lundi 4 juillet 2022

Saison agricole : Mathieu Kaboré à la forge pour outiller les paysans

mécaniz uneLes paysans burkinabè sont actuellement occupés par les travaux champêtres. L’agriculture constitue une composante essentielle de l’économie burkinabè. En effet, selon les statistiques elle emploie 82 % de la population active. Le constat est qu’elle dépend considérablement des eaux de pluie et qu’elle est pratiquée jusqu’à présent en grande partie avec des outils rudimentaires comme la daba, la houe, la machette et la charrue. Nous sommes allé à la rencontre de Mathieu Kaboré, à Sondogo, zone située à la périphérie de Ouagadougou, qui a pour tâche la fabrication artisanale d’outils agricoles au profit des paysans.

Mathieu Kaboré, en cette matinée du vendredi 2 août, est déjà au travail, non pas  dans un champ de maïs ou de mil mais dans son atelier. Il est en train de confectionner un soc, une des pièces travaillantes de la charrue, dont la fonction est de découper horizontalement la bande de labour, à la profondeur de travail requise, avant de la soulever.

«Je suis dans cette activité il y a 13 ans. Je ne suis pas issu d’une famille de forgerons (caste réputée dans le travail de la forge) mais j’ai reçu une formation en la matière. Je ne vis que de ce travail, qui consiste à fabriquer des charrues, des dabas, des houes, des faucilles, etc.», nous précise l’artisan.

mcaniz 2Il les vend au détail aux cultivateurs et en gros aux revendeurs grossistes dans les marchés. Le prix unitaire de la charrue à traction asinienne varie entre 10 000 et 15 000 F CFA. Quant à la daba, elle est cédée à 1000 F. «Les dabas ici sont  en fer à 100% puisque je veux éviter les problèmes avec les agents forestiers en coupant des branches d’arbre en brousse pour la confection des manches des dabas. Ces dernières années, je ne sais pas si c’est à cause de l’insécurité dans le pays, mais les commandes de charrues ont diminué. L’année dernière, j’ai  vendu 100 charrues mais cette année, jusqu'à présent  je n’en ai vendu qu’une cinquantaine», explique-t-il.

Au marché de Sondogo, nous trouvons Seydou Nikiema, commerçant qui propose, entre autres articles, des dabas à la clientèle.

«Je vends aussi bien des dadas avec une manche en bois que des dabas avec une manche en fer. J’en fais la commande chez le forgeron mais en ce qui concerne les manches en bois, je me rends dans certains villages voisins pour en acheter. La daba avec une manche en fer coûte 1250F. Par contre, celle avec une manche en bois est vendue à 750F», indique le commerçant.

Pour une agriculture attrayante, compétitive et rentable, gage d’autosuffisance alimentaire, la mécanisation de ce secteur d’activité est un impératif.

Aly Tinto (Stagiaire)

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