FESPACO 2021 : Le spectacle d'ouverture de Serge Aimé Coulibaly pris en otage
Le spectacle chorégraphique que la compagnie de danse théâtre de Serge Aimé Coulibaly préparait à l'ouverture et à la la clôture du grand rendez-vous du cinéma africain qu’est le FESPACO depuis cinq mois risque de ne pas avoir lieu. En tout cas, c'est l'information que le chorégraphe a donnée le lundi 4 octobre 2021 à Ouagadougou aux 80 danseurs professionnels auditionnés et engagés pour l'événement. Une information qui a plongé ces danseurs dans la déception et le désarroi. D’après Serge Aimé Coulibaly, la ministre burkinabè de la Culture juge le spectacle budgetivore.
Selon Serge Aimé Coulibaly, c'est depuis le mois d'avril qu'il a commencé l'organisation du spectacle jamais réalisé au Burkina Faso après avoir été contacté par l’actuel délégué général du FESPACO, Moussa Alex Sawadogo. Pour anticiper les choses, il a mis les moyens qu’il fallait dans l'organisation en ayant recours à l'expertise internationale et en engageant 80 danseurs du Burkina Faso et d'ailleurs. 15 millions de francs ont été injectés dans cette organisation. Mais à un moment donné, le délégué général lui a donné l’information selon laquelle c'est la ministre de la Culture, Élise Foniyama Ilboudo/ Thiombiano, qui s'occupe désormais du budget des spectacles.
Serge Aimé Coulibaly a pu obtenir une audience avec la ministre, à qui il a expliqué en détail le le spectacle qu'il prépare et la portée de celui-ci. Mais à sa grande surprise, la ministre lui aurait dit que non seulement elle n'était pas au courant de la tenue dudit spectacle, mais en plus le budget qu’il nécessite est trop élevé. La patronne du département de la Culture a en outre supprimé certaines scènes du spectacle qui devait réunir des célébrités nationales et internationales, parmi lesquelles Iron Bibi, Amzy, Oyou, Souké et Sidiki. Alors que le chorégraphe a proposé un budget plus bas par rapport aux précédents FESPACO. Il dit qu’il ne comprend pas qu’après 50 ans du FESPACO, le Burkina Faso ne soit pas capable d'organiser un spectacle chorégraphique d’une telle envergure. Pire, M. Coulibaly confie qu’il a appris, à moins de deux semaines de la biennale du cinéma africain, que d'autres artistes ont été contactés pour présenter le spectacle.
Du côté des danseurs, la déception est totale d’autant plus qu’ils disent avoir mis entre parenthèses leurs autres activités pour se consacrer à la préparation de ce spectacle chorégraphique, allant même jusqu’à acheter un billet d’avion pour être présents au Burkina.
Rasmata Kourago, danseuse, dit ne pas comprendre comment on peut confier un travail à une personne, la personne prend tout son son temps pour bien faire ledit travail et au final c’est ainsi. Pour elle, les Burkinabè n’ont aucune considération pour les artistes. Pour John Fatiou Adiatou, c'est la première fois qu'on confie un projet à quelqu'un à l'occasion du FESPACO et à la dernière minute on le lui retire. Pour lui, il faut que les artistes restent unis afin de se faire entendre par la ministre.
En rappel la 27e édition du FESPACO, le plus grand festival de cinéma en Afrique, se tient du 16 au 23 du mois courant à Ouagadougou.
Paul Barthélemy Tindano
Dans le cadre de l'édition 2021 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), principal festival africain du 7e art, la sélection des films avait été dévoilée par le comité de sélection. Sur un total de 239 productions filmiques, 34 proviennent du Burkina, pays hôte du Festival. Avec le réalisateur Michel Zongo, qui s’est prêté à nos questions, nous évoquons cette sélection ainsi que les chances du Faso de remporter l’Etalon d’Or Yennenga et de faire bonne figure dans le classement final.
« C’est une compétition, peut-être qu’il faut aller avec le film qui a beaucoup plus de chances », a-t-il ajouté. Même si à cette biennale de la culture plusieurs prix seront décernés, le cinéaste Michel Zongo déplore que le FESPACO soit rattaché uniquement à son prix. Selon lui, le cinéma, c’est beaucoup plus que cela ; c’est un art majeur, donc il faut aller au-delà du simple prix. « Après vous voyez qu’il n’y a que 3 prix (Ndlr : Or, Argent et Bronze). Il n’y a pas de prix pour tout le monde, les prix sont les célébrations de l’excellence mais ça ne veut pas dire que les autres films ne sont pas bon », fait remarquer le jeune réalisateur. « Il faudra voir le dynamisme des jeunes qui créent, il faudra voir l’occasion que les cinéastes offrent de voir des films. Des films qui ne sortiront pas forcément en salle, qui ne rencontreront pas leur public. C’est tout un ensemble qu’il faut apprécier », explique M. Zongo. Mieux, il pense que l’art, en particulier le cinéma, ne peut pas être vu dans ce créneau. C’est réducteur, appuie-t-il. « On doit célébrer nos cinéastes qui sont au FESPACO. Faire un film est déjà un trophée », martèle-t-il.
Michel Zongo n’a pas manqué de fustiger le fait que les cinéastes soient seulement mis en lumière lorsque le FESPACO approche. « Il m’a tout l’air que le cinéma n’existe vraiment qu’1 ou 2 mois avant le FESPACO », déclare l’homme de cinéma. Toujours selon lui, il faut faire exister le cinéma dans son ensemble avant le FESPACO. « Le FESPACO, c’est la grande fête du cinéma, certes, mais pendant les 2 ans aussi les gens font des choses, travaillent ; les films sortent, les gens tournent faire des films. Comment on fait pour que ce dynamisme soit porté pour les encourager et aussi pour trouver des solutions ? » c’est là la grande interrogation.
Sibi Zongo, l'artiste pour qui le «roudga» ou violon tradionnel n'a plus de secret, a présenté son premier album, après « 4 décennies » sur la scène musicale burkinabè. La dédicace de l’œuvre a eu lieu le vendredi 10 septembre 2021 dans sa ville natale, Koudougou, précisément au palais du chef d’Issouka.
Cet album est l’aboutissement d'une longue et riche carrière. « Dounia » est un savant mélange de jazz ou de blues à la sauce burkinabè. Directeur artistique de cet album, Serge Bambara, alias Smockey, révèle que l’artiste musicien Sibi Zongo est assez spécial dans son approche artistique, car il est détenteur hors pair d’un certain savoir ancestral. « Sibi Zongo est une bibliothèque qui hurle », affirme Smockey. « Sibi (ndlr Sibi Zongo) chante à Koudougou mais pour tout le Burkina Faso », complète Sa Majesté Naaba Saaga 1er.
Avec des sonorités comme « Boumb san bé » ; « Dounia » ; « Kombibissé » ; « Nonglom » et bien d’autres, Sibi Zongo nous berce d’une tradition orale à l’aide de son ‘’violon traditionnel, qu’il a lui-même fabriqué’’. L’objectif poursuivi, nous confiera le directeur artistique, c’est de susciter un engouement sur le plan national avec des collaborations avec d’autres artistes, et par la suite de s’exporter à l’international. « Toutes nos bénédictions accompagnent cet album de Sibi Zongo », a conclu Sa Majesté Naaba Saaga 1er.
En prélude à la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui se tiendra cette année du 16 au 23 octobre 2021 sur le thème « Cinéma d’Afrique et de la diaspora, nouveaux talents, nouveaux défis », il a été organisé une conférence de presse pour, d’une part, présenter la sélection officielle de cette 27e cuvée de la biennale du cinéma africain et, d’autre part, procéder à la proclamation des résultats des ateliers Yennenga. Elise Thiombiano, ministre burkinabè de la Culture, des Arts et du Tourisme, Moussa Alex Sawadogo, délégué général du FESPACO, et Abdoul Aziz Cissé, invité du pays d'honneur qu’est le Sénégal, et bien d'autres invités étaient présents à cette cérémonie.
Plusieurs autres films burkinabè seront en compétition dans d’autres catégories. Dans la section « Fiction long métrage », le pays des hommes intègres est représenté par le réalisateur Boubacar Diallo avec son film « Les trois Lascars ». Dans la section « Long métrage documentaire », on a « Garderie nocturne » de Moumouni Sanou. Dans la catégorie « Court métrage (Fiction documentaire) », cinq films burkinabè sont en compétition. Il s’agit respectivement de : « Bablinga » de Fabien Dao, « Jacob Salem Rock the Naaba » de Paraté Yaméogo, « L’Inconnu » de Simplice Ganou, « Nos voisins » de Delphine Kaboré et « Zalissa » de Carine Bado. Dans la catégorie « Perspective (Long métrage fiction et documentaire) », le Burkina est représenté par Irène Tassembedo avec son film « La Traversée ». S’agissant de la catégorie « Film des écoles africaines du cinéma », deux productions burkinabè ont été sélectionnées. Ce sont : « Une vie volée » d’Arlette Jessica Valla et « Vérité de sang » de Nathalie Kagambega. Dans la section « Animation », le Faso est présent avec le film « Tapis vert (l’homme qui arrêta le désert) Green Carpet (the man who stopped the desert) » de Claver Yaméogo.
En « Série télé », ce sont les films « Dafra » d’Inoussa Kaboré, « Honorables députés » de Serge Armel Sawadogo, « Le clan du caméléon » de Nissi Joanny Traoré et « Une vie de rêve » d’Abdoul Aziz Nikiéma qui ont été retenus. Dans la section « Panorama (long métrage fictions et documentaires) », c’est le film « Takami » de Daniel Kollo Sanou qui est en lice ; 8/8 l’est dans la section « Slot Ciné Biiga/Association Cauris » et dans la catégorie « Classics », ce sont respectivement les films « Wendemi, l’enfant du bon Dieu » de Saint-Pierre Yaméogo, « La femme mariée à trois hommes » de Cilia Sawadogo et « Kono » de Justin Zerbo qui ont été sélectionnés.
La 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se tiendra du 16 au 23 octobre 2021 dans la capitale burkinabè. Dans cette perspective, le comité d’organisation de cette biennale culturelle a eu le jeudi 29 juillet des échanges avec les hommes de médias. Objectif : leur faire le point des préparatifs du festival.
On a des prix comme ‘’la meilleure collaboration artistique, que ce soit en images, en scénario, en son ou en montage qui sont tous fixés à 1 million de FCFA ; les films documentaires longs métrages qui comportent un prix Etalon d’or à 10 millions de FCFA, un prix Etalon d’argent à 5 millions de FCFA et un prix Etalon de bronze à 3 millions de FCFA ; les films fictions courts métrages avec le Poulain d’or à 5 millions de FCFA, le Poulain d’argent à 3 millions de FCFA et le Poulain de bronze à 2 millions de FCFA’’. Pour ce qui est de la section Perspectives, les prix sont, entre autres, un trophée et 2 millions de FCFA chacun. Ce sont : le prix Oumarou Ganda de la première œuvre du film de fiction long métrage ; le prix Paul Robeson de la meilleure œuvre du film documentaire long métrage ; le prix Dribril Diop Mambety de la meilleure révélation. La cagnotte des prix de la section Burkina varient de 5 millions de FCFA à 3 millions de FCFA. En ce qui concerne les prix Yennenga post-production en numéraire ou en bourse de post-production, on a le prix DoxBox par exemple qui est évalué à 30 000 euros, soit plus de 19 millions 650 mille FCFA, et le prix Nour-Eddine Sail qui est de 50 000 euros, soit environ 32 millions 750 mille FCFA.
Les présidents de jury ont aussi été dévoilés au cours de cette conférence de presse. Ainsi, Moussa Absa Séné (Sénégal) sera le président du ‘’jury Burkina’’ ; Salif Traoré (Mali) sera, lui, le président du ‘’jury film d’école’’ ; Alain Gomis (Sénégal), double lauréat de l’Etalon du Yennenga, sera le président du ‘’jury Perspectives’’ ; Jihan El Tahri (France/Egypte) occupera la présidence du ‘’jury documentaire long métrage’’ ; ‘’le jury courts métrages fictions et documentaires’’ sera présidé par Angèle Diabang (Sénégal) ; Frederick Lavigne (France) présidera le ‘’jury des séries télé/animation’’. ‘’Le jury long métrage’’ sera, quant à lui, présidé par Abderrahmane Sissako (Mauritanie).
Tenu sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, le Conseil des ministres, en sa séance du jeudi 22 juillet dernier, a nommé un nouveau directeur général à la tête du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), une structure qui relève du ministère de la Culture. Ce changement a suscité diverses réactions des amoureux de la culture sur la toile. Au micro de Radars Info, quelques acteurs culturels font un bilan du passage du désormais ex-directeur du BBDA, Wahabou Bara, dit Walib Bara.
L’activiste Naïm Touré, lui aussi, y était allé de son appréciation de la gestion du BBDA sur sa page Facebook dans une publication du 20 juin 2021 ainsi titrée : « BBDA : Bureau burkinabè des deals artistiques ».
Même son de cloche chez son acolyte du groupe « Génération 2000 », Baboudi Michel Neya, alias ‘’Benga Kabakourou’’. Tout en félicitant ce dernier pour le travail abattu, il se demande si le BBDA aura encore un DG disponible comme l’était Wahabou Bara pour les artistes. « Quelqu’un pourra-t-il faire mieux que Walib ? L’avenir nous le dira », a affirmé ‘’Benga Kabakourou’’.
Pour cela, nous avons une marraine qui joue pleinement son rôle d'extension et de promotion au-delà des frontières nationales en la personne de Macange Marie, marraine zone Europe chargée des relations avec les organismes internationaux », a précisé la promotrice.
Au Burkina Faso, l’entrepreneuriat culturel peine à se faire une place au soleil parce que peu créateur d’emplois. Malgré ce contexte difficile, certains promoteurs culturels ont su transformer leur rêve et en faire une activité qui apporte un plus à l’économie nationale. Sont de ceux-là Sébastien Baziemo, styliste modéliste, fondateur de la maison Sébastien Baziemo, plus connu sous le nom de Bazemsé, et Wenkouni Olivia Ouédraogo, comédienne, conteuse qui sont parvenus non seulement à vivre de leur art, mais aussi à en faire profiter à d’autres personnes.
Généralement opposé au film d’auteur, le film populaire suscite de plus en plus d’intérêt, tant du côté des réalisateurs que de celui des cinéphiles burkinabè. Des spécialistes de la question expliquent les raisons d’un tel attrait pour ce type de film dans les salles de cinéma










