À l'occasion de la célébration de la Fête du travail ce 1er mai, les structures syndicales du Burkina Faso se sont donné rendez-vous à la Bourse du travail de Ouagadougou autour de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) pour se faire entendre. L'une des associations présentes sur les lieux a retenu notre attention. Il s’agit de l'Association de défense des droits des aides-ménagères et domestiques du Burkina (ADDAD-B). Elle dénonce la maltraitance dont sont victims les jeunes filles dans les ménages.
Les aides-menagères et domestiques sont celles qui travaillent dans les familles moyennant souvent gîte et salaire. “L'homme doit manger à la sueur de son front mais quand cette souffrance est accompagnée de brimades et de coups volontaires, la nourriture servie perd sa saveur.” C'est par ces mots traduisant son amertume que nous a accueilli Sakinatou Ouédraogo, la représentante de l’ADDAD-B.
Qualifiées souvent, à tort, de “bonnes ou de servants”, ces filles exercent un métier négligé par beaucoup de personnes, sans compter les non-dits qui l’entourent. “Les traitements qu'on subit dans les familles sont inhumains; on ne peut pas tout dire”, nous confie Sakinatou Ouédraogo.
Tout travail mérite salaire, mais dans ce domaine ce n'est pas toujours le cas et selon Sakinatou, les aides-ménagères et domestiques ne jouissent pas de contrat de travail, ni d'aucune garantie. “Notre milieu est sans garantie ni protection, les filles sont laissées à elles-mêmes”, raconte-t-elle. Le “commerce clandestin” des filles dans les différentes gares routières traduit bien cette dure réalité que vivent ces filles dans les ménages. Humiliées, battues, privées de nourriture, accusées à longueur de journée, elles subissent toute sorte de sévices. “Dans les domiciles, nous sommes les premières à nous lever et les dernières à nous coucher. Il faut que cela au moins, on le reconnaisse à sa juste valeur”, nous dit la représentante de cette association qui s’empresse d’ajouter : “Nous aussi, nous sommes les enfants de certaines personnes !’’
“Nous demandons un meilleur traitement et une reconnaissance de la part de nos employeurs”, telle est la requête majeure de cette association qui défend les droits de ses militantes.
Les travailleurs des secteurs public, parapublic et privé ont pris d’assaut l’enceinte de la Bourse du travail de Ouagadougou à l’occasion de la célébration de la fête du travail ce samedi 1er mai 2021. Comme chaque année, cette manifestation des centrales syndicales a été marquée par une marche des participants dans les artères de la ville où ils ont scandé des slogans pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Après cette marche, place a été faite aux discours dressant le bilan de l’année en cours en termes de satisfaction de leurs doléances.
Pour l’Unité d’action syndicale (UAS), sur le plan national, la situation du Burkina Faso reste marquée par les attaques terroristes et la COVID-19, lesquelles impactent négativement le tissu socio-économique. Les attaques terroristes, même si elles connaissent une certaine accalmie, continuent de de faire de nombreuses victimes dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS) et parmi les populations civiles. En plus de provoquer de nombreux déplacés internes, ces attaques ont exacerbé la souffrance des populations qui ont subi des destructions de leurs domiciles et assistent impuissantes au départ de nombreux secteurs de l’administration publique (santé, éducation, justice, mairie).
Sur le plan politique, l’UAS note que la plupart des discours et actes des différents acteurs ces derniers mois se rapportent à une politique de réconciliation nationale « présentée subitement comme une nécessité pour le Burkina Faso ». La structure syndicale a émis le souhait que la réconciliation nationale ne soit pas une ‘’prime à l’impunité’’ » et que la démarche soit « guidée par le principe du triptyque Vérité-Justice-Réconciliation ».
Sur le plan économique, l’Unité d’action syndicale fait remarquer que la morosité économique se fait ressentir par un chômage qui frappe massivement les jeunes (les recrutements se font de plus en plus rares). Les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé et le logement sont marqués par une crise assez profonde, victimes du désengagement de l’Etat et d’une spéculation foncière criarde. De plus, les prix des produits de consommation courante comme les hydrocarbures, le sucre et les vivres connaissent une flambée de façon permanente.
Enfin, pour l’UAS, sur le plan de la gouvernance au Burkina Faso, on observe un développement inquiétant de la fraude et de la corruption, deux fléaux qui touchent tous les segments de la vie socio-économique du pays. « Ce développement de la corruption résulte de l’absence d’une réelle volonté de combattre le fléau. La preuve, les marchés publics sont fortement gangrenés par ce phénomène avec pour conséquence le pillage des ressources publiques, des travaux mal exécutés, notamment ceux réalisés dans le cadre de la célébration tournante du 11-Décembre dans les régions », conclut le message de l’UAS à l’occasion du 1er mai 2021.
Z.I., calligraphe et précédemment élève dans une école franco-arabe de la place, a comparu le 28 avril au tribunal de grande instance de Ouagadougou. Il est poursuivi pour faux en écriture du diplôme du baccalauréat.
Selon les faits relatés au TGI de Ouagadougou le mercredi 28 avril 2021, Z.I. aurait obtenu le baccalauréat avec la mention “Passable”. Peu satisfait de cette performance, il décide d’user de moyens peu orthodoxes pour parvenir à ses fins. C'est ainsi qu'il remplacera la mention “Passable” par “Très Bien” afin, selon son propre aveu, de postuler à des bourses étrangères, notamment à une bourse koweïtienne.
Interrogé par le tribunal sur le mobile de cet acte frauduleux, le prévenu a répondu: “On ne voulait pas des bacheliers ayant la mention Passable”.
Mais Z.I. ne s'arrêtera pas à ce premier forfait. En effet, profitant de l’inattention d’un surveillant d’établissement, il a également scanné en plusieurs exemplaires un formulaire pour falsifier le diplôme de 7 autres personnes. “En remplissant mon formulaire, je me suis trompé et j'ai changé de formulaire. J'ai donc pris deux autres formulaires que j'ai scannés et je m’en suis ensuite servi pour faire les autres”, explique le jeune homme à la barre.
L'avocat de la partie civile dénonce un laxisme de l'école en question. “Tous les moyens technologiques sont mis de nos jours à notre disposition afin qu’on ne manuscrive plus les diplômes”, a déclaré l’homme de droit avant d'ajouter que ce procès est “pédagogique pour chacun de nous”.
Ledit établissement, représenté par son vice-président, D.S., s’est défendu en ces termes : “Même le fils du fondateur a passé le Bac deux fois sans qu’il lui soit venu à l’idée de recourir à la fraude”. Mais l'avocat du prévenu persiste et signe : “C'est l'école qui a ouvert la voie pour que Z.I. fraude en lui remettant le formulaire pour remplissage sans réelle vérification après.”
Statuant, le tribunal a reconnu Z.I. coupable des faits d'altération de la vérité et de faux en écriture privée et l’a condamné à une peine de 6 mois avec sursis et à payer une amende de 300 000 F CFA. L’intéressé dispose de 15 jours pour faire appel de ce verdict.
Le Président du conseil d’administration (PCA) de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), Allassoum Sori, ainsi que le directeur général de ladite société, Frédéric François Kaboré, ont conjointement tenu un point de presse ce jeudi 29 avril 2021 à Ouagadougou pour échanger sur les activités de la nationale de l’eau et particulièrement sur des sujets comme la facturation et la continuité de la fourniture d’eau.
En ce qui concerne la facturation, l’ONEA est passé de 185 000 abonnés en 2010 à 510 000 en 2020, soit une croissance de 275% en 10 années, ce qui est considérable et nécessite des aménagements pour répondre aux besoins en eau des populations. « L’ONEA est une société stratégique de service public et il doit trouver des alternatives efficaces pour que l’évolution du nombre d’abonnés n’entraîne pas de façon systématique une croissance des charges de l’entreprise, encadrées dans le contrat plan Etat-ONEA », a déclaré le PCA de cette société d’Etat, Allassoum Sori. C’est ainsi que le passage du relevé mensuel au relevé bimestriel a été lancé en mars 2020, ce qui n’a pas manqué de bouleverser des habitudes jusque-là bien ancrées. Toujours selon le PCA de la nationale de l’eau, au nombre des raisons qui ont présidé à ce changement il y a, entre autres, l’augmentation du nombre d’abonnés et le souci de l’entreprise de maîtriser ses charges. La nouvelle formule de facturation n’est pas tout à fait différente de l’ancienne, à l’en croire. « C’est toujours une facturation bimestrielle, c’est-à-dire que les agents vont passer tous les deux mois relever les index. Ce qui va changer, c’est que le cumul des deux mois de consommation sera divisé par deux », explique le PCA qui ajoute : « La tarification de 2014 adoptée par le gouvernement est toujours en vigueur, la tranche sociale n’a pas été touchée. C’est le mode de relevé du compteur qui change ». C’est ainsi que l’application des recommandations de l’atelier tenu à Koudougou les 14 et 15 avril 2021, dont les principales conclusions ont été adoptées en Conseil des ministres le mercredi 28 avril 2021, permettra de répondre aux différentes plaintes des clients. « Le client sait à l’avance ce qu’il va payer le mois en cours et le mois à venir grâce aux doubles factures. Et il a un mois pour solder sa consommation », a précisé le directeur de l’ONEA à propos des avantages du nouveau système pour le client.
Pour ce qui est du deuxième point abordé, à savoir la continuité du service d’eau potable, il faut dire que des difficultés ont été constatées ces dernières semaines à Ouagadougou en matière de fourniture de certains quartiers en eau potable. « Ces ruptures sont dues à la casse de la conduite principale de grand diamètre qui relie la bâche du château d’eau route de Pô à la bâche du château d’eau de Nagrin et aussi au manque d’énergie dans les stations de Paspanga qui ont directement touché la fourniture d’eau potable à Ouagadougou », a expliqué Allassoum Sori. Selon le directeur général de l’ONEA, les plaintes enregistrées sont normales ; toutefois, elles ne relèvent pas de la facturation mais plutôt des largesses dues à des fuites d’eau entraînant une surconsommation. « L’ONEA fonctionne pour le client. C’est parce qu’il y a l’ONEA qu’il y a de l’eau (…). Il faut que les clients nous aident à maîtriser nos charges », a-t-il rappelé avant de conclure en exhortant les clients, en cas de plainte, à se rendre dans les différentes agences de l’ONEA.
Le 20 avril dernier, la paroisse Saint-Pierre de Gounghin a procédé à l’incinération de gadgets spirituels traditionnels qualifiés de « fétiches ». Un acte qui ne restera pas sans conséquences, d’où le point de presse tenu ce jeudi 29 avril 2021 par un collectif d’organisations de la société civile composé du Haut conseil des dozos du Burkina Faso, représenté par Bia Koussé, l’association culturelle Kombi culture, dirigée par l’artiste conteur KPG Faso Kudumdé, Miirya, Maya Blon et Deux heures pour nous et deux heures pour Kamita de Serge Bayala.
C’est par un rituel de libations aux ancêtres que les organisateurs du point de presse ont débuté leurs échanges avec la presse. Ils ont dit des prières et fait des invocations pour le bon déroulement de l’activité. Ils ont par la suite procédé à la lecture de la déclaration liminaire introductive lue par Serge Bayala, responsable de Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita. Après un rappel du contexte de la conférence du jour, notamment l’incinération de gadgets spirituels traditionnels le 20 avril dernier au sein de la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin, qui, selon les organisateurs, a marqué de façon regrettable l’actualité nationale sur le plan religieux tout au long de la semaine écoulée, Serge Bayala a affirmé : « C’est assurément la provocation de trop au regard du contexte sociopolitique national et de l’évolution des mentalités en matière de pluralité religieuse ».
Pour le représentant de Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita au sein de ce collectif d’organisations de la société civile, Serge Bayala, cet acte nous rappelle des comportements rétrogrades d’une époque révolue, notamment de la période coloniale. « Cela a choqué et meurtri plus d’un citoyen burkinabè et au-delà », s’est-il indigné. « Rien que dans le courant de l’année 2020, au moins trois cas d’intolérance religieuse, avec pour unique cible la foi traditionnelle, ont été constatés avec comme point culminant la colère de la communauté gan, confrontée à une église protestante dans le Sud-Ouest », a dit le tenant du crachoir pour étayer ses propos.
Les agissements de la paroisse Saint-Pierre de Gounghin sont, selon ces OSC, regrettables et incompréhensibles d’autant plus que depuis bientôt un an, une loi nationale reconnaît officiellement la foi traditionnelle comme une composante essentielle et indispensable de la diversité religieuse burkinabè.
Le collectif d’organisations de la société civile a précisé qu’il a introduit une plainte contre la paroisse Saint-Pierre de Gounghin pour attentat aux symboles d’une foi légalement reconnue et atteinte grave à la coexistence pacifique entre communautés religieuses. « Cette procédure est avant tout une interpellation préventive à l’endroit des autorités tant religieuses, coutumières que politiques », a affirmé le conférencier Serge Bayala avant d’inviter les fidèles des différentes communautés religieuses à se désolidariser de tout acte de profanation et d’intolérance religieuse susceptible de mettre à mal la coexistence pacifique au Burkina Faso.
Le mardi 27 avril 2021, s’est tenue au Haut conseil national du dialogue social (HCDS) une rencontre entre les membres dudit conseil et le ministre de l’Education nationale. A cette rencontre, il s’est agi de présenter la démarche à suivre pour la tenue des assises nationales sur l’éducation, d'une part, et de plaider pour l’accompagnement du Haut conseil tout au long du processus en cours dans le secteur de l’éducation nationale, d'autre part.
« Nous sommes venus au Haut conseil national du dialogue social pour parler des assises nationales sur l’éducation », a affirmé d’emblée Stanislas Ouaro, le ministre de l’Education nationale. Le ministère dont il est à la tête a entrepris des réformes pour une éducation nationale de qualité qui répondra aux besoins du marché et à cet effet, le Haut conseil national du dialogue social s’est dit prêt à accompagner le ministère dans ses réformes. Selon Domba Jean-Marc Palm, président de ladite institution, il est important de promouvoir le dialogue avant d’entreprendre toute action. « Nous prenons l'engagement d'accompagner, sous n'importe quelle forme, le ministère de l'Education nationale afin qu'au sortir des assises nationales sur l'éducation, on ait une école performante », a dit le président Jean-Marc Palm.
Et le ministre d’ajouter que des commentaires, recommandations, suggestions et contributions ont été faits pour améliorer le document sur la base duquel les discussions seront menées lors des assises régionales qui vont être organisées dans chaque chef-lieu de région afin qu’au final, un document de base amélioré soit présenté et discuté aux assises nationales.
En rappel, les principes d’organisation des assises nationales sur l’éducation ont été adoptés en Conseil des ministres le 31 mars 2021 conformément aux engagements du président du Faso en matière d’éducation nationale.
La maladie à Coronavirus a bouleversé le système économique de beaucoup de pays. Elle porté un coup dur au milieu des affaires. Si cette pandémie a contribué à ralentir certaines activités commerciales comme la vente de friperie, elle a néanmoins donné lieu à l’émergence de petits commerces juteux. C’est le cas de la vente de cache-nez et de gel hydro alcoolique.
« On peut dire que la COVID 19 n’a pas que des aspects négatifs », lance Mamadou Zongo, vendeur de cache-nez. Selon ce vendeur de masques de protection, la COVID-19 a certes semé la désolation dans le monde, mais elle a aussi favorisé le développement de son petit commerce. « Avant, j’avais des difficultés à obtenir 1000 francs par jour mais avec cette maladie, grâce à la vente des cache-nez et autres objets, je peux me faire au moins 5000 francs de recette par jour », nous confie-t-il.
Installés aux abords des bâtiments publics, ces marchands qui ont trouvé leur « filon » ne cachent pas leur satisfaction. Noufou Traoré, vendeur ambulant, nous a déclaré : « Grâce à la COVID-19 nos articles s’achètent très bien, surtout les cache-nez. En tout cas les choses ont un peu changépour nous.»
Depuis l’apparition de cette pandémie, le nombre de vendeurs ambulants n’a cessé de croître, ce qui n’est pas du goût de certains vendeurs. En effet, le nombre croissant de vendeurs réduit considérablement le chiffre d’affaires de ces petits commerçants. « Au début, on n’était pas nombreux à proposer ces marchandises, donc les choses allaient bien. Mais aujourd’hui le marché est un peu mou », se plaint Alexandre Bayala. Même son de cloche chez Aminata Simporé, vendeuse de gel hydro alcoolique non loin du marché central. Selon elle, l’achat du gel a ralenti parce que beaucoup de gens savent en fabriquer. Elle exprime malgré tout satisfaction : « En tout cas, je ne me plains pas. Tout ce que Dieu fait est bon ».
Il y a maintenant plus d’une année que le virus à couronne sévit à travers le monde entier. Au Burkina Faso en particulier, les autorités ont pris un certain nombre de mesures afin d’éviter sa propagation. C’est ainsi que l’accès aux bâtiments publics est subordonné au port obligatoire d’un masque de protection. Une mesure que certains petits commerçants ont su mettre à profit pour écouler leurs marchandises, notamment les cache-nez.
Abdallah Ouédraogo est médecin généraliste. Son visage peut paraître familier à un grand nombre de Burkinabè qui apprécient ses services médicaux. Outre sa profession de médecin, il fait aussi de la musique, ce qui le rend encore plus célèbre. Ce métier d’artiste, il le pratique depuis peu, précisément 2020, pourtant, la si jeune carrière artistique du toubib est fort prometteuse.
Amoureux de la lecture depuis sa tendre enfance, Abdallah Ouédraogo a fini par mettre de côté sa passion du slam pour se consacrer aux études, couronnées par le diplôme de Docteur en médecine, courant 2016. Quatre années plus tard, il retourne à ses premières amours, c’est-à-dire la musique. C’est le début d’une belle carrière musicale. En mars 2020, il travaille sur un projet artistique qui est fait de séries, 4 épisodes en tout. Il sort un premier single solo qui sensibilise à la COVID-19, puis un autre single sur le Ramadan pour apporter un plus dans la pratique du jeûne musulman au vu des récurrentes interrogations de ses patients sur le jeûne. « Mon inspiration est venue du fait que beaucoup de mes patients me posent certaines questions sur le Ramadan : ‘’Dr est-ce que je peux jeûner ? Dr est-ce que je peux faire ceci ou cela ?’’ Alors je me suis demandé pourquoi je ne ferais pas une chanson qui conseille un peu les gens sur ce qu’il en est réellement du jeûne », nous confie-t-il tout souriant.
Persévérant, ambitieux et grand rêveur, Dr Abdallah Ouédraogo ne cache pas son désir de réaliser de grandes œuvres à travers la musique, qu’il utilise comme moyen de communication pour édifier la population en matière de santé. A l’entendre, la musique est un puissant outil de sensibilisation. « C’est ma médecine », souligne-t-il.
Malgré le fort caractère du médecin, par ailleurs judoka, il ne cache pas ses faiblesses. « Je suis fragile, sensible et je me laisse marquer par les évènements », nous dit-il.
Grâce à la visibilité que lui a conférée la musique, l’homme nous révèle son rêve de faire un jour un concert au palais des sports de Ouaga 2000. « Je rêve de donner un concert musical géant pour faire connaître la santé par la musique », nous a confié notre interlocuteur avant de conclure par un appel aux bonnes volontés à soutenir ce noble projet qui est de sensibiliser la population en matière de santé.
Dans une correspondance parvenue à la rédaction de Radars Info Burkina le 23 avril, les agents de santé chargés de la riposte à la COVID-19 en poste à l’aéroport international de Ouagadougou «dénoncent une gestion malsaine, chaotique, réclament les arriérés de paie et exigent que la lumière soit faite sur la gestion des fonds».
Janvier, février et mars, ce sont les mois de prise en charge réclamés par les agents de santé chargés de la riposte à la COVID-19 en poste à l’aéroport international de Ouagadougou. Cette prise en charge s’éléverait à 7 500 F par jour.
Constitués de fonctionnaires (agents ayant un numéro matricule) et de stagiaires (sans numéro matricule), ces agents percevaient un montant fixe de 10 000 F par jour dans le cadre de la riposte à la COVID-19, un montant qui a été revu à la baisse et ramené à 7 500 F uniquement pour les “sans matricule”, et cela sans aucune notification de la part de la direction.
Depuis le mois d’octobre, les agents comptaient des arriérés de prise en charge de 5 mois, février inclus. Par une correspondance de la direction régionale de la Santé, ceux appelés ‘’volontaires’’, c’est-à-dire n’ayant pas de matricule, étaient invités à passer à la caisse le 25 février pour entrer en possession de leur dû, mais grande fut la surprise de ces agents de constater que la prise en charge ne couvrait que les mois d’octobre, de novembre et de décembre, soit 3 mois au lieu des 5. « Le souci majeur est que contrairement aux fois passées, le nombre de jours pris en compte était de 15 au lieu de 30 ou 31 selon le mois », s’est étonné un des plaignants avant de préciser que tous les volontaires n’ont pas pu avoir leur paie pour cause d’erreurs sur l’orthographe des noms.
Suite à une mobilisation d’une délégation des agents le 14 avril dernier, le directeur régional de la Santé a déclaré que tout était prêt pour le paiement des deux mois d’arriérés en attendant les signatures de trois ministres : ceux de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de l’innovation et celui de l’Economie et des Finances. Les agents ont été aussi rassurés sur le montant des arriérés de deux mois à hauteur de 7 500 F/jour.
Mais contre toute attente, un nouvel arrêté (2021-065/MS/MESRI/MINEFID) signé en date du 09 avril 2021 par ces trois ministres fixe le taux de rétribution à 5 000 F/jour et pour 15 jours maximum et il précise que la période concernée s’étend du 1er janvier au 31 mars 2021.
« Nous voulons comprendre cette différence dans la paie de 10 000 F à 7 500 F puis 5 000 F pour les agents n’ayant pas de matricule », fulmine un des mécontents. Comment un arrêté signé en date du 9 avril peut s’appliquer aux rétributions antérieures ? En effet, en son article 8, le texte administratif dit : “le présent arrêté prend effet pour compter du 1er janvier 2021 et abroge les dispositions antérieures (…)”.
Nos tentatives d’obtenir le son de cloche de la direction régionale de la Santé sur cette affaire sont restées vaines.
Pour l’heure, ces agents chargés de la riposte à la COVID-19 à l’aéroport sont dans l’attente dans l’espoir que leur situation sera régularisée.
Le métier d'influenceur web est de plus en plus en vogue en Afrique de façon générale et particulièrement au Burkina. Qu'est-ce qu'un influenceur web ? Comment le devient-on ? Quelles sont les opportunités qu'il offre en termes d'emplois ? Yékiremi Abdias Farma est web entrepreneur, consultant en communication digitale, cofondateur de FasoDigital.com. Il nous donne des précisions sur le sujet.
Le terme d' « influenceur web », selon Abdias Farma, renvoie à une personne qui, au fil du temps, a bâti une audience sur les réseaux sociaux et arrive à influencer les habitudes et comportements et même la communication de cette audience. On pourrait aussi le définir sous deux angles. Un influenceur, dans la culture numérique et plus particulièrement celle du web et des plateformes de contenu et de réseautage social, est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d'être un relais d'opinion influençant les habitudes de consommation dans un but de marketing. Il est sollicité par les marques, les entreprises afin d’améliorer leur communication, ainsi que dans le cadre d’actions publicitaires. Abdias Farma explique que l'influenceur web travaille majoritairement sur les réseaux sociaux en influençant (d'où le vocable qui le désigne) de nombreux abonnés à travers leur compte Instagram, TikTok ou encore leur chaîne YouTube. Les influenceurs sont des créateurs de contenu multimédia. Ils se mettent en scène pour promouvoir des produits, décrivent, écrivent et partagent leur quotidien avec leur communauté via différents supports : articles de blog, publications Instagram, vidéos YouTube, stories ou encore vidéos ou photos Snapchat. L’influenceur a, en outre, un rôle d’intermédiaire entre les entreprises et leurs potentiels clients. Autre définition, un influenceur est une personne qui utilise un blog personnel et/ou tout autre support (forums, réseaux sociaux et communautés) pour diffuser ses opinions auprès des internautes et qui est capable d'influencer ces derniers en modifiant leurs modes de consommation.
L'influenceur est le plus souvent un particulier, même s'il est parfois sollicité par des entreprises à des fins commerciales ou publicitaires. Il peut ainsi agir en tant qu'ambassadeur d'une ou de plusieurs marques ou pour son propre compte. Son pouvoir d'influence dépend de sa popularité, de son expertise sur un sujet donné et de l'étendue de sa cible (followers, fans, abonnés).
"Il faut distinguer l’audience de influence", précise Abdias Farma avant d'ajouter :"On peut avoir une forte audience sans pour autant être influent". Et de préciser que l'audience est liée à une communauté entière qui suit l'influenceur web, l'écoute, adopte son idéologie et sa façon de voir les choses. L'influenceur, quant à lui, va jusqu'à amener cette communauté à changer ses habitudes et comportements en matière de consommation.
Les réseaux sociaux constituent-ils une alternative au problème d’emploi des jeunes au Burkina Faso? Abdias Farma répond à cette question par l'affirmative. "Nous sommes dans un monde où on ne peut pas exclure l'influence du web. Les réseaux sociaux permettent aujourd'hui à des milliers de jeunes, surtout des jeunes entrepreneurs, de promouvoir leurs activités sur les plateformes digitales. Ils apparaissent comme une alternative pour permettre à tous les promoteurs, aux porteurs de projets et qui n'ont pas les moyens de communiquer à travers les médias traditionnels où la communication est beaucoup plus coûteuse, à les utiliser comme une alternative", a-t-il affirmé. Pour lui, les réseaux sociaux permettent aux jeunes de créer de la richesse en valorisant ce qu'ils ont comme potentiel. "Quand on prend des métiers comme le web influenceur, le community manager, le webmaster, ce sont des métiers qui ont connu une réelle explosion grâce à l'avènement des réseaux sociaux et ils contribuent à diminuer le nombre de jeunes chômeurs au Burkina Faso", a-t-il précisé.
Selon Abdias Farma, le Burkina Faso compte des influenceurs web même si certains ont toujours besoin d'une formation approfondie. "Parmi les influenceurs web au Burkina Faso, on peut citer Alino Faso, Milie Marta, Géraldina, MamSank. Ils sont nombreux et on ne peut pas tous les citer", a ajouté notre interlocuteur.
Le jeune web entrepreneur invite à faire la différence entre un activiste des réseaux sociaux et un influenceur web. L'activiste se démarque par ses prises de positions politiques et idéologiques, ce qui n'est du tout le cas de l'influenceur web. Abdias Farma a évoqué le cas des artistes qui ont une forte audience construite à travers leur talent et leur art. Le fait que ces derniers parviennent à influencer un grand nombre de personnes suscite beaucoup d'interrogations. "Ceux cités plus haut peuvent être considérés comme les influenceurs web au Burkina Faso. Déjà, on peut les encourager à se former davantage et encourager les annonceurs à leur faire confiance et à passer par eux afin d’atteindre plus de monde", a-t-il recommandé.
Le métier d'influenceur web n'est pas sans dérives. Le constat, selon Abdias Fatma, est qu'au Burkina Faso les gens utilisent les réseaux sociaux de façon amateur. La communication web, c'est un domaine à part entière. Il y a des influenceurs qui ne savent pas les règles de publicité de Facebook et chaque fois leurs pages sont confrontées à des problèmes. Ils sont interdits de publier, de commenter parce qu’ils ont enfreint certaines règles de publicité de Facebook. On déplore vraiment ce manque de professionnalisme. Ce n'est pas parce Facebook est facilement accessible qu'on peut tout se permettre. Tout le monde peut créer une page Facebook mais il y a beaucoup d'autres aspects. Il faut avoir une formation pour pouvoir utiliser toutes les fonctionnalités des réseaux sociaux pour ne pas être chaque fois bloqué par ce réseau social.
A tous ceux qui veulent embrasser le métier d'influenceur, Abdias Farma fait remarquer que c'en est un comme tous les autres. Il suffit donc à ces derniers de le vouloir. "Il y a néanmoins certaines qualités qu'il faut avoir. Il faut être capable de bâtir une forte audience, c'est-à-dire pouvoir amener beaucoup de personnes à s'abonner à un compte réseau social, des personnes qui te suivent et qui s'intéressent à ce que tu fais. Sur cette base, on peut arriver à un moment donné à s'ériger comme influenceur à travers la production d'une spécialité, la défense d'une idéologie ou en développant un talent qu'on a et qui intéresse les autres. Ces personnes vous suivront en permanence sur Internet pour connaître votre actualité", a conclu M. Farma.