Au Burkina Faso, le mois de novembre annonce la période de l’harmattan avec son corollaire de poussière et de vents à la fois chauds et froids. Dans le but de savoir l’impact que peut avoir ce temps sur l’évolution de la maladie à coronavirus, Radars Info Burkina a tendu son micro auDr JulesMinoungou, pneumologue au CMA PaulVI de Ouagadougou.
De l’avis du Dr Minoungou, l’harmattan vient déjà avec son lot de maladies grippales, il faudrait dores et déjà s’atteler à se prémunir contre ces maladies. Il préconise de ce fait de se protéger du vent froid en se couvrant bien et de la suspension de poussière en appliquant du beurre dans les narines et en portant un masque.
Pour ce qui est de la maladie à coronavirus, « on ne peut dire avec exactitude quel impact cette période aura sur l’évolution de la COVID-19 », nous confie-t-il. « Pour cela, on ne peut dire s’il y aura ou non un rebond de la maladie à coronavirus », ajoute-t-il.
Néanmoins, étant donné que la COVID-19 est une maladie respiratoire et que les facteurs climatiques de cette période d’harmattan peuvent concourir à une évolution de la maladie à cause du vent sec, le pneumologue estime qu’il faut travailler à éviter ce rebond de la maladie en respectant les mesures édictées, à savoir le respect de la distanciation sociale d’un mètre, le lavage des mains et, surtout, le port du masque.
Le médecin pense qu’il serait tout de même judicieux de réaliser une étude sur le sujet afin d’en connaître l’état des lieux en vue de prendre les mesures adéquates pour éviter une éventuelle résurgence de la maladie.
On constate depuis quelques semaines l’arrêt de diffusion de certaines chaînes sur la Télévision numérique terrestre (TNT). Beaucoup de Burkinabè suivent pourtant ces chaînes depuis l’avènement de la TNT au Burkina. Radars Info Burkina a promené son micro dans la ville de Ouagadougou pour recueillir leurs impressions sur cette situation.
Raïssa Savadogo, après avoir allumé son poste téléviseur un matin, s’est aperçue que certaines chaînes ne donnaient pas. C’est la déception pour elle, et elle juge anormale cette situation.
« On devrait rétablir les chaînes de la TNT, on n’est pas content », s’offusque un commerçant de légumes mécontent de ne plus pouvoir suivre ses « émissions préférées sur Savane TV ».
Selon Zouré, étudiant à l’université Joseph Ki-Zerbo, il ignore l’origine du problème. Au départ, il croyait à une panne de son décodeur ou a un problème de réception. « C’est décevant. On ne connaît pas le fond du problème, donc on ne peut en imputer la responsabilité à personne», affirme-t-il.
Pour lui, soit c'est le gouvernement qui a manqué à une obligation quelque part, soit ce sont les chaînes de télévision qui n’ont pas respecté certaines de leurs obligations.
En rappel, en octobre dernier, la Société burkinabè de télédiffusion (SBT), dans un communiqué, a informé les téléspectateurs des chaînes de la TNT qu’elle procéderait à la suspension des programmes des chaînes de télévision qui ne sont pas à jour du paiement de la redevance de diffusion le samedi 10 octobre 2020 et que la conséquence serait l'interruption de la diffusion des programmes concernés dans le bouquet TNT. Le montant annuel de ladite redevance est de 75 millions de FCFA.
L’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) intervient dans les domaines de la santé de la reproduction et de la planification familiale. Radars Info Burkina s’est intéressé à l’apport de cette organisation à but non lucratif à la jeunesse.
Créée le 19 décembre 1979, l’ABBEF visait, au départ, à lutter contre les injustices faites aux jeunes filles qui contractaient une grossesse en milieu scolaire. Son champ d’action s’est ensuite étendu à des domaines comme la lutte contre les grossesses rapprochées et les décès liés aux avortements, entre autres.
Grâce à ses nombreux succès, l’Association a été officiellement reconnue par les pouvoirs publics le 8 janvier 1981. Depuis lors, elle œuvre avec eux en faveur de la santé sexuelle et reproductive des franges les plus vulnérables de la population burkinabè, en l’occurrence les jeunes et les femmes.
C’est dans cet objectif qu’elle a ouvert six cliniques d’offres de services de santé de la reproduction et de planification familiale, précisément deux à Ouagadougou, deux à Bobo-Dioulasso, une à Koudougou et une à Koupéla. « Ces centres d’écoute pour jeunes leur donnent des informations et permettent d’accroître les capacités des adolescents et des jeunes en matière de santé de la reproduction afin qu’ils puissent sensibiliser les autres et se prémunir contre certains fléaux qui les touchent spécifiquement», a expliqué le chargé de communication de l’ABBEF, Youssouf Ba.
L’Association burkinabè pour le bien-être familial fait face à des difficultés comme la mobilisation des ressources pour pouvoir décentraliser ses programmes et projets afin de toucher le plus grand nombre de personnes.
« J’invite les jeunes à la prudence et surtout à aller vers les professionnels de santé et les acteurs communautaires qui interviennent dans le domaine de la santé pour se renseigner sur certaines de leurs préoccupations comme la gestion de leur sexualité. Ils sont sexuellement actifs et doivent prendre toutes les précautions pour ne pas exposer leur vie et compromettre leur avenir », a conseillé Youssouf Ba.
« Nous remercions l’Etat à travers les différents ministères sectoriels avec lesquels nous collaborons, notamment celui de la Santé qui est notre ministère de tutelle, ainsi que nos différents partenaires techniques et financiers », a-t-il conclu.
Les mauvais stationnements sont un phénomène préoccupant à Ouagadougou. Ces occupations anarchiques de la voie publique sont dues aux véhicules en panne, au manque de parkings, aux commerces en bordure de voie. L’un des projets à part entière dans le programme du mandat du maire de Ouagadougou est la lutte contre l’occupation anarchique de la voie publique.
La commune de Ouagadougou, à travers la police municipale, a pris des mesures pour lutter contre ce phénomène qui est souvent la cause de plusieurs catastrophes routières.
C’est ainsi qu’a été créée une section spéciale appelée Unité mobile véhiculée (UMV), dotée de grues élévatrices avec une capacité de 120 tonnes afin qu’elles puissent enlever les véhicules en mauvais stationnement sur la voie publique.
« Cette unité lutte ardemment souvent avec des sabots de Denver qu’elle utilise pour bloquer la roue du véhicule en infraction lors de l’absence du conducteur », a indiqué Adama Pamtaba, chargé de communication de la police municipale.
Selon lui, grâce à la nouvelle logistique acquise par la police municipale, les agents pourront booster leurs activités afin d’obtenir de meilleurs résultats que les années antérieures.
En outre, le décret 418 de 2013, portant définition et répression des contraventions en matière de circulation, réprime ces actes d’imprudence. « Ces contraventions dépendent du gabarit du véhicule et vont de 12 000 francs à 125 000 francs CFA. Pour le moment, le minimum est fait pour lutter contre ce phénomène », a-t-il expliqué.
Le vendredi 6 novembre 2020 dans la soirée, a eu lieu dans l’enceinte du PMK la cérémonie de « bleuissement » des 65 élèves « reconnus dignes d’appartenir à la grande famille prytane ». Composée de 44 Burkinabè et de 21 prytanes originaires de 10 pays amis, la 29e promotion du PMK compte également 16 filles dont 2 Béninoises, une Camerounaise et 2 Gabonaises. Cette promotion a pour nom de baptême Général Tamini Marcel.
Les parents de ces 65 nouveaux élèves ont brillé par leur présence à cette cérémonie de remise d’attributs, un rendez-vous important du cahier des traditions du PMK
Depuis le 30 août 2020, date de leur arrivée au PMK, les éléments de cette 29e promotion ont bénéficié d’une phase d’initiation. « Au bout de quelque temps d’une initiation conduite par vos anciens, vous avez fait preuve d’un courage remarquable, affichant votre disposition à épouser l’éthique de l’enfant de troupe dans tout ce qu’elle a de fondement et d’unique », a affirmé le lieutenant-colonel Ismaël Diaouari, commandant du PMK.
Il a assuré que ces 65 élèves sont prêts, car pour les avoir vus, écoutés et observés, leurs cadres savent qu’ils possèdent l’enthousiasme et la curiosité pour surmonter tous les obstacles. « Vous avez une immense soif d’apprendre. Vous avez aussi une humilité qui fait plaisir à voir, qui vous permettra de vous remettre en question pour mieux progresser. Enfin, vous avez le courage et la ténacité pour surmonter vos doutes », a poursuivi l’officier.
Le nom de baptême de la promotion sortante a été attribué par le colonel major Oumarou Sawadogo, commandant du Groupement central des armées (GCA), lequel a déclaré : «Cette 29e promotion s’appellera Général Tamini Marcel. »
Par ce baptême, ces apprenants deviennent des prytanes. Et après cette phase, ils sont appelés Anciens enfants de troupe (AET).
Mais qui est cet officier supérieur dont la 29e promotion porte le nom ?
Le général Yaoua Marcel Tamini est né en 1930 à Ouarkoye, un département de la province du Mouhoun. Il fit ses premiers pas dans l’armée en décembre 1950 à Bobo-Dioulasso. Marcel Tamini est fait soldat de première classe le 1er janvier 1952. Son ardeur au travail lui permet d’accéder ensuite au grade de brigadier le 1er août 1952 puis au grade de brigadier-chef. En 1953, il est nommé au grade de maréchal des logis. Après un stage militaire en France, il fut admis à suivre des cours de perfectionnement. Le 1er octobre 1958, il est promu au garde de maréchal des logis-chef. Il obtient le garde de sous-lieutenant le 1er octobre 1960. Transféré dans l’armée voltaïque, Marcel Tamini a occupé les postes suivants : commandant de la 3e compagnie, fonction qui le conduisit au garde de capitaine le 1er août 1965, chef de corps de la Garde républicaine de 1968 à 1974, chef de bureau d’études et de planification des forces armées d’avril à juillet 1974, préfet militaire du département du Nord à Ouahigouya de 1974 à 1976, commandant du régiment d’infanterie de 1976 à 1981, chef d’état-major adjoint des armées de 1981 à 1983. Le 21 août 1953, il fut élevé au grade de général de brigade pour être placé dans la section des officiers généraux de réserve le 21 septembre 1983.
Cet officier supérieur de l’armée burkinabè a à son actif plusieurs décorations : médaille commémorative Indochine, médaille coloniale, chevalier de l’Ordre national et de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national, médaille des jeux Olympiques, entre autres.
Yaoua Marcel Tamini s’est éteint le mardi 15 novembre 2005 dans son village natal, Ouarkoye, à l’âge de 75 ans.
L’étape suivante du séjour de ces 65 nouveaux élèves au PMK est la prise en compte des trois dimensions suivantes de la mission de l’école militaire : la formation éthique et morale, la formation physique et la formation académique.
L’accès à l’éducation est un droit fondamental indispensable à la construction d’une Nation forte et prospère et c’est dans l’atteinte de cet objectif que la Somita s’est engagée dans la réalisation d’infrastructures scolaires au profit des communautés (Don de 03 classes d’école à Tangarsi, Commune de Koala et la réfection intégrale des Ecoles Centre de Yalgo) durant l’année 2019.
Cependant, le manque de moyens financiers des parents d’élèves constitue un obstacle majeur à la scolarisation des enfants les plus vulnérables et plus particulièrement les orphelins.
C’est fort de ce constat que la Somita, à travers son Département communautaire, en plus des projets de construction d’école, procèdera à la remise gratuite de près de 500 kits scolaires pour cette rentrée scolaire 2020-2021 en faveur des élèves vulnérables de la communauté.
Les appréciations reçues des autorités et des communautés locales pour l’Édition 2019 révèlent que ce don de kits scolaires participe à l’amélioration des performances des enfants et contribue à relever le taux de scolarité.
L’éducation étant la clé de voûte de l’essor d’une nation, cette citation de Nelson Mandela se comprend aisément : «L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde.»
Agir pour la santé, c’est agir aussi pour le développement durable !
Cette vision de la Somita rappelle qu’investir dans le secteur de la santé est essentiel si nous voulons éradiquer la pauvreté, contribuer à la croissance économique et assurer la prospérité des communautés.
L’accompagnement de la Somita dans le domaine de la santé n’est plus à démontrer et se traduit notamment par la maintenance régulière des ambulances des centres médicaux de Yalgo, Taparko et Bouroum offertes gracieusement par la Somita, l’appui au district sanitaire de Tougouri et les centres médicaux dans le cadre de la lutte contre la Covid19.
En plus des interventions décrites plus haut, la Somita procèdera en cette année 2020 à la construction de salles d’hospitalisation, toutes équipées, au bénéfice des populations de la commune de Yalgo et environnantes.
En effet, le constat fait lors des échanges avec le Centre médical et la mairie de Yalgo présentait une situation sanitaire critique liée à une capacité d’accueil dépassée pour une commune dont la population est passée de 27 000 citoyens à près de 47 466 de nos jours suite à l'arrivée massive des déplacés internes en raison de la crise sécuritaire.
En sus, en termes de consultations, le centre médical reçoit près de 11 378 personnes par semestre et les naissances sont estimées à 614 enfants par semestre, soit une centaine de naissances en moyenne par mois.
En conséquence, la capacité du centre médical en matière d’accueil est limitée, d'où le besoin de réaliser de nouvelles infrastructures qui permettront de sauver des vies et réduiront les évacuations vers les villes de Dori ou Kaya, situées respectivement à 55 et 105 km.
Sensible à cette préoccupation, la Direction générale de Somita a décidé de prendre en charge le financement intégral de la construction des salles d’hospitalisation, toutes équipées, pour soulager les communautés et principalement les femmes et enfants qui souffrent le martyre lors des hospitalisations par manque de salles.
Cet accompagnement fort au secteur de la santé comme élément de croissance locale est partagé dans une des déclarations de l’ancienne Directrice générale de l'OMS Margaret Chan, et se traduit par les propos suivants : « L'amélioration de la santé fait partie des efforts pour éradiquer la pauvreté dans le monde, stimuler la croissance inclusive et favoriser l'égalité ».
Le 21 septembre 2020, Kader Pingdwendé Aziz Bamogo a soutenu avec brio une thèse de doctorat sur la production de protéines recombinantes à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Radars Info Burkina est allé à sa rencontre pour en savoir davantage sur cette technologie.
Plus jeune, Kader Pingdwendé Bamogo rêvait de faire de la biotechnologie. Ainsi, il a travaillé à construire sa carrière dans ce sens. Après un parcours en agronomie, il a d’abord fait un master en protection et amélioration des plantes. Ensuite, il est allé faire de la biologie moléculaire et du génie génétique. «J’ai mis ces deux sciences ensemble pour mieux connaître les plantes et maîtriser ce qu’on appelle l’ADN. Je suis plus particulièrement intéressé par le domaine médical parce que cette technologie peut être utilisée pour beaucoup de choses. Et moi je veux soigner les gens », a affirmé M. Bamogo.
Le scientifique explique que les protéines recombinantes sont des éléments qui revêtent un intérêt pour l’agriculture, l’industrie et la santé humaine et animale. « Une protéine recombinante est une protéine produite à partir de la technologie de la transgénèse. La transgénèse est la science qui consiste à partir d’un ADN identifié sur un organisme donné qu’on va appeler l’organisme A qui produit un produit qui nous intéresse », a-t-il ajouté.
Il a ajouté : « Par exemple dans le domaine de la santé, les vaccins des éléments qu’on injecte dans l’organisme pour entraîner nos défenses et ces éléments sont des protéines. Au lieu de vous exposer à un virus normal vivant, on peut prendre le bras ou le pied du virus qu’on produit de façon recombinante ailleurs, qu’on purifie et qu’on vous injecte. L’organisme va reconnaître ce bras ou ce pied comme le virus et s’entraîner à ça et le jour où il est exposé au vrai virus, il le détruit ».
Les protéines recombinantes utilisées dans le cadre de ses travaux de thèse sont produites de façon transitoire, c’est-à-dire qu’on fait en sorte de ne pas se retrouver avec une plante modifiée pérenne mais d’exploiter la plante pour produire la protéine et par la suite on la retire. « Dans notre cas, comme on ne va pas implémenter ça dans la plante, on pourra l’utiliser comme insecticide qu’on va pulvériser dans les champs », a-t-il souligné.
Dans le domaine industriel, les personnes diabétiques sont obligées de prendre l’insuline. « L’insuline est une protéine produite par l’organisme humain. Mais à l’aide de la technique de production de protéine recombinante, on peut trouver cette insuline chez d’autres organismes et la purifier pour soigner les personnes souffrant de diabète », a fait savoir le Dr Bamogo.
Dans le cadre des travaux de sa thèse, il a réussi à produire trois protéines différentes. D’abord une protéine d’intérêt en laboratoire a été produite. « Dans les laboratoires d’analyses médicales, il y a des consommables qui sont utilisés et parmi ceux-ci il y a ce qu’on appelle des protéases. Ce sont des protéines qui sont en mesure de réaliser des clivages », a-t-il indiqué.
Après cette protéine, en collaboration avec ses partenaires français et brésiliens, une protéine d’intérêt agronomique a été produite afin de trouver des moyens de lutte contre anthonomus grandis, un insecte qui s’attaque au coton au Brésil.
« Les chercheurs au Brésil ont tout fait pour trouver une résistance chez les plantes contre cet insecte mais sans succès. Il se trouvait que le haricot avait un gène qui codait beaucoup une résistance aux insectes. Ce gène, curieusement, n’était pas non plus efficace contre anthonomus garndis. Nos partenaires brésiliens ont utilisé la séquence qui code cette protéine et ils ont réalisé d’autres modifications génétiques sur la séquence. Donc ils ont obtenu une grande banque de variants de ce gène. Leur espoir, c’était que parmi les éléments de cette banque certains variants présentent des propriétés nouvelles ou améliorées qui seraient efficaces contre l’insecte cible chez le coton. C’est cette banque que nos partenaires brésiliens nous ont transmise et ils nous ont demandé d’évaluer tous les variants. Dans ce cadre, nous avons opté de travailler en mettant en place un système efficace de production mais aussi économique. Nous sommes ainsi arrivés à produire deux variants de cette protéine qui lors des tests de fonctionnalité se sont révélés efficaces », a-t-il détaillé.
La troisième protéine produite est une protéine à propriété vaccinale contre les leishmanioses chez le chien et chez l’homme également (plaie inguérissable après piqûre d’une mouche). Cette leishmaniose est causée par un parasite. « La recherche avait démontré que certaines protéines de ce parasite permettaient de challenger notre immunité et de la préparer contre ce parasite. Nous avons cherché la séquence de cette protéine et nous avons produit la protéine en système plante », a dit M. Bamogo.
En marge de ces trois protéines, une quatrième chose réalisée a été de développer un vecteur viral pour améliorer les rendements de production en système plantes. « Nous exploitons des virus de plantes. Nous avons opté de choisir un virus qui est endémique en Afrique et qui fait des ravages sur le riz et de modifier ce virus de sorte à en faire l’outil qui va nous permettre de contourner les mécanismes de défense de la plante et de produire la protéine en quantité abondante. Nous avons eu la chance d’avoir des résultats concluants avec ce virus modifié. Nous avons fait preuve de sa multiplication sur le riz. On l’a aussi utilisé pour améliorer les rendements de production de la protéine vaccinale contre la leishmaniose », a soutenu Kader Bamogo.
Cette technologie permet d’adresser toutes sortes de maladies. « Les maladies sont causées chez l’homme ou chez l’animal ou même chez la plante par ce qu’on appelle les micro-organismes comme les champignons, les parasites (le cas du paludisme), les virus (le cas du VIH), les bactéries. A travers cette technologie, ces micro-organismes, nous pouvons produire certaines de leurs parties et les présenter au système de défense qui va les reconnaître et se préparer pour le jour où le virus normal viendra et là il pourra le détruire », a-t-il précisé.
Pour lui, c’est une technologie qui est beaucoup attendue dans la lutte contre les cancers. «Le problème qui se pose avec les cancers, c’est l’efficacité des traitements. Cette technologie permet d’encapsuler un traitement et d’aller le délivrer spécifiquement sur la cellule cancéreuse », a relevé le Dr Bamogo.
Quand il a fait ses premiers tests sur le virus modifié, il a été contacté par Medicago, une grande firme pharmaceutique canadienne qui produit également des médicaments en système plantes. « Leur souhait, c’était de prendre notre outil développé et d’enlever le gène que nous avons mis, pour y mettre leur gène et voir s’ils arrivent aussi à bien le produire. Ils ont fait leurs essais et le retour était qu’ils avaient un gène un peu complexe et donc ça n’a pas forcément marché pour eux », a-t-il souligné.
Après les preuves de fonctionnalité de l’outil, il a pris attache avec les organismes habilités pour le breveter. Ce processus est toujours en cours.
Tout en remerciant les institutions qui ont rendu possible le projet, Kader Bamogo souhaite que les autorités universitaires ou celles de la recherche scientifique et le gouvernement aient un regard attentif sur cette technologie.
La campagne agricole humide tire vers sa fin. Dans les champs, les paysans ont commencé à récolter le niébé. Radars Info Burkina s’est rendu au siège de la Chambre nationale d’agriculture (CNA) pour savoir les bonnes pratiques à adopter par les paysans pour éviter les pertes post-récoltes, surtout en matière de stockage et de conservation des produits agricoles.
Selon Jonas Kaboré, ingénieur agronome à la CNA, les pertes post-récoltes sont l’un des soucis majeurs des producteurs. Elles sont liées à des techniques inadaptées utilisées par ces derniers. Ces pertes sont de plusieurs ordres et dépendent du type de spéculation.
Généralement, en ce qui concerne les céréales comme le sorgho, le mil et le maïs, ces pertes sont surtout constatées lors des récoltes dans les champs. « En matière de technique de récolte, dans le milieu paysan ce sont les hommes qui fauchent les tiges de mil. Quand les tiges tombent par terre, les femmes suivent pour récolter. Cette technique n’est pas appropriée parce que déjà, il y a des pertes au niveau du champ. En plus quand l’épi touche le sol, il prend des germes et au niveau de la conservation cela peut créer un autre souci », a expliqué M. Kaboré.
Pour les céréales, il a conseillé de récolter les épis pendant que les plants sont toujours sur pied. En outre au niveau du champ, parfois le taux d’humidité est élevé. « C’est nécessaire que le producteur, après la récolte, fasse un séchage des épis de céréales à la maison avant de les conserver pour éviter les pertes. Si le taux d’humidité est élevé, lors de la conservation il y aura des moisissures qui vont détruire certainement une partie des céréales », a précisé l’ingénieur agronome. Pour ce qui est du stockage en milieu paysan, ce sont les greniers qui sont utilisés et ils sont « adaptés ».
A son avis, le véritable problème, ce sont les légumineuses, surtout le niébé qui est très périssable si les conditions de stockage ne sont pas bonnes. Des producteurs utilisent des bidons, des barriques pour conserver le niébé.
« Cependant la technique qui est appropriée et qui est vulgarisée actuellement par les services techniques de l’Agriculture, c’est l’utilisation du sac triple fond qu’on appelle ‘’sac pics’’ développé par des chercheurs. C’est un sac ayant deux sachets à l’intérieur. Il est adapté à la conservation du niébé. La technique d’ensachage consiste d’abord à mettre le niébé dans le sac, ensuite à fermer hermétiquement le sachet contenu dans ledit sac sans qu’il y ait d’air à l’intérieur avant de refermer le sac lui-même», a conseillé Jonas Kaboré.
Les sacs sont disponibles. Celui de 50 kg coûte entre 1 000 et 1250 F CFA. « C’est un sac approprié ; pendant 6 mois de conservation, le niébé reste intact sans produit chimique », a-t-il dit.
Il n’a pas manqué de déplorer que des paysans utilisent un produit chimique très dangereux appelé phostoxin pour la conservation du niébé et même du sésame. Ce produit n’est conseillé que pour la conservation des semences. Cette pratiquement entraîne des intoxications alimentaires.
Toujours concernant le niébé, pour éviter les pertes post-récoltes les dispositions doivent commencer au champ. « Le niébé est une spéculation attaquée par beaucoup d’insectes ravageurs dès les champs. Nous conseillons donc aux producteurs de prendre des dispositions au niveau des champs. Pendant la floraison, il faut impérativement traiter le niébé avec un insecticide homologué et pendant la formation des gousses, il faut également le traiter. En effet, ce sont les périodes où les insectes déposent leurs œufs sur les graines de niébé. Après les récoltes si les conditions de stockage ne sont pas respectées, ces œufs vont éclore et les insectes vont proliférer et attaquer la production », a fait savoir le spécialiste.
S’agissant de la production de sésame, beaucoup de pertes sont enregistrées après les récoltes. « Si le producteur ne récolte pas au bon moment et que les capsules commencent à s’ouvrir dès le champ, c’est la porte ouverte à la prolifération des champignons, surtout avec les dernières pluies. En plus si les capsules s’ouvrent au champ pendant les récoltes, le producteur perdra beaucoup. Il est donc conseillé de récolter avant que les capsules ne commencent à s’ouvrir et à sécher au champ », a-t-il conclu.
Dans la perspective de l’élection présidentielle du 22 novembre 2020, Radars Info Burkina a tendu son micro à des citoyens dans la ville de Ouagadougou pour savoir leurs attentes du candidat qui sera élu en matière sécuritaire d’autant plus que le Burkina Faso, à l’instar de ses voisins du Sahel, est en proie à une grave crise sécuritaire qui a occasionné le déplacement massif de certaines de ses populations.
«Que ce soit le président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, qui est réélu ou un nouveau président, la première des choses à faire devra être d’initier un dialogue pour parvenir à la paix. L’essentiel, ce sera de stabiliser le pays, peu importe la voie à prendre pour y parvenir », a affirmé un marchand ambulant de chaussures.
Monsieur Traoré, lui, vend des appareils électroniques. Il souhaite qu'il soit instauré un dialogue avec les groupes armés. « Il doit y avoir un dialogue avec ces terroristes qui sèment la terreur au quotidien. Sans le dialogue, le pire est à craindre. Il faut forcément un dialogue », a-t-il soutenu. A son avis, ceux qui disent qu’ils ne vont jamais dialoguer avec les groupes armés et qu’ils vont aller jusqu’au bout dans le combat seront toujours perdants.
« Il faut nécessairement des négociations pour parvenir à la paix. Nous demandons au président qui sera élu d’initier ce dialogue dès l’entame de son quinquennat », a souhaité un conducteur de camion.
Quant à M. Ilboudo, il est contre un dialogue avec les assaillants. « Il faut une grande implication des dépositaires de la tradition dans cette lutte contre le terrorisme. Des sacrifices sont indispensables. Donc il faut les associer dans cette lutte », a-t-il estimé. Il a ajouté : « Nous ne sommes pas encore indépendants. Si la France veut que le terrorisme finisse, ce sera fait. Si elle n’a pas la volonté, on restera longtemps dans ce tourbillon ».
M. Sawadogo est menuisier de formation. Comme M. Ilboudo, il est contre un dialogue avec les terroristes. « Quand quelqu’un décide de te nuire, il faut le combattre. Depuis 2016, nous ne parvenons pas à stabiliser le pays parce qu’il y a trop de non-dits dans cette guerre. Nous écoutons et lisons des témoignages des uns et des autres. Le candidat qui sera élu devra mobiliser des ressources pour accroître la puissance de feu des forces de défense et de sécurité », a-t-il avancé.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié le 7 octobre 2020 la liste provisoire des candidatures à la présidentielle du 22 novembre. Elle a retenu 14 candidats sur les 23 prétendants. Il reste au Conseil Constitutionnel d’arrêter la liste définitive des candidats.