samedi 11 juillet 2020

Contexte d’insécurité : Les libertés collectives doivent-elles subir les effets de l’insécurité ?

bours uneLe lundi 16 septembre 2019, la police a dispersé une marche de la coalition de syndicats et d’organisations de la société civile à Ouagadougou, qui visait à dénoncer les crimes économiques, la mauvaise gestion de la crise sécuritaire et exiger le départ des forces armées étrangères du territoire burkinabè. Des motifs sécuritaires avaient été invoqués par les autorités municipales pour interdire la marche des syndicats. Une autre marche a été interdite le 12 octobre 2019  « en raison du contexte sécuritaire ».  Les libertés collectives doivent-elles subir les effets de l’insécurité? Pour trouver réponse à cette interrogation, nous avons rencontré Jean Pierre Bayala, magistrat et colonel à la retraite.

Le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) et d’autres organisations de la société civile avaient prévu une marche le 12 octobre 2019 contre la présence de bases militaires étrangères en Afrique et contre le terrorisme a été interdite par la mairie de Ouagadougou.  Cette marche a été interdite par la mairie de Ouagadougou « en raison du contexte sécuritaire et de la mobilisation des forces de défense et de sécurité ».

Dans un communiqué les organisateurs de la marche ont dénoncé l’interdiction de « marcher ».

«Sous un prétexte fallacieux tenant à « la situation sécuritaire » et alors même que ce même Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) bat allègrement campagne en vue de la prochaine élection présidentielle, à Ouagadougou et dans diverses autres localités du Burkina, sans se soucier d’une quelconque « situation sécuritaire », ou encore que d’autres structures ont été autorisées à organiser une manifestation de rue et à occuper la place de la Nation le week-end dernier, le maire MPP de Ouagadougou et alliés ont décidé d’interdire, et ce pour la deuxième fois en l’espace d’un mois, la marche que nous avions prévu d’organiser le samedi 12 octobre 2019 », lit-on dans le communiqué.

bours 3Pour le magistrat militaire, d’abord chacun doit savoir que dans une société organisée les libertés, qu’elles soient individuelles ou collectives, ont des limites. « Ce ne sont pas des libertés illimitées ».

« Est-ce qu’au Burkina Faso il y a comme un obstacle à  l’expression de ces libertés ? Je répondrai à la fois par oui et non. Le principe est que ces libertés, on ne peut pas y toucher, on ne peut pas les violer, on ne peut pas s’en écarter mais les exceptions renforcent, du reste, la bonne application d’une loi. Pour des raisons individuelles et collectives, certaines de ces libertés peuvent et doivent même être restreintes, du reste momentanément.

Aujourd’hui nous sommes dans une situation d’insécurité. Donc il existe des principes et des mesures dans le cadre des exceptions qui sont en termes d’ordre public, à savoir l’état d’urgence et l’état de siège. Nous sommes dans une situation de mesures d’urgence et il appartient à chaque autorité dans sa zone, dans sa juridiction, d’apprécier des limites du moment pour qu’ensemble on converge tous vers cette sécurité dans des restrictions des libertés qui soient comprises par tout le monde. C’est une question d’état de nécessité. La sécurité doit être l’affaire de tout le monde dans une société », a expliqué Jean Pierre Bayala.

Selon notre interlocuteur, les terroristes exploitent toutes ces situations. « Les terroristes, ils aiment les rassemblements. Ce sont des mesures qui sont indispensables en termes de sécurité. Ce sont des nécessités dans l’intérêt général d’une société », a-t-il conclu.

Aly Tinto

 

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