jeudi 13 juin 2024

Société : Anne Marie Konombo, handicapée mais combative

handic uneLes personnes vivant avec un handicap physique suscitent généralement la pitié et la compassion. Si certaines d’entre elles optent de tendre la sébile pour subvenir à leurs besoins, d’autres en revanche décident d’obtenir leur pitance quotidienne à la sueur de leur front, malgré leur situation particulière. Anne Marie Konombo fait partie de cette seconde catégorie de handicapés qui forcent l’admiration. Radars Info Burkina a rencontré cette dame combative. Lisez plutôt.

Nous avons rencontré Dame Konombo dans son champ d’arachide. Les travaux champêtres sont l’une de ses nombreuses occupations pour subvenir dignement à ses besoins personnels ainsi qu'à ceux de sa famille. A l’inverse de certains de ses semblables en situation de handicap qui sont prompts à mendier, Anne Marie Konombo a fait l'option de compter en premier lieu sur elle-même. « En plus d’être une handicapée motrice, je n’ai pas eu la chance de faire des études. Mais j’ai été inscrite dans un centre de formation où j’ai appris pendant huit ans des métiers comme la couture, la peinture, la coiffure et le tissage », nous confie-t-elle. Mais une fois cette formation terminée, Anne Marie est confrontée à un autre handicap, cette fois financier, dans la réalisation de ses projets.

Cependant la jeune dame, qui est une vraie battante, ne baisse pas les bras. « J’ai commencé à vendre de l’attiéké. Grâce à mes petites économies, j’ai pu ouvrir un salon de coiffure. Au début le salon ne marchait pas du tout mais  en persévérant, j’ai commencé à avoir des clients. Ensuite,  j’ai pu m’acheter du matériel de tissage et j'ai reçu une machine à coudre de l’Action sociale par le truchement de la mairie de Ouagadougou », nous relate-t-elle. Plus tard, Anne Marie se lance dans la confection de tissus et de nappes de décoration, des produits qui,   affirme-t-elle, intéressaient beaucoup ses clients.

Au fil du temps, elle recrutait des filles qu’elle formait à la coiffure et à d’autres métiers. Mais pendant que son entreprise prenait son envol, Anne Marie est terrassée par un autre handicap : la maladie. « J’ai passé trois ans alitée, affaiblie par une maladie mystérieuse. J’ai d’abord passé  un an à l’hôpital puis deux ans chez un guérisseur. Ce fut une période très difficile pour moi et au cours de laquelle mes économies ont fondu comme neige au soleil. J’ai même été obligée de vendre une partie de mon matériel pour pouvoir me soigner », affirme la battante.

Ayant tout compte fait réussi à prendre le dessus sur sa maladie, Dame Konombo met sur pied une association regroupant des personnes vivant avec un handicap, des vieilles sans assistance ainsi que des jeunes issus de tous les secteurs, qu’elle forme à de petits métiers.

« En général, les personnes qui vivent avec un handicap physique attendent qu’on leur vienne en aide. Pourtant ce n’est pas à tout moment qu’on a des gens généreux pour nous soutenir. C’est pourquoi très tôt, j’ai appris à faire de petits métiers», nous dit-elle.

Il faut bien l'admettre, alors que certains,  bien que bien portants, baissent les bras, préférant s’adonner à la mendicité, Anne Marie Konombo, elle, malgré son handicap physique et les difficultés qui se dressent sur son chemin, fait preuve d'un extraordinaire courage et d’une combativité exemplaire. Cela est tout à son honneur.

Pema Neya (Stagiaire)

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