Traitement des femmes après l’accouchement : « L’usage de l’eau chaude est utile, mais à une température de 37 à 40°C » (Mamounata Ouoba, sage-femme au CHR de Ziniaré)
Au Burkina Faso, il est fréquent d’entendre dire qu'une femme doit consommer uniquement des aliments chauds et ne boire que de l’eau chaude après son accouchement. L’objectif de cette recommandation, c'est de « maintenir l'accouchée en bonne santé et nettoyer les saletés qui sont dans son corps ». Que recommande, quant à elle, la médecine conventionnelle ? Radars Info Burkina s’est imprégné des pratiques de quelques ethnies du Burkina Faso sur la question, mais aussi de celles recommandées par la médecine moderne.
Le traitement des femmes après leur accouchement varie d’une ethnie à une autre au Burkina Faso. Selon Sogokalo Millogo de la communauté bobo, une femme, après son accouchement, surtout quand il s’agit d'une primipare, est traitée avec des décoctions à base d’écorces de néré, de feuilles de Mélina, ou d'écorces de caïlcédrat. Elle doit manger de la nourriture chaude et boire de l’eau chaude pendant au moins un mois pour « nettoyer son ventre, car il y a des saletés qui y sont logées suite à l’accouchement ». De plus, ce sont les plus âgées qui lavent les jeunes mamans après leur accouchement tout en les massant avec du beurre de karité. Elles procèdent également à une toilette vaginale de ces dernières avec la décoction chaude, une manière de bien traiter les blessures de l’accouchement, toujours selon dame Millogo. Mais cette pratique ne s’applique qu’aux femmes ayant accouché par voie basse, précise-t-elle.
La pratique semble identique mais un peu nuancée chez les Mossé. En effet, selon Habibou Sawadogo, après son accouchement, la femme doit se laver avec de l’eau chaude pendant au moins un mois et se faire masser car cela lui redonne de la vitalité. En outre, l'accouchée doit boire de l’eau chaude pour se soigner parce que après l’accouchement, la place qu'occupait le fœtus reste une plaie. Il faut donc que la parturiente s’efforce de boire de l’eau chaude pour soigner cette plaie. Elle doit également prendre des repas chauds pour son bien-être. Dans la communauté moaga, cette pratique n’est cependant valable que pour les femmes qui ont accouché d’elles-mêmes, c’est-à-dire par voie basse. Si l’accouchement s’est fait par césarienne, c’est une plaie ouverte ; donc seuls les médecins sont habilités au traitement, d’après notre interlocutrice.
S'agissant de la communauté dagara, Pascaline Somé indique que la femme, après son accouchement, doit se doucher avec de l’eau chaude, consommer rien que « du chaud ». En plus de cela, la nouvelle maman doit faire un bain de siège sur de la vapeur d’eau chaude en vue d’éliminer « les toxines éventuellement restées après l’accouchement ». D’une communauté à l’autre, les pratiques semblent donc voisines.
Cependant, quelles conséquences peuvent découler de ces pratiques empiriques ?
Selon Haro Mamounata Ouoba, sage-femme au Centre hospitalier régional (CHR) de Ziniaré, si c’est de l’eau très chaude, des aliments très chauds ainsi que des tisanes très chaudes dont la température excède 40°C qui sont utilisés par la parturiente, cela peut avoir des inconvénients comme une dilatation des vaisseaux pouvant provoquer un saignement plus abondant, une déshydratation, voire des brûlures sur la peau. C’est pourquoi les scientifiques déconseillent la consommation d’eau chaude au-delà de 40°, soutient dame Ouoba.
Ce que la médecine conventionnelle recommande
L’utilisation et la consommation des produits chauds ne sont pas mauvaises en soi. Et la sage-femme justifie cela par le fait que la médecine conseille de boire l’eau à température ambiante, c’est-à-dire tiède, et d’ingérer des aliments peu chauds.
L’utilisation de l'eau chaude et des autres produits chauds est nécessaire à l’organisme, surtout pour la femme qui vient d’accoucher car elle est fragile, de même que son bébé qui peut facilement prendre froid, a-t-elle souligné.
De plus, la température du corps est de 37°. Ainsi, seuls les aliments dont la température équivaut à la température de celui-ci, soit entre 37° et 40°, sont adaptés pour une femme qui vient d’accoucher, a déclaré dame Ouoba. Cela peut aider son organisme à s’équilibrer.
Toutefois, l’usage d’eau chaude est contre-indiqué dans certains cas. En effet, l'eau chaude est déconseillée dans les cas où les femmes ont accouché par voie basse accompagnée d’épisiotomie, a signifié Mme Ouoba. L’épisiotomie est une déchirure au niveau du périnée pour faciliter la sortie du fœtus lors de l’accouchement. Les fils utilisés pour la suture ne supportent pas l’eau chaude car ils peuvent relâcher, d’où l’interdiction d’utiliser de l’eau chaude. Cela est également valable pour les femmes qui ont accouché par césarienne, fait remarquer la sage-femme.
F.S.
L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) a lancé, le samedi 27 août 2022, son opération de salubrité dite « ONEA mana-mana ». Ce coup d’envoi marque le début des opérations de salubrité de la nationale de l’eau et de l’assainissement, qui entend se conformer à cet exercice chaque dernier samedi du mois afin d’offrir à son personnel un cadre convivial de travail. Le lancement de cette opération citoyenne a été marqué par la présence du ministre de l’Eau et de l’Assainissement.
A ce lancement étaient présentes plusieurs structures et associations locales, chose saluée tour à tour par le directeur général et la ministre Maminata Traoré. « Nous ne travaillons pas seuls. Nous avons des voisins, qui sont des sociétés publiques, privées, des structures du secteur informel. Vous avez vu la forte mobilisation des femmes de la carrière de Pissy. C'est un exemple de collaboration, de synergie et de bonne entente qu'il faut promouvoir », s'est réjoui le DG de l’ONEA. A sa suite, la ministre de l’Environnement a salué la mobilisation et la structure à l’origine de l’activité. « Cette opération de salubrité est en train de devenir une activité qui fait la fierté de chacun de nous. Sortir, se donner la main, nettoyer comme le commun des citoyens, il n'y a rien de tel », a-t-elle affirmé. Elle a rappelé qu’il y a toute une avenue qui a été dédiée au ministère, des villes et communes qui font la même opération et que cela est à l’honneur de tous les Burkinabè.
« Pour l'assainissement, nous avons des stations de traitement des eaux de vidange où le contenu des latrines vidangées, les eaux usées, les excreta, etc., sont collectées et amenées dans les stations de traitement des eaux de vidange. Actuellement, il y a trois qui sont en service, et nous avons-nous en projet en construire deux autres. Les études sont pratiquement bouclées et il reste la recherche des financements », a expliqué le patron de la nationale de l’eau et de l’assainissement. Et de poursuivre : « Nous avons aussi, au niveau central, le réseau d'égouts. Toutes les grandes entreprises, le grand marché, les ministères, l'hôpital Yalgado, les industries, etc., sont raccordés au réseau d'égouts et toutes les eaux usées sont drainées vers la station de Kossodo, où nous cherchons à valoriser ces eaux en produisant du biogaz pour produire de l'électricité. Donc il y a tout un cycle de transformation de la matière. » Pour l’activité du jour, il informe que les ordures seront transportées par les groupes de femmes qui s'occupent de l'entretien et du nettoyage quotidien du siège avec des camions et du matériel composite, puis dépotées à la décharge.
Les services de mobile money facilitent les envois d’argent, évitent la détention de fortes sommes par-devers soi, etc. Même si au Burkina ce secteur d’activité n'est que moyennement développé, force est de reconnaître qu’il a amélioré la qualité du « traitement » de l’argent. Cependant, les boutiques de transfert qui proposent ces services font aussi face à de multiples risques : cambriolages, transferts sur un compte autre que celui visé, etc. Quelques commerciaux nous ont confié leur quotidien.
Selon Guy Marc Bationo, un autre propriétaire de boutique de transfert d’argent, en 2017, pour un retrait de 5 000 F, c’est 35 F que l’opérateur de téléphonie donnait comme commission. Aujourd’hui, pour le même montant, c’est 20 F que l’opérateur propose comme commission avec une taxe de 3 F. « Beaucoup de choses ont changé. Mais nous ne sommes ni gagnants ni perdants », explique Martine, gérante de boutique à Ouaga 2000. A l'en croire, les montants des transactions journalières ont beaucoup augmenté avec la réduction des frais de transfert. Et pour certains comme elle qui se retrouvent dans des zones où il y a de l’affluence, les gains peuvent augmenter considérablement. En effet, confie-t-elle, c’est 3 à 5 millions de francs de transferts qu’elle peut faire en une journée. Mais, ajoute-t-elle, ce sont les propriétaires de boutiques et les opérateurs de téléphonie qui sont gagnants. Les employés, eux, tirent le diable par la queue.
Le Syndicat national des professeurs d’école (SYNAPEC) était face aux hommes de médias ce 25 août 2022 à Ouagadougou. L’objectif était « d’interpeller le gouvernement sur les inégalités que contient le nouveau statut particulier de l’enseignant et d’exiger la réparation de ces inégalités » à travers le reversement automatique et sans condition de tous les anciens Instituteurs adjoints certifiés (IAC) en catégorie B1 et de tous les Instituteurs certifiés (IC) en catégorie A3.
De plus, les enseignants recrutés sur la base du baccalauréat pour deux ans de formation seront classés en catégorie B1 et seront les supérieurs hiérarchiques d’enseignants plus anciens et expérimentés qu’eux à la fin de leur formation.
À ce propos, le coordonnateur du SYNAPEC, région du Sud-Ouest, Salifou Josias Dondassé, a même déclaré : « Cette année, nous sommes déterminés à fermer les classes, même si c’est pour faire une année blanche, si toutefois l’injustice n’est pas réparée. »
L’activiste Anaïs Drabo a trouvé la mort dans un accident de la circulation sur la nationale n°1, le mercredi 6 juillet 2022. Son association Hope Isis, née quelques mois avant, se retrouve ainsi orpheline. Pour savoir ce que devient cette association, nous sommes allés à la rencontre de son président par intérim, Youssoufou Sombié, par ailleurs trésorier de l’association. Il assure que leur structure est certes éprouvée, mais continue ses activités la tête haute.
L’Association de défense des intérêts des consommateurs du Faso qualifie « d’insoutenables et d’intenables » les prix des hydrocarbures pour le consommateur. Elle a donc annoncé une campagne contre l’augmentation des prix des hydrocarbures ce 25 août 2022.
L’Association de défense des intérêts des consommateurs appelle la population à la mobilisation générale et annonce un sit-in pour le lundi 29 août à la devanture du ministère burkinabè du Commerce. Pour elle, cette décision d’augmentation a été prise de façon unilatérale par le gouvernement sans l’avis des différents acteurs de la chaîne de production, de commercialisation et de consommation. « Comment peut-il après contrôler l’évolution des prix ? » questionne Ousséni Ouédraogo. Cette structure dit même suspecter le gouvernement de transition « de ramer contre le bonheur de la population ».
L’augmentation du prix du carburant touche directement les transporteurs routiers, plus précisément les petits transporteurs qui font déjà face à la concurrence. Interrogés sur une éventuelle augmentation du prix du transport suite à l’augmentation des prix du carburant, les transporteurs des petits cars communément appelés « Dina » reconnaissent avoir augmenté le prix du transport parce qu’ils ne pouvaient plus supporter les dépenses liées au carburant avec les mêmes tarifs.
Cette augmentation du prix du ticket a réduit le nombre de clients de certains chauffeurs de mini cars, comme nous le confirme Sisco Toyeri : « On revient juste du péage ; on n’a pas eu de clients. Ça fait deux semaines qu’on n’a plus de clients. Notre véhicule n’a aucun souci technique, seulement les voyageurs préfèrent prendre les cars. »
Amaoulay Kinda, usager en partance pour Nagréogo, a constaté une augmentation de 500 francs sur le transport. Il dit comprendre la situation au vu des réalités. « Avant, on faisait l’aller-retour à 2000 francs, actuellement, c’est 2500 francs. Mais on comprend puisque qu’on voit que les prix du carburant ont augmenté », a-t-il dit.
Le Togo est également en proie aux attaques de groupes armés terroristes. Les populations de la partie nord de ce pays, qui fait frontière avec le Burkina, sont victimes d'attentats depuis novembre 2021. Radars Info Burkina a joint des journalistes togolais pour mieux comprendre la situation. D'un ton unanime, ils ont décrié le manque de soutien conséquent aux pays attaqués et de solidarité vis-à-vis de ces derniers, toute chose qui fait évoluer la menace vers les pays longtemps épargnés.
Puis s'ensuivent une troisième attaque et même une quatrième dans la nuit du 14 au 15 juillet 2022, qui va s'avérer la plus meurtrière de toutes celles qu'a connues le Togo, jusqu'alors. « Cette fois-ci, ce fut une attaque dirigée contre des villages de Bombengou dans les cantons de Borgou, Blamonga, Lalabiga, Souktangou, Tchimouri, Lidoli, où les terroristes passaient d'une concession à une autre pour égorger les hommes », s'est indigné Galley Anani, rédacteur en chef du mensuel De Cive (Le Citoyen) et collaborateur de l'hebdomadaire L'Echiquier. Le président de « Publier ce que vous Payez-Togo », Pius Kossi Kougblenou, lie cette attaque à l’arrestation de personnes dont les animaux avaient été saisis et vendus, une situation à laquelle le gouvernement togolais avait tardé à réagir. Pour lui, cette situation a attisé la colère de certains individus. Sur cette affaire d’arrestation, le 27 juillet 2022, le gouvernement burkinabè soulignait que dix éleveurs burkinabè ont été interpellés avec leur bétail en territoire togolais par les autorités locales pour « des raisons d’enquête en lien avec les mesures sécuritaires » en vigueur au Togo. Deux d’entre eux ont été relâchés par la suite, ajoutait-il. Plus tard, la fédération des éleveurs du Burkina, par la voix de son secrétaire général, appelait le gouvernement burkinabè à agir pour leur libération. Cependant, sur le nombre de personnes arrêtées, cette dernière est en désaccord avec le gouvernement. Selon elle, c’est plutôt une quarantaine qui serait en détention. La fédération a alors plaidé pour que la rigueur de la loi s’applique si les faits qui leur sont reprochés sont avérés. « Mais si ce n’est pas le cas, qu’on les libère ».
Cette attitude a détourné les attentions sur les réels dangers qui pouvaient guetter le pays. Une analyse partagée par Pius Kossi Kougblenou, qui estime que c’est une sorte de vengeance que les terroristes exercent contre le Togo, pour le fait que ses autorités veulent aider le Mali à les combattre. « Mais, se ravise-t-il, ce sont des analyses de premier degré. Il faut aller au-delà car le problème du terrorisme est une contagion régionale ».
Deux sociétés immobilières partenaires d’affaires, que nous avons nommées société A pour la partie civile et société B pour les prévenus coupables, étaient face au Tribunal de grande instance Ouaga I ce mardi 23 août 2022. Le directeur général de la société B, KM, et son adjoint, SD, sont accusés par la société A, représentée par KD, du détournement de 111 millions FCFA, d’infraction de faux et usage de faux, d'intention d’escroquerie, de blanchiment de capitaux et d’établissement de fausses attestations provisoires d'attribution dans le cadre d’une convention de vente de parcelles.










