mardi 18 juin 2024

Promotion des aliments made in Burkina : « Le Terroir », la vitrine des transformateurs locaux

terroir uneFaire du « consommer local » une réalité, c’est le défi que se sont lancé Ilboudo/Badini Windpouyré Rachidiatou et Koalga/Minoungou W. Eliane en mettant sur pied la e-boutique « Le Terroir », une boutique agroalimentaire en ligne. Les deux promotrices y commercialisent des produits locaux fabriqués par des unités de transformation installées un peu partout sur le territoire national. Passionnée des TIC, du monde rural et d’entrepreneuriat, Ilboudo/Badini Windpouyré Rachidiatou est l’une des amazones qui gère la boutique. Radars Info Burkina lui a tendu son micro.

Radars Infos Burkina : Pourquoi avoir choisi de créer une boutique qui ne commercialise que des produits locaux ?

Ilboudo/Badini Windpouyré Rachidiatou : Nos marchés sont inondés de produits importés dont nous ne connaissons ni la composition ni les conditions de fproduction. Nous devons changer la donne en faisant la promotion de nos savoir-faire locaux qui sont de qualité, afin d’amener nos compatriotes à consommer local. C’est pour cette raison que nous avons décidé de ne commercialiser que des produits du terroir, plus spécifiquement des produits agroalimentaires. Il existe tellement d’unités de transformations dans les différentes régions du Burkina qui font un travail remarquable ! Mais faute de visibilité, elles sont souvent confrontées à un sérieux problème d’écoulement. Notre mission est de rendre leurs produits visibles et attrayants en usant des TIC pour inciter les Burkinabè à consommer local, parce que cela contribue à booster l’économie du pays.

RIB : Quels sont les produits que vous commercialisez essentiellement ?

IBWR : Nous avons actuellement 6 gammes de produits. Il y a les céréales transformées en farine, couscous, granulés (couscous de riz, fonio, maïs ; grumeaux de bouillie ; farine de maïs, …). Nous avons également des infusions naturelles (moringa, bissap, vitex, combretum, citronnelle, chrysanthelium), des épices (piment, poivre, fèfè, basilic, purée de tomate…), du miel naturel, de l’huile végétale ainsi que des granulés de jus (bissap, gingembre, …). Nous avons aussi de la poudre de pain de singe et de gingembre. Nous comptons, en fonction de l’évolution du marché, enrichir notre gamme de produits.

terroir 2RIB : Votre boutique a la particularité d’être en ligne, comment gérez-vous les commandes et les livraisons ?

IBWR : Comme vous l’avez si bien souligné, notre boutique a la particularité d’être virtuelle. Le processus est simple. Nous mettons les produits  en ligne sur notre page Facebook en précisant les différents prix. Le client, depuis son domicile ou son lieu de travail, fait le choix des produits et passe commande. La commande se fait via la page Facebook, par WhatsApp ou appel téléphonique. Nous validons ensuite ladite commande avec le client en l’appelant. Enfin, en fonction du lieu indiqué par celui-ci, nous procédons à la livraison. Nous proposons à nos clients deux modes de paiement : cash à la livraison ou par mobile bank. Il faut noter que nous avons un site web qui sera bientôt en ligne sous le nom www.leterroir.bf. 

RIB : Quels sont les défis qui se présentent à vous dans l’exercice de votre activité ?

IBWR : Le défi majeur auquel nous faisons face est la qualité de la connexion Internet. Le débit est très lent et pour le moment, nous n’avons pas les moyens de nous procurer une connexion haut débit. On fait avec ce qu’on a et ce n’est vraiment pas facile. En plus, il y a les numéros d’adressage, qui ne sont pas toujours effectifs dans les quartiers de Ouagadougou, ce qui complique parfois la livraison. Ainsi, quelquefois pour retrouver un lieu, on dépense beaucoup de crédit de communication.

RIB : En tant que femme, comment arrivez-vous à allier vie active et vie de famille ?

IBWR : Tout est une question d’organisation et de compréhension. Nous sommes deux femmes, Koalga/Minoungou W. Eliane et moi-même, à gérer la boutique. Nous avons le soutien permanent de nos époux, ce qui nous facilite le travail. J’insiste surtout sur l’organisation. Si elle est bien organisée et qu’elle se fixe des objectifs précis à atteindre, une femme peut bien allier vie active et vie de famille sans problème.

RIB : Quels conseils avez-vous à l’endroit des jeunes, surtout des filles, qui désirent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

IBWR : Chaque fois qu’on me pose cette question, je réponds par « osez !osez entreprendre, vous ne perdrez jamais ! Quel que soit le résultat, vous y gagnez toujours ! »

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo (Stagiaire)

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