vendredi 10 avril 2020

Fête de l’indépendance du Burkina Faso : Cent ans après, les défis à relever pour un véritable Etat-nation

indd uneCe 59e anniversaire d’indépendance du Burkina Faso coïncide avec le centenaire de la création de la Haute Volta devenue Burkina Faso en 1984. Durant ce centenaire, depuis la période coloniale à nos jours ce pays a traversé de grands moments, vu les différentes mutations qu’il a subies. Cent ans après, quels sont les défis pour parvenir à un véritable Etat-nation ?

Devenue le Burkina Faso aujourd’hui, la colonie de Haute-Volta, a été créée le 1er mars 1919 par la signature d’un décret de l’Etat français le 10 mars, publié dans le journal officiel n°768 de l’Afrique occidentale française le 20 mai et promulgué le 5 juillet. La colonie a acquis son existence légale le 23 août 1919. En 1932 cette colonie a été disloquée et reconstituée en 1947 et accède à l’indépendance en 1960.

Il faut signaler que selon les historiens, ces différentes étapes ont été jalonnées d’âpres luttes des chefs coutumiers qui dans un premier temps ont lutté vainement contre la colonisation. Selon ces promoteurs, comme Jules Ferry, homme d’Etat français : « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... ».

Passé cette étape de colonisation, les premières élites au prix de sueur et de sang ont lutté contre la colonisation pour accéder à l’indépendance en 1960. C’est pour cela, selon Siméon Sawadogo, que  « par devoir de mémoire, il était nécessaire de marquer un temps d’arrêt pour une introspection du présent afin de mieux se projeter vers l’avenir avec des repères sûrs ». D’où le choix du thème de cette année : « Cent ans de la création du Burkina Faso : devoir de mémoire et engagement patriotique en vue de la consolidation de l’Etat-nation ».

Afin de parvenir à la consolidation de cet Etat-nation, des défis importants se présentent à tous les Burkinabè. Dans son adresse à la nation, le président du Faso en a énuméré quelques-uns. Pour lui, pour ce faire, deux grands défis sont à relever.
Le premier, c’est de restaurer l’autorité de l’Etat central, garant de l’unité et de l’indivisibilité de la Nation, tout en menant à bien le processus de décentralisation, afin de garantir l’épanouissement des communautés vivant dans nos collectivités. Pour ce faire, tous les Burkinabè doivent s’assumer et assumer leurs responsabilités individuelles et collectives de citoyens exemplaires, et la justice doit jouer sa partition avec efficacité, pour garantir l’égalité de tous les Burkinabè devant la loi.
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Le second, selon le PF, « c’est celui de bannir à jamais la stigmatisation de l’autre. Nous devons combattre avec la dernière énergie toute forme de repli identitaire et de discrimination, fondée sur le genre, l’ethnie, la religion ou la région. Ces dérives dommageables à la cohésion sociale sont de nature à compromettre notre quête permanente d’unité nationale. Nous devons, sans désemparer, poursuivre la construction du dialogue social, du dialogue interreligieux, intergénérationnel, ainsi que le dialogue des cultures, indispensables à la pérennisation d’une culture de la paix. Devant la recrudescence des attaques des groupes armés terroristes qui tentent de mettre à mal notre vivre-ensemble, j’invite les communautés burkinabè à ne rien céder aux forces du mal qui font tout pour détruire de même que les organisations de la société civile et les travailleurs, l’ensemble des partis politiques, les responsables coutumiers, religieux et administratifs, à contribuer davantage à la construction d’une citoyenneté responsable et d’une conscience patriotique. »

Selon Gilbert Noël Ouédraogo, « face aux défis sécuritaires qui se posent à notre pays, Burkinabè de l'intérieur comme de l'extérieur, doivent être des artisans de paix, et travailler à une véritable réconciliation des filles et fils de ce pays et demeurer une nation unie. » Pour lui, « quoi qu'il arrive, les Burkinabè se doivent de préserver la cohésion sociale comme ont su le faire nos dignes devanciers de sorte à léguer aux générations futures, un pays de paix, de stabilité et de prospérité où il fait bon vivre. Nul besoin de rappeler que l'union, la cohésion Nationale, sont des points fondamentaux et incontournables pour la stabilité et la prospérité de toute Nation. La flamme du vivre-ensemble ne doit et ne devra jamais s'éteindre ». Le dialogue politique national entamé par la classe politique qui a donné beaucoup d’espoir à nos compatriotes, selon le président du parti de l’éléphant, doit s’élargir à toutes les forces vives de la Nation, s’intensifier et se traduire dans les faits par des actions perceptibles et mesurables en vue de la consolidation de notre vivre-ensemble et de l'approfondissement de notre jeune démocratie.

 

Saâhar-Iyaon Somé Békuoné Somé



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