samedi 22 février 2020

Culture vivrière et culture de rente : Quelle est la plus prisée dans la province du Ioba ?

cotn uneLe coton, encore appelé l’or blanc, est beaucoup cultivé dans la province du Ioba. Outre cette spéculation, sont aussi produits le maïs, le mil et l’arachide. A la question de savoir quelles sont leurs préférences, certains penchent pour la culture de rente, d’autres pour celle vivrière et une troisième partie trouve que ces deux sont complémentaires.

A la question de savoir pourquoi il mange du riz alors qu’il n’en cultive pas, Gervais Somé répond : « Est-ce que le riz peut me procurer autant d’argent que le coton ? » Tout comme lui, nombreux sont ceux qui préfèrent la culture de rente à celle vivrière. C’est le cas d’Alain Dabiré, qui abonde dans le même sens que son prédécesseur : « Mieux vaut cultiver plus de coton et une petite partie de culture vivrière car avec le coton, on peut combler le vide de celle-ci en utilisant ses recettes pour les payer sur le marché ». Pour lui, travailler le coton requiert beaucoup de temps et de précautions. De ce fait, il trouve que c’est disperser ses forces que cultiver plusieurs spéculations. S’il y a un choix à faire, il assure qu’il optera, sans hésiter, pour la culture de rente et précisément le coton.

Donald Somé, quant à lui, dit ne pas prendre le risque d’opter pour la culture de rente. Il dit avoir déjà eu une amère expérience dans le passé en cultivant le coton. En effet, il a eu à prendre des intrants et des pesticides à crédit avec la Société de fibres textiles (SOFITEX). Après avoir écoulé son coton, son gain n’a pu rembourser le crédit qu’il avait contracté avec la filiale de coton du Burkina Faso. Alors pour le remboursement, ils ont déduit son crédit de la recette de son cousin et cela a provoqué une bagarre de plusieurs années entre celui-ci et lui. Il a donc décidé, depuis lors, de s’en tenir à la culture vivrière, car avec celle-ci au moins, il est sûr de pouvoir nourrir sa famille.cotn 2 La veuve Thérèse Somé ne faisant que la culture vivrière précise que le gain dans celle-ci n’est si automatique que ça. Son expérience de l’année passée ne lui a pas réussi. Elle dit avoir bénéficié du soutien de son fils pour la culture vivrière avec le payement de l’engrais et de l’urée pour le maïs. A la période de la récolte, elle n’a pas eu le tonnage escompté, si bien que cette année son fils a refusé de financer sa culture de maïs. Selon elle, celui-ci dit préférer dépenser en payant le maïs sur le marché que de procéder comme l’année dernière.

Pour Modeste Somé, il n’y a pas de choix à faire, les deux cultures sont complémentaires. Car pour lui, les années antérieures il profitait des intrants du coton pour cultiver son maïs et son riz. Mais il dit ne pas comprendre pourquoi cette année ils n’ont pas bénéficié de cet accompagnement de la SOFITEX. Mais malgré ce fait, il a acheté lui-même ces intrants pour la culture vivrière. Il précise que de nos jours, la terre n’est plus fertile comme autrefois. Selon lui, il faut apprendre de nouvelles techniques culturales intégrant bien sûr les intrants et pesticides pour espérer récolter en abondance.

De notre point de vue, si la culture de rente fait entrer assez de devises au Burkina Faso, l’élargissement de la subvention à celles vivrières telles celles du maïs, du haricot et du riz favoriserait l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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