Fespaco 2021 : Le comité d’organisation prêt à 70%
La 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se tiendra du 16 au 23 octobre 2021 dans la capitale burkinabè. Dans cette perspective, le comité d’organisation de cette biennale culturelle a eu le jeudi 29 juillet des échanges avec les hommes de médias. Objectif : leur faire le point des préparatifs du festival.
Dans 2 mois, Ouagadougou sera sous le feu des projecteurs à l'occasion de la biennale du cinéma africain et le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour que l’évènement soit une réussite. Lors de son face-à-face avec la presse, Moussa Alex Sawadogo, directeur général du Fespaco, a présenté les différents prix officiels en précisant qu’il y a eu quelques réaménagements pour les rendre plus attrayants. « Cette restructuration vise à donner plus de visibilité à certains prix », a déclaré le DG du Fespaco, qui a ajouté que ces réaménagements apporteraient une plus-value à cette édition du Festival dont le thème est « Cinéma d’Afrique et de la diaspora : Nouveaux regards, nouveaux défis ». La cagnotte des prix phares du Fespaco reste, dans l’ensemble, inchangée. « L’Etalon d’or reste à 20 millions de FCFA, l’Etalon d’argent à 10 millions de FCFA et l’Etalon de bronze à 1 million de FCFA », a affirmé M. Sawadogo
On a des prix comme ‘’la meilleure collaboration artistique, que ce soit en images, en scénario, en son ou en montage qui sont tous fixés à 1 million de FCFA ; les films documentaires longs métrages qui comportent un prix Etalon d’or à 10 millions de FCFA, un prix Etalon d’argent à 5 millions de FCFA et un prix Etalon de bronze à 3 millions de FCFA ; les films fictions courts métrages avec le Poulain d’or à 5 millions de FCFA, le Poulain d’argent à 3 millions de FCFA et le Poulain de bronze à 2 millions de FCFA’’. Pour ce qui est de la section Perspectives, les prix sont, entre autres, un trophée et 2 millions de FCFA chacun. Ce sont : le prix Oumarou Ganda de la première œuvre du film de fiction long métrage ; le prix Paul Robeson de la meilleure œuvre du film documentaire long métrage ; le prix Dribril Diop Mambety de la meilleure révélation. La cagnotte des prix de la section Burkina varient de 5 millions de FCFA à 3 millions de FCFA. En ce qui concerne les prix Yennenga post-production en numéraire ou en bourse de post-production, on a le prix DoxBox par exemple qui est évalué à 30 000 euros, soit plus de 19 millions 650 mille FCFA, et le prix Nour-Eddine Sail qui est de 50 000 euros, soit environ 32 millions 750 mille FCFA.
Les présidents de jury ont aussi été dévoilés au cours de cette conférence de presse. Ainsi, Moussa Absa Séné (Sénégal) sera le président du ‘’jury Burkina’’ ; Salif Traoré (Mali) sera, lui, le président du ‘’jury film d’école’’ ; Alain Gomis (Sénégal), double lauréat de l’Etalon du Yennenga, sera le président du ‘’jury Perspectives’’ ; Jihan El Tahri (France/Egypte) occupera la présidence du ‘’jury documentaire long métrage’’ ; ‘’le jury courts métrages fictions et documentaires’’ sera présidé par Angèle Diabang (Sénégal) ; Frederick Lavigne (France) présidera le ‘’jury des séries télé/animation’’. ‘’Le jury long métrage’’ sera, quant à lui, présidé par Abderrahmane Sissako (Mauritanie).
« En termes de préparatifs, on est à 70% mais soyez rassurés qu’au soir du 15 octobre, nous serons à 100% prêts», a affirmé Moussa Alex Sawadogo avant d’ajouter : « Notre ambition, c’est de faire en sorte que le public, les professionnels, les partenaires soient vraiment satisfaits du contenu. Il ne s’agit pas d’aligner une centaine de films mais de veiller à ce que les films sélectionnés par le jury soient de qualité ».
Le Sénégal, pays d’honneur de ce 27e Fespaco, a réitéré son soutien technique et financier. « Tout ce qui est matériel de sonorisation est pris en charge par le Sénégal et même les techniciens et ingénieurs viendront de ce pays pour les cérémonies d’ouverture et de clôture de l’évènement », a précisé M. Sawadogo. C’est donc dire, toujours selon le DG du Fespaco, que le Sénégal sera bien présent à cette biennale du film.
Revenant sur la récente visite de la délégation ministérielle au festival des Cannes en France, Moussa Alex Sawadogo a confié que les échanges au cours de ce voyage ont été fructueux pour le Fespaco. « Le ministère français de la Culture et celui de la république de Belgique nous ont assuré de leur présence. Pour nous, leur présence constitue un grand apport pour le festival », a-t-il souligné.
Initialement prévue du 27 février au 6 mars 2021, la 27e édition du Fespaco avait été reportée à cause de la recrudescence de la Covid-19.
Sié Mathias Kam
Tenu sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, le Conseil des ministres, en sa séance du jeudi 22 juillet dernier, a nommé un nouveau directeur général à la tête du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), une structure qui relève du ministère de la Culture. Ce changement a suscité diverses réactions des amoureux de la culture sur la toile. Au micro de Radars Info, quelques acteurs culturels font un bilan du passage du désormais ex-directeur du BBDA, Wahabou Bara, dit Walib Bara.
L’activiste Naïm Touré, lui aussi, y était allé de son appréciation de la gestion du BBDA sur sa page Facebook dans une publication du 20 juin 2021 ainsi titrée : « BBDA : Bureau burkinabè des deals artistiques ».
Même son de cloche chez son acolyte du groupe « Génération 2000 », Baboudi Michel Neya, alias ‘’Benga Kabakourou’’. Tout en félicitant ce dernier pour le travail abattu, il se demande si le BBDA aura encore un DG disponible comme l’était Wahabou Bara pour les artistes. « Quelqu’un pourra-t-il faire mieux que Walib ? L’avenir nous le dira », a affirmé ‘’Benga Kabakourou’’.
Pour cela, nous avons une marraine qui joue pleinement son rôle d'extension et de promotion au-delà des frontières nationales en la personne de Macange Marie, marraine zone Europe chargée des relations avec les organismes internationaux », a précisé la promotrice.
Il ajoute qu'humblement il n'est pas sûr d'avoir incarné intégralement le rôle tel que voulu. « J'ai juste voulu me faire plaisir et laisser mon cœur jouer tout en visant l'excellence », renchérit-il.
Au Burkina Faso, l’entrepreneuriat culturel peine à se faire une place au soleil parce que peu créateur d’emplois. Malgré ce contexte difficile, certains promoteurs culturels ont su transformer leur rêve et en faire une activité qui apporte un plus à l’économie nationale. Sont de ceux-là Sébastien Baziemo, styliste modéliste, fondateur de la maison Sébastien Baziemo, plus connu sous le nom de Bazemsé, et Wenkouni Olivia Ouédraogo, comédienne, conteuse qui sont parvenus non seulement à vivre de leur art, mais aussi à en faire profiter à d’autres personnes.
Généralement opposé au film d’auteur, le film populaire suscite de plus en plus d’intérêt, tant du côté des réalisateurs que de celui des cinéphiles burkinabè. Des spécialistes de la question expliquent les raisons d’un tel attrait pour ce type de film dans les salles de cinéma
La musique burkinabè a subi beaucoup de mutations ces dernières décennies. On constate l’émergence d’une génération d’artistes musiciens ayant un style différent de celui de leurs prédécesseurs. Pour Marius Diessongo, journaliste et consultant culturel, la musique burkinabè a puisé pendant longtemps dans ses propres racines, même si elle a été souvent influencée par des bases rythmiques extérieures.
Marius Diessongo a en outre fait remarquer que c’est à partir de 2005 qu’on a vu apparaître un artiste musicien comme Yoni avec son album Nonglom. C’était une œuvre musicale faite purement de la musique burkinabè à sa base rythmique avec un mélange de musiques moaga, peule et de wedbindé. Yoni a transmis son rythme à Floby qui à son tour l’a transmis à d'autres comme Sofiano et ainsi de suite. Hamed Smani a créé le takborsé, Dez Altino est arrivé avec sa rythmique issue de Ouahigouya. « Peut-être qu'il y a eu des influences sur des consommateurs parce ces derniers sont friands de musique ivoirienne, mais pas sur les artistes forcément », a indiqué Marius Diessongo.
Il fait partie des artistes incontournables en matière d’humour au Burkina et en est l’un des précurseurs. Membre du groupe Génération 2000 dont il est aujourd‘hui le leader, Jean Aimé Bayili, alias JONH’ES, nous dit ce qu’il pense de la promotion de la culture au Faso dans cet article.
Interrogé sur l’importance du groupe Génération 2 000, Momo l’intellectuel ne tarit pas d’éloges sur celui qu’il appelle affectueusement « papa ». « Ce groupe a été la porte d’entrée pour bon nombre d’acteurs et ce qu’on est aujourd’hui, c’est à lui qu’on le doit », nous confie le lauréat du Ouistiti d’or Momo l’intellectuel.
Ils font partie des meilleurs humoristes du Burkina. Eux, c'est Syatik et Kérékékankoukan du groupe Gombo.com, ce duo de fous du rire qui relève le défi d'être de plus en plus vu à des cérémonies lors desquelles il incarne le rôle d’enfants bien éduqués qui n’hésitent pas à dire tout à tout le monde. Qu’est-ce qui fait la particularité de ce groupe qui, depuis maintenant une dizaine d’années, arrache le sourire au public ? Réponse dans cet article.
Comme on a coutume de le dire, la vérité sort de la bouche des enfants. C’est conscient de cela que ce duo a décidé d’incarner le rôle d’écoliers. « On a opté d’incarner le rôle d’enfants car l’enfant est pardonné d’office malgré tout ce qu’il fait et dit», a expliqué Idrissa Nikiéma. L’essentiel, c’est de proposer une représentation de qualité au public. Pratiquement absent depuis son dernier spectacle en février 2021, le groupe Gombo.com observe une sorte de pause mais, à en croire Ousmane Bamogo, « c’est un retranchement pour mener la réflexion sur de nouveaux personnages à incarner. » Avec la multiplication des spectacles, le groupe doit savoir qu’il lui est nécessaire de se réinventer s'il veut éviter de sombrer dans le piège de la monotonie, du déjà-vu. C'est en tout cas l’avis de John’s, artiste comédien, qui affirme : « Les artistes ont besoin d’explorer d’autres univers, artistiquement parlant, pour voir ce que cela donne, pour pimenter leur art. » Et d’exhorter la nouvelle génération à la créativité. Mais, ajoute Ousmane Bamogo, « la latitude est laissée au promoteur, voire au public, de choisir le rôle à incarner par Gombo.com : un rôle d’enfants ou de nouveaux personnages. » Toutefois, le groupe déplore le manque de salles pour les spectacles et invite le ministère de la Culture à œuvrer à diversifier les infrastructures dans tout le pays.










