jeudi 13 août 2020

« J’ai toujours fait le rap en groupe. C’est par la force des choses que je me suis retrouvé seul », dixit Frère Malkhom, artiste musicien

malk uneIl est l’une des grandes voix du rap burkinabè. Frère Malkhom a débuté sa carrière d’artiste rappeur engagé en terre ivoirienne vers 1998. En 2000, il rentre au Burkina Faso où il entame une carrière professionnelle d’artiste. Avec David le combattant, ils forment le défunt groupe Faso combat, qui a à son actif 4 albums. Depuis 2014, il mène une carrière en solo avec trois albums à son actif. Radars Info Burkina est allé sa rencontre.

Radars Info Burkina : Comment né est le groupe Faso Kombat ?

Frère Malkhom : Il est né d’une rencontre fortuite, parce qu’au départ nous habitions tous le même quartier. Nous nous sommes rencontrés chez un ami commun et tout est parti de là.

RB : Pouvez-vous nous dire comment vous travailliez avec David pour rédiger les textes de vos chansons qui continuent d’égayer les mélomanes ?

FM : Celui d'entre nous qui avait l’inspiration commençait à travailler seul jusqu’à ce qu’il présente son produit à l’autre. Lui à son tour écrit sa part et cherche ses refrains. Ensuite on se donne un délai où chacun de nous doit finir sa partie et on entre en studio.

RB : De toute votre collaboration avec Faso Combat, quel titre vous a le plus marqué ?

FM : « Diamant et Miroir » n’était pas mal ! C’est le deuxième parce que le premier, c’était l’apprentissage, nous étions à nos débuts. Je préfère le deuxième et aussi  le troisième « les enfants de la patrie » parce que nous étions à fond dans notre collaboration. Le quatrième, il y avait trop de mésentente.  On ne s’attendait pas pendant son enregistrement. Dès que l’album est sorti, nous nous sommes séparés.

RB : Sans vouloir revenir à la pomme de discorde entre vous et David, à quoi Frère Malkhom tenait-il de si sacré au point d’évoluer seul aujourd’hui?

FM : Je ne tenais à rien, notre séparation n’était pas préméditée. J’ai toujours fait le rap en groupe, c’est par la force des choses que je me retrouve seul à faire du hip-hop. Mais dans un groupe, chacun vient avec son talent. Et à partir du moment où le groupe n’existait plus, j’ai estimé que j’avais quelque chose qui n’était pas rien. Et même à l’époque du groupe, nos fans étaient divisés : chacun avait son public parmi les fans.

malk 2RB : Aujourd’hui, vous évoluez individuellement. Certains mélomanes continuent de ressentir l’absence de l’un dans la production de l’autre. Est-ce qu’il vous arrive de ressentir l’absence de David dans vos chansons ?

FM : Aucun mélomane ne ressent l’absence de l’autre parce que la plupart des gens n’écoutent plus la musique. Je n’ai jamais ressenti l’absence de David. J’ai certes collaboré avec David, mais avant lui j’avais collaboré avec d’autres artistes. Aujourd’hui, frère Malkhom fait plus de tournées qu’à l’époque de Faso Combat. Et David aussi te dira qu’il s’en sort bien qu’avant. Aujourd’hui, je suis plus heureux et épanoui qu’avant. Le public qui vient à mes spectacles ne vient pas pour nous voir  à deux sur scène.

RB : Habituellement, vous dénoncez les maux de la société dans vos chansons : corruption, mal gouvernance… Aujourd’hui, il y a un nouveau mal qui vient de s’ajouter : le terrorisme.  Que pense Frère Malkhom du terrorisme ?

FM : Vous les journalistes, vous répétez souvent ce que les médias étrangers disent. En tant qu’artiste, moi je ne vois pas de terroristes ; je vois une armée d’occupation, qui est une armée de la France qui se cache sous les pseudos djihadistes pour attaquer le Burkina Faso. Parce que le Burkina Faso a des ressources importantes. Et c’est aux journalistes d’avoir la lucidité de le dire aux gens pour ne pas reprendre ce que les médias occidentaux nous racontent.

RB : Donc pour vous, ces attaques sont des manœuvres de l’impérialisme français ?

FM : Exactement ! Ce n’est même pas « pour moi », mais c’est ce qui est ! Moi, j’ai des chansons qui combattent l’armée française. C’est ça, la cible ; c’est l’impérialisme qu’il faut combattre sinon  le terrorisme ça ne veut rien dire. Comment comprendre que des groupes qui se font appeler des groupes de soutien à l’islam  tirent sur  tout et tuent même des musulmans ? Ça n’a pas de sens. La cible, c’est l’armée française.

RB : A présent, parlons de votre actualité. Vos dernières chansons ont une originalité populaire et comique. D’où vous est venue cette inspiration ?

FM : C’est de l’afro-trap, un genre de hip-hop qui a été valorisé par un artiste afro-français qu’on appelle MHD. Je m’en suis inspiré et j’ai ajouté une sonorité traditionnelle pour faire mes chansons. C’est un genre que je pratique actuellement et qu’on va retrouver dans mon prochain album.

RB : Justement, votre prochain album c’est pour quand ?

FM : Il sortira le 10 décembre prochain et s’appellera « ANTIKOUMA ». Il sera composé de 12 titres. J’aborde plusieurs thèmes dans cet album : le terrorisme, l’amour, la société, etc.

Propos recueillis par Péma Néya

 

 

 

 

 

 

 

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