mardi 18 juin 2024

15 août à Disshin : Une fête pas comme les autres

dissin uneLa solennité de l’Assomption, encore appelée « la 15 août », se célèbre chaque année avec une coloration, une mobilisation et une organisation très différentes des autres fêtes. Quel que soit là où se trouvent les ressortissants de ce département sur le territoire national, être présent dans son village à cette période est comme un signe d’attachement profond à ses racines. Comment cette fête a pu prendre le dessus sur les autres ?   

Tout comme les autres années, la fête de l’Assomption 2019 a mobilisé des milliers de personnes au département de Disshin, situé dans la province du Ioba, région du Sud-ouest.  Promoteurs de produits de consommation et d’entreprises de télécommunications, plusieurs ont investis le département depuis le 12 août. Compagnies de transport, plusieurs ont organisé des convois spécialement pour l’évènement pour transporter ressortissants de la localité, alliés et amis. Mets locaux ou importés, chacun selon ses convenances et ses moyens, a plusieurs options de consommation. Des beignets de deux sortes, l’un appelé localement « mangolets et mioulikèrkèr » et l’autre accompagné de feuilles de plantes locales « dougkom, wôob gnoukouon» sont de part et d’autre proposés comme mets aux différents clients à la rue marchande et au marché. Le djôdjô, sauce locale, est au menu de plusieurs familles ce jour.

Pour Bibata Nignan, venue de Tiébélé pour la circonstance, « c’est la deuxième fois pour moi de participer à la 15 août à Disshin. C’est l’ambiance qui s’y trouve qui m’a motivée à être là après la première fois. » De même, elle indique qu’elle apprécie bien les mets locaux qu’elle trouve quand elle vient à Disshin.

dissin 2Rosalie Hien, vendeuse de beignets accompagnés de feuilles, une dame d’un certain âge, indique que c’est avec beaucoup d’intérêt qu’elle vient vendre ses beignets à l’occasion du 15 août. Elle précise que c’est une activité qu’elle mène depuis sa jeunesse et chaque année elle a plusieurs clients qui viennent d’ailleurs.

Pourquoi cette fête est-elle célébrée avec un tel entrain ?

Pour Constantin Somé, ressortissant de Disshin et magistrat en poste à Bobo Dioulasso, c’est une période de grandes retrouvailles où les travailleurs des différentes villes se rencontrent. Avant que cet évènement ne prenne cette envergure, Monseigneur Der Raphaël, évêque du diocèse de Diébougou, indique qu’au départ, c’était une organisation dont les festivités étaient portées par l’Eglise catholique et cela permettait aux pensionnaires du séminaire et aux autres élèves et étudiants qui n’avaient pas l’occasion de se retrouver de le faire. A ses débuts, à cette occasion, comme activités il y avait une kermesse et une nuit culturelle qui étaient organisées par les différentes associations des élèves et étudiants vacanciers. C’était une occasion pour les parents de savoir ce que chacun des fils du village mène comme activités là où il se trouve.

De nos jours, l’esprit de départ est toujours respecté mais a atteint une dimension plus vulgarisée allant au-delà des frontières religieuses. Pour cela, après le 15 août, les jours suivants sont retenus comme date de réunions de villages à l’issue des messes pour le repos des âmes des défunts de l’année, et les messes d’action de grâce pour les différents succès et la santé recouvrée des fils du village.

Au fil du temps, cette fête a pris est devenue célèbre à telle enseigne qu’elle a fait tache d’huile dans tout le Sud-Ouest. Et pour ce faire, l’évènement se célèbre de manière tournante et cette année, la cérémonie officielle, c’est-à-dire la grande messe, a eu lieu à Dano, le chef-lieu de la province du Ioba.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné  

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