UEMOA : Le Burkina Faso a battu le record d’augmentation des prix des biens en juin 2022
L’actualité économique de ces derniers jours est marquée par l’augmentation du prix du carburant adoptée par le gouvernement burkinabè ainsi que la fermeture de la caisse de dépôt et de consignation du Burkina et de 86 comptes bancaires de structures publiques qui avaient été ouverts sans autorisation. On note également, sur le plan sous-régional, une inflation record au Burkina Faso qui s’est établie à 17,8% en juin 2022. Retour sur l’actualité économique de ces derniers jours.
Alors que le prix du baril à l’international a connu une baisse, le gouvernement burkinabè a décidé de l’augmentation du prix du carburant sur le territoire national. Ainsi, le super 91 qui était à 715 F le litre est passé à 750 F, soit une augmentation de 35 F sur le litre. Le gasoil, lui, a augmenté de 30 F CFA et Le DDO (Distillate Diesel Oil) de 40 F CFA. En outre, selon l’Institut national de la statistique de la Banque centrale des Etats de L'Afrique de l'Ouest (BCEAO), le Burkina Faso a battu le record en termes d’inflation dans l’espace UEMOA, avec un taux d’environ 17,8 % d’évolution des prix des biens au mois de juin 2022, taux qui était à 15,3% un mois plus tôt. Le Burkina est suivi de loin par le Mali, (qu’il double presque), qui a connu un taux d’inflation de 9,5% pendant le même mois de juin 2022. Seul le Bénin, qui a eu une inflation relativement faible durant l’année, a enregistré une inflation négative (-2,6%) en juin 2022. Inutile de souligner que la population burkinabè, qui est parmi la plus pauvre de la sous-région, connaît une grave dégradation de son pouvoir d’achat, ce qui rend davantage insupportables les crises alimentaire et humanitaire, etc.
Autres sujets qui défraient la chronique ces derniers jours, ce sont la fermeture des comptes bancaires de certaines de ses structures publiques ouvertes sans autorisation dans les livres des établissements bancaires. Le gouvernement burkinabè a souligné que du 4 au 29 avril 2022, 685 comptes ont été ouverts au profit des structures publiques avec un solde global de 426 354 142 248 de F CFA. Parmi eux, 230 sont sans autorisation du ministère des Finances, présentant un solde de 68 926 514 565 de F CFA. Les missions du gouvernement ont également constaté la clôture de 86 de ces comptes. Dans le même volet, le gouvernement a décidé de suspendre les activités de la Caisse de dépôt et de consignations du Burkina Faso (CDC-BF), dirigée par l’ancien ministre Paul Kaba Thiéba. En rappel, l’idée de cette structure a été mûrie pendant que M. Thiéba était Premier ministre. En 2017, précisément le 9 mai 2022, l’Assemblée nationale actait sa création par la Loi n°023-2017/AN. A sa démission de son poste de Premier ministre, Paul Kaba Thiéba prend les rênes de la CDC-BF en 2019. Cette Caisse avait pour rôle de collecter et de mobiliser les ressources financières dans le but de financer des projets structurants de l’Etat Burkinabè et bénéficiait d’une dotation initiale de 20 milliards de F CFA. Les raisons qu’a évoquées le gouvernement pour fermer cette structure sont l'absence de consensus, entre la caisse de dépôt et de consignations et les partenaires financiers notamment la CNSS, la CARFO et la Poste au Burkina Faso, qui ont marqué un désaccord sur la centralisation de leurs fonds au niveau de la Caisse de dépôt et de consignations du Burkina. Ensuite cette Caisse est dans une situation de quasi-illégalité car elle fonctionne sans commission de surveillance conformément à la loi.
Sur le plan communautaire, le Collège de supervision de la commission bancaire de la BCEAO, lors de sa 128e session, tenue le 20 juin 2022, a prononcé des sanctions disciplinaires, à la fois contre d'un Système financier décentralisé (SFD) implanté au Burkina Faso et contre d'un dirigeant d’un SFD implanté au Burkina Faso. Sur la sanction du SFD, qui a écopé un blâme, la BCEAO précise que la sanction est motivée par des manquements dans la gestion et des infractions constatées à l’issue d’une vérification effectuée auprès de l'institution concernée. Quant au dirigeant du SFD, interdiction lui est faite de diriger, d’administrer ou de gérer un établissement soumis à son contrôle, pour une période de cinq (5) ans, à compter de la notification de la décision. La sanction s’explique par des actes posés par l’intéressé dans le cadre de ses fonctions et des conséquences desdits actes sur la situation de l’institution.
Etienne Lankoandé


Entre janvier et juin 2022, les recouvrements de recettes de la Direction générale des impôts (DGI) et de la Direction générale des douanes (DGD) au profit du budget de l’Etat présentent des taux de réalisation satisfaisants. L’administration douanière et celle fiscale ont en effet mobilisé respectivement 106,23% et 119,31% des prévisions de recettes de la période.
Le Burkina est classé deuxième producteur d'or de l'UEMOA en 2021, avec une production d'environ 66,86 tonnes, derrière le Mali, 69,46 tonnes. Concernant les recettes publiques, le Faso a mobilisé un peu plus de 1111 milliards de F CFA malgré la crise sécuritaire qui ralentit l'activité économique depuis plus de cinq ans. L'économie burkinabè est donc toujours dynamique mais doit compter sur certains indicateurs de mesure des richesses pour garder la ligne, voire faire des bonds. Retour sur l'actualité économique de ces derniers jours.
Les recettes budgétaires de l'État mobilisées au premier semestre de l'année 2022 sont de 1 111,06 milliards FCFA. Ce montant correspond à un taux de recouvrement de 110,89%, puisque la prévision semestrielle était de 1 001,26 milliards FCFA CFA. Cette mobilisation, en hausse de 169,89 milliards FCFA CFA, correspond à une progression de 18,05%, comparativement à 2021 où elle était de 941,17 milliards de francs CFA.
Selon le « grand argentier », cette session a examiné le bilan des d’activités du premier semestre 2022 et identifié les défis à relever pour l’atteinte des objectifs assignés à son département. Outre cette performance en matière de recouvrement des recettes, le rapport soumis aux administrateurs indique qu’au 30 juin 2022, le ministère a enregistré d'autres rapports, à savoir le rapport global d’évaluation de l'Etude nationale prospective (ENP) « Burkina 2025 » et le rapport diagnostique pour l’élaboration de la stratégie nationale d'intelligence économique du Burkina Faso. Le département de l’Economie a réussi le financement de 57 promoteurs à hauteur de 1,371 milliards F CFA dans le cadre de la mise en œuvre des programmes Burkina start-up, AGRINOVA et JAAL. Il a réalisé 153 infrastructures (boutiques de rue, magasins de stockage, sites maraîchers, aires d'abattage) dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins, du Centre-Sud, du Nord et du Plateau central dans le cadre de la mise en œuvre du PADEL pour un meilleur accompagnement de la décentralisation.
Le contrôle de l’exécution physique de 98 marchés de plus de 20 millions de F CFA, la répression de 180 cas de fraudes et/ou d'usage de faux, etc., sont autant d'acquis enregistrés entre janvier et juin 2022. L’occasion s’y prêtant, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective, Abel Somé, a également décliné les perspectives pour l’année 2022. Au nombre de celles-ci on peut retenir la réalisation de l’interconnexion des bases de données de toutes les régies de recettes, l’assèchement des sources d'approvisionnement des groupes armés terroristes en ressources de tout genre, le soutien pour le retour volontaire des personnes déplacées internes dans leurs zones d’origine, la rationalisation des dépenses et la transparence dans la reddition des comptes, ainsi que l’informatisation du système des marchés publics et de la comptabilité matière.

Le Conseil des ministres du mercredi 22 septembre 2021 a adopté un décret portant fixation des conditions de la fourniture locale dans le secteur minier. Ayant participé à l’élaboration de l’avant-projet soumis audit Conseil, Yves Zongo, génie mécanicien et par ailleurs président de l’Alliance des fournisseurs burkinabè de biens et services miniers (ABSM), nous explique les tenants et les aboutissants de ce décret.
Selon le ministre des Mines et des Carrières, un mécanisme tripartite qui regroupe les entreprises minières, l’administration et les fournisseurs pour suivre pas à pas ce qui est fait a été mis en place. Les mines, poursuit-il, ont l’obligation de donner leur programme d’achats pour l’année n+1.
Qualifié « d’historique » par le ministre des Mines et des Carrières, ce choix « gagnant-gagnant » constituera par la suite le socle chez les Burkinabè pour être demain prestataires dans les autres pays miniers, nous dit M. Zongo. « Désormais ça va être plus historique quand nous aurons une vision étatique, une stratégie en la matière, parce que les Burkinabè auront compris que c’est un levier important pour le développement du pays », conclut M. Zongo.










