Africains. Il nous a tenu en haleine du début à la fin. C'est une manière très différente de faire, une façon comique de faire passer un message », a déclaré à la fin du film Abdoulaye Diallo, coordonnateur du Centre de presse Norbert Zongo.

lasc 2« Le message, c'est juste vous décourager, vous les hommes, avec vos histoires de deuxième bureau ou tchiza. Le réalisateur a voulu dépeindre cela sur un ton comique et il a eu raison, vu l'engouement. Les gens ont aimé », a poursuivi Aïda Nianda, épouse d'un des lascars dans le film. Halidou Sawadogo, dit Payangdé, acteur comédien, a quant à lui très positivement apprécié ce long métrage. « C'est formidable. C'est une première, on n’est pas habitué à la comédie dans ce genre de festival. Le film est totalement réussi, l'acteur et cinéphile que je suis a totalement apprécié ce film », s'est-il réjoui. lasc 3Si le public a adoré le film, un long chemin lui reste à faire : retenir l’attention des membres du jury. L’acteur comédien soutient : « Une chose est de faire aimer son film au public et une autre est de le faire apprécier du jury. C'est lui qui a le dernier mot. Si le film ne répond pas aux critères du jury, le public peut crier mille et une fois sur le montage mais ça ne passera pas ».

En rappel, « Les trois lascars » du réalisateur burkinabè Boubacar Diallo est passé à la loupe du jury long métrage le lundi 18 octobre 2021. C’est une satire de 90 minutes. A ses côtés, 16 autres longs métrages sont en lice pour remporter le Graal au soir du 23 octobre 2021 et succéder au Rwandais Joël Karekezi, lauréat de l’étalon d'or en 2019.

Sié Mathias Kam

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