lundi 4 juillet 2022

Elevage clandestin à Ouagadougou : Les amendes et droits de fourrière révisés à la hausse pour décourager la pratique

cheep uneA Ouagadougou, la capitale burkinabè, en plus de l’occupation anarchique de l’espace public, des citadins bravent les textes et pratiquent l’élevage. Des maisons d’habitation sont ainsi utilisées comme enclos pour l’élevage de bovins, d’ovins, de volaille, etc. Nous avons rencontré Moussa Bélèm, premier adjoint au maire de la commune de Ouagadougou, pour savoir pourquoi cette pratique perdure malgré son interdiction en milieu urbain, et quelle est la répression en la matière.

Il est donné de constater souvent dans la ville de Ouagadougou des troupeaux de moutons, de bœufs, etc., sur les artères. Ces animaux en divagation non seulement posent un problème d’hygiène publique mais aussi sont parfois sources d’accidents de la circulation. Pourtant, la pratique de l’élevage en milieu urbain est interdite. «L’élevage dans la ville de Ouagadougou est une question complexe. En effet, Ouagadougou a toujours été un lieu d’élevage. Si on remonte dans l’histoire on a des quartiers emblématiques comme Hamdalaye où jusqu’aujourd’hui des citadins élèvent des bovins, de petits ruminants et autres. Mais c’est une ville capitale en évolution. Ainsi, il y a des pratiques qui doivent disparaître au fur et à mesure que la ville se développe. Malheureusement nous constatons que jusqu’aujourd’hui dans certains lieux, cette pratique perdure», explique Moussa Bélèm.

Cette pratique perdure malgré la répression en la matière qui se traduit par des pénalités en cas de  capture et par la mise en fourrière des animaux en divagation, ainsi que la vente aux enchères de ceux-ci si leurs propriétaires ne se présentent pas.  Mais les actuels locataires de l’Hôtel de ville de Ouagadougou veulent passer à la vitesse supérieure en matière de répression.

cheep 2«Depuis que nous sommes arrivés, dans notre programme  de mandat 2016-2021, nous avons déjà mené la réflexion sur la pratique de l’élevage et de l’agriculture en milieu urbain. Actuellement, nous sommes  à la phase d’information et de sensibilisation pour endiguer le phénomène. Début septembre prochain, des opérations vont être menées en la matière. Les fourrières des différents arrondissements ont été aménagées pour recevoir éventuellement les animaux qui seront capturés. En janvier 2019, le conseil municipal a procédé à la révision à la hausse des amendes et droits de fourrière des animaux capturés en état de divagation dans la commune de Ouagadougou. Ainsi, pour les porcins, bovins, chevaux et assimilés,  l’amende passera de 25 000 F à 50 000 F CFA par tête. Pour les ovins, caprins  et assimilés, elle sera désormais de 30 000 F par tête. Pour les droits de fourrière, l’amende va de 5 000 à 10 000 F par tête», confie le premier adjoint au maire de Ouagadougou.

L’opération à venir est à saluer mais ne saurait être la seule option pour lutter efficacement contre l’élevage en milieu urbain. Le nombre d’animaux qui s’échappent des domiciles pour se trouver dans la rue est insignifiant par rapport à celui du bétail nourri clandestinement dans des enclos dans les domiciles dont les revenus des propriétaires échappent encore aux impôts.

Aly Tinto (Stagiaire)

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