vendredi 3 février 2023

Journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage : Combattre efficacement la pauvreté au Burkina, cause de l’esclavage moderne

journmondLe 2 décembre, est célébrée la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), les dernières estimations mondiales de l’esclavage moderne révèlent que plus de cinquante millions de personnes dans le monde en 2021 vivaient dans des situations d’esclavage moderne. A l’occasion de cette journée, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec le président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), section du Kadiogo, Adama Nabaloum, sur la situation de l’esclavage sous la Haute-Volta et aujourd’hui au Burkina. Des propositions ont été faites par ce dernier pour combattre l’esclavage, toujours présent dans notre pays, même si c’est de façon plus subtile.

L’esclavage plonge ses racines dans l’histoire et existe encore sous de nombreuses formes. La traite d’êtres humains, la servitude pour dette et le travail domestique forcé sont quelques exemples d’esclavage.  

Selon Adama Nabaloum, le Burkina Faso a connu l’esclavage non seulement sous sa forme ancienne mais aussi sous celle moderne qui est toujours d’actualité. De ses explications on retient que la forme ancienne est celle sous laquelle des êtres humains étaient capturés puis vendus comme de la marchandise et traités comme tels par leurs maîtres. Mais aujourd’hui, cette forme ancienne existe de moins en moins, même s’il y a des communautés dans lesquelles demeure un lien de domination fort.

« L’esclavage se présentait au Burkina autour des royaumes. A l’issue des guerres, les captifs étaient traités comme esclaves par les rois. Mais après cette forme plus ou moins locale, il y a aussi eu la traite négrière qui n’a pas épargné le Burkina Faso. Ainsi, des personnes qui vivaient sur l’espace géographique de la Haute-Volta ont été transportées hors du pays pour servir d’esclaves dans d’autres continents », a précisé M. Nabaloum.

La notion d’esclavage moderne renvoie essentiellement à la traite des personnes et aux formes d’exploitation qui s’ensuivent, notamment l’exploitation dans le travail, l’exploitation sexuelle et les mariages forcés. Cette forme d’exploitation-là existe au Burkina, où des filles de ménage sont maltraitées dans leurs familles d’accueil, à en croire le président du MBDHP, section Kadiogo.

« Pour combattre efficacement les pratiques esclavagistes au Burkina, il faut s’attaquer au problème à la racine », souligne-t-il. Et de s’interroger : « Qu’est-ce qui peut amener aujourd’hui des parents à marier leurs enfants contre leur gré ou à confier ces derniers à des personnes qui ne se gênent pas de les maltraiter ?» 

Pour lui, quand on analyse les causes de ce phénomène, on constate que des filles très jeunes quittent leurs familles pour suivre d’autres personnes dans d’autres pays et cela, a priori pour des contraintes d’ordre économique.  « C’est la pauvreté qui explique cet état de fait », affirme le président du MBDHP/Kadiogo.

D’où la nécessité de commencer par combattre efficacement la pauvreté au Burkina en travaillant à améliorer les conditions de vie des familles d’origine de ces personnes, suggère M. Nabaloum. Il faut également continuer à sensibiliser les acteurs et renforcer l’éducation. Il ne faut pas non plus oublier la répression après la sensibilisation si l’on souhaite véritablement venir à bout de ce fléau, conclut notre interlocuteur.

Flora Sanou

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