samedi 22 février 2020

Ecoles à trois classes : Le taux de scolarisation en baisse dans certaines localités

skl uneEn ce 21e siècle, il est ahurissant de constater que dans certaines localités du Burkina, l’offre éducative est insuffisante du fait du manque d’infrastructures scolaires. Kpopéri, un village du département de Disshin, en est un exemple illustratif. Dans cette école à trois classes fonctionnelle depuis 35 ans, le recrutement est biennal. Un état de fait qui impacte négativement l’avenir de certains enfants. Les parents d’élèves, anciens élèves et enseignants de cette bourgade de la région du Sud-Ouest se demandent à quand la normalisation de ladite école.

Cela fait 35 ans que leur école, un bâtiment à trois classes, n’est toujours pas normalisée, s’indigne Gisèle Kpoda, représentante de la première promotion de l’école primaire de Kpopéri. Le plus incroyable, c’est qu’au départ les cours étaient donnés sous un néré. Pour les élèves de la première promotion qui ont été recrutés en 1984, il est inadmissible que plus de trois décennies après cette école ne soit toujours pas normalisée, ni passée à une école multigrade. Pour Maurice Somé, un des parents d’élèves, cet état de fait est à l’origine de la non-scolarisation de plusieurs élèves car, dit-il, si l’année où l’enfant doit être scolarisé il n’y a pas de recrutement dans son village, il leur faut faire recours aux villages voisins. Et si d’aventure l’école desdits villages limitrophes n’a pas assez de places disponibles, les enfants sont obligés de rester à la maison et comme occupation, c’est à la garde du bétail qu’ils sont assignés. Et ce rôle, s’en défaire dans les années qui suivent devient très compliqué. Ainsi, ceux-ci sont bien partis pour être non scolarisés. 

skl 2Malgré ces dures conditions de travail, il faut reconnaître qu’il y a d’énormes efforts qui ont été faits par les enseignants et les apprenants. Car sous l’impulsion de certains instituteurs, des promotions ont réalisé un taux de succès 100%. C’est le cas de Bernard Zongo, qui a à son actif cinq promotions ayant fait 100% de succès à l’examen du Certificat d’études primaires (CEP) dans cette école. A l’occasion du 35e anniversaire parrainé par le directeur régional de l’Enseignement, il a été adressé la requête de normaliser cette école afin que tous les enfants de ce village aient la chance d’aller à l’école à l’âge indiqué. Pour monseigneur Der Raphaël, l’un des acteurs clés de la construction de cette école qui était prêtre à la paroisse de Disshin, c’est par le bon vouloir de l’Etat burkinabè que l’Eglise catholique a pu offrir cet édifice à ce village qui a formé des cadres actuels du pays. A ce titre, il a invité tous les acteurs du domaine à se pencher sur la question car, estime-t-il, cela pourrait booster le niveau scolaire des fils et filles de ce village. Convaincu que la normalisation de cette école est pour bientôt, il a invité les élèves et les parents d’élèves à faciliter la tâche aux enseignants. Selon lui, il faudrait qu’élèves et parents d’élèves « débroussaillent leurs cerveaux », c’est-à-dire se départissent des préjugés qui entravent leur accès aux connaissances scientifiques.

Tout comme ce village, d’autres bourgades situées aux confins du Faso sont dans un besoin d’infrastructures scolaires pour accroître la quantité et la qualité de l’offre éducative. Ce déficit, de notre point de vue, est un handicap pour le niveau d’éducation de la nation. Vivement que les promesses de normalisation des écoles « sous paillotes » ou multigrades faites par le président Roch Kaboré, dans son programme de société à la base duquel il a été élu, soient tenues.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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