jeudi 13 juin 2024

CAN 2023/Groupe D : « Je ne vois pas pourquoi le Burkina ne pourrait pas terminer 1er de ce groupe » (Jérôme Tiendrébéogo, président de l’AJSB)

tiendrebeogojeromeC’est fait ! Depuis le jeudi 12 octobre 2023, les groupes de la 34e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui aura lieu du 13 janvier au 11 février 2024 en Côte d’Ivoire sont constitués. Le Burkina Faso se retrouve dans le groupe D en compagnie de l’Algérie, de la Mauritanie et l’Angola. À quoi peut-on s’attendre avec cette composition ? Jérôme Tiendrébéogo, journaliste sportif à la télévision nationale du Burkina, par ailleurs président de l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB), fait son analyse dans une interview accordée à Radars Burkina ce vendredi 13 octobre 2023.

Radars Burkina : Le Burkina Faso est logé dans la poule D, aux côtés de la Mauritanie, de l’Algérie et de l’Angola. Quelle appréciation faites-vous de cette composition ?

Jérôme Tiendrébeogo : Le premier constat qu’on fait déjà dans ce groupe D, c’est que ce sont des équipes qui se connaissent assez bien, parce que dans un passé récent, le Burkina a eu affaire et à l’Algérie et à la Mauritanie et à l’Angola en phases éliminatoires, tantôt en coupe du monde, tantôt en coupe d’Afrique. Mais les réalités d’hier n’étant pas celles d’aujourd’hui, chaque équipe va devoir compter sur les forces qui sont les siennes pour pouvoir aborder ces matchs.

Néanmoins, l’Algérie semble être le plus gros morceau du groupe que le Burkina va devoir bien négocier, même si les autres équipes, pour les enseignements que nous tirons de l’histoire, ne sont pas à négliger. Donc le Burkina va devoir se préparer au mieux qu’il peut. Il appartient à Hubert Velud d’arriver à cette CAN avec déjà la connaissance de l’adversaire (c’est important), mais également avec des forces qu’il va construire avec le temps qui reste, à savoir le choix des hommes et aussi les dispositions tactiques qu’il va falloir concocter au regard des adversaires qui sont en face.

C’est un groupe qui est à la portée du Burkina, je n'en doute pas. Une élimination des Etalons serait une surprise mais ce n’est pas du donné. Il va falloir aller se battre avec les armes à disposition pour pouvoir avoir ce ticket. Je ne vois pas non plus pourquoi le Burkina ne pourra pas terminer 1er de ce groupe. L’adversaire le plus coriace c’est l’Algérie mais il faut avoir l’œil sur cet adversaire et ne pas aussi négliger les autres adversaires. Dans tous les cas, il faut se battre pour sortir de cette poule qui, de mon point de vue, est abordable.

Radars Burkina : Certains supporteurs pensent que l’encadrement technique est à améliorer sinon au regard des prestations de l’équipe nationale dans les récents matchs, vouloir remporter cette CAN n’est qu’un rêve. Quel commentaire faites-vous de cela ?

Jérôme Tiendrébeogo : Effectivement quand on regarde les cinq derniers matchs des Étalons, il y a de quoi être inquiet des résultats. Mais je crois que ça c’était dans une autre réalité et il appartient à Hubert Velud et à son staff, de travailler à rehausser véritablement le niveau des Étalons. Quand on regarde les derniers matchs des éliminatoires et les matchs amicaux de la coupe on a quand même des inquiétudes. Je pense que le sélectionneur a encore trois mois devant lui pour regarder tout ce qu’on a comme vivier et faire une sélection avec les meilleurs joueurs en forme du moment.

En outre, il n’y a pas que la sélection; il y a un programme de préparation qu’il faut élaborer avec soin en tenant compte des réalités et travailler à ce que chaque joueur donne le meilleur de lui-même.

C’est ça en fait la compétition! Une CAN ne connaît pas son "client" d’hier. Ce n’est pas parce qu’on est arrivé en demi-finale en 2021 au Cameroun que forcément on doit faire mieux. Non, vous pouvez remporter une CAN et sortir au premier tour. La CAN ne connaissant pas son "client" d’hier, pour parler terrre à terre, le plus important, c’est d’arriver au meilleur de sa forme à la compétition et je pense que c’est le défi qu'Hubert Velud et son staff doivent relever.

Radars Burkina : La Mauritanie et le Burkina sont logés dans la même poule. Un match amical était prévu pour le 17 octobre prochain entre ces deux pays bien avant le tirage au sort. Ce match peut-il encore se jouer ?

Jérôme Tiendrébeogo : Je ne pense pas qu’il faille annuler ce match parce que le hasard a voulu qu’on soit dans le même groupe en CAN. Entre le match amical et la CAN, il y a quand même trois mois. Donc je pense qu’on va considérer cela comme un match aller, chacun va essayer de jauger son adversaire, parce qu’on ne peut pas dire que l’un va jouer pour faire mal à l’autre, ou il ne faut pas se découvrir, non ! C’est un match amical, chacun sait ce qu’il y cherche. C’est dans le programme des préparations et il faut le jouer et se donner les meilleures chances pour être en forme en tirant les leçons de cette préparation.

Radars Burkina : « Le groupe est équilibré et nous avons notre chance. Cependant on ne doit sous-estimer aucun adversaire. Avec la motivation, le Burkina peut soulever des montagnes », a déclaré l’entraîneur Hubert Velud. Qu’en pensez-vous ?

Jérôme Tiendrébeogo : Je partage l’analyse d'Hubert Velud parce que quand on regarde le groupe, on ne peut pas dire qu’il y a des favoris en tant que tels. Quoi qu’on dise, l’Angola est quand même une belle équipe. Quand on regarde aussi ce que la Mauritanie a fait en éliminant le Gabon, je pense que cette équipe a des arguments à faire valoir à la CAN. Même si l’Algérie émerge un peu, face au Burkina, elle ne peut pas dire qu’elle est si favorite que cela. C’est assez équilibré. La motivation va être déterminante également parce que le Burkina aura de la revanche dans l’air avec les trois équipes. Elle sera importante pour les Étalons qui doivent chercher à faire comprendre à ces équipes que ce qui s’est passé par le passé ne tient pas aujourd’hui. Pour cela, il faut de la dream team pour pouvoir dompter ces équipes. Lorsqu’on sort d’un match de poule 1er ou 2e, ça donne de l’énergie, de l’envie d’aller toujours de l’avant et je pense que tout va partir de là. A voir les équipes qui sont à cette CAN, si le Burkina arrive à sortir de cette poule, l’équipe nationale doit avoir son mot à dire.

 

Radars Burkina : Les supporters peuvent contribuer aussi à motiver l’équipe. Est-ce que la proximité du lieu de la compétition n'est pas un avantage pour l'équipe nationale ?

Jérôme Tiendrébeogo : Evidemment ! Le fait qu’on soit à Bouaké, c’est forcément un avantage pour le Burkina parce que l’Algérie, quelle que soit sa bonne volonté, ne pourra pas mobiliser plus de supporters au stade de la Paix que le Burkina. C’est pareil pour l’Angola. Même si la Mauritanie est dans la sous-région ouest-africaine, elle ne peut avoir autant de ressortissants vivant en Côte d’Ivoire que le Burkina. Bouaké n’étant pas si loin du Burkina, des supporters peuvent quitter le pays le matin pour aller suivre le match le soir. Donc c’est forcément un avantage pour les Étalons. J’espère que les supporters des Étalons, que ce soit la diaspora ivoirienne ou ceux qui vont partir du Burkina, vont former une espèce de déferlante sur le stade de la paix. Je pense qu’ils seront ce 12e homme qui va galvaniser davantage les Étalons et leur permettre de se sentir à domicile comme si on jouait au stade du 4-Août.

Propos recueillis par Flora Sanou

Comments (0)

There are no comments posted here yet

Leave your comments

  1. Posting comment as a guest.
Attachments (0 / 3)
Share Your Location
  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes